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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Conférence de presse du Président du PSDC relative à l’analyse de la situation inhérente à la catastrophe du 4 mars 2012, ce Vendredi 04 mai 2012

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Il y’a précisément deux mois, exactement jour pour jour le 4 mars 2012, que notre pays a connu une catastrophe d'une ampleur indescriptible, qui a causé des dégâts humains et matériels importants.

Cet événement a créé une grande tristesse, et beaucoup de désolation. L’ensemble du Peuple Congolais est encore sous le choc. Il a été tétanisé et se demande encore jusqu’aujourd’hui, comment cela a pu se produire ? Aujourd'hui nous avons encore une pensée pieuse pour nos morts, nos victimes, les nombreux blessés et surtout les sinistrés qui chaque jour mènent un dur combat pour essayer de refaire leur vie de plus en plus précaire. Cette épreuve est très dure. Nous tenons à remercier les sympathisants, les militants du Parti, tous les Congolais qui n'ont ménagé aucun effort pour exprimer leur solidarité à l'endroit de tous nos frères et sœurs qui ont été durement touchés par ces événements.

-Au nom de notre Parti, nous tenons à exprimer une fois encore notre reconnaissance et notre gratitude à l'égard de nombreux pays et de la Communauté Internationale pour le soutien multiforme qu’ils ont apporté au Peuple Congolais tout entier pour surmonter cette épreuve non encore élucidée.

-En ce qui nous concerne, nous avons reçu de nombreux messages qui nous demandaient de sortir du silence et de nous exprimer. Au-delà de la profondeur de la douleur, nous avons voulu non seulement éviter la polémique mais aussi vivre une bonne période de recueillement et de méditation afin d’essayer de mieux comprendre ce qui s’est réellement passé avant d’agir.

-C'est pourquoi, nous avons attendu deux mois après ce drame pour prendre langue avec la presse après avoir observé tout ce qui s’est passé et continue de se passer dans notre pays. Aujourd’hui nous sommes préoccupés par une exigence : celle d’apporter notre contribution et d'exiger que la lumière se fasse sur cette tragédie qui jamais demeurera indélébile.

Dans notre démarche nous avons choisi de nous appesantir sur quelques aspects que nous allons tenter de développer ci-dessous.

I - UN DEVOIR DE TRANSPARENCE : LE LOURD BILAN

Beaucoup de choses ont été dites là-dessus. Des chiffres ont été donnés. L'on a même parfois observé une tendance du Gouvernement à vouloir minimiser les chiffres qui sont en réalité des monstres froids.

En effet, la réalisation du recensement administratif chaque année comme le stipulent nos textes aurait permis une gestion plus ordonnée de cette catastrophe surtout en ce qui concerne l’évaluation des sinistres.

Que dire ! Certainement des professions de foi. Peut être encore entendrons nous dire que des dispositions étaient entrain d’être prises pour que ça se fasse. La réalité est que ça n’a pas été fait et une fois de plus on observe l’impunité, le laxisme, le laisser-aller qui deviennent préoccupants lorsque tout ceci touche à la vie ou à la mort des citoyens.

Et pourtant, L’évaluation des graves sinistres consécutifs aux explosions d'armes et de munitions de guerre comme cela a été le cas le 4 mars 2012, est une opération qui devrait être menée de façon méthodique et exhaustive, sous le contrôle des pouvoirs publics, par des équipes multidisciplinaires composées d'experts compétents, indépendants et assermentés, de manière à ne rien minimiser et à ne rien laisser de côté.

Il y a eu des pertes immenses en vies humaines, des destructions massives de maisons et d'immeubles d'habitation et de commerce, de destruction de véhicules privés, des traumatismes corporels entraînant des invalidités temporaires ou définitives, des traumatismes psychologiques et des troubles psychosensoriels graves, etc. Tout cela doit être pris en compte pour évaluer objectivement l'ampleur des dégâts causés aux populations par ces explosions d'une ampleur qui dépasse l'imaginaire dans l’esprit de tout Congolais.

Dans notre propos, nous nous appesantirons sur la situation des pertes en vies humaines.

