17/10/2017

Dernière mise à jour09:56:41 AM GMT

Vous êtes ici >> Actualités A la une Politique BIYA réélu, les autres dictateurs se mettent à y croire

Flash information

***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

BIYA réélu, les autres dictateurs se mettent à y croire

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Devant l’ampleur des mouvements de contestation dans les pays arabes et l’angoisse que suscitent l’abandon des privilèges accordés à certains des  dictateurs en disgrâce aux yeux du monde occidental,

l’histoire semblait être écrite pour certains dictateurs africains en général et particulièrement trois d’Afrique centrale : Paul BIYA, Joseph KABILA, Denis SASSOU NGUESSO. Le premier,  en poste depuis 1982, vient d’être réélu avec 77,98% des suffrages. Avec un bilan contesté, régulièrement critiqué et mis au banc des accusés pour avoir spolier le Cameroun et occasionné sa régression économique, ce dernier  va pourtant  entamer son sixième mandat de sept ans,  la gloire en moins. Peu importe, ce qui compte c’est d’être au devant de la scène en contrôlant les mannes financières  et continuer le pillage du pays. Les deux autres dictateurs présidents, en l’occurrence,  Joseph KABILA et SASSOU  NGUESSO y voient un signe positif.

Si le chef de file des présidents dictateurs d’Afrique centrale qui caracole en tête des nations les plus corrompues du monde peut-être réélu aussi facilement pourquoi devraient-ils en être autrement pour eux ?

C’est une nouvelle étape  pas très encourageante  pour la démocratie africaine. Une de plus qui montre que nos pays sont loin d’être gouvernés avec des principes d’équité, d’honorabilité, de respect de valeurs, d’exemplarité et surtout d’amour pour le bien-être collectif. Ces principes démocratiques qui sont les bases des gouvernements occidentaux sont semblent-ils prohibés lorsqu’il s’agit des pays d’Afrique noire. La réélection de Paul BIYA est un mauvais signe envoyé à l’ endroit des autres dictatures qui commençaient à s’affaiblir  petit à petit. Ce message très fortement appuyé par les pays occidentaux qui se sont vite empressés à saluer cette victoire indigne et honteuse. Doit-on le leur reprocher ? Je ne pense pas, car ces pays ne suivent que leurs instincts prédateurs et s’orientent toujours vers les proies les plus faciles à dévorer. Ils ne nous serviront pas la démocratie comme sur un plateau d’argent. « La démocratie, ça se conquière, ça ne se donne pas ». Une révolution, on la mène par soi même, et on ne  fait pas sous traiter  le boulot par les autres. Quand ces pays occidentaux ont conquis leur démocratie, ils n'ont demandé l'aide de personne, ou plutôt personne n'est venue interférer dans leurs affaires ». Cessons de rejeter la faute aux européens qui en protégeant  leurs intérêts égoïstes maintiennent nos dictatures moribondes au pouvoir.

Les critiques tous azimuts de la presse africaine dénonçant une fraude massive, la victoire du franc-africanisme, la récompense du corrompu, la reconnaissance du déni de démocratie bref tous ces qualificatifs traduisent une insatisfaction générale et un mécontentement populaire contre le maintien  non seulement de Paul BIYA mais également de tous les dictateurs africains  en place. Mais pourtant cette élection ne s’est pas faite sans la participation de l’opposition. Qu’a-t-elle faite ?

L’opposition désunie, une épine contre le vrai changement.

Il est totalement incompatible de se dire opposant lorsque l’on n’a pas une visibilité politique basée sur un programme de société constructive et réalisable. C’est pourquoi un  bon nombre de ceux qui prétendre êtres des opposants et combattre les dictatures en Afrique centrale en particulier ne le sont que des bouts des lèvres. Ils critiquent de façons acerbes le jour,  les actions des gouvernements,  mais la nuit tombée se retrouvent pour partager les butins usurpés au peuple.
Pour le cas express du Cameroun, Vingt-deux candidats se sont présentés à cette élection présidentielle.  Tous ont menés un front disparate et désorganisé contre  le  Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RPDC) de Paul Biya. Ce parti tentaculaire aux moyens colossaux et  implanté dans tous les coins en détenant tous les leviers économiques  du pays, n’a fait qu’une bouchée de cette opposition désunie. L’un des plus virulents d’entre eux, John Fru Ndi (1) le fondateur et dirigeant du parti camerounais d'opposition Social Democratic Front (SDF) n’a pu faire le poids.

Le spectacle parait identique lorsqu’on regarde la scène politique du Congo-Démocratique (Kinshasa). Face à Joseph KABILA, l’opposition multiple les candidatures réduisant ainsi toutes ses chances de faire un réel contre poids pour l’élection présidentielle de novembre prochain. Celui qui essaie de sortir du lot, en l’occurrence,  Étienne Tshisekedi wa Mulumba (2),  n’est pas un nouveau en politique. Ses flasques lui ont déjà couté la présidence après  la chute de MOBUTU dont il a été durant tout le long du règne du Maréchal MOBUTU l’opposant N°1. Quels sont les idéaux d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba ? Quel est son projet société ? L’a-t-elle exposé au peuple ? A 79 ans,  ce combat à la présidence de la république  du 28 Novembre 2011 est sans doute le dernier de sa carrière politique. C’est déjà un homme du passé.  Devant cette pagaille, il ne serait pas étonnant que KABILA soit réélu le mois prochain. D’autant plus que ses mentors occidentaux sont si fiers de lui pour le maintien du désordre en RDC. Pays divisé et exploité à outrance au profit du monde des affaires et des multinationales.

