17/08/2017

Dernière mise à jour08:35:13 AM GMT

Vous êtes ici >> Actualités A la une Sciences & Santé Hôpital: révélateur et amplificateur des réalités

Flash information

***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Hôpital: révélateur et amplificateur des réalités

Envoyer Imprimer PDF
Note des utilisateurs: / 0
MauvaisTrès bien 

Avant-propos… En guise d’introduction, je commencerai par nuancer le propos. Comment? En mettant en garde nombre de mes concitoyens contre la tendance – potentiellement contre-productive, si ce n’est dangereuse – à accorder une importance certes réelle, mais souvent démesurée et disproportionnée, aux infrastructures de soins, à commencer par le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Brazzaville. Pourquoi donc une telle mise en garde?

Hôpital: plate-forme d’analyse et de réflexion… Au risque d’en surprendre plus d’un, je me permettrai d’affirmer, en prenant appui sur des faits concrets et probants, exactement ceci: En l’état actuel des choses et de leurs causes profondes, les infrastructures de soins ne constituent pas, en dépit de certaines apparences trompeuses, le « cœur du problème ». Du moins, dans une « grande agglomération » comme… Brazzaville. A cela, une raison, plutôt édifiante et instructive. Laquelle?

Contrairement à bien des localités africaines, Brazzaville dispose, actuellement, d’une couverture hospitalière qui, rapportée à sa population, n’a rien à envier à certaines villes d’Europe de l’Ouest et même des États-Unis (je ne plaisante pas du tout…). A titre d’exemple, les Brazzavillois disposent de… cinq « grosses structures hospitalières » (à l’échelle du Congo), telles que: le CHU, l’Hôpital Militaire, les hôpitaux de Makélékélé et de Talangaï, la Maternité Blanche Gomès. Entre nous: ce n’est pas rien, dès lors que peu de capitales africaines peuvent se prévaloir d’un plateau technique aussi éloquent. Et d’une densité à l’extrême limite de la… concentration. En plus d’être harmonieusement réparti d’un point de vue géographique…

A vrai dire, chacun l’aura constaté, il m’arrive souvent, indépendamment de tout chauvinisme, d’être plutôt admiratif, à l’égard de la couverture hospitalière de Brazzaville. Mais, il y a un « mais, et ce « mais », loin d’être un « simple détail », est de taille. Continuons…

Hôpital: observatoire et laboratoire de la condition humaine… Autant le rappeler, quitte à le marteler avec conviction et résolution: Les infrastructures de soins ne constituent pas, et loin s’en faut, le « nœud du problème », dans un pays comme le Congo. Pourquoi?

Élément de réponse: les hôpitaux de la place, à commencer par le CHU de Brazzaville, n’ont cessé de bénéficier, sous l’impulsion d’une idéologie progressiste, d’investissements massifs et intensifs durant les décennies 1970-1980, et même au-delà. Oui, (proportionnellement) « massifs » et « intensifs », au risque de laisser à la traîne les véritables enjeux et défis: c’est-à-dire, non seulement le dépistage et la prévention, mais également l’hygiène et l’assainissement. Ainsi, pour avoir « cannibalisé » et « parasité » une part non négligeable des ressources disponibles (humaines, financières et autres), le CHU de Brazzaville a aujourd’hui une grande part de responsabilité dans les dangereux déséquilibres dont souffre le système sanitaire congolais.

De ce qui précède se dégage, - « plus parlante que jamais », tellement les faits sont plutôt éloquents -, une question-clé, ainsi libellée: Que se passe-t-il exactement à Brazzaville?