Généralement, lors des catastrophes de ce genre, une bonne évaluation des pertes en vies humaines commence par l’évaluation des personnes soumises au risque de perdre leur vie du fait de la catastrophe ; ces personnes sont toutes celles présentes sur les lieux à ce moment précis. En ce qui concerne ce cas particulier du 04 mars 2012, les populations à risque sont :

Les populations vivant dans les quartiers de Talangaï, Mpila et Ouenzé, riverains du camp militaire; les militaires internés dans les casernes de Mpila ; les élèves partis étudier dans le collège et le lycée limitrophes ; les travailleurs évoluant dans les différents chantiers situés dans le camp de Mpila ; les croyants partis au culte du dimanche dans les églises des environs du camp de Mpila; les passants sur les artères principales secondaires situées dans la zone du sinistre.

Selon le constat fait par les autorités militaires, toutes les casernes se trouvant dans la zone de détonation, ont été détruites à 98%. Les pouvoirs publics devraient commencer par faire une évaluation la plus objective des personnes appartenant à ces différentes catégories et tout mettre en œuvre pour les identifier correctement puis, s’enquérir du devenir de chacun d’eux. En particulier, pour les deux premières catégories de personnes, certainement les plus nombreux de loin, des données existent pour procéder à une évaluation rapide et exacte des effectifs en cause.

Au-delà de tout cela, nous allons faire l’analyse, qui nous conduira probablement à des interrogations.

Les réponses à celles-ci devraient nous amener à mieux comprendre la situation.

II -LES ALERTES

La tragédie du 4 mars 2012, en dépit de son ampleur n’était pas inédite. Il y a eu des antécédents. La question essentielle est de savoir comment les Autorités ont réagi chaque fois qu’un cas de ce genre s’est produit. En effet, il y a eu : l’incendie en 1997 de la poudrière de Pointe-Noire ; le rapport élaboré en 2007 par l’ONG britannique MAG. Consciente du danger que représentaient les casernes militaires dans les agglomérations urbaines, cette ONG, avait dressé un constat des plus préoccupants lorsqu’elle lance son programme au Congo Brazzaville.

Elle avait relevé ce qui suit : «la plupart des armes et des munitions non explosées qui ont été saisies avec succès, sont entreposées dans, et autour des dépôts militaires, dans des zones très peuplées et dans des conditions de sécurité aussi inexistantes,….. De plus, du fait des mauvaises conditions de stockage, les risques d'incendie ou d'explosion des entrepôts des munitions sont importants. Cela s'est déjà produit à plusieurs reprises dans le pays, causant la mort et blessant de nombreux civils, bien après la première détonation ».fin de citation. On dit bien que cela s’est dit en 2007. Hélas, quelle a été la réaction des Autorités ?

Une détonation accidentelle d'obus d'artillerie dans la nuit du 13 au 14 avril 2009, avait créé beaucoup de psychose à Brazzaville. Celle-ci aurait été provoquée par la foudre et avait entraîné le départ accidentel de quelques obus d'artillerie, qui n'avaient pas fait des victimes humaines. Toutefois, il y avait eu quelques dégâts matériels. Les spécialistes ont expliqué à l'époque qu'il ne s'était agi que des charges propulsives qui avaient explosé et non des charges explosives.

L'incendie d'un dépôt d'armes et de munitions le 31 mai 2010 au domicile d'un Officier Général, avait provoqué des explosions et des détonations, qui avaient fait courir les populations voisines, et provoqués d'importants dégâts matériels.

Comment ne pas interpeller, avec tous ces éléments et à tous les niveaux de responsabilité dans l’Etat, toutes les Autorités compétentes pour n’avoir pas pris de dispositions afin d’empêcher cette catastrophe

du 04 mars 2012, alors que plusieurs alertes avaient déjà été données par des explosions d’armes de guerre à Pointe-Noire et à Brazzaville ?

Quelle explication le Gouvernement peut-il donner à cette situation ? Négligence, insouciance, oubli, irresponsabilité, non prise en compte des préoccupations de la sécurité des populations ?

III - LE DÉBAT SUR LA DÉLOCALISATION

-Un article publié tout récemment dans la Semaine Africaine, nous révèle que la décision de délocaliser les casernes a été prise lors d'une réunion du Bureau Politique élargi aux Membres du Gouvernement quia été présidée par le Général Denis SASSOU NGUESSO le 9 octobre 1980.

La même réunion avait décidé de déplacer à partir de l'an 2000, l'aéroport de Pointe-Noire, et en 2010 l'aéroport International de Maya-Maya, dont les sites entourés de quartiers résidentiels, ne répondaient plus aux normes de sécurité des populations.

Ce qui veut dire qu'il y a près de 32 ans que la décision de délocaliser les casernes a été pris. Ce qui est une bonne chose, puisque gouverner c’est prévoir. Malheureusement, pourquoi cela ne s’est pas réalisé dans les faits.

