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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

A la veille du « rendez-vous piégé » d’Ewo et des législatives 2012

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Mathias Dzon réagit et indexe tous les «suspects» de Mpila.

Au cœur de la question congolaise, montent enfin les voix de l’opposition et surtout celles des «sans voix», excédés de voir travestis, à longueur d’années, leurs paroles, leurs engagements et leurs rêves, par un régime inique, déconnecté des réalités de ce pays et agglutiné autour d’intérêts politiques maffieux, nés du refus systématique d’une alternance politique civilisée.

Telle est la toile de fond de la rentrée politique des partis membres de l’Alliance pour la République et la Démocratie (ARD), une plate forme de l’opposition congolaise, dirigée par M. Mathias Dzon. La véhémence de la critique que charrie la déclaration politique de l’ARD, prononcée le 20 novembre 2011, par M. Paul Marie Mpouélé, n’a d’égale que la soif inassouvie que cette plate forme de l’opposition nourrit en vue de la convocation imminente, à Brazzaville, et non à Ewo, d’un dialogue franc et sincère avec le pouvoir de Brazzaville. Voici, en résumé, quelques morceaux choisis, de ce long réquisitoire contre le PCT et ses faucons de la 25ème heure.

Sur le dialogue politique devenu un serpent de mer «Seul un vrai dialogue politique entre le pouvoir et l’opposition, dialogue à tenir dans les meilleurs délais, pourra éviter au pays des épreuves inutiles. Les échos qui parviennent des autres pays, incitent à emprunter cette voie de la responsabilité. L’entêtement irresponsable du pouvoir doit cesser et céder la place à la raison et à la sagesse.

La politique est l’art de l’anticipation et de l’intelligence, c’est-à-dire, l’art de toujours tenir compte du contexte et d’agir en conséquence. Portée par cet esprit de responsabilité et de dévouement à l’intérêt collectif, l’ARD demande au pouvoir d’arrêter les provocations qu’il s’ingénie à perpétrer à travers: Le vagabondage politique: les députés et sénateurs qui ont intégré récemment le PCT, devraient perdre leurs mandats « La violation répétée de l’article 98 de la Constitution du 20 janvier 2002. On le sait, l’article 98 alinéa 2 de la Constitution stipule: « (…) un député ou sénateur élu, présenté par un parti politique ou un groupement politique, en cours de législature, perd sa qualité de député ou de sénateur (…) ».

« Or, le pouvoir a maintenu, certains députés et sénateurs, élus sous bannière de leurs partis respectifs, mais qui ont intégré le PCT à l’issue de son 6e congrès, à leur qualité de député et de sénateur, au mépris des dispositions de l’article susvisé. Plus grave, ces députés et sénateurs sont mécaniquement devenus des élus du PCT. La constitution doit s’appliquer rigoureusement à ses femmes et ces hommes, coupables de vagabondage politique. Ils doivent perdre immédiatement leurs mandats et cesser de bénéficier des indemnités liées à ces mandats. La Cour constitutionnelle doit faire appliquer la loi, en demandant au gouvernement d’organiser des élections partielles dans les circonscriptions concernées. Dans ce cadre, l’ARD soutient l’action de Mathias DZON qui a déposé auprès de la Cour constitutionnelle, une requête en déchéance des mandats des intéressés. Elle dénonce la décision inique de la Cour constitutionnelle qui, sur injonction du pouvoir et du PCT, vient comme à son habitude, de déclarer irrecevable cette requête».

Le Président Sassou Nguesso demeure encore le président du comité central du PCT : l’incompatibilité « Toujours en violation de la Constitution, en son article 72, portant incompatibilité des fonctions de président de la République avec toutes autres fonctions, le Président Denis Sassou Nguesso a été élu, président du comité central du PCT et exerce aujourd’hui, cumulativement avec ses fonctions de président de la République, les fonctions de président de comité central du PCT. Il est urgent et impératif qu’il choisisse entre ces deux fonctions, sous peine de poursuite judiciaire devant la Haute Cour de justice».

