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Quelles leçons tirées de la mort de KADHAFI ?

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" Ôtez la vie d'un homme d'état, dictateur ou pas  reste un échec démocratique. "  JCB

Pendant que le monde occidental jubile sur la mort de l'ancien Président libyen, les africains doivent se poser une multitude d'interrogations sur la manière  dont cette chute précipitée, décidée, organisée par ceux-là même qui aujourd'hui maintiennent d'autres dictateurs africains en place. Pour les médias occidentaux, c'est une dictature de quarante deux ans qui s'est disloquée. Une page est tournée à Syrte de la pire des scénarios qui soient tolérées : ôtez la vie d'un homme d'état,  dictateur ou pas,  reste un échec démocratique. De quelle démocratie souhaitions-nous  en Afrique? De celle qui nous est imposée par le monde des affaires, des multinationales, des banques, des politiciens véreux qui décident à notre place ou et quand il serait temps de changer le cours de l'évolution de nos pays?

En tant qu'Africains, on se regardant droit dans les yeux, sommes-nous fiers de la manière dont les occidentaux ont décidé d'écourter la présidence  de Laurent Gbagbo hier (destitué avec l'appui de l'armée française)  et aujourd'hui,  cette même armée " ...française à la demande de l'OTAN stoppe " de façon radicale  le convoi au sein duquel se trouvait KADHAFI ? Pourquoi notre démocratie, à nous africains,  doit-elle s'écrire toujours avec des mains ensanglantées et celle de l'occident avec des gants en velours ? Pour Human Right Watch   la mort de KADHAFI - s'il était confirmé qu'il a étéexécuté - doit-être qualifié de " crime de guerre ".

Qu'a-t-on célébré ce jeudi 20 Octobre 2011 dans la plus part des ambassades occidentales?  Es-c'est la fin d'une dictature? La libération d'un peuple assujetti? L'avènement d'une nouvelle démocratie? Ou tout simplement la mise en échec total d'une politique  qui dérangeait tant le monde occidental? Pour nous,  africains, la mort du Colonel KADHAFI devrait susciter plus d'interrogations qu'elle n'en susciterait une grande vague de liesse populaire. Comme le déclarait par ''prémonition'', ce 11 mai 2011, le président  Jacob Zuma "  des bombardements ont eu lieu en Libye alors que nous avons les moyens pacifiques  de régler le conflit. Les puissants ont dit de manière arbitraire : " nous devons imposer la paix " (1)

On nous parle d'une " nouvelle page qui s'ouvre pour les africains et le peuple libyen ".  N'avons-nous pas  déjà entendu ces mêmes propos de la bouche de ceux là qui s'érigent aujourd'hui en donneur de leçons. Sommes-nous pas  là entrain d'avaler  de nouveau de force cette  pieuvre nauséabond du célèbre et désormais historique discours de La Baule de 1990. On nous annonce que la Lybie va entrer dans une époque démocratique. Cette même démocratie falsifiée et complètement tronquée qu'on proposa aux africains en retour d'une aide au développement dont les résultats aujourd'hui accréditent encore plus une domination occidentale dans la plus part des pays africains.

Pendant que les médias occidentaux gavent le monde avec des messages de liesse maquillée d'une course effrénée  en coulisse pour l'acquisition des grands marchés que suscite ce chantier très convoité, personne n'ose aborder le sort des étudiants libyens aujourd'hui dépourvus de bourse et menacés d'expulsion dans les universités américaines (2) "  Privés de subsides par Tripoli , les jeunes libyens inscrits dans une université américaine pourraient être obligés d'arrêter leurs études. Ils deviendraient des clandestins ". Peut-on être certains d'avancer sans risque de se faire encore manipuler qu' " assassiner " un homme d'état, dictateur soit-il, permet de faire avancer la démocratie en Afrique ? Répondre à cette interrogation apporterait un peu plus de clarté dans le jeu politique qui se trame actuellement.

