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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Denis Sassou Nguesso et La schizophrénie du pouvoir au Congo

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Le pouvoir dictatorial et tribal de Mpila vire à la schizophrénie alors que des rassemblements de contestataires inspirés des mouvements arabes  commencent à voir le jour au Congo.

Le gouvernement et les Partis de la Majorité Présidentielle (RMP) reconnaissent présentement l’existence d’inégalités sociales, le phénomène d’enrichissement personnel de la famille présidentielle, des ministres et de la corruption à tous les étages. Un tournant pour un gouvernement qui nie perpétuellement tous problèmes sociaux. Le budget sécuritaire a été augmenté et les Partis Politiques de l’Opposition sont les cibles d’attaques de la part de ce pouvoir aux abois. De même que les journalistes et responsables d’associations sont continuellement inquiétés pour leur activisme pour dénoncer la prolifération des actes d’antivaleurs et de détournement des fonds publics.

Après l’échec du PCT aux élections sénatoriales au Kouilou et dans la Bouenza, certains membres du clan de Mpila commencent à montrer leurs exaspérations face à ce pouvoir qui ne tient nullement compte des inégalités sociales engendrées par Sassou Nguesso et son gouvernement corrompu. Ce fléau nuisible pour la société congolaise érigé en principe de gouvernement se répercute à tous les échelons de la gestion étatique. Les prix des denrées alimentaires de premières nécessités sont sans cesse augmenter mais les caisses sont pourtant vides et le panier de la ménagère souffre.

Ces trois dernières années, malgré un budget colossal, les Congolais se plaignent du coût de la vie qui a subi une augmentation  de 5% à 20%.

Rétropédalage absolu pour les membres du clan de Mpila

Invité de Boris Iloy Ibara à l’émission «Odyssée de la démocratie» du vendredi 21 octobre 2011, Jean Claude Ibovi, parent de Sassou Nguesso, président du M.d.p (Mouvement pour la démocratie et le progrès), parti membre du R.m.p (Rassemblement de la majorité  présidentielle), a déclaré : « Le P.c.t est le principal parti de la majorité. Il faut s’y intéresser, puisque c’est notre locomotive au R.m.p. J’ai toujours compris que nos camarades du P.c.t ont toujours des problèmes de gestion des alliances politiques. Ça ne date pas d’aujourd’hui. L’accord avec l’U.pa.d.s n’a pas marché, et après, il a été déclaré caduc. Tout comme l’alliance des F.d.u. C’est un signal fort au pouvoir, ce qui vient de se passer dans la Bouenza et le Kouilou. Et si on ne tire pas les conséquences politiques et administratives, rien à faire, demain, ce sera encore l’échec. On sera surpris, comme en 2009. En politique, il faut éviter d’être surpris. Qu’on ne s’amuse pas. En politique, c’est ça: on vient, on apporte quelque chose. Quand on n’apporte pas quelque chose, on laisse la place. Aujourd’hui, on est là, on est battu aux législatives et on est maintenu ministre, il n’y a qu’au Congo qu’on voit ça. Comment quelqu’un qui est rejeté par le peuple, peut-il gérer pour aller chercher des solutions aux problèmes du peuple? Impossible…»

« La constitution que nous avons adoptée n’est plus en harmonie avec le contexte actuel. Au sortir de la guerre de 1997, on avait besoin d’un président qui soit rassembleur et la clé de voûte de toutes les institutions, afin de restaurer l’autorité de l’État et faciliter la réconciliation nationale. Cette constitution a fait son temps. Nous devons passer à la séparation réelle des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif, afin que les ministres soient responsables devant le parlement et non devant le président de la République. Tout bon politique devrait raisonner de cette manière.Vous voyez que là, le social est un problème brûlant qui retarde «Le chemin d’avenir».

