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La concertation d’Ewo a-t-elle scellé les violons de la discorde des partis politiques ?

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« Le tenue d'élections régulières, libres et transparentes est un baromètre de la vitalité d'une démocratie, et nous avons l'obligation de les réussir, à la fois pour affirmer la maturité de notre démocratie, et pour maintenir notre pays dans la trajectoire ascendante. » Amadou Toumani Touré, chef de l’Etat Malien

A la suite de la concertation politique d’Ewo, organisée par le gouvernement, les partis politiques du Front de l’opposition se livrent présentement une pathétique polémique.

Les divergences étalées par le Front de l’opposition prouvent l’affaiblissement politique des partis du Front et la bataille des égos des dirigeants.

Que faut-il conclure de ces divergences de vue ?  Qu’elles ne veulent pas dire grand-chose pour le peuple congolais qui continue à croupir dans la pauvreté et la misère. Les dés étaient pipés d’avance. Amender la loi électorale et la Conel, comme le demande l’ensemble des partis du Front, conduirait inéluctablement à l’affaiblissement du pouvoir de Denis Sassou Nguesso. L’ensemble des recommandations ne parait pas souhaitable pour l’actuel gouvernement. Prendre en compte le poids démographique dans la nouvelle loi électorale risque de conduire le PCT et ses affidés à la perte de la majorité parlementaire. L’autorité de Denis Sassou Nguesso serait gravement mise à mal et cette possibilité pourrait être détournée par les esprits procéduriers les moins bien intentionnés.

Les commentaires, des partis de la majorité comme de l’opposition frôlent donc le ridicule. Au PCT, on se félicite mais pour autant le climat politique au sein de la majorité présidentielle n’est pour autant pas un fleuve tranquille.  L’opposition qui a demandé cette concertation avec le gouvernement est tombée dans le piège qui lui a été tendu. Quel culot ! Quelle démocratie ? Les recommandations de la concertation d’Ewo sont-elles à la hauteur de la gravité des faits reprochés à l’actuel gouvernement ? Ces recommandations ne sont donc que symboliques. Ont-elles une quelconque pertinence démocratique ? Elles ne satisferont pas les Congolais les plus indignés par les pratiques du gouvernement actuel incarné par Denis Sassou Nguesso. Quant à l’opposition, les partis du Front se déchirent entre ceux qui ont pris place à la concertation accusés par une frange d’être ponctionné par la mangeoire et les adeptes du tout ou rien qui ont refusé de participer à cette concertation. Ils se moquent des recommandations de cette concertation. Les adeptes du refus incarnées par Mathias Dzon et Rigobert NGouolali ont-ils scellé leur mise hors-jeu politique ?

Si le Front de l’opposition ne parle plus le même langage, dans la majorité présidentielle les divergences de positionnement politique apparaissent au grand jour. Ce n’est plus un secret de polichinelle que Jean Dominique Okemba (le conseiller spécial du chef de l’Etat) et le Général Pierre Oba (Ministre des Mines et de la géologie) se regardent en chien de faïence.  Ils ne se parlent pas et mutuellement, ils se méfient l’un de l’autre.

Le ministre André Okombi-Salissa a mis en garde Pierre Ngolo (Sécretaire général du PCT) en déclarant : «…Nous sommes et resterons toujours dans la réserve stratégique de son excellence Monsieur le président de la République. Notre pacte avec lui est clair. Il avait voulu défendre la démocratie quand elle était menacée, et nous l'avions accompagné dans ce combat (...) Je parle de la démocratie qui ne confond pas l'unité et l'uniformité. Celle qui ne confond pas l'unité et l'unicité, parce que unis ne veut pas dire unique. Tout ce qui est unique, est souvent dangereux. La pensée unique n'est jamais saine. Le discours unique cache toujours quelque chose. C'est pour cela qu'il élève l'intolérance face à la différence et à la divergence en vertu publique. »

