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L’opposition congolaise : Pour ou contre le peuple ?

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En plus des nominations arbitraires teintées d’un clientélisme clanique masqué sous une forme de rééquilibrage injuste, le gouvernement de M. Sassou poursuit sa croisade de destruction de la démocratie.

Les conflits et l’apathie sont le socle du clan Sassou

Le gouvernement de Dénis Sassou Nguesso présente cliniquement un encéphalogramme plat face aux difficultés que connaissent les congolais. Le peuple congolais en a assez de l'incurie infligée par Dénis Sassou Nguesso et son clan.

Faut-il révoquer ici les multiples supplices subis par les congolais pour en conclure à une grave atteinte des droits élémentaires des peuples ? Doit-on mettre en exergue à chaque fois le prix exorbitant que paient les congolais pour satisfaire leurs aspirations à la liberté et à la justice ? Est-il possible de nier aujourd’hui que les souffrances des congolais ne pourront être apaisées que par l’effondrement d’un système politique qui les accable ? Ce sont là des interrogations auxquelles une seule réponse nous semble appropriée.

En croyant que la violence, le développement du spectre de la guerre, l’appropriation des libertés, l’achat des consciences et l’usurpation des unités de productions économiques est la solution d’administrer aux générations futures une nouvelle leçon de démocratie dans un monde en pleine mutation est une grosse erreur de jugement. Au contraire, ce système qui détruit ces valeurs fondamentales est lui-même entrain de se détériorer, s’éloigner des congolais, se fissurer. Le système politique instaurer par le clan Sassou est entrain de dilapider sa « légitimité » pour apparaitre de plus en plus comme un système inhumain, enragé et prêt à tout pour se maintenir au pouvoir. Pourquoi se lance t-il dans une démarche si suicidaire ? Et pourquoi l’opposition dite intérieure et traditionnelle joue à la politique en dents de scie, une opposition qui souffle le chaud et le froid en même temps, devant une réalité si grave qui nuit gravement à l’avenir du Congo ?

Certaines langues habituées à la violence et à l’intimidation distillent auprès de la population des propos ahurissants : «  Nous avions piétiné cette opposition avec les méthodes que nous avions pratiqué. Cela a permis de maintenir le régime pour 20 ans au moins. Si demain nous rencontrons encore des ennemis sur notre route nous les traiterons de la même manière. Mais cette fois-ci nous allons les broyer. C’est ainsi qu’agit l’homme politique puissant. Nous avons la puissance et nous l’utiliserons quand il faudra… »

Doit-on avoir peur de ces propos ou s’en réjouir devant tant de manifestations d’une absence totale d’initiative politique constructive. Devant le caractère politique, unitaire de cette vague de protestations qui couve au Congo-Brazzaville tenir de tels propos est l’expression même que la peur change de camp. C’est dans ce contexte qu’on nomme des parents, des anciens guerriers reconvertis en militaires à des postes de commandement de l’armée. On intime l’ordre aux média de faire l’apologie des « pseudos groupuscules d’opposants » qui saperaient l’unité nationale. Ceci pour justifier dans un avenir proche la violence et la répression au cas où le peuple se soulèverait.

L’opposition doit être féconde

Faut-il rappeler que le Congo fait partie d’un tout et ne peut être isolé des situations internationales qui conditionnent aujourd’hui que son approche du traitement des tensions soit conforme à la nouvelle vision du monde ? S’obstiner à croire que le régime de M. Sassou gagnera les batailles de demain avec les méthodes d’hier est une erreur, sauf à vouloir entrainer dans sa chute une frange d’adeptes inconscients.

L’opposition ne doit en aucun cas être complice de la schizophrénie qui caractérise le clan Sassou. Ce qui est certain, c’est que des voix se lèvent à l’extérieur pour dénoncer cette appropriation inacceptable du pouvoir par un clan. Présentement, le Congo réunit tous les les ingrédients qui sont à l'origine des tensions sociales observées au Burkina Faso et au Sénégal.

Hier nous avions une diaspora tétanisée, engluée dans les querelles et les revirements de vestes, aujourd’hui elle s’organise et affûte ces armes politiques pour une transformation pacifique du Congo pour un vrai développement. Ce qui est regrettable c’est que l’opposition dite traditionnelle semble donner l’impression d’adhérer soit par naïveté ou répondant positivement aux appels incessants du ventre en cautionnant par omission les manœuvres anti-démocratiques en cours et qui trahissent ainsi les aspirations du peuple.