-La délocalisation des casernes des grandes agglomérations a été l'une des grandes préoccupations de la Conférence Nationale Souveraine en 1991.

-Les congolais gardent en mémoire les propos tenus par le Président de la République le 4 mars 2012, au sortir de la visite des blessés du CHU lorsqu’il déclare ce qui suit : «depuis un peu plus de deux ans, nous avions pris la décision de sortir les casernes du centre de la ville. Ce projet est déjà mûr, les financements existent, les sites sont identifiés et les entreprises qui devront réaliser ces casernes en dehors de la ville sont identifiées. Le projet, nous devons le démarrer cette année. Comme nous le savions, nous pensons qu'il n'était pas bon de garder les casernes au centre de la ville. Aujourd'hui l'irréparable s'est produit ».fin de citation.

Il semblerait que 300 milliards de francs CFA, auraient été débloqués pour cette opération.

-Pourquoi diable les décisions prises au plus haut niveau en 1980, réitérées en 1991, et en 2009 n’ont-elles pas permis la réalisation de cette opération ? Où sont passés les trois cents milliards débloqués à cet effet ? Pourquoi existe t-il toujours dans notre pays ce paradoxe entre les décisions prises et leur mise en application ?

Au-delà de ces interrogations, ces aspects deviennent préoccupants lorsque le Ministre des Finances et du Budget déclare devant les Députés le mardi 17 avril 2012, que l’on n’a jamais sorti une somme de trois cents milliards de Frs CFA du budget de l’Etat pour la délocalisation des casernes.

On découvre aussi finalement qu’en réalité, cette opération n’aurait pas pu démarrer cette année. En effet, curieusement, ce n’est que dans le projet de loi rectificative des finances de l’Etat présenté le 17 avril 2012, à l’Assemblée Nationale que l’on trouve une prévision de 35 milliards de f CFA pour la construction des nouvelles casernes. Ce qui veut en fait dire, qu’aucune inscription budgétaire n’était faite à ce propos dans le budget 2012.

Visiblement le Gouvernement ne parle pas d’une même voix sur ce sujet.

En réalité les dispositions avaient-elles véritablement étaient prises pour démarrer les délocalisations cette année ? Assurément non ! Il est bon de souligner avec force que le Gouvernement a choisi de faire le médecin après la mort.

Pour terminer ici, une question mérite d’être posée à savoir : comment expliquer le non respect des normes et des règles d’occupation du sol, qui interdisent toute forme de proximité et de cohabitation entre les zones d’habitation et les zones susceptibles d’abriter des casernes et des dépôts d’armes de guerre ou de stockage de produits chimiques toxiques, des usines ou toute activité présentant un danger pour les populations ?

IV - L'OBSESSION POUR LES ACHATS D’ARMES

En accédant il y a trois ans, au point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE), l’on avait pensé que le Congo trouvait là une solution structurelle à l’épineuse question du lourd fardeau de la dette. Ce qui devait permettre de dégager des moyens substantiels pour s’occuper du développement en général et particulièrement de la lutte contre la pauvreté. Il semble que dans la pratique le Gouvernement ait plutôt choisi de consacrer des moyens très importants dans une course effrénée d’achat d’armes. L'opposition congolaise a dénoncé à plusieurs reprises cette vision. Il sied de rappeler que :

-Le Congo a violé la Résolution 18 74 des Nations Unies adoptée au mois de juin 2009, laquelle interdisait à la Corée-du-Nord d'exporter des armes. C'est dans ce cadre que l'Afrique du Sud avait intercepté en novembre 2009 une importante cargaison d'armes en provenance de la Corée-du-Nord et à destination du Congo Brazzaville. Le Conseil de sécurité des Nations Unies s’était préoccupé de cette situation.

-Le journal français « le Canard Enchainé » a révélé ces aspects dans un article paru en 2008, intitulé « achats d’importants d’armes de guerre par Sassou Nguesso » L'hebdomadaire français écrivait à ce sujet : « le pouvoir de Brazzaville a fait une commande de sept BM-21 Ural, quatre RM-85 de marque tchèque, quatre avions de chasses Sukhoi 47, deux MIG-27, un F-7 chinois, quatre nouveaux hélicoptères de combat MI-24, trois MI-28, et un hélicoptère WZ-10. En outre, une commande importante d’appareils de communication des tenues militaires chinoises, une importante livraison d’armes de combat chinoise : des QBZ-95 et 97, des AK-47 et 74, ainsi que des Famas de l’armée française achetées à Singapour en juin 2007, par son fils et son Conseiller Dominique Okemba, toutes ces armes seront acheminées au port de Pointe Noire d’ici la fin de l’année 2008. Ces importantes livraisons d’armes et appareils militaires seront livrées au Congo cette année 2008, des contrats ont été signés entre le pouvoir de Mpila et le Gouvernement de Pékin et en contre partie, le pouvoir de Mpila livrera d’importantes cargaisons de pétrole à la Chine, les livraisons ont débuté depuis mars 2004…..».