La situation n’est pas non plus encourageante au Congo-Brazzaville où la majorité des partis politiques d’opposition se regardent comme des chiens de chasse lancés à la poursuite des proies différentes. Sous une influence hautement ethnisme, ce pays de 342.000 km2 est le plus « politisé » au mètre carré par habitant. Aussi, l’un des plus grands partis de ce pays l’UPADS (L'union panafricaine pour la démocratie sociale) est rongé par des querelles internes interminables ou la multiplication des leaders a crée des sous partis aux orientations diverses et incompréhensibles. Ce parti est devenu un monstre disséqué en plusieurs tentacules qui puisse ses ressources dans le grand abreuvoir à billets de F CFA  mis à leur disposition par le PCT pour assouvir leur insatiable envie vorace de billets.

Le MCDDI n’étant plus que l’ombre de lui même englué et dilué dans son alliance avec le PCT ne peut-être qualifié aujourd’hui de parti  ayant un poids sur l'échiquier politique national. C’est un parti marionnette qui obéit au doigt et à l'œil au sultan de Mpila.

Quant à MATHIAS DZON (3) né en 1947 à Ingouelé à 35KM de Gamboma dans la région des plateaux essaie tant bien que mal de s’en sortir des « accords secrets le liant au clan PCT et en particulier à son Chef SASSOU » dont il a servi dans son gouvernement. Toutefois, son action reste semée d’ambigüité si bien que, le peuple laisse planer sur lui un persistant doute de clarté. Faudrait peut-être qu’il soit plus proche des citoyens pour clarifier son opposition.  Bref la défaillance des ces trois grands partis entrainent un vide qui cause du tort aux autres partis dépourvus de moyens, d’audience,  désorganisés et facilement manipulables par le PCT.
Il apparait clairement que pour parvenir à organiser une vraie opposition il faut les moyens financiers. Mais comment y  parvenir   quand les principaux bailleurs de fonds potentiels, notamment les femmes et les  hommes qui détiennent les leviers financiers congolais appartiennent au PCT ou au Clan SASSOU? On a l’impression que cette opposition s’est mise d'accord pour vivre dans le désaccord avec le peuple congolais. La politique du troc avec le clan Sassou a décrédibilisé bon nombre d'opposants congolais qui s’accommodent à ce pouvoir opaque et à cette absence totale de totale repères. Les congolais sont en attente d'une thérapie de choc venant de l'opposition.

Pourtant il ne serait pas impossible de surpasser ce déficit financier qui pousse tant nos opposants à se vendre au plus offrant au détriment de la défense d’un idéal national.

Après plus de 30 ans au pouvoir le PCT surfe sur la vie politique congolaise en s’accaparent de toutes les richesses du pays.  Si l’opposition ne se mette pas ensemble pour jouer sur une même note la musique destinée à  conquérir le pouvoir et à diriger le Congo, toute tentative solitaire serait  un cuisant échec devant l’armada financière et l’aide des firmes occidentales au profit du PCT. Ainsi, SASSOU pourrait se représenter demain et  c’est sans surprise qu’il serait réélu.

Pourtant l’espoir est permis

Doit-on conclure que  c’est une raison suffisante pour que nos dictateurs sont considérés comme invincibles ? Loin de nous l’idée d’approuver une telle faiblesse. Les combats politiques ne se gagnent pas seulement avec les moyens financiers  même si cela y contribue fortement. Si l’opposition actuelle africaine se laisse berner par les appels au clientélisme, il existe une autre (opposition)  qui  essaie bon gré, mal gré  de s’échapper aux  pièges tendues par ces dictatures  les plus inhumaines et les plus  subtiles que connaissent l’Afrique centrale. Les stratégies politiques les plus sophistiquées dans le domaine de l’achat de consciences, les intimidations, les assassinats, les corruptions, les contre-pouvoirs fictifs, les élections truquées sont érigés au rang des projets de sociétés.

Cette opposition vieillotte qui s’arrime aux milliards des dictateurs et qui est mise en avant  n’a plus de crédit dans nos pays. Elle critique le diable mais partage son vin sanguinolent sous une forme d’indifférence coupable. Notre destinée n’est pas dans  leurs mains, mais bien dans celles des nouvelles générations qui doivent se mobiliser pour crier son ras le bol.