La constance dans la défense de leurs  intérêts est un des objectifs immuables du monde occidental. Perdre cela de vue,  c'est  oublier que jamais l'occident  ne renoncerait à ses chasses gardées sur le continent.  Seules les circonstances et les contextes changent mais la démarche prédatrice reste la même depuis la nuit des temps.

Hier,  ces mêmes hommes, traités de dictateurs, sanguinaires, pilleurs  étaient adoubés, acclamés et l'on se précipitait de faire savoir au monde qu'en était des amis et partenaires. Le respect qu'on leur devait n'avait d'égal que la longueur des tapis rouge qu'on étalait sur leur passage dans les grandes capitales européennes.

Aujourd'hui c'est a coup de bombes réfractaires, des pilonnages incessants,  d'humiliation devant les écrans de télévision du monde entier que leur déchéance est exhibée comme des trophées d'une chasse au tigre. Peut-on parler de démocratie lorsqu'on privilégie  l'humiliation, les traitements qualifiés d'inhumains aux anciens dictateurs ? Ou est le sens de la vérité là-dedans ? Ou est  le sens de l'humanisme si nous agissions comme ceux que nous condamnons ? Sommes-nous fiers d'avons pu observer sur nos écrans la déchéance de Laurent Gbagbo ou de KADAHFI ?

Rappelez-vous  du discours de Monsieur Sarkozy sur la Rupture, une grande ambition pour une Afrique nouvelle. Beaucoup attendaient de lui ce changement radical dans la diplomatie africaine de l'Elysée, qui devait permettre l'amorce d'une démocratie véritable assortie de l'amélioration effective des conditions socio-économiques sur le continent, la partie francophone en particulier.

Quelle belle escroquerie politique. La rupture attendue n'eut jamais lieu. Pire encore, c'est le contraire qui s'inscrit aujourd'hui dans le continent africain.  Au bonheur  des intérêts de la France, Monsieur Sarkozy  soutient les dictatures et les régimes complètement désavoués, usés, bannis, vomis  qui président depuis plus d'une vingtaine d'années sur le continent en général et en Afrique centrale en particulier. La plupart de ces gouvernants ont très bien compris que pour avoir la paix, la tranquillité et la garantie de rester longtemps au pouvoir, le mieux à faire c'est  d'être dans les bonnes grâces des mentors occidentaux. Mais l'histoire nous apprend,  très  souvent a nos dépends qu'on ne remplace pas une dictature par une autre.

A qui le prochain tour ?

''Servez votre peuple et peut-être vous mourriez dignement''

C'est peut-être là l'erreur de KADHAFI, de vouloir trop  aimer les libyens pour eux et pour leur avenir mais certainement pas pour ouvrir les vannes aux appétits insatiables des grandes firmes occidentales. A vouloir trop se déclarer indépendant et capable d'assumer l'avenir de son pays sans une contrainte occidentale lui a été fatal. Même les milliards d'achats d'armes consentis aux firmes européennes ne lui ont pas sauvé la vie. Son sort était scellé. ''Les grands de ce monde'' ont avait ainsi décidés.

Le Colonel KADHAFI n'était certainement pas un enfant de cœur. Il ne s'est pas accroché au pouvoir durant 42 ans en ne semant que des orchidées de bonheur dans les cœurs des libyens. Des erreurs, des excès et confiscations  de pouvoir, sont à mettre à son crédit. De même qu'on gardera aussi en mémoire son côté fou sanguinaire. Pourtant, il ne serait pas juste de ne pas reconnaître que pendant des années, il a véhiculé une image positive dans les pays en voie de développement car il était la voix des sans voix. C'était l'un des chantres incontestés du panafricanisme.

MOBUTU (  Zaîre)

De même, pourquoi cette communauté internationale  laisse t-elle  perdurer au pouvoir d'autres dictateurs d'Afrique centrale  plus sanguinaires, plus mégalomanes, plus  pilleurs, plus destructeurs ?  Pour certains,  faire cet amalgame relève du parcours labyrinthique.

