23/03/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Alain Mabanckou: "Silence, on fraude!"

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Il ne cesse de dénoncer le passage en force de Denis Sassou-N'Guesso au Congo-Brazzaville. Nous avons rencontré l'écrivain Alain Mabanckou hier à Paris après une leçon au Collège de France sur les abolitions de l’esclavage en France métropolitaine.

Comment expliquez-vous l'embarras du Président Hollande sur la situation au Congo-Brazzaville ?

C’est une responsabilité à laquelle il ne s’attendait pas. C’était de l’ordre de l’imprévisible : allant étrangement à l’encontre de ses propres déclarations sur une France qui mettrait fin aux bidouillages des constitutions par certains dirigeants africains afin de se maintenir au pouvoir. Le président Hollande a, hélas, publiquement entériné le changement arbitraire de la Constitution congolaise par Denis Sassou-Nguesso lors d'une conférence de presse avec le président malien. (Ndlr: voir video ci-dessous après 32mn50)

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Point de presse conjoint avec le président...par elysee

C'est cette même Constitution, donc indirectement validée par le président français, qui a finalement permis à Sassou-Nguesso de se représenter après trente-deux ans au pouvoir. Même si le chef de l’Etat s'est par la suite dédit, le mal était déjà fait : le Congo avait même "salué la sagesse" de François Hollande ! C’était un feu vert de l’ancien colonisateur. Les dictateurs africains survivent du lait qui sort des mamelles de l’ancienne puissance coloniale. Or la France est, parmi ces anciennes puissances coloniales, celle qui a le plus de difficultés à se départir de ce lien affectif avec "ses" dictateurs. Les exemples sont là : le Congo-Brazzaville, le Gabon, le Togo, le Cameroun, le Tchad et j’en passe… Des intérêts économiques sont en jeu, qui expliquent ce lien avec les régimes antidémocratiques. La grande question est de savoir si la France peut sacrifier ces intérêts pour les idéaux qui ont fait d’elle le pays qu’elle est aujourd’hui et dans lequel on élit le président dans la transparence la plus totale!

Quelles informations recevez-vous de ce la situation au Congo-Brazzaville ?

Les Congolais se plaignent de vivre désormais dans la peur dans un régime militarisé. On parle des atrocités répétées qui ont lieu dans la région du Pool, mais aussi à Pointe-Noire et dans d’autres contrées du Sud. Beaucoup de jeunes congolais m’écrivent depuis le pays afin de me supplier de continuer à parler pour que leur destin ne soit pas dérobé. Il est salutaire que la question du Congo reste dans l’actualité. L’oublier c’est laisser s’installer ad vitam aeternam un pouvoir né de la fraude…

Comment les événements sont-ils couverts par les Media congolais ?

La télévision congolaise est qualifiée de « télé-foufou » par les Congolais. (ndlr : le foufou est la farine de manioc). J’y ai vu un procureur lancer des fatwas en direct comme si le palais de justice n’était plus suffisant. La censure est bien là : on a diffusé une interview que j’avais accordée au salon du livre de Paris en mars dernier et dans laquelle je parlais de littérature avec Dany Laferrière. Martial Poos, le directeur de l’information de la chaîne nationale a été sèchement viré pour cela ! Il y a apparemment une interdiction formelle de diffuser ce que je dis, même si je parle de littérature !

Pourtant ici vous êtes encensés partout. On vous applaudit au Collège de France, on vous décore dans les ministères…

Il n’y a pas de bonheur à être heureux seul. J’ai apprécié que la ministre française de la culture, Audrey Azoulay rappelle que ma ville de Pointe-Noire a été privée de télécommunication pendant cinq jours lors de la dernière élection, lorsqu’elle me remettait les insignes d’Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres. C’était en réalité une façon de souligner les aberrations de cette élection présidentielle congolaise, le règne de la falsification qui, comme on le sait, est toujours friande des ténèbres, de la nuit. J’espère que ces paroles de la Ministre de la Culture marquent le début de la clarification de la position du gouvernement français quant au régime illégal qui a pris en otage le peuple congolais ! Ne pas reconnaître ce régime est le seul moyen de coller un carton rouge à tous ceux qui sont tentés de passer par la force et non par la volonté du peuple…

"La politique du silence est peut-être le nouveau visage de la Françafrique"

Alors pourquoi François Hollande reste-t-il encore silencieux, alors que ni les Américains ni l’Union européenne ne reconnaissaient ces élections au Congo ?

