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Droit à la santé au Congo-Brazzaville : réalité ou simple utopie?

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Pour l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le droit à la santé est une préoccupation que doit gérer chaque Etat membre de l'organisation.

Et la République du Congo en est membre. Mais pourquoi son système sanitaire,malgré sa croissance économique et quelques efforts faits par le gouvernement pour l’améliorer, est loin de satisfaire les larges masses populaires? Si la Charte sociale européenne de 1961 est plus ou moins respecté par les Occidentaux, ce n’est pas le cas pour la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples de 1981 dont la République du Congo est signataire qui stipule en son article 16 alinéa 1 et 2 « que toute personne a le droit de jouir d’une bonne santé physique et mentale, qu’elle soit capable d’atteindre ». Aussi le Congo devrait s’engager à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé de ses populations et leur assurer l’assistance en cas de maladie.

Société congolaise : fonctionnement double vitesse en matière de soins de santé


Le Congo est un pays où n’existe pas de sécurité sociale. 70% de sa population vivent avec moins d'un dollar par jour en tirant le diable par la queue. Comme la pauvreté empêche les populations déshéritées d’affronter le coût exorbitant des médicaments, se développent les pharmacies de rue, véritables officines qui programment la mort lentement et sûrement dans une population gagnée par l’analphabétisme. Les produits pharmaceutiques, la plupart « made in India », sont vendus à la sauvette dans des étales, sous les durs rayons des soleils tropicaux, au vu et au su de la force publique et des agents du ministère de commerce. Rappelons que le prix d’un médicament peut doubler ou tripler à l‘importation, en particulier les antibiotiques. S’ajoute à ce phénomène, le trafic des faux médicaments à des prix abordables dans le milieu des populations pauvres. Se creuse un fossé entre celles-ci et les 30% des nantis (hommes d’affaires et acteurs politiques) qui peuvent se soigner normalement et même s’offrir des séjours de santé au Maroc, en Afrique du Sud et dans les pays occidentaux car il y a manque de certains spécialistes sur le territoire national. Malheureusement tous ces nantis ne trouvent pas gain de cause quand ils vont se faire soigner à l’étranger. Certains d’entre eux reviennent,
hélas, sans vie malgré leurs valises bourrées de billets de banque. Ainsi va la vie au sud du Sahara.

Santé publique : un département social négligé

Il y a régression au Congo du point de vue de la santé publique de 1960 à nos jours malgré la modernisation des structures d’accueil. Et cela avec un des taux de mortalité infantile les plus élevés au monde (une prévalence de 69%). Avec la résurgence de certaines maladies éradiquées il y a quelques années comme le choléra et la poliomyélite, il ya lieu de comprendre l’inquiétude des populations. Se remarque un paradoxe entre les royalties qui proviennent de la rente de l’exploitation des richesses (bois et pétrole) et les dépenses de santé publique ne dépassant à peine 3% du budget. Le droit à la santé des populations non respecté par les décideurs de la tutelle, une situation malheureusement révélée par le nouveau ministre de la santé, François Ibovi, lors de ses visites des centres hospitaliers de Brazzaville. Dans un langage franc et direct, il a eu le courage, (que ses prédécesseurs n’avaient peut-être pas) à fustiger les maux qui minent la maison Santé. Un manque d’hygiène dans certains milieux hospitaliers avec du matériel obsolète. Des malades négligés aux services des urgences (un malade est resté dans la salle d’entente pendant huit heures avant d’avoir les premiers soins). Des équipements modernes et neufs ne sont pas malheureusement utilisés dans certains centres par manque de spécialistes. Les populations vont plus se faire consulter chez les guérisseurs (tradi-thérapeutes) que chez les médecins.

Esquisses de solutions pour améliorer le système sanitaire

Il faut nommer les gestionnaires de santé sur la base des compétences au lieu de le faire sur des critères obscures (népotisme, favoritisme, tribalisme,
ethnicité...). Des antivaleurs sur lesquelles s’appuient certains acteurs politiques dans les nominations des cadres de santé pour se maintenir à leur poste de direction. Et cela se remarque aussi dans les autres institutions de la république malgré la bonne volonté des autorités politiques à lutter contre ces antivaleurs. La pratique de la bonne gouvernance financière doit être mise en œuvre car les populations constatent qu’il y a la croissance économique favorisée par la rente du bois et du pétrole. A partir de cette croissance, il y a possibilité de réfléchir sur une mise en place de la sécurité sociale financièrement réalisable si on lutte contre les antivaleurs (gabegie, corruption, tribalisme, favoritisme, impunité...) qui ne cessent de gangrener les sociétés au sud du Sahara. A la sécurité économique, il faut maintenant penser à celle qui doit garantir le social alimentaire, sanitaire, hygiénique et même professionnel pour les jeunes qui sortent des écoles de formation et des universités. 70% des actifs sont en chômage et cela pourrait constituer une bombe à retardement dans une société où les inégalités sont toujours « visibles » malgré tous efforts consentis par le gouvernement pour les éradiquer. Une croissance doit en principe générer la création d’emploi, l’amélioration des conditions de vie des populations, surtout dans le domaine de la santé et de l’éducation. Mais il est regrettable de constater que le Congo, qui dispose depuis 2003 d’énormes capacités financières provenant de la manne pétrolière, regarde impuissant les 70% de sa population « vivre dans la merde ».

Pour conclure


Quatrième producteur de pétrole du golfe de Guinée avec un PIB de 9,5 milliards, la République du Congo, avec le retour de la paix depuis 2002, s'est
assuré une relative prospérité au point macroéconomique, et cela malgré le mauvais état des services publics comme la santé et l’éducation. Selon « Perspectives Economiques en Afrique », le taux de croissance en République du Congo devait progresser à 5,7% en 2012 et 4,7% en 2013
après avoir été de 5,3% en 2011. Des chiffres qui pourraient permettre aux gouvernants de solutionner le droit à la santé des Congolais pour qu’il ne soit plus une simple utopie, comme on le remarque actuellement.

Noël KODIA

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