À ce propos, il y a plusieurs interrogations :

- de quelle paix parle t- on dans notre pays, lorsqu'il est de notoriété publique que le pouvoir fait rentrer au Congo des grandes quantités d'armes de guerre ?

- Où sont entreposées ces armes ?

- S'agit-il d’armes conventionnelles ou non conventionnelles ?

- S'agit-il d'armes de destruction massive ?

- Si oui, pourquoi faire ?

Cet aspect inquiète beaucoup les Congolais.

V - Où VA DONC L'ARGENT DU PÉTROLE ?

Le drame du 4 mars 2012 permet une fois de plus de poser cette question avec force. En effet, avec l’embellie pétrolière, le Congo devrait engranger sur la période 2002-2012, d'importantes recettes financières qui peuvent être estimées à plus de 20 000 milliards de francs CFA, soit une moyenne annuelle de près de 1833 milliards de francs CFA en 11 ans. Comme nous l'avons toujours dit : jamais, au grand jamais, notre pays n'a engrangé autant d'argent. L'ensemble de ces recettes, rien que pour les trois dernières années 2010, 2011 et 2012 devrait avoisiner les 10 000 milliards de francs CFA. D'importants excédents budgétaires ont été dégagés depuis 2004 et devraient avoir fait l'objet depuis 2006, d’un versement dans un compte de stabilisation à la Banque Centrale, lequel devrait être audité chaque année par la Cour des Comptes et de Discipline Budgétaire. Tout ceci était l'engagement pris par le Chef de l'État devant le Parlement réuni en Congrès en 2006.

Sur cet aspect, la situation est d'autant plus inquiétante que selon les statistiques de la Banque Centrale, les dépôts confondus du Gouvernement, dans cette institution ne s'élèveraient au 31 décembre 2011 qu’à 1.649 milliards de francs CFA.

Cette question tourmente les esprits des Congolais qui découvrent le 4 mars 2012, l'état de délabrement dans lequel se trouve leur système sanitaire. Le Centre Hospitalier et Universitaire qui avait bénéficié d'une dotation financière de 1 650 000 000 F.CFA en 2006 et qui devait être réhabilité dans le cadre du programme prioritaire 2007-2009 avec une enveloppe globale de 20 milliards de francs CFA, n’a ni ambulances, ni matériels de chirurgie, ni équipements adéquats et surtout ni médicaments pour faire face à la situation d'urgence due à la catastrophe.

Comment peut-on donc comprendre cela lorsque l’on sait que 2012 a été décrété année de la santé pour tous ?

Comment expliquer que l'on ait dû réceptionner cinq (5) ambulances et trois (3) hôpitaux de campagne de la RDC pour faire face à l’urgence qui était la notre le jour de la catastrophe ?

Le commentaire le plus cinglant sur cette situation a été fait par Jean-Baptiste PLACCA, lorsqu'il a déclaré ce qui suit sur les antennes de RFI : « le scandale, ici, ne réside pas uniquement dans le fait que l'on investisse des centaines de milliards dans l'armement dans un pays qui n'a jamais été en guerre avec personne. Le scandale, c'est qu'un État pétrolier de ce rang, peuplé d'à peine 4 millions d'habitants, ne puisse pas investir quelques dizaines de millions dans les pansements, compresses et autres Bétadine dont ont cruellement besoin les hôpitaux du Congo…».fin de citation.

Par ailleurs, on peut se demander comment avec des budgets d'investissement avoisinant ou dépassant les 1000 milliards de francs CFA ces dernières années, la délocalisation des casernes n’ait pas requis une priorité de premier plan. Tout ceci est tellement éloquent que ça se passe de commentaires.

VI - UN DEVOIR DE VÉRITÉ

Tout mettre en œuvre pour que la lumière se fasse.

