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Jean Marie Michel MOKOKO, un opposant à Denis Sassou-Nguesso appelle à la révolte populaire

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« Je vous demande de vous lever pour barrer la route à l’arbitraire ! Je vous demande de réclamer votre vote confisqué et volé. Cette victoire est la vôtre ! » Ces mots d’appel à la révolte sont ceux du général Jean-Marie Michel Mokoko, candidat à la présidentielle au Congo-Brazzaville du 20 mars, arrivé en troisième position selon un décompte officiel qu’il conteste.

Les résultats définitifs ont été annoncés dans la nuit de mercredi à jeudi 24 mars par le ministre de l’intérieur, Raymond Zéphyrin Mboulou, sur la télévision publique. Le président sortant, Denis Sassou-Nguesso, qui cumule trente années au pouvoir, est ainsi réélu dès le premier tour avec plus de 60 % des suffrages. Guy-Brice Parfait Kolélas est second, avec 15 %, suivi du général Mokoko qui frôle les 14 %.

Ce dernier a d’abord appelé, mercredi, à un recomptage des voix. Jeudi, il a franchi une étape supplémentaire en diffusant un message qu’il veut solennel sur les réseaux sociaux.

« Les procès-verbaux en notre possession, collectés dans les bureaux de vote à travers l’ensemble du territoire national, ne permettent pas au candidat Denis Sassou-Nguesso d’espérer gagner cette élection », déclare le général dans son allocution, apparemment enregistrée en secret quelques jours plus tôt.

« Il est temps de cesser d’avoir peur », ajoute-t-il en citant la Conférence nationale souveraine, en 1991, qui avait contraint Denis Sassou-Nguesso à quitter le pouvoir et ouvert la voie au multipartisme. Cet épisode s’était terminé par la reconquête du pouvoir par les armes par M. Sassou-Nguesso en 1997.

« Le peuple en otage »

Tout au long de la campagne, le candidat Jean-Marie Michel Mokoko a vu sa liberté de mouvement limitée par les services de sécurité du régime. Peu après son retour au pays, le 9 février, sa résidence était encerclée par les forces de sécurité, qui n’ont ensuite cessé de le convoquer pour des interrogatoires. Ses déplacements, notamment à Pointe-Noire, où il jouit d’une certaine popularité, ont d’abord été entravés par des interdictions de prendre l’avion. Les autorités ont également tenté de l’empêcher de tenir son dernier meeting à Brazzaville, le 18 mars.

« La démocratie, c’est le pouvoir du peuple, exercé par le peuple et dans l’intérêt du peuple. Ce n’est pas le pouvoir d’un clan et de ses séides, qui tiennent le peuple en otage », ajoute le général.

Malgré un rétablissement progressif des communications coupées durant plus de quatre jours, l’ambiance à Brazzaville reste tendue. L’envoyé spécial du Monde et deux confrères de l’Agence France-Presse ont été agressés mercredi par des hommes se présentant comme des policiers et leurs passeports et matériels confisqués. Les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire à Brazzaville.

Source : Le monde Afrique


 

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