Le Général Jean François Ndenguet (Directeur général de la Police) et André Okombi-Salissa (Ministre de l’enseignement technique et professionnel) se sont agressés verbalement, tout récemment, sur le tarmac de l’aéroport de Maya-Maya au moment où Sassou Nguesso allait s’envoler vers Dolisie. A ce propos, Jean François Ndengué, a déclaré ce qui suit : « … Le ministre Okombi-Salissa est un frère avec qui j’entretiens de bonnes relations. C’est un responsable politique, un ministre de la République que je respecte, comme tous les autres ministres. Moi, je suis officier et, donc, apolitique. Nous étions à l’aéroport, pour les honneurs au chef de l’Etat qui voyageait. Le ministre Okombi m’a demandé de savoir ce que je pensais de sa dernière sortie politique diffusée à la télévision, comme nous avons l’habitude de le faire entre nous, en nous appelant par notre petit nom, «Couz». Je lui ai dit ce que j’en pensais, franchement. Il n’a pas apprécié mon point de vue et il m’a suivi, quelques minutes plus tard, pour me le faire savoir, malheureusement sur un ton qui a attiré l’attention de tout le monde, puisqu’il était remonté. Voilà l’incident! Et ce que je vous dis peut être confirmé par des témoins qui étaient là.
Mais, de retour de l’aéroport, il m’a passé un coup de fil, regrettant ce qui s’était passé sur le tarmac et a souhaité que nous nous voyions, le soir, chez lui... ».

Les observateurs présents sur le tarmac disent qu’à la question que lui posait le ministre sur ce qu’il pensait de son discours prononcé lors de l'anniversaire du CADD-MJ, le directeur général de la police lui aurait rétorqué qu’il affichait une grande ambition, voire même une ambition démesurée. Jean François Ndenguet aurait même renchéri sur le ton de plaisanterie : « On dirait que tu nous réserves le scénario de Dzon ! ». Cette remarque aurait fortement contrarié l'ancien chef de guerre.  Devant Thierry Moungalla, celui-ci aurait traité Jean François Ndenguet de Général fabriqué par Sassou Nguesso. La tension serait montée d’un cran entre les deux hommes au point qu’il fallut que Jean Dominique Okemba descendre de l’avion pour calmer tout le monde.

Plus tard, feignant de regretter son attitude, Okombi Salissa aurait téléphoné à Jean François Ndenguet pour s’excuser et lui proposer de le rencontrer.  Mais ce dernier aurait décliné l’invite.

Au PCT, l’unité affichée n’est que de façade. André Okombi-Salissa refuse de dissoudre son association politique, C.a.d.d-M.j. Le ministre André Okombi-Salissa fait fi des recommandations du 6ème congrès extraordinaire du P.c.t qui interdisent aux membres du parti de ne plus animer une association politique. Car, le C.a.d.d-M.j ne devrait pas faire exception à la règle. C’est une association comme toutes autres, même si son coordonnateur a dit que les recommandations du 6ème congrès extraordinaire du P.c.t ne faisaient pas état de la dissolution de son association.
Cette exigence a été réitérée, dans la Bouenza, par le secrétaire général du P.c.t, Pierre Ngolo, à qui on avait posé,s lors de sa tournée, une question sur le C.a.d.d-M.j qu’animait un membre du P.c.t, à Pointe-Noire. A cette question, il répondait, simplement, qu’il était bon pour cette personne de faire le choix. Celui de rester au P.c.t ou de démissionner, parce que «les recommandations du congrès n’autorisent pas à un membre du parti d’animer une association politique», avait-il indiqué, devant les militants du P.c.t et les représentants des partis membres du R.m.p (Rassemblement pour la majorité présidentielle).

Aux yeux des observateurs, le discours du ministre Okombi-Salissa s’écarte de la discipline du parti. Le C.a.d.d-M.j a présenté et obtenu, sous le label d’indépendant, un sénateur dans la Bouenza, lors des élections partielles du 9 octobre dernier, alors que le secrétaire général du P.c.t, Pierre Ngolo, dans ses mises en garde aux conseillers départementaux, pour garantir le succès du R.m.p, faisait savoir qu’il n’était pas possible de rêver construire dans l’indiscipline et le désordre. «Les conseillers élus sous le label P.c.t ou R.m.p non investis et qui se présenteront comme indépendants perdront leur statut de membres. Ils seront, automatiquement, remplacés…». Les sanctions sont toujours attendues pour ceux des partis qui ont présenté des candidats sous le label d’indépendants. En tout cas, le bras de fer est, maintenant, public. Ni le P.c.t ni le C.a.d.d-M.j ne peuvent plus faire semblant: la guerre est ouverte. Ou le P.c.t obtient du président-coordonnateur du C.a.d.d-M.j, le plein respect des résolutions du congrès, ou André Okombi-Salissa mettra tout son poids politique dans la balance, pour imposer l’existence de son mouvement de jeunesse dans le giron du P.c.t. Quoiqu’il en  soit, la crise est là, quand on sait que 2016 s’est aussi invité, sournoisement, dans le débat. (1)

