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Les innovations institutionnelles en vue d’assainir le climat politique

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«Pour assainir le climat politique au Congo, il faut qu’il y ait un nombre de partis politiques que l’Etat peut prendre en charge, car le Congo n’est pas en mesure de supporter un multipartisme pléthorique.

Ainsi, ces partis pourront jouer pleinement leur rôle de cohésion, d’entente et d’unité nationale dans la sphère politique et assumer leurs devoirs vis-à-vis de la nation tout entière. Il n’y a pas de démocratie où les partis politiques ne fonctionnent pas, de même qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques», affirme maître Martin Mbéri, ancien ministre d’Etat, dans son livre intitulé : «Congo-Brazzaville : regard sur cinquante ans d’indépendance nationale 1960-2010 ».

Maître Martin Mbéri, ancien ministre d’Etat, a plaidé le 26 novembre dernier à Brazzaville, en faveur d’un ensemble d’innovations institutionnelles, en vue d’assainir le climat politique en République du Congo, tout en suggérant la mise en place d’un nouveau type d’organisation administrative pour le pays.

Il a fait cette plaidoirie à l’occasion de la présentation au public de son ouvrage intitulé « Congo-Brazzaville : regard sur 50 ans d’indépendance nationale 1960-2010 », publié aux Éditions l’Harmattan en 2011. Une présentation qui a donné lieu à une grande conférence publique organisée par la revue Géo-politique Africaine, ayant rassemblé juristes, historiens, philosophes, hommes de lettres, hommes politiques, universitaires, élèves et étudiants, ainsi que les professionnels de la communication, a-t-on constaté sur place.

L’auteur a souligné qu’une reconstruction politique est nécessaire dans le paysage politique congolais, car l’échec des partis politiques n’est plus à démontrer. « Il y a deux choses qui méritent d’être corrigées, il y a en effet trop de partis politiques pour ne rien faire ; il y en a qui ne peuvent même plus s’assumer, parce que les partis politiques méritent d’avoir un peu de ressources », a-t-il expliqué.

 

Selon maître Martin Mbéri, pour assainir le climat politique au Congo, il faut qu’il y ait un nombre de partis politiques que l’Etat peut prendre en charge, car le Congo n’est pas en mesure de supporter un « multipartisme pléthorique ». Ainsi, ces partis pourront jouer pleinement leur rôle de cohésion, d’entente et d’unité nationale dans la sphère politique et assumer leurs devoirs vis-à-vis de la nation tout entière. « Il n’y a pas de démocratie où les partis politiques ne fonctionnent pas, de même qu’il n’y a pas de démocratie sans partis politiques », a-t-il déclaré.

 

«J’ai écrit pour que la génération qui est en train de s’asseoir, sinon qui est déjà assise sans toujours le savoir, comprenne ce qui s’est passé hier, pour qu’enfin il n’y ait pas une rupture totale entre ce qui se fera demain et ce qui s’est fait hier, au risque d’assister à l’éternel recommencement que nous avons connu dans nos ministères », a dit l’ancien ministre d’Etat, en expliquant les motivations de son œuvre de 239 pages, vendue à 20.000 FCFA, et qui comprend plusieurs chapitres.

 

Il s’agit entre autres, des chapitres consacrés à la question de la nation ou de l’Etat-nation, des attributs de l’Etat, des problèmes de développement ainsi que des innovations institutionnelles et des obstacles qui entravent la bonne marche d’une nation. En publiant cet ouvrage, l’auteur poursuit l’idéal de faire prendre conscience aux générations présentes et futures, du rôle qu’elles doivent et devront jouer pour la bonne marche des affaires publiques. « Les échecs que votre pays a dû subir ici et là, devraient vous instruire, vous aider pour que vous ne vous trompiez plus comme nous, vos prédécesseurs », s’est exprimé maître Martin Mbéri, affirmant qu’ « un pays, c’est une continuité, il ne s’arrête pas ». Au cours de cet échange, il a reconnu la part de responsabilité de l’ancienne classe politique dont il fait partie, dans l’état de sous-développement du pays, tout en relevant certains maux qui constituent les obstacles naturels à l’évolution de la nation congolaise, mise à mal par des violences à répétition. Il s’agit du tribalisme, du régionalisme, du sentiment d’appartenance, des problèmes de sous-développement.

 

A propos du tribalisme, le deuxième orateur à cette conférence publique, le philosophe et homme politique André Ongagna, a d’abord loué cette période dite révolutionnaire détribalisée, durant laquelle personne ne s’intéressait à l’appartenance ethnique de l’autre, avant de s’insurger contre « l’instrumentalisation de la population par les hommes politiques, dressant les filles et fils d’un même pays contre les autres, au détriment de la fraternité, de la solidarité et de l’unité nationale ».

 

Deux exemples ont suffi à M. André Ongagna pour le démontrer. Le cas de ce jeune cadre qui, ayant fini sa formation en France et pétri de nationalisme, décida de rentrer au Congo où il fut nommé aux hautes fonctions de l’Etat. Avec les tribulations de la politique, il est démis de ses fonctions et se voit accablé par les ressortissants de sa région : « tu as vu, tu disais que tu appartiens à la nation, où est-elle ? ». Cette expérience l’a poussé à privilégier dorénavant la tribu au détriment de la nation. « Il vaut mieux que je sois le premier de la région au lieu d’être deuxième ou troisième au plan national », conclura t-il plus tard

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De même, poursuit l’orateur, au prétexte d’instituer le pouvoir du peuple par le peuple, l’on a fait nommer à la tête des conseils populaires des districts et des régions, les fils du terroir sans souvent tenir compte de leur niveau requis. Un système qui voulait que chacun vienne commander les siens chez lui. « Comment réaliser l’unité nationale avec de telles pratiques, avec pareils replis identitaires ? », s’interroge M. Ongagna, qui a également épinglé « la coloration actuelle de nos cabinets politiques et ministériels ». Malgré les recommandations tonitruantes des congrès, conférences nationales et autres forums pour freiner la montée des instrumentalisations de l’ethnie et de la tribu, a rappelé le conférencier, interpellant les pouvoirs publics « pour qu’on repense la nation congolaise sur d’autres bases, car il nous faut l’unité pour avancer ».

 

Ce livre de maître Martin Mbéri est un essai qui traduit les questions essentielles déterminant le processus de l’évolution du nouvel Etat, défini par principe comme Etat-nation, a-t-on appris. Cette conférence publique a été suivie par la dédicace de l’ouvrage par son auteur.

 

Gulit Ngou-Le Patriote


Commentaires  

 
0 #1 Bindiku 31-03-2013 11:27
Cette réflexion doit etre à la base de notre développement. Le titre de ce livre n'a pas besoin de comentaire
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