À ce sujet les Congolais dans leur ensemble pensent que la lumière doit être faite sur la tragédie du 4 mars 2012. Pour la plupart d’entre eux, ils savent qu’aucune enquête n'a jamais abouti dans notre pays ; et que nous accumulons beaucoup de contentieux de ce genre. Ils ont été surpris par le silence observé par nos Autorités lors de l’arrestation du Chef des Renseignements libyen en Mauritanie. Ils estiment, s'agissant de la catastrophe aérienne du DC-10 de l’UTA en septembre 1989, qu’elles auraient dû demander son extradition au Congo afin de faire la lumière sur cet autre drame qui a touché notre pays. Ceci, d'autant plus que le vol était parti de Brazzaville. Plus proche de nous, l’affaire des disparus du « Beach » est encore très présente dans nos esprits et nous rappelle à chaque fois que nous avons là, un exemple frappant de crimes sans auteurs. La Mission des Nations Unies d’octobre 2011 a d'ailleurs recommandé au Gouvernement de poursuivre cette affaire jusqu'à son terme afin d’établir les responsabilités pénales et individuelles.

Aujourd'hui les congolais veulent comprendre, eux, qui dans leur fort intérieur, estiment qu'ils ont droit à toute la vérité, la vraie, et que la lumière doit être faite sur ce tsunami. Plus les jours passent, plus ils pensent qu'il y a une main noire qui agirait pour les détourner de la voie qui mène droit à la vérité, c'est-à-dire, à la justice et à la paix. Les congolais se souviennent de ces paroles de Jean-Baptiste PLACCA au lendemain de ce drame lorsqu'il déclarait sur RFI :

«…Et voilà, le peuple congolais : une fois de plus piégé par ses dirigeants. Une poudrière en plein milieu des populations civiles ! Ne nous parlez pas d'accidents, non ! Si ce n'est par délibéré alors, c'est de l'inconscience, et c'est pire ! Ailleurs, le Chef d'État-major de cette armée là aurait été limogé. Le Ministre de la Défense aurait donné sa démission, et tous ses supérieurs seraient à genoux, entrain d'implorer le pardon de la Nation…» fin de citation.

Ces propos de PLACCA sont partagés par la majorité des Congolais et par tous les observateurs étrangers qui suivent la situation du Congo.

Qu'en est-il aujourd'hui de cette situation ?

Quant aux chefs militaires, aucun n'a véritablement pris la parole pour expliquer ce qui s'est réellement passé. De notre point de vue, le Chef d'État-major Général des Forces armées congolaises devrait en pareille circonstance, animer des points de presse, des conférences débats, et éclairer l'opinion nationale et internationale sur les supputations plus ou moins réalistes, et sur les avancées dans la recherche des causes de cette catastrophe. Il est intéressant de suivre le problème à plusieurs niveaux.

Le Parlement et la catastrophe du 4 mars 2012

-Dans les dispositions de l'article 89 de la Constitution, les moyens d'information et de contrôle du Parlement sur l'action du Gouvernement sont:

-l'interpellation;

-la question écrite;

-la question orale ;

-la question d'actualité;

-l'audition en commission;

-l'enquête parlementaire.

L’on note que le jeudi 8 mars, il y a eu une séance sur une question d'actualité au cours de laquelle le Parlement a décidé de l’interpellation du Gouvernement sur les événements du 4 mars 2012.

Malgré la gravité de la situation, les congolais ont été surpris par le silence observé par les représentants du peuple jusqu’ à ce jour. Ce qui a tendance à faire croire que le Parlement est une chambre d’enregistrement qui n’a pas daigné entendre les membres du Gouvernement sur ce qui s’est passé le 4 mars. C’est une entrave grave à la vie et à l’expression démocratique.

Au regard de l'ampleur de la tragédie, une enquête parlementaire aurait pu être lancée. Comment comprendre cette attitude du Parlement ? Pourtant beaucoup de questions méritent d'être élucidées. Comment comprendre, s'agissant de la délocalisation cette négligence et surtout la léthargie à réaliser ce qui est décidé ? Qu'est-ce qui pouvait alors bloquer le démarrage des travaux puisque les sites et les entreprises chargées d'exécuter les travaux étaient connus ? Qui a gelé les fonds ?

Le pouvoir judiciaire et le drame du 4 mars 2012

L'article 138 de la Constitution stipule que le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif.

Comment peut-on comprendre au regard de l'ampleur du cataclysme que le pouvoir judiciaire notamment, le Procureur de la République, n’ait jusque-là pas ouvert une instruction judiciaire contre X, de façon à lui permettre de mener une enquête et de rechercher les auteurs de ce qui s'est passé à Mpila.

