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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

CONGO-BRAZZAVILLE: Médiocratie ou démocratie

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Notre démocratie ressemble de plus en plus à l’éternelle et absurde  tâche de Sisyphe. On passe notre temps à se préoccuper de savoir qui sera l’élu providentiel, tant rêvé, aux prochaines élections,  qui apportera avec lui les promesses  magnifiques et qui  en définitive décevra encore pitoyablement, laissant place  à de nouvelles spéculations politiques encore plus farfelues.

Il semble que les officines  de la politique deshumanisante en vogue depuis belle lurette au pays se mettent déjà en branle pour dessiner les futurs contours de ce que sera demain la nouvelle manière d’avilir, d’appauvrir encore plus le citoyen congolais. Feignant d’être amnésique, le politique congolais oublie aujourd’hui de penser à apporter sa contribution sociale, économique et culturelle aux différents maux de notre société, préférant tourner le regard ailleurs alors que  la maison Congo se fissure au jour le jour. Avons-nous les moyens  par notre système  démocratique  de fournir à notre société des futurs hommes politiques capables d’une certaine sagesse, pratique morale et politique?  S’il est vrai qu’une bonne politique est un art (pas celui des sophistes) dont le but est de réaliser le bien humain, sommes-nous capables tout autant que nous sommes d’atteindre cet objectif? Ou simplement comment le Congo peut-il se reconstruire autour d’un  projet de société démocratique?

La République, une nécessite pour la démocratie

Un projet de telle ampleur  est difficilement  concevable  tant les conditions d’une vraie conception de pensée démocratique  ne se construit pas autour des priorités réellement congolaises. Il s’agit d’adapter une nouvelle vision, repenser une  démocratie qui réponde aux deux préoccupations fondamentales de la société congolaise à savoir : La justice et l’efficacité. Pour cela, comme nous ne cessons de le marteler,  il faut placer au tout premier plan la lutte contre la pauvreté comme  élément central du changement social, économique  et politique.  Concentrer nos efforts pour l’amélioration du bien-être social des congolais reste un objectif pour lequel nos concitoyens aspirent pour se mettre en phase avec un futur développement équilibré et surtout solidaire. Cette stratégie étant conforme à la logique  et à l’éthique démocratique permettra de sortir les populations longtemps engluées dans la misère par des choix inappropriés et égoïstes. La démocratie congolaise, telle qu’elle est conçue aujourd’hui n’est  qu’un hold up politique qui exclut le fait de faire un diagnostic objectif des tensions à répétition qui paralysent  le pays et qui se  refuse de prendre des résolutions pragmatiques pour se projeter vers l’avenir.

Aussi, il est impératif de reconnaître,  pour l’homme politique du futur qui aspire au vrai changement, que l'objectif de jeter les bases d'une large entente nationale et poser les jalons d'une société nouvelle fondée sur les principes du droit, du mérite et de la prospérité pour tous, n'est  pas une abstraction ni encore une invention d’une  gymnastique intellectuelle qui ne trouverait véritablement de refuge que dans des discours démagogiques à connotation philologique, conçus par ces quelques intellos qui peuplent la basse cour des pouvoirs et du palais de Mpila.  C’est plutôt la base de toute notre conquête  pour reconstruire ce qui a été lâchement sacrifié sous l’autel d’un égoïsme politique très destructeur.

Le combat contre le sous-développement et la pauvreté ne peut être gagné qu'au prix de la prise en compte sans exclusive de  ces préalables sujets que souvent l’homme politique congolais galvaude dès que son fauteuil est assuré. On vous parle de démocratie, de paix et d’unité, de patriotisme… dès lors qu’on se retrouve exclut du partage du gain. Le problème de notre démocratie, c’est de la calquer réellement à nos aspirations, d’en faire un vrai levier de développement, un rempart aux idées de régression et de divisons.  Il s’agit comme le disait Georges Clémenceau de la réinventer : « La démocratie  se doit d'être une création continue.»

C’est pas parce qu’elle ne marche pas encore au Congo qu’il faut la bannir et remettre sur selle de façon détournée le régime à parti unique.  Se Laisser berner par cette nouvelle hypocrisie politique des hommes sans  foi ni ambition collective et qui espèrent par cette nouvelle pirouette  se déresponsabiliser des graves manquements commis au sommet de l’Etat.

La classe politique et la société civile ne doivent pas être sclérosées et doivent comprendre que le Congo ne doit pas être une monarchie républicaine.

L’Homme qu'il faut à la place qu'il faut

Lorsque l’ambition du pouvoir pour le pouvoir, lorsque la poursuite de l’appât du gain sans exercer un quelconque effort  intellectuel, physique ou encore culturel est ovationné comme un idéal positif, lorsqu’on n’érige le parti sous des bases dangereusement ethniques,  lorsque  la notion de sanction est méconnue dans une société , lorsque au somment de l’état la notion d’exemplarité est synonyme de bafouée les règles et d’encourager les antivaleurs...on a là sans aucun doute la réunification de tous les ingrédients possibles pour faire d’une société un véritable champ de contestation,  de dépravation de mœurs , de recul face aux défis du développement…

Après 50 ans d'indépendance, l’homme politique congolais « parfait ignorant » de ses droits au développement, peine à comprendre que les différentes ethnies, la grande diversité linguistique et culturelle sont plutôt une inestimable richesse et doivent être mises à profit pour relever les défis du développement socio-économique, politique et gage d’un vivier culturelle d’imagination porteur de vraies richesses. Ce dernier détourne cette richesse a des fins égoïsme.