En 2012, le gouvernement de Sassou Nguesso va-t-elle faire prévaloir l’exigence de transparence politique et démocratique ? Les Congolais qui connaissent les pratiques de Denis Sassou Nguesso depuis fort longtemps sont sceptiques pour avaliser les recommandations qui vont l’affaiblir politiquement.

Au regard de ce qui précède, l’on est en droit de se dire que la majorité présidentielle, comprenant le PCT et ses affidés, n’est qu’un colosse au pied d’argile. Et la division du Front des partis de l'opposition va entériner une logique de l'échec politique.  La course à la succession de Denis Sassou Nguesso est désormais ouverte.

Chris Abela, www.dac-presse.com

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(1)  La Semaine Africaine du 30 décembre 2011

 

Commentaires  

 
0 #10 Ambroise Okemba-Ngou 08-01-2012 01:06
Le Comité d'action pour la défense de la démocratie-Mouvement de jeunesse (CADD-MJ), l'Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC) et l'Union de la jeunesse socialiste congolaise (UJSC) sont sommés de respecter les résolutions du sixième congrès extraordinaire du Parti congolais du travail (PCT). Selon Pierre Ngolo, qui s'emploie à traduire ces orientations dans les faits, les organisations affiliées doivent, conformément aux textes les régissant, se retrouver en instance pour les apprécier et se déterminer avant la tenue des congrès constitutifs de l'organisation unique de la jeunesse et de celle des femmes en 2012.
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0 #9 Mbengo Jean yves 08-01-2012 00:53
« Le PCT ouvert et revitalisé est l'instance de mobilisation de tous ceux qui, se réclamant du camarade Denis Sassou N'Guesso, s'engagent à être les acteurs du processus de reconstruction, de construction, d'industrialisati on et de modernisation du Congo. Toute organisation existant en dehors de celle investie par le parti est appelée soit à s'affilier à l'une ou l'autre organisation, soit à évoluer de façon autonome. Dans ce dernier cas, le PCT n'exercera aucune autorité sur elle », a-t-il précisé.

Soulignons que l'une des décisions du dernier congrès du PCT a consisté à dissoudre les organisations et associations existantes au profit d'un seul organe de la jeunesse et des femmes. Reste à savoir si le message du secrétaire général du PCT sera bien perçu par certaines organisations comme le CADD-MJ qui vient récemment de prendre position quant à son éventuelle dissolution.
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0 #8 Mabanza Bourgeois 08-01-2012 00:51
« Les organisations qui se conformeront à l'orientation du congrès s'inscriront dans la logique des structures exigées par l'instance suprême du parti. Tandis que celles qui, aux dépens de la souveraineté du congrès, se résoudront à être en opposition de phase avec la volonté commune se donneront une ligne qui soit en harmonie avec leur lecture et leur vision », a-t-il martelé, conformément aux prescriptions du congrès.
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0 #7 Mabanza Bourgeois 08-01-2012 00:50
Le Comité d'action pour la défense de la démocratie-Mouvement de jeunesse (CADD-MJ), l'Union révolutionnaire des femmes du Congo (URFC) et l'Union de la jeunesse socialiste congolaise (UJSC) sont sommés de respecter les résolutions du sixième congrès extraordinaire du Parti congolais du travail (PCT). Selon Pierre Ngolo, qui s'emploie à traduire ces orientations dans les faits, les organisations affiliées doivent, conformément aux textes les régissant, se retrouver en instance pour les apprécier et se déterminer avant la tenue des congrès constitutifs de l'organisation unique de la jeunesse et de celle des femmes en 2012.
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0 #6 Didier Ester Ebon 01-01-2012 21:27
:oops: Sassou Nguesso et son gouvernement doivent prendre toutes les mesures nécessaires, tout en restant constamment ouvert au dialogue avec tous les acteurs impliqués dans le processus électoral de 2012 et 2016, afin d'assurer le succès de tous les scrutins.