«Sur le même registre, depuis plusieurs mois, le pouvoir multiple les tentatives devant aboutir à la révision de la Constitution du 20 janvier 2002 en ses articles 57, 58 et 185, d’une part, pour supprimer les limites d’âge d’éligibilité à l’élection présidentielle, d’autre part, pour supprimer, la limitation du nombre des mandats du président de la République, fixés à deux, une disposition pourtant non révisable suivant la Constitution elle-même. Toutes ces manipulations et tentatives visent un seul et même but, la conservation du pouvoir par le clan familial et le parti unique.

L’ARD s’opposera fermement à toute révision de la Constitution et appellera le peuple à relever ce défi que le pouvoir se propose de lui imposer (…).

Les stratagèmes du PCT pour tenter d’interdire les partis de l’opposition « Sous le prétexte de non-conformité à la loi sur les partis politiques, le pouvoir multiplie les stratagèmes pour tenter d’interdire les partis de l’opposition. Il érige la rétroactivité des lois en règle, contrairement à toute légalité. Or, l’article 2 du code civile congolais dispose : «La loi ne dispose que pour l’avenir ; elle n’a pas d’effet rétroactif ». Dans le même esprit, l’article 4 du code pénal congolais stipule : « Nulle contravention, nul délit, nul crime ne peuvent être punis de peines qui n’étaient pas prononcées par la loi avant qu’ils fussent commis ». C’est dire qu’on ne peut pas appliquer à des partis créés depuis 1991 sous le régime de la loi de 1901, les dispositions de la loi sur les partis de 2006. Il s’agit là d’une hérésie juridique».

«…. la situation politique dans notre pays est rendue explosive par un pouvoir à bout de souffle dont la seule préoccupation aujourd’hui est de tenter désespérément de s’accrocher à la barre, face à la colère montante du peuple. Celui-ci ne doit se laisser ni divertir, ni intimider; il doit au contraire s’armer d’une farouche détermination et assumer la plénitude de sa souveraineté, en exigeant de la classe politique de se retrouver dans un vrai dialogue politique qui permette au pays de sortir de la crise actuelle et de créer les conditions permissives d’une alternance démocratique et pacifique. (…)».

Les fameux 500 milliards de F.CFA déposés à la Banque de Chine

«Les prévisions budgétaires de l’exercice 2012 du gouvernement ne prennent pas en compte la contraction de la production pétrolière et la crise financière internationale. En effet, le budget de l’Etat exercice 2012 s’établit en recettes et en dépenses à la somme de 3.645,575 milliards de francs CFA contre 3.006,753 milliards de francs CFA, soit une progression de 22 %. Cette progression est imputable non pas à la bonne tenue des cours du baril et du taux de change CFA/dollars US, mais essentiellement à un endettement projeté de 464 milliards de francs CFA et des dons de 66 milliards de francs CFA, dons qui apparaissent manifestement comme un mirage, car, la conjoncture internationale n’est pas propice à ce genre de largesses».

«L’endettement recherché de 464 milliards de francs CFA ne se justifie vraiment pas au regard de l’aisance financière qui caractérise le Congo aujourd’hui. A ce jour, les réserves accumulées grâce aux excédents budgétaires extériorisés depuis 2003, devraient atteindre la rondelette somme de près de 5.000 milliards de francs CFA. Dans ces conditions, pourquoi chercher à s’endetter alors qu’il paraît plus simple et plus logique de rapatrier les énormes sommes déposées à la Banque de Chine et dans les paradis fiscaux, sommes dont le montant avoisinerait en 2010, environ 500 milliards de francs CFA pour la seule Banque de Chine?