La commission d’enquête

Une Commission d'Enquête a été mise en place. Ce n'est pas un manque de sérénité et de calme que de penser que cette commission piétine. Elle n'a pas permis jusqu'alors de mettre le Gouvernement devant ses responsabilités.

Dès les premières heures, celui-ci a soutenu la thèse du court-circuit, qui a été rapidement écartée. Les Congolais attendent toujours d’être éclairés sur les circonstances de la catastrophe. Ils demandent avec force que les auteurs et les responsables de ce carnage soient traduits devant les juridictions nationales compétentes afin qu'ils soient sanctionnés conformément à la loi.

Cette Commission siège à la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, où sont détenus plusieurs officiers, sous-officiers et autres en dépassement des délais de la garde à vue qui ne doivent pas excéder plus de 72 heures. Ceux-ci qui ont de ce fait perdu leur liberté, n'ont pas le droit d’être en contact ni avec leurs parents, ni avec leurs avocats. Le Gouvernement expliquerait cela par le fait qu'ils ne sont ni inculpés, ni appelés à comparaître. Ce qui n’est pas acceptable de notre point de vue, et qui continue d’alimenter les rumeurs les plus folles faisant état de tortures, de traitements cruels, inhumains et dégradants à l'encontre de ces « suspects ». Tout ceci dans un pays où règnent la terreur, la suspicion, la méfiance et dans lequel depuis la Conférence Nationale, l'opinion nationale parle beaucoup d'assiettes roumaines, d'empoisonnement, de peintures toxiques et autres.

Cas de Maître MALONGA

L’arrestation des Maitres MALONGA et HOMBESSA a crée la psychose dans tous les esprits des congolais qui considèrent que cela est injuste. Celle-ci s’est faite selon nous en flagrante violation des lois et règlements de la République.

Par ailleurs, dans ce qui a été dit dans cette affaire, nous sommes troublés par les déclarations faites le 11 avril sur les ondes de la Radio Forum par Maître MALONGA. Celui-ci a en effet, évoqué le fait qu’il aurait été enlevé nuitamment au Commissariat Central par un commando cagoulé de trois (3) personnes, qui lui auraient fait subir des tortures et des traitements inhumains.

Cette situation est extrêmement grave. Elle révèle que la sécurité n'existe pas pour tous les congolais, et particulièrement pour les opposants. Comment comprendre qu'un tel acte ait pu se produire au Commissariat Central, lieu où les personnes détenues sont censées bénéficier de toute la protection et d’une grande sécurité.

VII - GESTION DE LA CATASTROPHE PAR LE GOUVERNEMENT

Le peuple congolais suit avec beaucoup d’attention, la gestion de la crise faite par le Gouvernement, particulièrement la situation des sinistrés. Il note avec intérêt les engagements pris concernant la résolution des problèmes inhérents à cette crise. Dans ce cadre, il a relevé que :

-Les maisons détruites ou endommagées seront reconstruites ou réhabilitées. Un programme d’urgence et de réhabilitation sera réalisé avec la participation des partenaires internationaux.

Il est apparu que les logements qui seront construits à Kintélé ne seront pas réservés aux sinistrés ;

-Beaucoup de problèmes semblent se poser pour l’allocation des 3 millions de F. CFA, bien que le Ministre des Finances et du Budget ait déclaré qu’il y avait autant d’argent disponible que d’ayants droits.

Sur tous ces aspects, il est vivement souhaitable que les principes de rigueur, d’équité, de justice sociale et d’égalité soient respectés, et que soient rejetés le sentimentalisme, le favoritisme et autres…

Une attention particulière doit être observée aux problèmes des sinistrés.

VIII - ÉTABLISSEMENT DES RESPONSABILITÉS

Après le deuil unanimement partagé par tous les Congolais, les familles frappées par ce drame, les Congolais, mêmes les moins touchés physiquement par ce qui s’est passé le 4 mars 2012, au-delà des récriminations, de la colère comprise, exigent de l’Exécutif et du Haut Commandement la reconnaissance de la faute et l’établissement des véritables responsabilités. Les Congolais ne souhaitent plus vivre ce qui s’est passé dans l’affaire dite «des disparus du Beach », où une parodie de justice a été menée et qui a établi des crimes sans auteurs.