Mais le peuple ne fera pas marche arrière. Il a bien senti cette possible défection face au régime de Sassou Nguesso. En soutenant par votre passivité la démarche et les décisions prises par le gouvernement de M. Sassou, vous venez de crédibiliser une conspiration contre le peuple. En refusant de reconnaître que le centre de gravité d’une opposition, en ces temps forts, est dans le soutien de la volonté du peuple et non dans la poursuite de la conservation de vos dérisoires privilèges vous vous éloigner des aspirations du peuple. Les partis d’opposition, en totale incohérence n’osent pas admettre leur incapacité à proposer mieux que le gouvernement de M. Sassou. Cette incapacité se distingue par l’absence d’unité autour d’un projet susceptible d’incarner la rupture et le changement, et d’apporter de véritables réformes structurelles devant permettre un véritable sursaut économique. Les partis d’opposition en accentuant leur division portent en eux les bases de leur propre défaite.

Ce que les congolais attendent de vous ce sont des contre propositions, un projet unificateur , des prises de positions claires et courageuses lorsque le gouvernement prend des mesures impopulaires et sectaires ou encoure lorsque des nominations claniques sont officialisées, des propositions de solutions d’emploi pour notre jeunesse, le combat pour une justice équitable, un retour à l’ordre juste et durable, la fin de l’impunité et des privilèges , primauté sur l’excellence au travail et la probité morale. La prolifération des messages invectivant envers un gouvernement et son président dont beaucoup d’entre vous partagent des affinités, tout en se vantant d’être de l’opposition, est loin d’une opposition crédible. L’absence d’une opposition audible, courageuse et imaginative construit chaque jour le lit de l’immoralité, de la corruption et retarde le développement du Congo.

Pour construire la future alternance au système Sassou le peuple congolais doit s’appuyer sur des leaders d’opposition fiables. Cela est possible par un débat politique de fond qui réunit tous les opposants au régime actuel. Cette opposition est sommée de sortir de son mutisme, en abordant sur la place publique les vrais problèmes de société c'est-à-dire l’avenir du Congo.

Aucun changement n’est possible en cultivant la politique de l’autruche. Il faut amener le peuple à adhérer à un projet par les forces des idées novatrices.

Ce postulat est un gage d’unité autour d’une idée celle de construire le Congo, alors l’on se pose une simple question en contemplant cette opposition boitillant, peureuse, à quand le réveil d’un vrai sursaut patriotique ? Etes-vous pour le peuple ou contre le peuple ?

JEAN-CLAUDE BERI, www.dac-presse.com

NDLR : Denis Sassou NGuesso a sélectionné  Rodolphe Adada, actuellement ministre du développement industriel et grand maître du Grand Orient du Congo-Brazzaville (GOCB), pour sa nomination au poste de Secrétaire Général du PCT (Parti Congolais du Travail), lors du congrès de ce parti politique qui se tiendra le 21 juillet 2011 à Brazzaville. Les caciques du PCT ont fait leur choix en écartant Isidore Mvouba, jugé apathique au poste de Secrétaire Général du PCT. La succession de Denis Sassou Nguesso se prépare en bataille rangée... Enfin de compte, le congrès du PCT ne sera qu'une messe ordinaire pour entériner ce que Denis Sassou Nguesso et son clan ont conçu à Oyo.


Commentaires  

 
0 #2 Akendengué 03-07-2011 23:54
Mise à part l'agitation plus ou moins qui règne au sein du PCT à l'approche de son congrès, la vie politique au Congo n'est pas très active ni passionnante. Présentement au Congo, la vie politique est atone, sans vitalité, sans vigueur, manquant de dynamisme.
L'opposition ne présente pas un projet politique qui suscite l'adhésion du peuple. Au PCT, on se bouscule pour prendre le poste de Secrétaire Général.
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0 #1 Justin 01-07-2011 10:37
C'est bien de faire ces remarques qui justement ne sont fausses puisque c'est ce qui se passe réellement au Congo. Ma question est simple puisque vous saviez tout ça , pourquoi continuez-vous a attendre quelque choses de ces personnes en" manque d'inspiration corrompus, traites....." Ne faites-vous là aussi une preuve de limite dans votre combat?
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