Nous dira t -on que les situations ne sont pas les mêmes.  En quoi, alors,  la souffrance du peuple camerounais dont  le président Pau BIYA vient d'être reconduit  à 79 % pour la nième fois est-il moins importante de celle du peuple libyens? Pour le président SASSOU, dont lui et son entourage sont plongés dans les scandales plus abominables qu'ils soient,  est-il protégé dans sa tour d'Ivoire de Mpila  en continuant tranquillement à affamer son peuple ?

Nous dirons,  tout simplement, à ces dictateurs déguisés en présidents (WADE, SASSOU- NGUESSO, IDRIS, DEBY, DOS SANTOS ....) qu'il temps de vous reformer et de céder le pouvoir avant que le vent ne souffle dans le sens inverse. Le monde occident ne se gênera pas de pousser votre peuple à vous haïr, vous vilipender, vous massacrer a coups de pierre et traîner vos corps dénudés sur la place publique et aux yeux du monde entier lorsqu'il jugera le moment propice.

Mais votre peuple peut toujours vous défendre, vous protéger si vous travaillez pour les intérêts de vos concitoyens. Votre salut dépend de votre respect et votre dévouement envers votre peuple. Servez votre peuple et peut-être vous mourriez dignement. Souvenez-vous comment AHIDJO et MOBUTU ont été lâchement abandonné et aujourd'hui morts et enterrés loin des terres de leur ancêtres.

AHIDJO (Cameroun)

Nous le saurons  dans les jours et mois à venir si ces cris de liesse et ces danses de triomphalisme feront naître une nouvelle Libye libérée et démocratique. Que le CNT aura réussi son pari d'unifier les diversités qui sont autant des possibilités de réussite comme de destruction. L'inquiétude politique et sociale qui monte chaque jour au sein de ces communautés multiformes sera demain la grande question de l'avenir libyen. Comme elle l'est pour l'Afrique qui se laisse manipuler et dicter des conduites parfois contre ses ambitions et ses aspirations pour un réel développement de son continent.

JC BERI (www.dac-presse.com)

(1) Jeune Afrique N° 2649 : du 16 au 22 Octobre 2011
(2) The New-York time  - extrait de New-times de Denver  dans le courrier international N°1073 du 26 au 31 mai 2011


Les dictateurs finissent mal, mon général

La mort de Kadhafi est un exemple de la fin souvent tragique, de tous ceux qui maintiennent leur peuple sous la dictature.

Mise à jour du 23 octobre 2011: La Libye entre définitivement dans une ère nouvelle. Le Conseil national de transition (CNT) a proclamé ce dimanche à Benghazi (la ville où a démarré l'insurrection libyenne), une «Libye libre». C'était devant plusieurs milliers de personnes.

A époque troublée, morts troublantes? Après les révolutions relativement policées de Tunisie et d’Egypte, il fallait que le printemps arabe en Afrique du Nord ait sa victime expiatoire. C’est désormais chose faite: le colonel Mouammar Kadhafi a payé de sa vie son obstination, et les images de son cadavre ensanglanté et roué de coups ne manqueront pas de devenir les symboles de ces mois de guerre et de violence.

Au-delà des communiqués de victoire et des scènes d’autocongratulation des grands de ce monde, scènes au demeurant dérangeantes (après tout, il n’y a pas si longtemps qu’ils recevaient Kadhafi dans leurs palais), nous ne pouvons nous empêcher de nous dire que la dictature est, en fin de compte, un métier à risque. Une réalité qui n’a pas attendu la bataille de Syrte pour être confirmée.

La loi du Talion

Sans remonter trop loin dans le passé —l’Antiquité et le Moyen-Age ayant eu leur lot de despotes plus ou moins sanglants exécutés par leurs proches ou par une foule en furie— on constate, en survolant rapidement l’histoire récente, que nombreux sont les hommes «à poigne», comme l’a dit Barack Obama dans un discours de menace à peine voilé à l’adresse du président syrien Bachar el-Assad, qui ne sont pas morts paisiblement dans leur lit. Une constante historique qui peut paraître rassurante, dans la logique de «qui a vécu par l’épée périra par l’épée». Comme dans tout scénario hollywoodien qui se respecte, le méchant finit par mordre la poussière, le peuple brimé sort vainqueur de l’affrontement et peut enfin œuvrer à faire chanter les lendemains. Ou presque.