J‘ai comme l’impression qu’en France nous ne sommes plus en présence d’un silence politique mais d’une politique du silence, donc récupérable. Le président Hollande prend par conséquent le risque d’apparaître aux yeux des Congolais – et du continent noir – comme le président qui octroie des bouées de sauvetage aux dictateurs africains francophones alors même que ce sont les peuples asservis qui en ont besoin. C’est un peu comme s’il nous disait: « Silence, on fraude!». Que ce soit au sujet du Congo ou d'autres pays africains, la France, ces dernières années, aura fait preuve d'une grande méconnaissance politique du continent noir. La politique du silence est peut-être le nouveau visage de cette Françafrique où il ne faut rien dire pour contenter à la fois le monarque et le peuple dans l’espoir que chacun des deux prennent à son avantage cette absence d’initiative. Comme me disait une amie, nous sommes dans un monde où la neutralité et la prudence sont érigées en vertus et, parler et condamner deviennent des actes de courage. Les mots sont des armes redoutables, ce que comprit très clairement Albert Londres en son temps, lorsqu’il dénonçait haut et fort, dans Terres d’Ebène, les atrocités françaises du chemin de fer Congo-Océan…


Votre lettre ouverte au Président Hollande fait grand bruit. N’avez-vous pas réussi à le voir en personne ?

Soyons patients, ma lettre date d’hier, mais je suis en relation avec les conseillers du président. Ils viennent parfois assister à mes leçons au Collège de France et m’ont déjà proposé de parler de la crise congolaise avec eux. Je souhaite cependant en discuter directement avec le Président. Il est très occupé, ce que naturellement je comprends. Mais je sais par la voix de ses conseillers, qu’il est désormais question de trouver un créneau, et cela se fera.

S'il ne le fait pas, vous le menacez de faire campagne contre lui pour 2017, comment comptez-vous vous y prendre ?

Ce n’est pas une menace que je formule, c’est une position qui se murmure de plus en plus ici et là chez les français d’origine africaine et ceux qui portent l’Afrique dans leur cœur. Rien ne dit pour l’heure que le président Hollande se représentera l’année prochaine. S’il se déclare je ne vois pas comment la politique africaine passera sous silence. Puisque c’est un sujet qui préoccupe également les responsables de l’opposition française, pourquoi ne pas la discuter aussi avec eux ? Il ne faut pas sous-estimer ce qui se joue aujourd’hui au Congo-Brazzaville et se rappeler la fable du grand écrivain malien Amadou Hampaté Bâ « il n’y a pas de petites querelles » comment deux lézards qui, au plafond, se disputaient le cadavre d’une mouche, échouèrent sur une lampe à huile qui causa l’incendie de la demeure… S’il y avait eu cet incendie c’était parce que les animaux censés garder la demeure avaient estimé inutile de mettre un terme à cette « petite querelle » de lézards» …

Si François Hollande accepte de vous recevoir, que lui direz-vous ?

Outre ce que j’ai exprimé dans ma lettre ouverte, j’ajouterais que le Congo-Brazzaville a besoin d’une véritable assise nationale et la levée des sanctions et des restrictions aujourd’hui infligées aux membres de l’opposition. Le général Mokoko est en résidence surveillée, mais d’autres politiciens aussi sont menacés comme Claudine Munari, Charles Bowao ou Okombi Salissa. J’évoquerais, bien entendu, d’autres sujets ayant trait à la politique française en Afrique et qui, hélas, montrent que la Françafrique a encore de beaux jours devant elle…


Propos recueillis par François de Labarre

Source Paris Match

***

Notre première riposte aux inepties de Thierry MOUNGALLA suite à la lettre de notre compatriote Alain MABANCKOU. Sur le site Oeil d'Afrique le ''Goebbels des tropiques'' Thierry MOUNGALA, hier Thierry Brigand (Mwinda), aujourd'hui François Dupent vient de récidiver.

Validons juste la riposte publiée par nos amis du site Mwinda Journal.

Un certain François Dupent (Thierry Moungala) a cru bon de répondre au premier noir africain admis au collège de France dans un article intitulé « Le chantage électoraliste d'Alain Mabanckou à François Hollande ».

En digne fils du Congo et de l’Afrique qui s’est construit par son propre mérite et par son talent exceptionnel de savoir conter et raconter, Alain Mabanckou a le droit et le devoir de prendre fait et cause pour les siens comme naguère Emile Zola, Victor Hugo etc...

