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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

LE REGNE DRAMATIQUE DE L’IMPUNITE ET DE L’ARBITRAIRE.

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Le  vent de la déraison attise le feu dans un espace politique transformé en une arène de gladiateurs au sein de laquelle l’argument intellectuel s’effaceet se cèle devant la furie de la haine viscérale et tribale  que cultivent chaque jour, les tenants d’un pouvoir atteint de démence. Obsédé par  sa pérennité, ce pouvoir a installé une impunité au sommet de l’Etat, accentuant au passage le fossé entre couches sociales situées aux antipodes de la pyramide économique.

 

Les Grecs, inventeurs de la démocratie, ont très tôt compris qu’un peuple ne pouvait vivre en harmonie que s’il existe des lois justes et valables pour tous. La demande sociale, c'est-à-dire l’amélioration du quotidien du peuple doit être garantie. Celle-ci est au-delà des statues et du mausolée de la honte, du grand aéroport militaire d’Ollombo,  du barrage d’Imboulou, des  routes financées par l’Union Européenne et   autres matières inertes dont la manipulation ouvre les portes de la richesse mal acquise aux gestionnaires des chantiers. Mettre en place un système éducatif performant, un réseau sanitaire opérationnel, des denrées de première nécessité de qualité à des prix accessibles et répartir les richesses de manière équitable, donner de l’eau et l’électricité, traquer les malfrats pour les livrer à la justice, respecter les règles de la bonne gouvernance et assurer le développement durable permettent à un chef d’installer son pays dans les quartiers de la paix sociale et de partir dans la quiétude lorsque vient l’heure du départ.

L’arrestation de Maître Hervé Ambroise Malonga, suivie des tortures, d’un simulacre d’assassinat  et même d’un probable empoisonnement ( les nervis à la solde du pouvoir, lui ont fait avaler un liquide inconnu), sont des actes qui par leur cruauté, feraient pâlir de jalousie des dictateurs de triste mémoire comme Amin DADA ou Mobutu. Il s’agit d’un Avocat de premier plan, ancien bâtonnier de Brazzaville, dont la notoriété et les compétences dépassent les frontières. Mais au Congo, où ce régime a banalisé  les atteintes aux droits de l’homme,  les actes de barbarie et de crimes massifs sont légion, d’autant qu’ils sont  couverts par une impunité totale octroyée  aux membres  du clan. L’énergique Paul Marie MPOUELE a une fois de plus été victime de l’arbitraire, puisque le pouvoir ne communique pas sur les motifs de son arrestation d’il ya quelques jours.

Une série interminable d’actions teintées de laideur morale, est à mettre au compte de ces mêmes sbires du pouvoir, inspirés par la logique d’effronterie. De l’assassinat de Marien NGouabi, jusqu’à la tragédie de Mpila, en passant  par la disparition forcée de 353 de nos jeunes compatriotes de retour d’exil, après des garanties données par le vainqueur de la guerre civile himself ; ces tricheurs et assassins de bas étages, sûrs de leur impunité, courent toujours. Tous ces crimes sont rentrés dans la catégorie des chefs d’œuvre, comme nous le rappelle si bien Jean Richepin : « Un crime n'est véritablement un chef- d'oeuvre que si l'auteur reste impuni. D'autre part, l’impunité n'est complète que si la justice condamne un faux coupable ».

Ces individus immoraux écument les rues de Brazzaville, Pointe-Noire, Oyo ou Nkayi, toujours prêts à frapper dès qu’un congolais lambda dénonce leurs turpitudes. Sinon , comment comprendre l’aisance avec laquelle, ils se sont permis d’aller soustraire des Avocats du Commissariat Central , pour les soumettre à des sévices d’un autre âge ? Toutes les enquêtes diligentées par ce pouvoir mafieux, tombent en quenouille. Aucun responsable, aucun coupable donc.

La violence politique actuelle, entretenue par ce pouvoir,  a pour but d’inspirer une peur qui jette l’effroi dans le cœur des citoyens. Une peur qui leur ôte la capacité, la possibilité et le courage de se mobiliser pour dénoncer les flagrantes violations de la démocratie. En s’attaquant à Maitre Malonga et à son collègue Maître Hombessa, exhibés avec des menottes au balcon de l’humanité, le pouvoir met en exergue ses muscles, se mettant de facto en porte-à-faux avec les règles élémentaires du droit et de la bienséance. Il ne respecte qu’une seule loi : la sienne. Celle  qui fait de Sassou le monarque absolu et  des membres de son clan,  des jouisseurs insouciants qui tuent et pillent en toute impunité.