Pourquoi le gouvernement cherche-t-il à recourir à de nouveaux emprunts alors que dans le même temps, il projette de prêter plus de 200 milliards de francs CFA à des acteurs sur le marché? Pourquoi les réserves accumulées depuis 2003 ne sont-elles pas reprises au budget comme ressources acquises des exercices antérieurs? L’orthodoxie budgétaire et la transparence commandent que le gouvernement publie l’exécution détaillée du budget de l’exercice 2011, avant d’étaler des chiffres qui font rêver pour 2012, et ce, dans le seul dessein de mystifier le peuple.

Que le gouvernement réponde aux interrogations suivantes :

1- Quels ont été les taux de réalisation en recettes et en dépenses pour le budget 2011?

2- Sur les projets d’investissement programmés, combien ont été réalisés et pour quel montant?

3- Quelle est la position du compte de stabilisation budgétaire à la Banque Centrale depuis 2003? Pourquoi le cadre budgétaire ne repend-t-il pas ces excédents ? Pourquoi ce même cadre budgétaire ne comporte-t-il pas de ligne sur les avoirs en dépôt à l’extérieur (par exemple à la Banque de Chine)?

4- Quels projets le gouvernement a-t-il financé avec les fonds PPTE, évalué par lui : 40 milliards de F.CFA pour 2010, 40 milliards de F.CFA pour 2011?

5- Qu’est-il advenu de l’excédent prévu pour l’exercice 2011?

Le gouvernement doit dire au peuple ce qu’il a fait des excédents budgétaires engrangés depuis 2003, dont le montant avoisine comme il a été dit plus haut, la somme de cinq mille (5.000) milliards de francs CFA (…) ».

Les élections législatives de 2012 et le système électoral opaque et frauduleux «….Le chemin parcouru révèle que les élections organisées depuis 1992, ont souvent été la pomme de discorde, la source de violences et de déchirements au lieu de constituer comme le souhaitent le peuple, les démocrates et les républicains, des moments forts de l’expression de la liberté et de la démocratie.

Le système électoral opaque et frauduleux mis en place depuis la fin de la guerre avec le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso, homme profondément habité par des réflexes monopartites et des relents monarchistes, a conduit l’ARD à ne pas participer aux élections législatives de 2007 et aux élections locales de 2008. L’élection présidentielle de 2009 ayant été organisée sur la base de ce système frauduleux, les candidats de l’opposition ont dû appeler les populations à ne pas aller voter pour ôter à la réélection frauduleuse de Denis Sassou Nguesso, toute légitimité.

Aujourd’hui, l’échéance de 2012 pointe à l’horizon. Que doit faire l’Alliance pour la République et la Démocratie ? Rééditer 2007 et 2008?

L’ARD, dit Non ! Elle participera aux élections législatives de 2012, mais dans des conditions de transparence absolue. Malheureusement, le pouvoir a décidé de faire cavalier seul. Il crée unilatéralement des circonscriptions à sa guise à Brazzaville, Pointe-Noire et à l’Ile Mbamou. Il a entrepris de déterminer seul le corps électoral à travers un recensement faussement administratif. Ces entreprises malencontreuses sont, à n’en pas douter, des provocations auxquelles il faut mettre un terme au plus vite. La seule solution dictée par la raison est la convocation sans délai d’un vrai dialogue politique entre la mouvance présidentielle et la mouvance oppositionnelle pour définir ensemble les conditions d’élections législatives libres, transparentes et équitables en 2012.

Le futur «dialogue piégé d’Ewo», comme dans les contes de la brousse et de la forêt

«Sur ce sujet, après avoir longtemps tergiversé, le pouvoir se dit désormais près au dialogue avec l’ensemble des acteurs politiques. Ce dialogue, il propose qu’il ait lieu à Ewo (chef-lieu du département de la Cuvette-Ouest), à la charge complète de l’Etat (transport, hébergement, restauration, etc.), ce qui ressemble fort, à la fois à une tentative de corruption et à une prise en otage des participants. Pour l’ARD, ce dialogue qu’il a appelé depuis longtemps de tous ses vœux, ne peut avoir lieu, dans les conditions actuelles qu’à Brazzaville où les partis politiques peuvent en cas de nécessité, consulter leurs directions nationales respectives.