« Je vais vous faire une confidence: quand on a publié le gouvernement, le président a créé des pôles. Sur les quatre pôles, j’avais dis à mon grand-frère Ntsiba que j’étais parti féliciter, qu’il a le pôle le plus difficile. S’il n’a pas de ministres compétents, la tâche sera difficile pour lui. Mais, le pôle le plus compliqué, c’est le pôle socioculturel, parce que c’est le social. Car, avant de nourrir les yeux, il faut nourrir le ventre. C’est là où l’on attend les résultats. Malgré sa bonne volonté, les ministres qui sont autour de lui, en matière socio-éducative, ne sont pas à la hauteur de la tâche. Ce qui complique sa responsabilité. Il suffit de voir l’évaluation qui est faite au niveau du gouvernement, les points les plus faibles sont à ce niveau. Tout ceci, le président l’a toujours dit,  dans ses discours sur l’état de la nation devant le parlement réuni en congrès. Il revient, toujours, sur le social. Nous disons, comme Giscard D’Estaing, quand une montre est en panne, il ne suffit pas de changer les aiguilles, c’est tout le système qu’il faut changer. Ceci est valable en politique ».

Ceci est un désaveu en bonne et due forme d’une politique incohérente et suicidaire mise en place depuis une quinzaine d’année. La constatation n’est plus seulement faite par le peuple dont les souffrances s’accumulent de jours en jours, mais beaucoup plus par ceux-là même qui en sont responsables de ce gros déficit socioculturel et politique. Comme pris par des remords, certains offrent les yeux pour voir peut-être enfin la réalité. Si ce n’est juste pour se préparer un bon matelas d’atterrissage confortable et changer de fusil d’épaule.

L’ivresse du pouvoir tribal

Quelques jours plus tard, changement de discours. Sassou Nguesso dit dans une longue interview au mensuel panafricain international, « Afrique Magasine », dans son numéro 313 d’octobre 2013, Denis Sassou Nguesso a surpris les Congolais, dans sa réponse à la dernière question que les journalistes Zyad Limam et Emmanuel Pontié lui ont posée. Celui qui, en cinquante ans de carrière politique (et qui n’est pas encore achevée) a marqué la conscience de ses compatriotes, la vie de l’armée et l’histoire de son pays, confie qu’il n’a «jamais pensé être militaire, encore moins en charge du pouvoir».

Cette déclaration est à ne pas douter l’aveu de reconnaissance des révolutions arabes au Congo. Les journalistes des médias d’état ont reçu des consignes de ne pas évoquer les conséquences des révolutions arabes et en induire l’implication qu’elles peuvent produire au Congo. Sassou Nguesso donne l’impression aux lecteurs qu’il n’est pas satisfait et de sa carrière militaire (alors qu’il est, depuis 1989, l’officier général le plus haut gradé de l’armée congolaise, même si, étant engagé en politique, il est en réserve de la République), et de sa carrière politique, alors qu’il est le Congolais qui bat largement le record de longévité au pouvoir. L’ambigüité est consternante.

Depuis le 18 mars 1977, Denis Sassou Nguesso est impliqué directement ou indirectement aux coups d’états et assassinats politiques qui ont émaillé le Congo.  Le pouvoir tribal et clanique de Sassou Nguesso se caractérise présentement entre autres par : le rétablissement d’un monopartisme qui ne dit pas son nom, la violation permanente de la constitution, des lois et règlements de la République, l’intolérance et les violences politiques, le harcèlement de la vraie opposition, l’interdiction de ses activités, les assignations à résidence à Brazzaville de ses responsables, la filature policière de ses militants, la délation, la censure, la caporalisation des médias, la « familiarisation de l’État », le noyautage clanique des postes de responsabilité au sommet de l’État, les tentatives de manipulation de la constitution aux fins de se maintenir à vie au pouvoir… (1)

Sassou Nguesso, de source digne de foi, a mis au point une stratégie de provocation pour piéger l’ARD et prononcer une déchéance politique de son président, Mathias DZON, afin qu’il ne se présente pas aux élections législatives de 2012 et surtout à l’élection présidentielle de 2016 (2).

DAC-PRESSE (www.dac-presse.com)

(1) et (2), Lettre de Mathias Dzon du 25 octobre à Denis Sassou Nguesso.


