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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Déclaration du FPOC suite à la tragédie du 04 mars 2012 survenue à Brazzaville

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Depuis sa création en février 2009 et eu égard au contexte heurté des préparatifs de l’élection présidentielle d’alors, le Front des Partis de l’Opposition Congolaise n’a eu de cesse de dénoncer l’importation par le pouvoir en place d’importantes quantités d’armes de destruction massive et de munitions de guerre.

A ce sujet, le 12 mai 2009 peu après la tenue de la concertation citoyenne du mois d’avril précédent, le Front attirait l’attention de l’opinion publique en ces termes : « Ainsi donc, à l’issue de la concertation citoyenne d’avril dernier, chaque Congolais est habité par le doute, l’angoisse et parfois même la peur, parce que le comportement des gouvernants s’est toujours caractérisé et se caractérise par le paradoxe entre ce qui se dit et ce qui se fait. Même cette paix que l’on brandit comme étant visiblement la seule aspiration du peuple, court d’énormes risques d’être perturbée du fait de l’importation massive et de l’exhibition publique d’armes et de munitions de guerre.

Que peut-on en effet attendre comme réaction d’un peuple qui sait d’avance qu’au moindre signe de mécontentement public, il sera maté … ? ». Cette interpellation des gouvernants a été réitérée de nombreuses fois jusqu’à l’irréparable du 04 mars dernier.

En ces temps-là, le pouvoir, non de le démentir mais plutôt pour justifier ses faits et gestes de mal-gouvernance démocratique, prenait pour prétexte fallacieux la prévalence de velléités de guerre dans le camp de l’Opposition Congolaise.

L’intention avérée du pouvoir d’instituer une paix armée au Congo et de maintenir un climat de psychose dans l’esprit suffisamment terrorisé des populations, s’est perpétuée à travers une énième démonstration de la puissance de feu au cours de l’explosion du mois d’avril 2009 au camp de Mpila. Une année plus tard, un incendie était enregistré au dépôt d’armes de très forte puissance et de munitions de guerre installé au domicile privé du Général Blaise Adoua, en plein quartier populaire.

Par ces séries d’explosions auxquelles notre pays est intentionnellement soumis depuis 1997 dans les poudrières de Brazzaville et de Pointe-Noire, le pouvoir est chaque jour en train de mettre à nu son dessein macabre de militarisation outrancière de notre pays, pendant qu’en même temps, il fait de la paix son crédo. Quel paradoxe !

L’apocalypse de Mpila, vécue de manière particulière par les populations brazzavilloises, vient une fois de plus de révéler l’existence dans notre pays d’armes et de munitions de très forte puissance dont les besoins en équipement ne trouvent aucune justification ni dans l’histoire de notre pays ni dans les relations de voisinage entre le Congo et les pays voisins de la sous-région. Qu’est-ce qui pourrait donc justifier une telle propension pour les armes de destruction massive si ce n’est la conservation du pouvoir, à tous prix et par tous les moyens ?

De même, la tragédie du 04 mars 2012 vient de démontrer l’insouciance et l’irresponsabilité des gouvernants qui continuent à s’armer et à stocker des armes de destruction massive, au milieu des populations, et ce, au mépris de la sécurité collective et des requêtes sur la délocalisation des casernes formulées, depuis longtemps, par les professionnels et experts militaires de nos forces armées.

Elle donne la preuve pathétique que d’importantes ressources financières sont consacrées à l’équipement en armes et munitions pendant que les populations congolaises, vers lesquelles lesdites armes sont décidément tournées, croupissent dans une pauvreté chaque jour grandissante et dans une situation sanitaire des plus troublantes dont les indicateurs les plus révélateurs sont sans conteste la prévalence des pandémies, la cherté des produits pharmaceutiques, l’absence des produits de première urgence dans les hôpitaux, le profond délabrement des infrastructures sanitaires, l’absence d’ambulances et d’hélicoptères de la protection civile, etc.

Enfin, à contre-courant de la sacralité de la personne humaine consacrée par la loi fondamentale de notre pays, cette apocalypse vient d’illustrer l’étendue et la grossièreté du mensonge politique des gouvernants, de leur légèreté dans la gestion de la tragédie, de l’arrogance et de l’exhibitionnisme des nouveaux riches.

Car comment comprendre et admettre  la valse communicationnelle irresponsable des ministres congolais, faite dans l’intention de minimiser, au moyen de justificatif mensonger, la gravité du désastre pendant que, dans les décombres était déchiquetée une partie non identifiée de la population congolaise, qu’à bout de bras et de moyens de transport dérisoires étaient transportés de très nombreux blessés vers des formations sanitaires complètement démunies du minimum nécessaire et que, une débandade imaginable et inimaginable à travers les autres quartiers de la ville, des compatriotes encore valides recherchaient chacun un abri auprès d’un parent ou d’un autre compatriote ?

Comment comprendre que le gouvernement congolais Congo, qui sait mettre à contribution les ressources nationales pour faire des dons importants et multiformes, évaluées en milliards de Francs CFA aux pays frères et amis de par le monde, ayant connu des sinistres, ne puisse disposer, au plan de la solidarité nationale, de dispositif de gestion de tragédie du genre de celui du 04 mars dernier, d’aucun matériel adéquat, d’aucune réserve en produits pharmaceutiques ?

Comment comprendre enfin que, face aux souffrances de leurs compatriotes, des épouses, enfants et petits-enfants des gouvernants et autres hauts cadres de notre pays, détenteurs de trésors insoupçonnés issus de l’enrichissement illicite sur le dos de la nation congolaise, se soient permis, sans remords, de médiatiser les actes de solidarité en faveur de leurs concitoyens ?

Le Front des Partis de l’Opposition Congolaise note avec amertume que la bêtise humaine se perpétue au niveau de la gouvernance de notre pays. Le gouvernement de la République, dans son oraison funèbre de circonstance, au lieu de se disculper et de s’attaquer de façon malicieuse et irresponsable à l’année 2012, bouc émissaire fictif qui aurait grièvement blessé le tissu social congolais, devrait plutôt tirer publiquement les vraies leçons de la situation gravissime qui vient d’être créé dans notre pays. Il ne saurait continuer à être admis que lorsque tout se passe bien dans notre pays, le bienfaiteur en est le Chef de l’Etat et que lorsque rien ne marche, les coupables sont les autres.

En considération de ce qui précède, le Front des partis de l’Opposition Congolaise qui marque sa grande surprise face à l’évocation grossière et mensongère du court-circuit comme cause de la tragédie du 04 mars dernier, exige du gouvernement congolais la saisine par les voies usuelles d’une commission d’enquête internationale. De cette sorte, à la chaîne de solidarité qui s’est développée en faveur de notre pays, sera mêmement établie une chaîne de responsabilités à tous les niveaux.

Fait à Brazzaville, le 15 mars 2012

Le Bureau du Collège des Présidents du

Front des Partis de l’Opposition Congolaise

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