S’agissant de la détermination du corps électoral, le pouvoir continue de refuser la réalisation consensuelle d’un recensement administratif spécial et propose une révision des listes électorales de 2009. Pour l’ARD, ces listes ne peuvent pas servir de listes de références pour la simple raison qu’en 2009, le pouvoir a proposé pour la seule élection présidentielle six corps électoraux différents, aussi frauduleux les uns que les autres.

Rappelons-les :

- 2 227 144 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’intérieur pour les élections législatives de 2007 et les locales de 2008;

- 2 228 558 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’intérieur à la suite des opérations de révision des listes électorales;

- 2 000 120 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre en charge des élections au corps diplomatique accrédité au Congo, le 25 mai 2009;

- 2 200 000 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’administration du territoire, le 9 juillet 2009;

- 1 800 000 électeurs selon les chiffres communiqués par le président de la Commission d’Organisation des Elections (CONEL), le 11 juillet 2009;

- 2 078 802 électeurs selon les chiffres communiqués par le ministre de l’administration du territoire, lors de la publication des résultats provisoire de l’élection présidentielle, le 15 juillet 2009.

Face à une telle instabilité du corps électoral, la seule voie de salut est le recensement administratif spécial organisé de façon consensuelle par le pouvoir et l’opposition.

A quelques mois des législatives de 2012, la rentrée politique de l’ARD, tenue depuis le 20 novembre 2011 à Brazzaville, se propose, plus que d’habitude, de mettre la parole et la réflexion au service de la lutte et de la cause nationale en tendant, une fois de plus, la main vers le pouvoir afin qu’un vrai dialogue politique s’instaure et aboutisse à une décrispation du climat politique national qui, selon l’ARD, n’inspire aucune confiance.

Pour s’en convaincre, il y a lieu d’indexer le fiasco annoncé de la concertation politique entre d’une part la majorité (PCT) et de l’autre, l’opposition, prévue dans les tout prochains jours, non plus à Brazzaville mais plutôt à Ewo dans la Cuvette-Ouest. Qui l’aurait cru?

En guise de réponse, Mathias Dzon, en sa qualité de président de l’ARD, a déclaré que cette fuite en avant qui consiste, pour le PCT et ses faucons de la 25ème heure, à piéger les leaders de l’opposition en délocalisant malicieusement, les sites du dialogue, ressemble à un grand piège de type vietnamien !

En définitive, soyons-en rassurés, pour la rédaction de « Talassa » si ce n’est pas un piège ou de la pure provocation politicienne, ça y ressemble fort bien!

© Jean Bruno AYEL’O - Talassa


Ewo 2010, le plan de Mboulou ou du pouvoir, rejeté !

Comme dans le livre des «Contes de la brousse et de la forêt». Au-delà de l’impressionnante unanimité et des images fétiches orchestrées, ces jours-ci par la télévision et les radios officielles ; il faut bien se rendre à l’évidence : il y a comme quelque chose de «faussé» ou de «piégé» dans le futur dialogue d’Ewo qui fait déjà couler de salive et de sueur chaude.

Cela vient, sans doute, de l’impossibilité de traduire, dans les faits, des engagements pris publiquement - en pleine conscience -, et à la face du monde, au nom de la nécessité d’apaiser le climat politique national sur lequel plane encore des zones d’ombre et des agendas cachés: modification de la constitution du 20 janvier 2002, création d’un poste de vice-président de la République, etc.

Mais le pouvoir n’arrive pas, depuis, à convaincre de la cohérence de sa démarche, menacée, à notre avis par deux ambigüités regrettables.