Le Phénomène d’enrichissement personnel alimente les conversations à Brazzaville

A Brazzaville, on constate une course effrénée à l’enrichissement personnel, surtout chez ces hauts responsables et les hommes politiques, et cela alimente les conversations.  On voit des chantiers de maisons à un, deux étages, trois, voire plus montés en toute vitesse, de Makélékélé à Talangaï, en passant par Bacongo, Poto-Poto, Moungali et Ouenzé. Il n’est plus rare de se faire raconter des anecdotes sur les achats des parcelles payées cash, dans les quartiers populaires, même au centre-ville, où le patrimoine de l’État n’échapperait pas à  ce phénomène. Voyant cela, le touriste qui débarque à Brazzaville ne se tromperait pas de dire qu’il est bien dans un pays pétrolier. Mais, beaucoup de Brazzavillois pensent que même avec les grosses indemnités qu’ils perçoivent, les hautes personnalités ne devraient pas se permettre le luxe d’acheter cash des parcelles de terrain et y construire en toute hâte.

© La Semaine Africaine du 04 novembre 2011


Commentaires  

 
0 #15 Guy Serge 24-11-2011 21:09
Le maire de Brazzaville, beau-fils de Sassou Nguesso, indexé sur l’échec de l’opération de lutte contre les courts itinéraires.
On s’interrogeait, dans notre coup d’œil en biais, la semaine dernière, si la mairie allait réussir l’opération de lutte contre les demi-terrains dans le transport public? Hélas! Cette opération, lancée tambour battant, est en train de finir dans les oubliettes, comme les précédentes. Les équipages des minibus de transport public y sont insensibles. A qui la faute? Basile Obongui, directeur départemental de la concurrence et de la répression des fraudes commerciales, invité du journal dominical de 7h sur Radio-Congo, a désigné le coupable. Pour lui, «la responsabilité incombe au maire de la ville, qui n’arrive pas à déterminer les lignes. Sa mairie ne s’occupe que de la taxe de roulage. Et là, ils sont forts pour mobiliser la police», a-t-il déclaré. En tout cas, le transport public, à Brazzaville, est un véritable casse-tête.
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0 #14 Serge Beka 19-11-2011 22:31
L’opposition s’en prend au régime de Brazzaville pour ses vacheries
Il n’y a plus aucun doute possible dans ce cadre, comme on peut l’imaginer, la peur du pouvoir et le retour du mono se manifestent aujourd’hui au grand jour. En témoignent les vacheries perpétrées par le pouvoir de Brazzaville contre l’opposition. La gymnastique à laquelle s’est livré Ambroise Hervé Malonga, le président de la Convention des Républicains (RC), qui en fait pour une énième fois les frais le 22 octobre 2011 à Mfilou, en dit long.
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0 #13 Leon Ondo 19-11-2011 21:59
Pendant que le monde occidental jubile sur la mort de l’ancien Président libyen, les africains doivent se poser une multitude d’interrogation s sur la manière dont cette chute précipitée, décidée, organisée par ceux-là même qui aujourd’hui maintiennent d’autres dictateurs africains en place. Pour les médias occidentaux, c’est une dictature de quarante deux ans qui s’est disloquée. Une page est tournée à Syrte de la pire des scénarios qui soient tolérées : ôtez la vie d’un homme d’état, dictateur ou pas, reste un échec démocratique.
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0 #12 Gustave Bayonne 15-11-2011 21:18
le conflit en maturation entre le personnel et le ministre Bruno Itoua apparait comme l’illustration de la gestion scabreuse de la chose publique et des richesses nationales par les pouvoirs publics. Certaines autorités à la mémoire courte croient qu’ils continueront à s’accaparer des biens publics pour l’éternité. Le PCT qui gère à nouveau notre pays depuis 1998 n’a jamais abordé, lors de son dernier Congrès, ce problème de fond qui gangrène notre pays. Aucune remise en cause de ce système en déliquescence ne semble possible de l’intérieur. Que faire alors ? Et si la solution venait de la rue, des travailleurs et de la société civile ? Souvenons-nous que décadence de l’empire Romain. Celle-ci avait commencé par la corruption et la dépravation des mœurs..
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0 #11 Daniel Ossebi 13-11-2011 14:26
Le Congo que j’ai connu ne va bientôt être qu’un souvenir. Les immeubles poussent, comme des champignons, les caniveaux ne suivent pas, le tout à l’égout non plus, le traitement des ordures ménagères et industrielles reste un leurre, uniquement sur papier. L’interdiction des sachets en plastique comporte de nombreuses dérogations. Les bouteilles plastiques ainsi que les cannettes vides bouchent les égouts. Pointe-Noire s’inonde, le collecteur rejetant les eaux de pluie et les eaux usées à la mer ayant été colmaté vu les nuisances malodorantes au lieu d’être prolongé au large ! Tout le quartier du Consulat de France, Banque Centrale, Total Poincaré est sous l’eau qui recouvre les voitures. Si c’est ça le développement, je reste un peu sur ma faim. Plus de misère, plus de maladies, plus de pauvreté ! /*Kuna Matata*/
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0 #10 Joss 12-11-2011 21:12
Congo : fortes tensions entre Bruno Itoua et les syndicalistes de la SNE