L’établissement des responsabilités se révèle souvent dans ce genre de drame, comme un remède pour écarter toute réédition et permettre aux familles de faire leur deuil. Autant il parait urgent de mener l’enquête en toute transparence pour rechercher les causes de ces détonations, établir les responsabilités et en publier les résultats.

La Constitution du 20 janvier 2002, dans son article 78 dispose que : « le Président de la République est le Chef Suprême des Armée. Il préside les Conseils et les Comités de Défense. »

Le décret n° 2002-372 du 3 décembre 2002 portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil National de Sécurité, stipule en son article 1er

« - il est crée à la Présidence de la République, un Conseil National de Sécurité placé sous l’Autorité directe du Président de la République, Chef de l’Exécutif, Chef Suprême des Armées et des Forces de Sécurité.

-Le Conseil de Sécurité, assiste et appuie le Président de la République dans la conception, l’élaboration, la coordination et la mise en œuvre de la politique intérieure et extérieure de l’Etat.

-A ce titre, cette structure est entre autre chargée de :

-Rechercher, recueillir et centraliser toutes les informations et données liées aux questions touchant à, la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat ;

-Assurer la coordination des activités de collecte de tous ordres et superviser tous les services d’évaluation du renseignement dont il oriente la gestion stratégique ;

-Proposer toutes mesures dans tous les secteurs de la vie nationale en vue de l’amélioration du fonctionnement et de l’efficacité des différents services de sécurité et veiller à l’application des mesures prises dans ce cadre… ».

Tout ceci fait apparaître que les textes sont clairs et permettent d’établir sans complaisance aucune, les responsabilités des uns et des autres.

Dans la démarche à suivre on doit accorder une attention particulière à :

-Tout ce qui aurait pu faire éviter cette catastrophe ;

-La non application des décisions prises depuis 1980 ;

-La clarification du débat sur la délocalisation des casernes ;

-L’achat et le type d’armes concernées en cherchant à savoir s’il s’agit d’armes conventionnelles ou non, des armes de destruction massive ou non, sans oublier les mesures prises pour leur stockage et leur conservation ;

-Tout ce qui touche de loin ou de près aux événements du 04 mars 2012.

Au regard de tout ce qui précède le Parti Social Démocrate Congolais :

-Constate que depuis le 04 mars 2012, le Congo notre pays sombre chaque jour davantage dans un malaise très profond ;

-Exige que la lumière soit faite sur l'enlèvement nocturne de Maître MALONGA et que les responsables de cet acte crapuleux soient recherchés et sanctionnés conformément aux textes réglementaires en vigueur ;

-Demande la libération immédiate des Maîtres MALONGA et HOMBESSA ;

-Dénonce et condamne les arrestations arbitraires ;

-Condamne la détention au-delà de 72 heures de plusieurs officiers et sous officiers et autres personnes, alors qu’ils ne sont ni inculpés, ni appelés à comparaitre. Il s’agit là des violations des lois et règlements de la République qui sont inacceptables. En conséquence, le Parti Social.

Démocrate Congolais demande, soit leur libération immédiate, soit leur présentation devant la justice si des faits leur sont reprochés.

-Déplore le fait que le Parlement qui est constitué des représentants du peuple n'ait pas jugé utile d'interpeller le Gouvernement devant des faits aussi graves que le tsunami du 4 mars2012;

-Exige l'arrêt des travaux actuels effectués à l'aéroport de MAYA-MAYA et la prise des dispositions aux fins du déplacement de celui-ci ; ceci pour appliquer les décisions prises à cet effet depuis 1980, c'est à dire qu’il y a 32 ans et la prise des dispositions pour le déplacement de l’aéroport de Pointe-Noire;

-Constate au bout de deux mois que l'enquête administrative piétine. Et pourtant selon nous, elle devrait aborder sans complaisance les questions liées à la délocalisation des casernes, aux achats d'armes et aux événements qui se sont produits le 4 mars 2012;

-Exige, pour que nous avançons dans la transparence vers la vérité, l'interpellation des principaux responsables concernés dans cette affaire notamment, les Ministres de la Défense Nationale, de l'Intérieur, des Finances et du Budget, de la Santé, de la Construction et de l'Urbanisme, le Secrétaire Général du Conseil National de Sécurité et tous les membres de la Haute hiérarchie militaire ;

-Considère comme une exigence légitime le droit des congolais à la vérité, à la sécurité, à la justice et à la paix, afin que tous les responsables de cette tragédie soient sanctionnés conformément aux lois et règlements de notre pays ;