Depuis la chute du communisme, le monde a vu sombrer plus d’un autocrate englouti par l’ire de ses sujets. Le plus célèbre reste peut-être le Roumain Nicolae Ceausescu. Son visage défait, alors qu’il tentait de galvaniser la foule dans un discours et qu’il avait dû s’interrompre sous les huées, est encore dans toutes les mémoires. Le dictateur roumain eut le triste privilège d’être le premier dirigeant à tomber presque en direct sous les caméras. Abandonné, trahi et traqué par le cercle de ses proches, il fut arrêté alors qu’il tentait de fuir. Puis, à l’issue d’une parodie de procès à la va-vite dans une école de province, son épouse et lui furent mitraillés à coups de fusils d’assaut.

Depuis, bien d’autres sont ainsi passés de vie à trépas, le plus souvent sous nos yeux, ou du moins sous ceux des médias. Zviad Gamsakhourdia, premier président de la Géorgie indépendante, despote fantasque pour les uns, héros de la démocratie pour les autres, fut chassé du pouvoir par une guerre civile. Il mourut en 1993 dans des circonstances troubles, pendant une échauffourée avec des partisans de son adversaire, Edouard Chevardnadze. S’est-il suicidé ou est-il mort au combat? Aujourd’hui encore, le doute plane.

De nombreux cas en Afrique

Le continent africain n’a pas été épargnée. Ainsi, en 1990, Samuel Doe, président autoritaire du Liberia, qui se maintint au pouvoir par la violence pendant près de dix ans, fut renversé par les rebelles commandés par Charles Taylor. La chute de Doe fut aussi sanglante que spectaculaire, et il mourut torturé par des rebelles. Son supplice, filmé par ses tortionnaires, fut diffusé ensuite dans toute l’Afrique. Quant à son vainqueur, il est aujourd’hui jugé pour crimes contre l’humanité, s’en tirant ainsi mieux que son prédécesseur.

De tout temps, la chute et la mort d’un chef de guerre impitoyable ont eu valeur de conte moral, même si la moralité n’a rien à voir dans une telle affaire. Dans la vaste tragicomédie qu’est l’histoire de l’humanité, il peut paraître juste qu’un homme qui a gouverné par le fer et par le feu meure sous les coups de son peuple enfin libéré. Toutefois, tous ne succombent pas de la sorte. Si Doe a effectivement été exécuté par des Libériens, et Ceausescu par des Roumains, pour en neutraliser certains autres, il a fallu l’intervention de forces extérieures. C’est d’ailleurs dans cette catégorie qu’il faut sans doute ranger le colonel Kadhafi et les siens.

L’Afghanistan, en 1979, en est un parfait exemple. Hafizullah Amin, président du pays pendant 104 jours, voulut se détacher de l’influence soviétique. Mal lui en prit: il provoqua l’invasion de l’Afghanistan par l’Armée rouge. Le 27 décembre 1979, son palais, défendu par sa garde, fut pris d’assaut par les spetsnaz, les troupes d’élite soviétique. Ce fut un carnage, Hafizullah Amin étant abattu avec quelque deux cents de ses soldats. Depuis, Kaboul a vu passer et repasser des armées et des clans, et en 1996, un autre ancien président afghan, Mohammed Najibullah, fut assassiné dans des conditions atroces par les talibans.

Les signes avant-coureurs

Les périodes de troubles et de révolution sont évidemment propices à ce genre de conclusion sanglante. Il arrive aussi parfois que le dictateur en poste commette l’erreur de se lancer dans une guerre qui finit par lui coûter le pouvoir. On a pu croire que Saddam Hussein avait commis cette erreur en envahissant le Koweït en 1990, et Kadhafi lui-même avait déjà joué avec le feu en intervenant au Tchad dans les années 80. Mais dans les deux cas, les forces adverses avaient préféré ne pas aller jusqu’au bout, pour des raisons tant logistiques que pratiques: mieux valait probablement un mal connu qu’un mal inconnu. Les deux dictateurs restèrent peut-être en place parce que leurs ennemis les préféraient encore à leurs éventuels remplacements du moment. Aujourd’hui, l’un et l’autre sont morts, chacun dans des circonstances peu reluisantes, et chacun après intervention de forces armées étrangères sur son territoire.