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Attendu à Lyon (France) aux rencontres Eurafric de l’eau et de l’énergie, qu’il était censé présider, Bruno Itoua, ministre de l'Énergie et de l'Hydraulique du Congo, a dû annuler sa venue au dernier moment alors qu’il s’embarquait vers la France le 7 novembre. Le ministre a dû rester à Brazzaville pour tenter d’apaiser les syndicalistes de la Société nationale d’électricité (SNE) qui venaient de voter une motion de défiance à son égard. Les représentants du personnel veulent en savoir plus sur leur avenir après l’annonce de la restructuration de leur entreprise, fortement endettée, qui doit être suivie de la création d’une nouvelle société gérant l’électricité.
Ainsi se comporte le "Chemin d'avenir".
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0 #9 Pélagie Kombila 09-11-2011 23:39
La moitié du peuple congolais aujourd’hui vit dans la pauvreté la plus inouïe pour un pays aussi riche que le nôtre. De mesures sociales à prendre, elles devaient concerner prioritairement le revenu minimum d’attente. Lorsque nous analysons les mesures prises, pour ne citer que la gratuité du passeport et de l’acte de mariage, nous voyons bien qu’elles ne touchent pas directement le peuple profond.

Qui voyage chez nous?
On peut citer de façon survolée sans être exhaustif le jeune étudiant, l’homme d’affaires, les hommes au pouvoir, leurs familles ainsi que leurs maîtresses, les commerçants. Si nous considérons que pour arriver au stade universitaire chez nous, il faut avoir des parents ayant des revenus modestes pour être soutenu, et à la lumière des catégories sociales présentées ci-dessus, l’on se rend compte que les mesures prises le 07 octobre, par le gouvernement de la République, touchent en réalité ceux des congolais qui ont un peu comme qui dirait.
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0 #8 Ombessa cyariaque 09-11-2011 23:31
En effet, s’adressant au parlement réuni en congrès le 14 août dernier au palais des congrès de Brazzaville, le Président de la République avait reconnu les faiblesses, mieux l’inexistence de politiques sociales chez nous depuis l’accession du Congo à la souveraineté internationale. C’est un constat d’échec disons-le qui est loin d’honorer tous ceux qui se sont succédés à la tête du pays depuis 1960. Le mal est connu voit-on. Et comme tel, il doit catalyser toutes les énergies des gouvernants pour trouver des solutions aux problèmes sociaux du peuple à court, moyen et long terme.
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0 #7 Ombessa cyariaque 09-11-2011 23:30
Le conseil des ministres tenu à Brazzaville le 07 octobre dernier, semble montrer que le gouvernement congolais a compris que le volet social est le parent pauvre des politiques engagées chez nous depuis quelques années. En témoigne, la batterie de mesures visant à rendre gratuits, certains actes administratifs dont le précieux passeport qui reste un luxe dans notre pays. Serait-ce les suites du constat fait par le Chef de l’Etat lui-même il y a peu? La question est posée.
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0 #6 Yves Gokaba 08-11-2011 16:51
Sassou Nguesso a implicitement reconnu dans une récente interview accordée à Afrique Magazine que le vent des révolutions arabes continue à tourner et que les pays Subsahariens risquent d’être touchés par ces turbulences.

Les dernières semaines ont été marquées par des mouvements de grève. Certains ont été étouffés mais il y a un éveil de consciences progressif. L’esprit de contestation grandit chaque jour un peu plus.
Signe que le pouvoir est fébrile, tout rassemblement d’au moins une dizaine de personnes est interdite.
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