Nous savons qui se cache derrière ce pseudo, nous pouvons même dire que ce « François Dupent » est ministre du gouvernement au Congo Brazzaville mais, nous n’en dirons pas plus puisque celui-ci a choisit l’arme des lâches : se cacher derrière un pseudo pour ne pas assumer ses propos.

La dissimulation, la ruse, la tricherie et le manque de transparence est d’ailleurs la marque de fabrique des gouvernants congolais, rien d’étonnant donc qu’ils prennent des noms d’emprunts ou qu’ils fassent dire par d’autres ce qu’ils pensent pour ne pas répondre de leurs méfaits.

Ce monsieur Thierry Moungala, jadis Thierry Brigand son pseudo à Mwinda, aujourd'hui « François Dupent » devrait apprendre à respecter les élites et les intelligences lorsqu'elles s'expriment. Lorsqu'un compatriote fait salle comble à toutes ses leçons inaugurales, il mérite le respect. Depuis que cette institution qu’est le collège de France a été crée, le premier noir à y dispenser des cours magistraux est congolais et non pas antillais, sénégalais ou béninois, devrait-on rougir de honte ou au contraire exulter son bonheur ?

Que vaut la parole ou les écrits d'un ministre siégeant dans un gouvernement où le chef a fait un rapt des suffrages du peuple, chacun sait qu’il n'a reçu en tout et pour tout que 8% de votes des congolais ; ce « François Dupent » dit Thierry Moungala est-il qualifié pour faire la morale et donner des leçons d'éthique à un écrivain de renom qui se sert de sa plume pour faire voyager des lecteurs vers les destinations imaginaires ? C'est comme si un ministre du gouvernement de Vichy s'appropriait le droit de faire la leçon à ceux qui se sont battus contre le Nazisme triomphant du 3eme Reich !

Monsieur « François Dupent » alias Thierry Moungala a le droit de défendre le pouvoir minoritaire de Brazzaville pour plaire à celui qui l’a fait roi malgré l’absence avérée de compétence particulière. C'est son droit le plus absolu. Mais Il ne doit pas insulter les intelligences qui, en hommes libres, expriment leur indignation face aux injustices que subissent nos populations au prétexte que l'on a soi-même un parcours scolaire claudiquant.

Monsieur « François Dupent » alias Thierry Moungala comme tous les transfuges est versatile et amnésique, il ne se souvient même plus que sa seule compétence est d’avoir fait allégeance à celui qu’il fustigeait hier encore, qu'il a été l'homme de main d’un politicien illustre qui lui aussi voulait rompre avec le système qu'il défend aujourd’hui.Il devrait en toute modestie se garder de pousser le bouchon de la polémique trop loin juste pour plaire à son maître du moment et donner des gages de sa soumission. Les archives du site de l'opposition www.mwinda.org sont là pour le rappeler à ses bons souvenirs et à ses prises de positions de l'époque où il traitait Monsieur 8% de dictateur sanguinaire responsable des massacres des populations Kongo-Lari et leur extermination programmée.

Au Congo Brazzaville tout le monde sait qu’il n’y a pas d’idéologie, la seule motivation de la traitrise de ceux qui, du jour au lendemain changent de camp est monétaire (les nguiris). Les exemples de ces transfuges qui se réclamaient de l’opposition hier et qui chantent les louanges du régime contesté aujourd’hui, sont légions.Élevez le débat comme le fait votre compatriote Alain Mabanckou qui séduit par son talent et sa culture et non pas parce qu'il s’est associé avec des Andzimbistes qui se nourrissent du sang et des malheurs de leur peuple en sacrifiant parfois pères, mères et amis pour se maintenir au pouvoir ou pour conserver des postes ministériels.

Sur le passage de « Étonnant voyageur » à Brazzaville, à l'époque, le pouvoir de Brazzaville qui est perpétuellement en quête de visibilité n'avait rien trouvé à redire puisque « Étonnant Voyageur » donnait une visibilité sans commune mesure à celui que « François Dupent » se tortille maladroitement pour assurer la défense.

La mémoire sélective doublée d'un niveau intellectuel à courte échelle, voilà ce qui caractérise notre « François Dupent », il gagnerait parfois à se taire plus souvent au lieu de faire du zèle pour répondre à tout comme un Roquet.

Alain Mabanckou est dans son droit parce qu’un enfant qui laisse sa mère se faire violenter régulièrement par un père ivrogne de sa folie de grandeur, cet enfant est indigne. Ce n’est pas un proverbe africain, juste du bon sens.

Mwinda Journal
www.mwinda.org

 

 

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