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Une situation tendue au Congo-Brazzaville

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Élu le 20 mars (à la suite d’une mascarade et forfaiture électorale, un coup d’Etat électoral contesté par les partis de l’opposition et la société civile), Denis Sassou Nguesso, le destructeur infatigable et braqueur des urnes a été investi samedi 16 avril à Brazzaville. Peur, arrestations, silence de l’Église et de la communauté internationale, la crise congolaise est multiforme.

La population a-t-elle peur ?

Une chape de plomb est tombée sur le Congo-Brazzaville depuis la réélection de Denis Sassou Nguesso, le 20 mars. « Nous avons peur de prendre la parole en public, de dire ce que nous pensons, de critiquer le pouvoir », explique un ingénieur de Pointe-Noire, interrogé hier par La Croix.

Les miliciens du Front des patriotes du député Aimé H. Mouagni, et les agents de la Garde républicaine (GR), de la Direction générale de la sécurité présidentielle (DGSP) et de la Direction générale de surveillance du territoire (DGST) sèment la terreur dans les rangs de l’opposition. « Ils surveillent la population, nous arrêtent, nous torturent : sans cadre légal, en toute impunité », dit un autre.

Les téléphones sont écoutés, les conversations surveillées, les mails interceptés. Le colonel Mpika, enlevé le 31 mars dans sa maison de Pointe-Noire par des hommes en uniforme, ce dont nous avions parlé le 4 avril, est toujours porté disparu. Personne ne sait s’il est encore vivant. « Il serait enfermé à la DGST, à Brazzaville », dit une source. Les principaux chefs de l’opposition sont enfermés chez eux depuis plusieurs jours, empêchés de sortir par les forces de l’ordre. Le général Mokoko, arrivé 3e à l’élection présidentielle, vit ainsi reclus depuis le mardi 5 avril.

Que fait l’Église catholique ?

Elle est assez prudente. La hiérarchie semble paralysée par des contradictions internes. « Les neuf évêques de la conférence épiscopale sont divisés », témoigne un acteur de l’Église congolaise, « les deux originaires du nord, la région de Sassou Nguesso, penchent plutôt du côté présidentiel. Les trois évêques européens, deux Français et un Espagnol, ne se sentent pas autorisés à dénoncer les dérives actuelles au motif qu’ils ne sont pas Congolais. Enfin, les quatre évêques du sud ne veulent pas braquer leurs collègues du Nord. »

Donc, pour l’heure, la hiérarchie ne fait pas entendre sa voix. Mgr Louis Portella, évêque de Kinkala, chef-lieu du Pool, a pris la parole sur RFI, vendredi 15 avril, pour condamner les bombardements de plusieurs villages de son diocèse. « La Conférence épiscopale n’est pas du tout divisée. Loin de là ! Elle prend le temps du discernement », répond-il à La Croix. Interrogé sur la mission d’évaluation des dégâts dans le Pool lancée par son diocèse, il répond, prudent : « Elle vient de rentrer, nous préférons prendre le temps d’établir un rapport sérieux de ce qu’elle a pu noter. »

Que fait la communauté internationale ?

L’Union africaine, l’Union européenne, la France ne se sont pas alarmés de la dérive autoritaire du régime congolais. Le jour de son investiture, samedi 16 avril, seule une poignée de chefs d’État africains avait fait le déplacement à Brazzaville. À la suite de l’élection, les États-Unis avaient tout de même déploré « des irrégularités généralisées et des arrestations de soutiens de l’opposition dans la foulée des élections ».

Le Canada est l’un des rares pays à s’être clairement inquiété de la crise congolaise. Samedi 16 avril, son premier ministre Justin Trudeau déclarait : « Le Canada déplore le processus électoral irrégulier qui a mené à l’investiture aujourd’hui de M. Denis Sassou-Nguesso au titre de président de la République du Congo, y compris différentes arrestations arbitraires, les restrictions imposées sur les télécommunications et la libre circulation, et les tentatives d’intimidation des médias. »

Laurent Larcher

© LA CROIX


 

Commentaires  

 
0 #1 MASSOLA Yvonne 19-04-2016 16:22
Les évêques du Congo doivent s'en référer à leur sacerdoce. Qu'ils ne croient que pas que via des satellites, cette situation du pool n'a pas déjà été occultée par des donneurs d'alertes. La situation est grave pour Sassou, qui en tant que simple citoyen a ordonné d'aller bombarder des paisibles citoyens comme à l'accoutumée. Cette fois-ci, nous sommes persuadés, que Sassou et ses sbires seront traduits devant les juridictions internationales pour Génocide et Crimes contre l'Humanité
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