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L'histoire de la Rumba cubano-congolaise, de Clément Ossinondé

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France, Lyon (www.dac-presse.com) - Clément Ossinondé travaille activement pour l'archivage de la musique congolaise : ses nombreux ouvrages éclairent quiconque souhaite connaître ses origines, les facteurs de son éclosion, son évolution, les différents groupes qui ont marqué son histoire, les grands noms qui ont participé à son épanouissement.

Bref son oeuvre est précieuse, surtout pour les générations nées après les années 80, qui n'ont pas connu l'âge d'or de cette musique, celui où les chansons vous enchantaient par la poésie de leurs textes et la mélancolie de leurs ryhtmes. La guitare, maniée par des doigts divins comme ceux de Franco ou de Lutumba Simaro, avait le pouvoir de vous faire oublier vos soucis, votre quotidien. Le grain de voix d'un Youlou Mabiala ou d'un Carlyto avait quelque chose d'exaltant ! Ce ne sont là que quelques exemples.

Mais même pour les générations précédentes, l'oeuvre de Clément Ossinondé est une source d'informations indéniable. On réalise après l'avoir lu que l'on était des ignorants et qu'il est bon de s'instruire en se plongeant dans ses ouvrages : Les Bantous de la Capitale "Bakolo Mboka" Chronologie des 48 ans d'existence (2008) ; Chez Gaignond (2012) ; Histoire de la musique congolaise (2013) ; Les origines de la musique congolaise moderne (2014) ; Panorama de la musique congolaise au Congo-Kinshasa (2015) ; Panorama de la musique congolaise au Congo-Brazzaville (2015) ; 52 ans de musique congolaise (2013)...

Celui qui nous intéresse aujourd'hui s'intitule L'histoire de la Rumba cubano-congolaise, avec un sous-titre qui résume bien le livre : "Voyage musical : l'aller et retour de la Rumba cubano-congolaise". En effet, l'histoire de la Rumba, c'est un va et vient entre deux continents, c'est une histoire qui est inséparable avec l'histoire de la déportation des Noirs. C'est pourquoi Clément Ossinondé commence, dans un premier temps, par indiquer les caractéristiques de la musique dans le Royaume Kongo :

"Pour situer le lieu de naissance en Afrique de la Rumba, il faut porter le regard du côté du bassin du Congo et à l'intérieur du territoire qui constituait le Royaume du Kongo dont la capitale M'Banza Kongo ou San Salvador se trouvait en Angola." (page 13)

La musique Kongo était variée et était exécutée en fonction des événements, des situations. Parmi les danses les plus populaires, il y avait la "danse du nombril", pendant laquelle les deux partenaires se frottent le nombril. "Nombril" se dit "Kumba" en kikongo (ou Mu-Kumba). Les esclaves originaires du royaume Kongo qui débarquent à Cuba ont à coeur de faire prospérer leur héritage culturel, d'autant plus que les esclaves sont autorisés à se regrouper en "calbidos", c'est-à-dire des "associations de Noirs de même origine ethnique". Les cérémonies organisées par ces "calbidos" sont autant d'occasions de retrouver les danses, les rites de la terre d'Afrique qui est toujours présente dans leur mémoire.


Ainsi, La deuxième partie de l'ouvrage de Clément Ossinondé ne renseigne pas seulement sur la musique, c'est aussi un pan de l'histoire de Cuba qui est proposé au lecteur. La Kumba, danse du ventre exécutée dans des circonstances comme la naissance de jumeaux, deviendra la Rumba, "selon la déformation, disons même la prononciation particulière des maîtres espagnols" (page 34).

De la Kumba à la Rumba, quelle évidence, a-t-on envie de s'écrier, et pourtant l'idée ne m'aurait pas effleuré l'esprit si je n'avais pas lu Ossinondé. L'ouvrage ne comporte qu'une cinquantaine de pages, il se lit vite et vous permet de faire un rapide tour de la rumba congolaise. Les grands noms de cette musique qui se sont distingués sur les deux rives du fleuve Congo sont cités dès le début de l'ouvrage. Une vingtaine, parmi lesquels Joseph Kabassele, dont le nom est définitivement rattaché à une chanson qui a pris la valeur d'un hymne, selon David Van Reubrouck, qui a écrit un livre passionnant sur le Congo. Voici ce qu'il écrit à partir du témoignage de Charly Henault, le batteur belge de l'African Jazz ("J'étais blanc, mais quelle importance ? J'étais batteur dans un pays rempli de batteurs"), témoignage recueilli en 2008 :

"Ils commencèrent à l'hôtel Plaza à concocter une chanson qui allait bientôt devenir un des plus grands succès de la musique congolaise :Indépendance cha-cha. Le texte, en lingala et en kikongo, se réjouissait de l'autonomie fraîchement acquise, louait la collaboration des différentes parties et chantait les grands noms de la lutte pour l'indépendance : "L'indépendance, cha-cha, nous l'avons obtenue,/Oh ! Table-ronde, cha-cha, nous avons gagné !" Après 1960, le Congo allait recevoir différents hymnes nationaux, à l'époque de Kasavubu, à l'époque de Mobutu, à l'époque de Kabila, des compositions pompeuses aux textes pathétiques, mais tout au long de ces cinquante dernières années il n'y a eu qu'un seul véritable hymne national congolais, un seul petit air qui jusqu'à aujourd'hui fait spontanément se déhancher toute l'Afrique centrale : la musique espiègle, légère et émouvante d'Indépendance cha-cha." David Van Reybrouck, Congo, une histoire, page 336.

Clément Ossinondé est chroniqueur musical (radio et presse), il a animé plusieurs émissions sur les antennes de "Radio Congo" et "Radio Liberté", tout comme il a présidé l'UMC (Union des Musiciens Congolais) et l'UNEAC (Union Nationale des Ecrivains et Artistes du Congo) pendant de longues années [4e de couverture].

Par Liss Kihindou

Blog de l'auteure: Valetsdeslivres.canalblog.com

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Clément Ossinondé, L'histoire de la Rumba cubano-congolaise, Edilivre, 2012, 50 pages, 11.50 €.

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