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INVESTITURE DE SASSOU : Ils étaient nombreux au requiem de la démocratie

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Brazzaville, la capitale congolaise, était dans ses plus beaux atours le 16 avril dernier pour accueillir la cérémonie d’investiture de Denis Sassou Nguesso, après sa réélection fortement contestée du 20 mars dernier. Trônaient au premier rang des invités près d’une dizaine de chefs d’Etat, tous africains.

En plus de ces têtes couronnées, l’on notait aussi la présence de bien des représentants de présidents du continent noir. Les pays occidentaux, y compris la patrie des droits de l’Homme, c’est-à-dire la France, étaient représentés par leurs ambassadeurs. Des organisations internationales comme l’OIF (Organisation internationale de la francophonie) et l’ONU (Organisation des Nations Unies) ont elles aussi dépêché des représentants sur les bords du fleuve Congo pour s’associer à la fête.

Il en a été de même pour l’UA (Union africaine) qualifiée à juste titre par bien des gens épris de démocratie, de club ou encore de corporation de chefs d’Etat. Ils étaient donc nombreux à Brazzaville, venus de tous les horizons, aux côtés de Denis Sassou-Nguesso qui cumule 32 ans de pouvoir, pour prendre part à ce qui s’apparente à un requiem de la démocratie.

Ils sont venus apporter leur caution à l’imposture et à l’arbitraire

En effet, après avoir torpillé l’alternance en modifiant la Constitution par un simulacre de référendum, Sassou-Nguesso s’est fait réélire haut la main le 20 mars dernier sur fond de terreur, d’intimidations de ses opposants et de bâillonnement de tous les outils d’information et de communication. De ce fait, il avait déjà tué et enterré la démocratie dans son pays. Il lui restait donc à parachever les choses en lui dédiant une messe de requiem.

C’est à tout le moins, la lecture que l’on puisse faire de la cérémonie d’investiture de ce samedi 16 avril au Palais des congrès de Brazzaville. Que des satrapes africains, comme Dos Santos, ou des chefs d’Etats élus dans des conditions troubles dans leur pays comme Ali Bongo ou encore des pays comme la Russie ou la Chine encore positionnés au degré zéro de la démocratie, honorent de leur présence le couronnement de la confiscation du pouvoir par Sassou-Nguesso et son clan, cela s’inscrit dans l’ordre normal des choses. Mais que des pays occidentaux dont la France, censés être à cheval sur les règles de la démocratie dans le monde, se fassent représenter à cette grand-messe de déni de la démocratie, cela est on ne peut plus choquant.

Quelle hypocrisie ! Et pauvre du peuple congolais ! Et la présence de l’OIF et de l’ONU est davantage nauséeuse. Car, ils sont venus, toute honte bue, apporter leur caution morale et politique à l’imposture et à l’arbitraire. Et le pouvoir de Denis Sassou-Nguesso en avait besoin pour mieux asseoir sa dictature et se livrer sans retenue à la répression de tous ceux qui contestent encore la réélection du tyran bantou. Ses hélicoptères de combat pilonnent sans discernement la province du Pool pour casser du Ninja, du nom de la milice du pasteur Ntumi. Désormais, l’on peut dire que les pays occidentaux et la communauté internationale, par leur présence au sacre du dictateur, viennent de lui accorder un quitus pour sévir encore plus. Denis Sassou- Nguesso, de ce point de vue, peut donc tranquillement commencer à boire son petit lait.

Le maître du Congo a choisi de faire dans l’apparat

Subséquemment, c’est l’opposition congolaise, toutes tendances confondues, qui devraient en tirer les enseignements majeurs suivants : d’abord, chaque peuple a le dictateur qu’il mérite. Le jour où il prendra conscience qu’il peut s’en débarrasser, il se donnera les moyens pour le faire. Ensuite, les pays occidentaux et la communauté internationale ont rarement pris fait et cause pour les peuples en lutte pour plus de liberté et de démocratie dans leurs pays respectifs.

Ce qui les préoccupe, surtout les premiers, c’est-à-dire les pays occidentaux qui, au demeurant, déterminent la politique de la communauté internationale dans le monde, c’est la sauvegarde de leurs intérêts. Et dans le cas d’espèce, l’on peut affirmer sans grand risque de se tromper, que ce sont les immenses avantages que Sassou-Nguesso a bien voulu accorder aux sociétés françaises dans l’exploitation du pétrole, qui expliquent le fait que les régimes politiques qui se sont succédé à la tête de l’Hexagone, se sont invariablement accommodés des excès du président congolais pendant ses 32 ans cumulés de pouvoir.

Tant que Sassou-Nguesso ne remettra pas en cause ce pacte, il peut toujours compter sur la complicité de la France pour régenter comme il veut le Congo. C’est pourquoi Sassou-Nguesso n’avait pas le moindre doute, quant à la participation des pays occidentaux à sa cérémonie d’investiture. Et ils étaient effectivement nombreux à Brazzaville à ses côtés pour l’aider à fêter. Et contrairement à Patrice Talon qui avait voulu que les choses se passent dans la sobriété, le maître du Congo a choisi de faire dans l’apparat. Toute chose qui lui a permis non seulement de se montrer en vedette (et les dictateurs aiment cela) mais aussi de signifier à ses détracteurs que même les champions de la démocratie que sont les pays occidentaux, n’ont pas marchandé leur présence à la cérémonie.

Cela dit, Sassou- Nguesso vient de sacrifier pour la 5e fois au rituel de l’investiture. Et Dieu seul sait combien de fois encore il va se prêter à cet exercice. Cette fois-ci, il a voulu démagogiquement frapper les esprits en invitant les Congolais à la rupture en combattant les contre-valeurs. L’une d’elles est le népotisme. L’on peut simplement avoir envie de dire à Sa Majesté Sassou- Nguesso que le poisson pourrit par la tête et qu’en matière de népotisme, celui qui en a donné la cadence au Congo, c’est bel et bien lui, puisque depuis qu’il est au pouvoir, c’est son clan, pour ne pas dire sa famille, qui est aux affaires du Congo.

© « Le pays »

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Commentaires  

 
0 #3 ethnic group 28-08-2016 07:59
Je vois bien qu'on a affaire a des passionnés du métier, compliments
pour ce site internet
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0 #2 edouma 19-04-2016 11:44
Selon la célèbre formule de Blaise Pascal, toutes les bonnes maximes sont dans la nature, il ne nous manque qu'à les appliquer. A ceux qui parlent en lieu et place des Congolais sans avoir mis les pieds dans leur pays, ils devraient avoir un peu de décence lorsqu'ils font dans l'insulte et le mépris. Ce qui est vrai par contre c'est qu'à l'image de ce que diffuse le faiseur de conscience RFI, les médias africains n'ont rien c :D ompris à la réalité des faits. Que l'on parle d'un Bongo mal élu au Gabon ou d'un je ne sais qui mal élu quelque part, la part que prend l'ancienne puissance colonisatrice, la France, dans cette orchestration est énorme. Les Africains demeurent des cinglés prêts à s'entretuer au lieu de dialoguer entre eux pour trouver des solutions aux problèmes qu'ils vivent. Dommage!
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0 #1 isidore aya 18-04-2016 12:04
Visionnez et partager ça: Du Furher Hitler à dracula Sassou et Laris/Kongo, kouyou/akouas et tékés au Congo https://www.youtube.com/watch?v=5nT13nvy0Qs
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