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QUELQUES ÉVIDENCES CHOQUANTES: L'OPPOSITION CONJONCTURELLEMENT LAMINÉE ET HUMILIÉE !

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Sans doute qu'il est encore tôt de faire le bilan du choix de l'opposition, ou plutôt de certains membres de l'opposition, qui consistait à opter pour la participation à l'élection présidentielle anticipée. Car, nul ne doute que la crise référendo-présidentielle poursuivra encore son processus, et personne ne peut dire avec certitude comment est-ce qu'elle se terminera.

Mais, rappelons tout de même qu'il y avait une alternative au lendemain du coup d’État du 25 octobre dernier :

-- d'une part persister à dénoncer activement (je dis bien activement) le déverrouillage anticonstitutionnel de la limitation des mandats présidentiels et donc se donner les moyens de boycotter, toujours activement, l'élection présidentielle anticipée programmée par Sassou pour ne pas indirectement valider la Constitution contestée;

-- d'autre part, et au nom de la prise de conscience des expériences infructueuses du passé selon les défenseurs de ce choix, aller aux élections et battre Sassou sur son propre terrain.

C'est, on le sait, cette deuxième option qui l'a emporté auprès de l'opposition, et qui a pour conséquence immédiate, implicite et indirecte, la validation de la nouvelle et inique Constitution, comme le général Sassou sait en pondre.

Le coût, celui de la validation de cette vile Constitution, est déjà énorme puisqu'elle consacre, une fois de plus, la suprématie de la volonté de Sassou sur celle du peuple; en effet, outre que le peuple n'avait, bien au contraire, aucun intérêt au changement constitutionnel illégal, et n'avait comme comme seul moyen à sa disposition pour cela que l'abstention, « on le sait, à l'abstention massive, délibérée et macroscopique de cette consultation par l'écrasante majorité des Congolais, le pouvoir, comme d'habitude, et par un tour de passe-passe dont il a seul l'expertise, a réussi, sans scrupules du tout, et avec la complicité de la juridiction constitutionnelle, à transformer, sur le papier, cette situation en un fort taux de participation de 71,16%, dont 94,32% de oui »  (notre réflexion : « La deuxième mi-temps référendo-présidentielle : une nouvelle arnaque politique », 14 mars 2016, en ligne)

Il n'était point besoin d'être un fin analyste pour se douter que, comme de coutume, le pouvoir dictatorial n'organisait pas et n'organisera jamais une élection pour la perdre. Telle est d'ailleurs l'une des raisons fondamentales qui avait justifié l'érection de la limitation des mandats en Afrique!

Toute la question, à ce moment, était de savoir pourquoi l'opposition congolaise faisait ce choix, après d'ailleurs hésitation, puisqu'elle avait au premier abord choisi de n'y participer qu'à certaines conditions clairement posées que le pouvoir a purement et simplement méprisées! Sans compter que la position première de l'opposition avait le soutien de la Communauté internationale, l'Union européenne notamment!

A l'étonnement de tous les observateurs donc, l'opposition a proclamé "on y va!".

Pour ne pas considérer l'opposition congolaise comme composée des imbéciles, en raison de ce choix, on s'est donc mis à construire, avec les bribes des membres de ladite opposition, des hypothèses: prendre le pouvoir à son propre jeu, jouer de l'effet de surprise, pousser le pouvoir à l'erreur, prendre la communauté internationale à témoin, faire le choix inverse de celui qui n'a jusque-là rien apporté (la chaise vide), plan B, faire pression d'un possible recours à la désobéissance civile…

A ces hypothèses, nous n'avons manqué de soulever et exprimer nos réserves: toute la panoplie de ces hypothèses en faveur du choix de l'opposition ne peut tenir qu'avec quelques scrupules, un minimum d'éthique politique auxquels cependant, hélas, il faut reconnaître, le pouvoir congolais est très largement dénué. Lieu du règne de "L'indécence d'Etat, l'Etat honteux validé"(notre réflexion en ligne, avril 2012), plus grave, et contrairement aux lois politiques universelles liées à la désaffection populaire et l'usure de tout pouvoir prolongé, "Au Congo-Brazzaville le pouvoir ne s'use jamais" (août 2012, en ligne)!

A l'évidence, et sous réserve des incertitudes d'un hypothétique lendemain politique fantasmé, LE SOLDE CONJONCTUREL DE CE CHOIX, de cette stratégie contraire à celle critiquée de la chaise vide, du 'nzoto na nzoto' comme dit , PARCE QUE TELLEMENT ET CURIEUSEMENT SEMBLABLE AUX EXERCICES PASSES, APPARAÎT LOURD Payé, DÉSTABILISANT, ÉTOURDISSANT, ANESTHÉSIANT, CHOQUANT, TELLEMENT CHOQUANT: l'opposition qui aura de plus en plus du mal à cacher ses fissures, Parfait Kolélas et son équipe qui, dans un incompréhensible légalisme face à un pouvoir plus que jamais truand, se fait débouter par une juridiction constitutionnelle à la solde pour vice de forme, le pouvoir qui passe à la vitesse supérieure en usant d'un de ses coups classiques, le coup d’État attribué, pour s'octroyer les pleins pouvoirs et clore définitivement la séquence électorale dans la foulée de la proclamation-validation des résultats par la Cour du despote ,…

Autant de chocs qui, si on n'y prend garde rapidement, risquent, si ce n'est pas d'endormir l'opposition pour longtemps, de la réduire à ce dont elle s'est habituée depuis: se prosterner auprès du maître du jeu, du plus indigne des Congolais, du despote!

A elle, l'opposition, par son savoir-faire, de communiquer et démontrer, par exemple, que les prétendues attaques armées de la nuit du 3 au 4 avril, voulues et médiatisées par le pouvoir, constituent une de ses marques de fabrique, comme au printemps 1977 pour confisquer le pouvoir après l'assassinat de Marien Ngouabi, en août 1978[1], en 1986 pour les explosions du cinéma Star, en 1988 pour Ikongono, janvier 1992 pour tenter de mettre un terme à la transition démocratique alors en cours, mai-juin 1997, décembre 1998 jusqu'en 1999 et au-delà pour consolider sa conquête du pouvoir et écraser la légalité définitivement et l'expression démocratique...avec notamment les fameuses morts du Beach !


[1]Cf notre article : « Circonstances exceptionnelles et libertés publiques au Congo : l’État de crise du 14 août 1978 » (in Revue Congolaise de Droit, numéro, 1988, numéro 4)

 

Par :  Félix BANKOUNDA MPELE



 

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