Parmi les dictateurs qui virent leur monde s’écrouler sur eux pour avoir voulu semer la terreur chez leurs voisins, Adolf Hitler est évidemment le plus connu. Nous ne reviendrons pas sur sa fin ici. Il mourut dans les conditions que l’on sait, se suicidant dans son bunker tandis que sa capitale en flammes était conquise de haute lutte par les armées ennemies. Une conclusion hautement symbolique, digne du crépuscule des dieux dont rêvait le régime nazi.

Francisco Solano Lopez, deuxième président du Paraguay, est moins célèbre, mais son destin n’en est pas moins édifiant (là encore, les avis divergent: Lopez était un dictateur pour certains, mais un héros pour d’autres). En 1864, il provoqua le Brésil dans une affaire concernant l’Uruguay. Lopez soutenait un camp politique en Uruguay, le Brésil en appuyant un autre. Souhaitant envoyer des troupes à Montevideo, il exigea de l’Argentine qu’elle laisse passer ses forces. Quand Buenos Aires refusa, il lui déclara la guerre, déclenchant du même coup ce qui est resté dans l’histoire sous le nom de guerre de la Triple alliance. Le petit Paraguay se retrouva opposé au Brésil, à l’Argentine et à l’Uruguay. Le conflit dura jusqu’en 1870, et se termina par la mort au combat du président Lopez. Le Paraguay en sortit ruiné, dépeuplé et diminué.

Kadhafi, un cas atypique

La fin de Kadhafi semble un curieux mélange de toutes ces possibilités. Assiégé dans son fief de Syrte, entouré d’un dernier carré de fidèles, il a résisté avec acharnement jusqu’à ce qu’il tente de s’enfuir à bord d’un convoi. Les rebelles étaient en train de lancer leur énième assaut final contre la ville comme le souligne le Telegraph de Londres:

«Il semblerait que des Tornado de la RAF aient été en patrouille au-dessus de Syrte au moment de la tentative d’évasion […]. Kadhafi avait été placé sous surveillance par les forces de l’Otan depuis une semaine, de nouveaux renseignements leur ayant permis de le localiser. Un drone américain et une flottille d’appareils de surveillance de l’Otan se concentraient sur son bastion de Syrte pour veiller à ce qu’il ne puisse s’échapper.»

Le 20 octobre, vers 8 H 30, la ville étant sur le point de tomber, Kadhafi et son entourage auraient décidé de tenter le tout pour le tout. Leur convoi, repéré par des drones américains et français, aurait été intercepté parce que «les forces de l’ancien dirigeant libyen ont commencé à tirer sur des civils». Jusqu’au bout, il aura fallu accuser Kadhafi d’avoir cherché à massacrer des civils sans défense. Dans une ville en proie aux combats et au désordre, un «convoi de cent véhicules» s’efforce de se faufiler, pendant que le ciel est sillonné de drones et d’appareils de combat. Dans la confusion, bien malin qui sait qui tirait sur qui. Il serait peut-être plus honnête de reconnaître que l’Otan savait que Kadhafi se trouvait à bord du convoi, et qu’il fallait le stopper net pour éviter qu’il ne rejoigne les Touaregs au Sud.

Quoi qu’il en soit, un «drone Predator, décollé de Sicile et piloté par satellite depuis une base près de Las Vegas, a frappé le convoi avec plusieurs missiles antichars Hellfire. Quelques instants plus tard, des avions français, vraisemblablement des Rafales, ont surgi et largué des bombes de 250 kilos […] sur les véhicules». En cela, le sort de Kadhafi rappelle vaguement celui du général paraguayen Lopez, abattu par des forces étrangères (des soldats brésiliens) en 1870. Puis les rebelles ont submergé les vestiges du convoi, et le colonel, semble-t-il blessé, a alors subi le même destin sans gloire que Samuel Doe ou Mohammed Najibullah. Exécuté sans pitié par des soldats rebelles.