Notre objectif n’est pas de jeter le discrédit sur l'ensemble des  hommes politiques congolais en  place dans le pays et encore moins de faire l'apologie d’un Congo voué à l’échec. Il est certain et même encourageant de faire remarquer que certains hommes politiques méritent  notre plein respect, quand bien même ils sont souvent « séquestrés idéologiquement »  par des groupes  d'influence ultra-ethnique. Mais reconnaissons tout de même que le  manque d'impartialité de la justice, l'injonction des pouvoirs publiques dans l'attribution des marchés, les cas avérés de grossiers détournements, l'absence d'efficacité dans les prestations des services publics, le manque de vision pour le développement, le manque de courage politique des dirigeants congolais lors des grandes discussions concernant l'avenir de la planète toute entière, relevés quotidiennement, sont de nature à jeter un voile de suspicion et de doute sur les qualités de ces derniers.

Quelle audace et quel culot d’entendre dire un ministre d’état que l’accident ferroviaire de Yanga serait dû à une faute du conducteur (excès de vitesse et état d’ébriété) pour  «…un train qui part à 18h00 et qui déraille à 20h45 seulement 63 km plus loin. Il aura donc mis deux heures 3/4 pour faire 63 km à une vitesse moyenne de même pas 23km/h. Bien moins vite qu'une bonne bicyclette...»(YA SANZA.Congo-déchaîné).

Comment peut-on admettre qu’un accident ayant causé la mort  de plus d’une cinquantaine de nos concitoyens et que les autorités congolaises ne mettent volontairement en avant que  la défaillance  humaine? Pourquoi cette précipitation de tirer des conclusions hâtives alors que nous attendions de leur part une remise en question de toutes les infrastructures ferroviaires?  Serait-ce un oubli ou la preuve d’une incompétence inexcusable? L’Association DAC  rejette les réponses apportées par le gouvernement et recommande une enquête sérieuse et respectable afin de se  prévenir des dangers   de ce genre dans le futur. C’est de cette manière que nous rendrons réellement hommage à nos concitoyens disparus.

Comment admettre  que les l’université de Brazzaville soit aujourd’hui disséquée  comme le témoigne ce compatriote Benjamin BILOMBOT BITADYS dans Mwinda  «…l’événement a eu lieu le 16 juin 2010 avec l’annonce de l’attribution par la mairie centrale de Brazzaville du domaine de la Faculté des sciences de l’Université Marien Ngouabi à la Républiquede Guinée équatoriale afin d’y ériger sa chancellerie, les résidences de son chef de l’Etat et de l’ambassadeur accrédité au Congo-Brazzaville. Quel culot ! Quel obscurantisme ! Quel cynisme ! Fidèle Moukamba (qui a bien lu le Droit administratif) a martelé que cette façon d’agir est une violation flagrante de la loi 25/95 du 17 novembre 1995 portant réorganisation du système éducatif en République du Congo-Brazzaville qui, en son article 47, stipule que :  Les biens du domaine public scolaire et universitaire sont inaliénables, inaccessibles,imprescriptibles.»

Un Maire impotent, en mission commandée du gouvernement, qui se transforme en agent immobilier en quête d’affaire juteuse vient de porter un coup de massue à l’une des recommandations de l’UNESCO « L’Education pour tous d’ici à 2015 » en se lançant dans une course de dissection du patrimoine éducatif congolais.  Serait-il mérité qu’un tel acte passe sous silence et encouragé son responsable à en commettre d’autres si l’on ne réagisse pas ? A qui le tour?

Au Congo, chaque mois nous avons notre lot de désolation et des actes irresponsables commis par nos gouvernants qui sont censés être des modèles d’exemplarité. Et cela ne va qu’en s’empirant parce que la règle d’or consiste « à placer l’homme qu’il ne  faut  pas à la place qu’il faut ». Ou encore le règne de la médiocratie érigé au somment de l’état. Le Congo ne doit pas se transformer en «  Ripoucratie ».

Notre démarche citoyenne  vise à atteindre un  objectif de démocratie tournée vers le développement comme élément central de toute action. Elle  s’inscrit, comme nous ne cessons de le faire,  dans un but de susciter des interrogations et à faire germer des idées pragmatiques conduisant à l’éclosion d’une conscience nationale, avant de faire vibrer la fibre patriotique qui est en chacun de nous et nous faire rêver ensemble une modernité républicaine basée sur la culture de l’excellence et de l’intégrité.

ASSOCIATION DAC, www.dac-presse.com

 

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