Espérant que Denis Sassou Nguesso puisse à présent s'inscrire dans la logique des alternances politiques pacifiques qui feront valoir au Congo-Brazzaville, le respect de la communauté des nations.

Denis Sassou Nguesso achèvera en 2016 son second et dernier septennat autorisé par la constitution congolaise. Dans d'autres pays africains, les présidents modifient souvent la Constitution afin d'enchaîner plusieurs mandats et se maintenir au pouvoir.

Denis Sassou Nguesso devra solennellement promettre, à la nation congolaise avant de quitter le pouvoir, d'organiser des élections présidentielle et législatives "libres et transparentes".
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0 #5 Didier NGavoula 31-12-2011 19:01
:oops: Présentement, au Congo-Brazzaville, la question majeure est de savoir si le gouvernement actuel incarné par son président Denis Sassou Nguesso, souhaite organiser des élections libres, démocratiques et transparentes en 2012 voire en 2016.
Il faut reconnaître que le Congo va mal malgré les sommes importantes engrangées par l'Etat.

Les problèmes majeurs à débattre au Congo sont : le recensement administratif spécial, la lutte contre la corruption, l'emploi, le chômage massif des jeunes, la mise en place d’une commission électorale véritablement indépendante, le découpage électoral et la maîtrise du corps électoral, l'immigration incontrôlée.
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0 #4 Baxter Gomez 31-12-2011 18:47
:-x Clément Miérassa a répondu à l’interrogation de la non participation du PSDC (son parti politique), membre du Front du Partis de l’Opposition Congolaise (FPOC) à la récente rencontre d’Ewo. Il a cité, entre autres raisons, l’insécurité des dirigeants de certains partis de l’opposition, le manque de transparence dans la préparation de cette rencontre, notamment le refus de la mise en place d’un comité préparatoire, la non implication des services techniques approuvés tels le Centre National de la Statistique et des Études Économiques (CNSE) et le Bureau Central du Recensement.
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0 #3 Cyriaque Ombessa 31-12-2011 18:41
S’agissant des revenus pétroliers, au regard de l’embellie pétrolière connue depuis 2003 et des engagements pris par le président de la république en 2006 pour ouvrir un compte de stabilisation à la Banque Centrale et de le faire auditer par la Cour des Comptes chaque année, les résultats se font toujours attendre.
La situation est plus préoccupante selon les statistiques de la Banque Centrale, l’ensemble des dépôts du gouvernement congolais à la Banque ne s’élevant au 30 septembre 2011 qu’à 1.501milliards de FCFA.
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0 #2 Cyriaque Ombessa 31-12-2011 18:39
En évoquant la corruption, il a été retenu que le Congo a été classé en 2011 par Transparency International parmi les pays les plus touchés par ce phénomène, avec un indice de perception de la corruption de 2,2 sur 10, le plaçant toujours 154ème sur 183 pays. A ce sujet la commission de lutte contre la corruption a noté qu’en 2010 les différents programmes de municipalisatio n accélérée, avaient donné lieu à des actes de fraude et de corruption. Une enquête récente a révélé que 265 marchés publics ont été identifiés dans le Kouilou, la Likouala, le Niari et la Cuvette qui sont soit inexistants, embryonnaires, partiellement ou totalement abandonnés, tombés en ruines, parfois achevés mais non réceptionnés, pour un montant global de près de 83 milliards de FCFA.
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0 #1 Gustave Olongo 31-12-2011 18:35
Le Congo a besoin d’une véritable concertation politique entre le pouvoir et l’opposition, à l’instar de ce qui se passe pour la trêve sociale, afin de débattre de toutes les questions qui devraient désormais permettre la tenue des élections libres, démocratiques et transparentes, après la rencontre d’Ewo dans la Cuvette-Ouest.

Les Congolais doivent apprendre à faire taire les égos personnels ou claniques sont des sources de division.
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