La première apparait dans les efforts à peine maquillés du PCT et ses faucons, pour être à la fois juge et partie, au lieu d’en référer logiquement au bon sens et surtout à l’entregent des principes et critères qui accompagnent la convocation d’un dialogue politique sincère et mutuellement fructueux.

Un peu plus que d’habitude, le ministre Raymond Zéphyrin Mboulou devrait déjà s’y atteler. Aussi, le bon sens voudrait que la future concertation politique d’Ewo n’accouche d’une grosse souris blanche.

Où en est-on, jusqu’à ce jour, avec l’ordre du jour de la future concertation d’Ewo et tous les préalables paralysants qui ne manqueront pas de surgir?

Sinon, à quoi servirait alors le rendez-vous, semble-t-il, piégé d’Ewo que l’ARD et tout le reste de l’opposition viennent de rejeter en bloc?

La deuxième tient à la convocation, sur cette question, d’un double langage. Si Brazzaville est, en effet, pavoisée d’intentions géantes et de banderoles signifiant, à l’envi, la paix, la tolérance, le respect des droits et libertés des citoyens, le dialogue et la fraternité, il n’y a toujours pas la moindre velléité concrète de franchise et de confiance en direction des leaders de l’opposition et des acteurs de la société civile qui, très souvent, n’ont cessé d’être intimidés, menacés et interdits d’exercer leur rôle !

Le choix d’Ewo, comme site du débat, a été décidé de manière unilatérale par le PCT et ses sous-traitants. Et l’ordre du jour de cette concertation proposé par le ministre Mboulou ne reçoit pas l’assentiment de l’opposition.

Au regard de ce qui précède, le rendez-vous d’Ewo ne devrait en aucune manière être un énième mensonge à la paix et à la démocratie pluraliste? Qui sait?

Là, se situe tout de même la responsabilité du pouvoir et de l’opposition, appelés, ensemble, à s’entendre sur l’essentiel.

Or, il est navrant de constater le fait que notre classe politique très falote, se laisse très souvent emportée par la l’orgueil, l’esprit de domination, la mauvaise foi, la haine et ce que certains observateurs qualifient de «sorcellerie politique des leaders politiques congolais».

Si nous voulons que notre pays ne soit plus rangé dans la liste noire des pays «pseudo démocratiques», il est temps de reconfigurer notre logiciel politico mental afin qu’il s’adapte, ici et maintenant, aux exigences de l’heure qui, se doivent de répondre aux attentes pressantes de la cité : le peuple, l’opposition, la société civile, les diplômés sans emplois, etc.

Pour ne l’avoir pas compris et intériorisé à temps, le colonel Kadhafi, Laurent Gbagbo, Hosni Moubarak, Ben Ali et leurs courtisans zélés ont fini par être confondus par le vent de l’histoire qui souffle à vive allure sur le continent.

Enfin, si nous voulons que l’histoire de ce pays, ait, enfin, un sens, le PCT et ses sous-traitants devraient s’efforcer, encore et encore, à civiliser la pratique de la démocratie dans notre pays ; à maîtriser leur nature et à rendre conforme à la raison, l’ordre de la vie en commun, qui fonde durablement l’exercice de la démocratie et le respect des droits et libertés des citoyens.

Hors de là, point de salut !

Le succès de la future rencontre d’Ewo est à ce prix. Rien qu’à ce prix. Car, il ne s’agit de rien d’autre que, prosaïquement, de donner un contenu concret à la notion de démocratie, de liberté, de tolérance, donc de respect scrupuleux des lois et des valeurs républicaines.

53 ans après la fondation de la République du Congo et 51 ans après la proclamation de notre indépendance, empruntons, sans hésiter, la voie du réalisme politique et de la vérité.

Sans maquillage inutile et sans ruse indigène, au lieu de faire, sans arrêt, dans la dictature sauvage, les boucs émissaires et la prose déclaratoire, le peuple congolais, des forêts jusqu’à la savane, attend fiévreusement la tenue réussie de la concertation d’Ewo qui, avouons-le, balisera le chemin des législatives de 2012 et la présidentielle de 2016.