Notre pays baigne dans l’impunité totale à tous les niveaux, motivée par un homme qui ne se reconnaît plus en  dehors des délices du pouvoir. Cet homme est même prêt à tout et contre tout, pour demeurer au pouvoir ad vitam aeternam. Quand un homme est arrivé à ce stade, enivré par les abondantes recettes pétrolières, il perd complètement la raison, et est donc capable de mettre son pays inconsciemment, dans une insécurité permanente, rien que pour garder le pouvoir, la tragédie du 4 mars 2012 est une suite logique d’un tel état d’esprit.


La violence physique, l’allié de ce pouvoir, remplace celle symbolique dont Pierre Bour­dieu nous enseigne qu’elle irradie insidieusement les citoyens en les engluant dans un processus de socialisation et de structuration dont ils sont inconscients. C’est la plus dangereuse des violences, car elle institue un déni de la personnalité et influence subrepticement le citoyen dans son choix. C’est une violence douce, invisible et masquée. Elle est méconnue comme étant une violence, car elle est choisie autant que subie. Les officines de ce pouvoir et leurs communicants se sont basés sur les travaux de Thiakoutine et de Pavlov pour agir, à l’insu du citoyen, sur son choix.

Le drame de Mpila aurait dû susciter une véritable levée de boucliers. Qu’a –t-on vu ? La Mairie de Talangaï a été prise d’assaut par les sinistrés, non pas pour demander des comptes à ces irresponsables gouvernants, mais pour la conquête de cette hypothétique indemnité de 3 Millions de FCFA. L’enjeu a été délibérément déplacé et cantonné sur  le terrain que le pouvoir gère avec maestria : la corruption. Une fois de plus, ils ont réussi un de ces tours de magie, dont ils ont le secret. Pathétique !

Il est superflu de pérorer sur l’arrestation du Colonel NTsourou, qui est tout, sauf un enfant de cœur. C’est de notoriété publique ; cet officier zélé, porte sur sa conscience la mort de beaucoup de congolais. Il est désormais voué aux gémonies par ce régime qu’il avait servi avec obséquiosité, au point de s’illustrer dans des actes à milles lieues de l’éthique militaire, au service d’un seul homme : Sassou NGuesso.

Sassou est persuadé que la bataille sans merci que se livrent ses proches pour la succession, est à l’origine de cette tragédie sans précédent. C’est pour cette raison qu’il à dû renforcer le cordon sécuritaire par les Angolais et les éléments de Tsambitso. Il n’a donné plein pouvoirs qu’à deux ou trois personnes pour mener une véritable enquête sur les tenants et aboutissants de cette histoire.

Lui, le lecteur assidu de Machiavel (sic) a compris qu’il fallait très vite ériger un contre-feu pour conjurer un imprévu fâcheux, en distillant au sein de la population, à dose homéopathique, la fébrilité qui s’est emparée du pouvoir. Certains membres de sa propre famille sont sous surveillance, ils se regardent désormais en chiens de faïence. En pareilles circonstances, c’est celui qui a plus peur qui attaque le premier. Dans sa stratégie, il a délibérément jeté un véritable imbroglio sur l’enquête jusqu’à ce que les militaires s’entre-bouffent, les uns livrant les informations sur les autres, le temps de retrouver visibilité et fiabilité au sein des services d’espionnage et de sécurité.

Le sort du peuple, comme on le sait, n’a jamais été sa préoccupation ; et pour cause, son pouvoir est l’émanation exclusive de la force des armes. C’est pour cette raison qu’il s’était résolu à reconstituer très rapidement, son stock des armes de destruction massive qu’il venait de perdre. Sans états d’âme, des ordres avaient été donnés de faire disparaître des corps pour maintenir le nombre officiel de victimes autour de 250, alors que tout laisse penser que le nombre de 1000 victimes a été largement dépassé. L’argent et les campagnes médiatisées d’aide, pensent-ils, suffiraient pour calmer un peuple intentionnellement appauvri. Du cynisme à l’état pur.

La nuit a trop duré, le jour doit se lever pour chasser le voile noir qui couvre notre pays et installer un souffle nouveau. Le système actuel a fait son temps. Par sa rigidité, il est illusoire de l’améliorer sans heurter les intérêts du clan des prédateurs. Se cantonner à son embellissement, s’apparenterait à appliquer un cautère sur une jambe de bois. L’enjeu principal des congolais s’impose comme le nez sur la figure. Des institutions fortes susceptibles de supporter les deux piliers d’un Etat de droit à savoir, la démocratie et la République. Seule une réelle volonté populaire, brisant tout sur son passage, installerait des institutions capables de protéger le citoyen congolais lambda contre l’impunité et l’arbitraire qui font depuis belle lurette rage chez nous. La place du Congo au concert des nations est à ce prix.

Djess dia Moungouansi «  la plume indépendante au service du peuple »



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