«Sic transit», est-on tenté d’ajouter en guise d’épitaphe. Quant à savoir si sa mort signifiera effectivement la fin de la guerre civile en Libye, ce n’était pas le but de notre chronique, mais nous craignons fort que l’actualité ne nous donne l’occasion d’y revenir d’ici peu.

© Roman Rijka – Slate Afrique

*** Arrestation et exécution de Samuel Doé. Le contenu de cette vidéo est susceptible d'offenser certaines personnes.

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Commentaires  

 
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0 #14 Samuel Edong 26-10-2011 21:51
Il faut s'y habituer maintenant, chaque mort s'entoure systématiquemen t de mystère, avec au centre, cet éternel problème de justice et de secrets vite noyés dans la légende. Saddam Hussein en son temps aura eu au moins un procès, même ficelé, au sens propre comme au figuré puisque l'ex-dictateur irakien a été pendu, en direct. Pour les autres, l'histoire n'est pas la même et le Printemps arabe n'a pas donné les mêmes fleurs partout. Ben Ali et Moubarak, les autocrates tunisiens et égyptiens, ont bénéficié d'un jugement. Si ces deux-là avaient été capturés dans le feu de l'action, auraient-ils été abattus? Rien ne permet de l'affirmer. C'est en Libye que cette première série de révolutions assistées par les ordinateurs français et Anglais s'est terminée sans véritable justice, par un lynchage qui a fini par enterrer la cause de l'insurrection sous le sable du désert.
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0 #13 Samuel Edong 26-10-2011 21:50
Les Arabes seraient-ils plus justes que les européens et les Indiens moins barbares que les Cow-Boys? Il y a en tous les cas quelque chose de gênant dans ces pratiques devenues courantes d'exécution extra-judiciaires et cette rapidité à effacer toute trace du crime. Qu'est ce que la justice sinon un procès? Bien sûr, le Haut commissariat aux droits de l'homme des Nations Unies vient de demander une enquête sur les circonstances entourant la mort de Kadhafi. A Alger, on sait ce qu'est l'ONU: une vaste entreprise qui gère les équilibres entre les puissants plutôt que de statuer sur les justices et injustices. A la suite du Printemps arabe et des restructuration s mondiales, il devient urgent de réformer cette institution.
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0 #12 Okouo Sylvain 26-10-2011 16:51
Les images de la dépouille indiquent que Kadhafi avait reçu au moins une balle dans la tempe.
Le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, a annoncé la création d'une commission d'enquête pour élucider les circonstances de la mort de celui qui a dirigé la Libye pendant 42 ans.
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0 #11 Okouo Sylvain 26-10-2011 16:51
Le corps de l'ancien dictateur a par ailleurs fait l'objet d'une autopsie et a été remis à sa famille. A Misrata, le médecin ayant pratiqué l'autopsie, le docteur Othman El-Zentani, chef du service national de médecine légale, a indiqué que Mouammar Kadhafi avait été « tué par balle », se refusant à donner plus d'informations et précisant que son rapport n'était « pas fini ».
Les Nations unies ont demandé l'ouverture d'une enquête sur les conditions exactes de sa mort. Des dirigeants du nouveau pouvoir en Libye avaient indiqué que le colonel avait trouvé la mort lors d’un échange de coups de feu. Toutefois, d’autres témoignages et des documents vidéos montrent que l’ex- guide avait été capturé vivant avant d’être tué.
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0 #10 Jean Jacques 26-10-2011 16:44
Aicha Kadhafi hospitalisée ? Le site jordanien Al Bawaba affirme que la fille de l’ex-leader a été hospitalisée en Algérie après avoir regardé les images de l’arrestation de son père.

Le journal indique qu’Aïcha était en état de choc après les images diffusées sur les chaînes satellitaires. La fille de Kadhafi a trouvé refuge en Algérie le 29 août dernier avec sa mère et ses deux frères Mohamed et Hannibal.
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