-Demande la mise en place d'une Commission d'Enquête Internationale ;

-Souligne avec force que le peuple congolais attend du Gouvernement des explications sur ce tsunami qui a causé d’importants dégâts humains et matériels;

-Demande au peuple Congolais de se mobiliser et d'être debout, afin de veiller à l'établissement de la vérité, et de ne pas permettre les logiques qui amèneraient à connaitre une parodie de justice comme cela a été le cas dans l’affaire des disparus du Beach;

-Exhorte, la Communauté Internationale en général et l’Organisation de Nations Unies en particulier, à assister le peuple congolais dans cette épreuve, et à le soutenir pour que la lumière soit faite sur cette catastrophe.

Sur ce, je termine mon propos, non sans vous remercier de votre aimable attention.

Vive la Démocratie

Vive le Congo

Vive le PSDC 

Commentaires  

 
0 #5 Onanga Guy 08-05-2012 20:57
En effet, le but de cette enquête de police a été de rassembler les preuves pour déterminer si oui une infraction criminelle a eu lieu le 4 mars dernier à Mpila. Au cas d’une réponse affirmative, quelle est l’identité de la personne ou des personnes qui en sont responsables. En tout état de cause, la police a la responsabilité d’obtenir autant d’informations que possible sur les circonstances exactes de ce drame de Mpila.
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0 #4 Onanga Guy 08-05-2012 20:57
Ainsi compris, on peut affirmer que cette enquête préliminaire a permis de réunir un certain nombre d’éléments susceptibles d’aider le tribunal à ouvrir l’instruction. Entre temps, les officiers, sous-officiers et soldats qui ont été arrêtés dans ce cadre seront transférés à la maison d’arrêt de Brazzaville, étant donné les lourdes présomptions de culpabilité qui pèsent sur eux. Au cours de cette deuxième étape, les présumés coupables seront une fois de plus entendus par le doyen des juges. Ce n’est qu’au terme de cette étape que le doyen des juges pourra transférer le dossier à la juridiction compétente. Pour le cas d’espèce, le dossier sera orienté à la cour criminelle eu égard à la nature de l’infraction. Les auteurs seront ainsi jugés, condamnés ou acquittés.
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0 #3 Serge Pauto 08-05-2012 20:55
Pour mémoire, la tragédie qu’a connue notre pays le 4 mars dernier a été attribuée dès le départ à un court-circuit. Mais progressivement , cette hypothèse s’est révélée improbable, d’autant plus que les circonstances et les conditions dans lesquelles ces engins d’une extrême sensibilité sont stockés ne présageaient pas un tel incident. D’ailleurs, dans la classification d’accidents similaires qui a été faite par l’expertise internationale, l’explosion d’un dépôt de munitions due à un court-circuit n’est possible qu’à hauteur de 6%, contre 28% d’explosions provoquées par l’homme. Ce qui revient à dire que l’hypothèse d’un complot est plus que plausible.
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0 #2 bertin sembé 08-05-2012 20:52
La commission d’enquête a bouclé ses investigations.
Un mois après sa mise en place, la commission chargée de déterminer les causes et répérer les auteurs des explosions du dépôt de munitions du régiment blindé de Mpila vient de boucler la première étape de l’enquête de police ouverte à cet effet. Le dossier y relatif sera transmis au cabinet du doyen des juges qui décidera de la suite à donner. Le doyen des juges a la prééminence dans la réception et le traitement des plaintes.
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0 #1 bertin sembé 08-05-2012 17:01
ENSEMBLE PRENONS CONSCIENCE AU CONGO BRAZZAVILLE
Nous avons franchi le point de non-retour, ce moment où l'on ne peut plus revenir en arrière. NE NOUS LAISSONS PLUS MANIPULER – LES SOLUTIONS SONT PACIFIQUES ET NON VIOLENTES.
En 2011 Louis-Modeste ZOUBABELA NGABANKA II écrivait :
‘’A force de trop serrer un boulon, il finit par casser. A force de trop appauvrir et opprimer un peuple, on éveille sa conscience. Cette même conscience rassemblera le peuple et les énergies, ce qui rassemble le peuple devient alors plus fort que ce qui le divise. Cette conscience vivante finit toujours par trouver un exutoire. Il faut desserrer l’étau de la pauvreté et canaliser les énergies pour éviter EXPLOSION’’
PARTAGEZ - CHAQUE PRISE DE CONSCIENCE EST UNE VICTOIRE POUR LA JEUNESSE.
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