Les préalables paralysants que l’on note, ici et là, dans la mise en œuvre de ce dialogue d’Ewo, viennent d’abord des manquements graves à la lettre et à l’esprit de la culture démocratique en mal de valorisation ou de visibilité, chez-nous. Il ne faut pas s’y tromper !

Bien sûr, il n’est pas toujours facile au Congo, de négocier d’une position de force ou de pouvoir. Et, ce n’est pas forcément un trait caractéristique des peuples Bantous qui, excédés, par les privations, la pauvreté accélérée, le tribalisme et le chômage chronique des milliers de jeunes, n’hésiteront pas d’expérimenter, tôt ou tard, ce que d’aucuns craignent à savoir le printemps Bantou.

Affaire à suivre !

© Ghys Fortuné DOMBE BEMBA


Processus électoral : le FPOC demande la tenue de la concertation politique à Brazzaville

La demande a été formulée le 1er décembre à Brazzaville au cours d'une conférence de presse animée par le collectif des présidents de cette plate-forme des partis de l'opposition congolaise dirigée par Rigobert Ngouolali

Récusant la délocalisation de la concertation politique à Ewo ou à Pointe-Noire comme le souhaiterait le gouvernement, le Front des partis de l'opposition congolaise (FPOC) demande aux autorités de tout mettre en œuvre, afin que le rendez-vous ait lieu dans la capitale politique du pays. Le collège des présidents de ce regroupement estime que cette démarche permettrait, entre autres, d'éviter des dépenses à l'État et d'assurer la sécurité physique, sanitaire et alimentaire des participants.

« Les Congolais ont besoin de se parler, et le Front sera présent à ce rendez-vous qu'il attend de tous ses vœux. Les grands événements du pays se sont déroulés à Brazzaville, pourquoi voulez-vous qu'un rendez-vous aussi important que la concertation politique se tienne hors de la capitale politique disposant de toutes les infrastructures nécessaires », a expliqué Rigobert Ngouolali, appuyé par Mathias Dzon, suggérant au gouvernement d'utiliser les sommes financières devant servir à la délocalisation de cette rencontre à des fins sociales d'intérêt communautaire.

Le FPOC a ensuite proposé au gouvernement un chronogramme prévoyant, entre autres, la mise en place de la commission préparatoire de la concertation politique du 8 au 11 décembre avant la tenue des assises proprement dites du 15 au 20 décembre à Brazzaville. D'après ses initiateurs, l'une des missions de cette commission est de déterminer, de façon consensuelle, les quotas de participation et l'ordre du jour de la concertation.

Quant aux préparatifs du recensement administratif spécial, le Front souhaite que ceux-ci se fassent dans l'intervalle du 21 au 31 décembre avant le lancement de l'opération en janvier. Selon ce groupement, le recensement administration spécial peut se réaliser en moins de trois mois. « Nous avons constaté un retard dans l'organisation de la concertation politique puisqu'elle devait avoir lieu, d'après ce que le ministre de l'Intérieur nous avait dit, depuis le mois de juin dernier. Nous irons aux élections de 2012, une fois le recensement administratif spécial réalisé, le consensus sur la restructuration de la Commission nationale d'organisation des élections trouvé, le découpage électoral fait, et la loi électorale révisée. Nous ne voulons plus d'élections à la manière de 2002, 2007, 2008 et de 2009 », a martelé Rigobert Ngouolali.

La démarche de cette plate-forme a été approuvée par la délégation du Conseil national des républicains présente à la conférence de presse. Ce parti politique a récemment posé pratiquement les mêmes conditions par le communiqué de presse qu'il avait publié.

© Parfait Wilfried Douniama

Photo : Pascal Tsaty Mabiala, Rigobert Ngouolali, Mathias Dzon et Clément Miérassa pendant la conférence de presse.


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