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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

La volte-face du tyran Sassou.

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Bien que dans la pratique la démocratie soit inexistante au Congo-Brazzaville, le débat d’idées lui existe bel et bien au grand dam des partisans de la ligne dure du pouvoir récemment convertis par opportunisme à la pluralité. Le numérique est passé par là, cette quatrième métamorphose qui nous fait reconsidérer notre rapport à la connaissance et au traitement de l’information.

 

Comme dans tous projets, il y a lieu de faire notre évaluation intermédiaire afin d’éviter l’effet tunnel et ses désagréables surprises. Nos objectifs peinent à être réalisés. Devant ce qu’il convient d’appeler pudiquement l’échec des politiques dans la volonté de trouver des solutions satisfaisantes pour le peuple à cette crise de puberté politique, il revient à la société civile congolaise de s’organiser afin de proposer des solutions alternatives. Il est temps d’aller au devant de ces figures jadis tutélaires qui se complaisent, se confortent dans des certitudes qui se fracassent sur le mur des réalités.

C’est l’heure de la refondation politique pour savoir de quel type de société avons-nous besoin au Congo. Celle des apparatchiks des partis politiques nourris et engraissés par les fonds publics ou celle du questionnement de la place de tout citoyen au sein de la société ? Le diagnostic concernant l’état de la société congolaise est très alarmant et si nous ne prenons garde, nous aboutirons à un éclatement de notre pays. Nos positions sont devenues tant irréconciliables qu’à court terme il nous devient impossible de vivre ensemble ou ne fut-ce que de cohabiter. Adopter cette position serait faire le jeu des extrémistes, des faucons de la dictature qui veulent pérenniser le statu quo pour mieux continuer à piller le pays. Ces hommes sans foi ni loi ni vision pour le Congo pensent qu’il n’y a pas d’autres alternatives en dehors de leur pensée marxiste, remise au goût du jour, qui consiste à dire que "le pouvoir est au bout du fusil". C’est se tromper d’époque de penser que pareille maxime ait encore court dans notre monde. Ils occultent la notion de NATION pour privilégier leur petits intérêts tribalistes, régionalistes et surtout familiaux car notre pays est dorénavant géré comme une épicerie familiale.

Au bout de 56 ans d’indépendance, de 33 ans de gestion autocratique, nous ne pouvons plus nous résoudre qu’à danser, chanter, magnifier un personnage lugubre atteint par le syndrome de Peter. Pareil échec ne fait qu’hypothéquer l’avenir de nos enfants et petits-enfants. Il y a un besoin sociétal indiscutable de réfléchir à travers des propositions concrètes, des projets, de ce que nous envisageons faire pour le Congo. Le débat stérile sur des personnages voués à leur propre désintégration ne doit plus être l’essentiel de notre réflexion.

La liste est longue de ce qui ne va pas au Congo. Les mœurs se sont délités, le chômage est galopant, la santé est chancelante, l’éducation est aux abonnés absents, les infrastructures quasi inexistantes de piètre qualité, etc. A défaut de trouver des solutions idoines, l’on nous distrait dans ce qui est devenu une obsession, la promotion de notre nain politique qui n’a de grandeur que son appartenance dans le cercle très fermé de ses illustres confrères tristement célèbres que sont les Pinochet, Mobutu, Idi Amin Dada, Bokassa, Compaoré et j’en passe. Notre jugement à son encontre est sans appel et l’histoire ne contribuera qu’à l’effacer de notre mémoire collective.

Ne tombons pas dans la procrastination car notre véritable ennemi n’est pas celui que nous pensons, mais le temps qui s’égrène inexorablement. Notre devoir est de réinventer le monde, d’enchanter la politique et d’offrir une œuvre d’exception à notre peuple qui ne s’est jusque là nourri que d’illusions. Le bonheur ne vaut que lorsqu’il est partagé.

Avec la libération de Maître Essou, les avocats congolais, tous soudés comme un seul homme, sont venus à bout de la dictature congolaise. Cela démontre bien qu’il n’y a que des esclaves qui obéissent aux ordres du tyran. Loin de moi l’idée de penser que tout le peuple congolais est esclave de cette terreur. Le deuxième enseignement que l’on peut tirer de ce fait apparemment banal dans une dictature, c’est que l’union fait la force. Derrière leurs bâtonniers de Brazzaville et de Pointe-Noire, les avocats congolais ont pris des décisions justes, fermes et efficaces. Il y a là matière à réflexion pour les femmes et hommes politiques de l’opposition congolaise qui ont toujours privilégiés leurs petits intérêts personnels, leur ego, par rapport à l’intérêt général, au collectif.

Un triste comique Commissaire du gouvernement du temps de la terreur du CMP (comité militaire du parti), devenu depuis lors lui aussi avocat, disait : "Je ne mangerai plus les avocats". Quant à moi, je me resservirais et me délecterais bien de cet "avocat congolais" qui a su faire valoir ses prérogatives en nous montrant sa saveur exquise dans l’une des pires dictatures du XXIè siècle avec la Corée du Nord. Chapeau bas les artistes, car vous venez de montrer à la face du monde qu’un avocat congolais ne se compromet pas et il respecte son serment en défendant son client quels que soient les crimes que ce dernier eut commis. La digue se fissure.

Le renouveau dynamique congolais passera par les hommes de loi car ma certitude profonde c'est que le droit constitue le plus sûr vecteur des valeurs fondamentales dans une société démocratique. Les avocats congolais n’ont pas eu à quémander l’indulgence des autorités judiciaires pour un des leurs, mais ils ont tout simplement réaffirmé leur foi inébranlable et leur confiance dans un système judiciaire juste et équitable pour tout justiciable congolais. Ainsi, ils sortent la tête haute de cette énième mascarade après le pèlerinage manqué de New-York. "La bêtise insiste toujours..." disait Albert Camus. Le rôle des intellectuels est de s’interroger sur l’état du monde et non de l’accompagner béatement.

C’est Jaurès qui disait : "Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience". Nul doute que les tyrans ont toujours eu peur du peuple qui peut les défaire. Puisse l’exemple des avocats congolais nous inspirer. Transformons le Congo et nous n’en serons plus que fiers. Le monde change, pourquoi pas nous ?

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Patrice Aimé Césaire MIAKASSISSA

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