Le constat en Afrique centrale  est  sans équivoque: le vrai changement politique qui sera crédible et prometteur est dans la mise en place des solutions et propositions unitaires par des citoyens nouveaux qui s'engagent fidèlement en politique avec la ferme conviction de rechercher la vraie voie de la démocratie. Certes,  il est rassurant de constater avec la mort de Mouammar Kadhafi  qu’il n’existe pas de dictature immuable ou haineuse vers laquelle on pourrait s’acheminer éternellement pour perpétuer des souffrances et atrocités. Tout a donc une fin.

Les citoyens nouveaux ne sont pas condamnés à ne choisir que les incompétents. Ils doivent s’organiser pour faire eux-mêmes leur histoire, de même ils se débarrasseront de leurs dictateurs quand la conscience s’éveillera pour une  marche en avant salutaire.

JC BERI (www.dac-presse.)
………………………………..

(1)  John Fru Ndi est né le 7 juillet 1941 à Bamenda, Cameroun (province du Nord-Ouest). Il est le fondateur et dirigeant du parti camerounais d'opposition Social Democratic Front (SDF). Wikipédia

(2) Étienne Tshisekedi wa Mulumba, né à Kananga (anciennement Luluabourg) en 1932, est un homme politique de la République démocratique du Congo (RDC), ancien premier ministre de novembre 1991 1992 1993  et  avril 1997 et président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il est d'origine luba.  Wikipédia.

(3)  Mathias Dzon est né en 1947 à Ingouelé à 35KM de Gamboma dans la région des plateaux, il est père de onze enfants. En  novembre 1997, Mathias DZON est nommé Ministre de l’économie, des Finances et du Budget. Son slogan, ENSEMBLE CHANGEONS LE CONGO. Il est le président de l'ARD, l'Alliance pour la République et la démocratie.

© DAC-Presse - Tous droits réservés. Aucune des informations contenues dans ce serveur ne peut être reproduite ou rediffusée sans le consentement écrit et préalable de Dac-Presse. Tout contrevenant s'expose aux sanctions prévues par les articles L 122-4 et L 335-3 du Code de la Propriété intellectuelle: jusqu'à deux ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende.

Commentaires  

 
0 #3 Gustave Massamba 27-10-2011 00:41
Au Congo-Brazzaville et au Congo démocratique (Kinshasa), l'opposition est fragmentée, à court d’idée et d’argent. Il est difficile que le changement s’effectue pas par la voie des urnes.
Le Changement démocratique de ces régimes dictatoriaux ne ne résultera pas d’élections pacifiques. Nombre de citoyens sont désabusés et se rendent compte que pour obtenir le changement, il va falloir passer par la violence. Le problème est qu’il n’y a pas dans le pays des organisations capables d’organiser une telle révolte.
Citer
 
 
0 #2 Samuel Edong 27-10-2011 00:32
Dans un pays où, depuis belle lurette, les présidentielles sont jouées d’avance et donc sans aucune surprise», l’Observateur Paalga considère qu’«il n’y a rien de neuf sous le Biya-soleil, les fraudes ont toujours été parties intégrantes de son systéme. Le journal burkinabé estime que le «Cameroun de Biya n’a rien de démocratique».
Citer
 
 
0 #1 Samuel Edong 27-10-2011 00:30
Tous les médias s’accordent à dire que le vote du 9 octobre était sans enjeu. Au pouvoir depuis 1982, la victoire de Paul Biya ne faisait aucun doute. Afrik.com évoque une réélection «sans surprise» du président sortant.

Pour l’Observateur Paalga, «Biya parade, la gloire en moins». Le quotidien du Burkina Faso évoque la longueur de l’audience (huit heures) qui s’est terminée par la proclamation de la victoire (attendue) de Biya. Le journal fustige également la Cour suprême qui, «à force de vouloir entretenir le suspense, a accouché d’une souris, voire pire, d’un souriceau».

Le quotidien algérien El Watan rappelle que le Cameroun de «Paul le Françafricain» figure «dans le peloton de tête des nations les plus corrompues du monde». De nombreuses voix se sont élevées contre des irrégularités lors du scrutin.
Citer
 

Ajouter un Commentaire

Vous vous engagez à ce que vos contributions (1) soient dénuées de :
• propos à caractère tribal, ethnique, raciste, xénophobe, révisionniste ou pédo-pornographique;
• toute instigation, dérivés sécessionnistes ou séparatistes du CONGO-BRAZZAVILLE ;
• propos injurieux, diffamatoires, ou portant atteinte à la vie privée, au droit à l'image, ou aux droits de la personnalité de quiconque;
• propos portant atteinte à la dignité humaine;
• provocation à la violence, au suicide, au terrorisme et à l'utilisation, la fabrication ou la distribution de substances illégales ou illicites;
• provocation, apologie ou incitation à commettre des crimes ou des délits et plus particulièrement des crimes contre l'humanité;
• contenu à des fins de réclame, de propagande, de prosélytisme.
En outre, invectives, attaques personnelles et harcèlement n'ont pas leur place sur le site DAC-PRESSE, dont l'objectif est de permettre un débat libre et de qualité.
Cette liste est non exhaustive et le respect des textes en vigueur, même non spécifiquement mentionnés ici, est requis.


Code de sécurité
Rafraîchir