Nouvel élément de réponse: à partir du moment où l’hygiène, l’assainissement, le dépistage et la prévention présentent des défaillances et insuffisances criardes, c’est en pratique aux hôpitaux de référence, alors qu’il ne s’agit en rien de leur rôle, qu’il revient, trop souvent, la mission de pallier lesdites défaillances et insuffisances. Ce qui contribue, malheureusement, à des incohérences préjudiciables à plus d’un Congolais. Cela va de soi: les hôpitaux de la place, si sophistiqués soient-ils, ne peuvent pas être performants en jouant un rôle qui n’est pas le leur. En se consacrant, par exemple, à des « prestations de proximité et de terrain », plutôt que de se concentrer sur des « prestations spécifiques et spécialisées »… D’où cette nouvelle mise en garde. Laquelle?

Hôpital: vitrine, transparente mais troublante, des problèmes en suspens…

En l’état actuel des choses et de leurs causes profondes, investir massivement et intensivement au profit du CHU de Brazzaville, ou construire des « centres spécialisés » dans ce qu’il y a de plus moderne et sophistiqué, c’est comme vouloir doper un véhicule (système sanitaire congolais) dont le moteur (hygiène, assainissement, dépistage et prévention) est défaillant. Concrètement et brièvement: il n’y a rien de plus dangereux que de procéder de la sorte. Car grand est le risque de faire exploser, si ce n’est d’endommager sérieusement, le moteur, mettant ainsi en danger la vie des passagers à bord du véhicule (les patients ou, tout simplement, les Congolais)…

Pire, dans le contexte actuel, le plateau technique hospitalier ayant – c’est peu dire – un coût, toute injection massive et intensive d’argent frais dans les caisses des hôpitaux de la place, ou dans celles des « centres spécialisés », ne peut qu’aggraver les inégalités et disparités, dans un pays où la quasi-totalité des gens n’ont pour toute sécurité sociale que leurs… poches (quand ces poches ne sont pas vides, cela va de soi…). Tout le contraire de l’hygiène, de l’assainissement, du dépistage et de la prévention, champs d’action et d’intervention dont on sait, par expérience, qu’ils profitent en priorité, non pas à des individus (ceux qui peuvent payer de leur poche), mais plutôt à la collectivité dans sa globalité comme dans sa diversité. Exemple concret: assainir tel quartier insalubre de Brazzaville, en évacuant, efficacement et quotidiennement, les ordures et les eaux usées, protège du paludisme aussi bien « tel Directeur d’entreprise ayant pignon sur rue » que « telle vendeuse d’arachides, célibataire-mère vivant d’expédients). J’ajouterai: «… protège du paludisme, bien mieux que tel service de réanimation (hyper sophistiqué), mais dont les coûts de fonctionnement (exorbitants) excluent de facto les pauvres (1) »… Pas besoin d’avoir un « Doctorat en Economie, en Sociologie ou en Médecine » pour comprendre de telles évidences. A méditer…

Hôpital: miroir, grossissant et déformant, des difficultés sous-jacentes…

De nos jours, en raison des problèmes récurrents de structure et de fonctionnement (ce n’est même pas une question d’argent à la base), le CHU de Brazzaville, exemple des plus édifiants voire terrifiants par certains aspects, n’est même plus capable de rentabiliser les investissements, fussent-ils massifs et intensifs, dont il fait pourtant régulièrement l’objet. En d’autres termes, ce « mastodonte administratif » œuvre comme à s’égarer, au risque de s’y enliser, dans une logique d’escalades financières et de surenchères dépensières – l’enjeu du moment étant de s’inscrire dans une dynamique d’analyses fines et de réflexions pointilleuses –, aux allures de « navigation à vue », c’est-à-dire sans boussoles ni balises…

Pour le reste, sauf à vouloir s’enfoncer dans le plus sombre des pessimismes et/ou catastrophismes: Disons OUI à des investissements ciblés au profit des « pôles de référence et d’excellence », mais, restriction valant son pesant d’or, seulement après avoir assaini, et tout en assainissant en permanence, l’environnement local…

En somme…

Ne nous voilons pas la face: en tant que régulateur défaillant des mutations et fluctuations inhérentes à toute société, quand bien même il s’agit du secteur de la santé, l’hôpital est, et demeure, le reflet d’un équilibre, plutôt fragile, entre sécurité environnementale et disparités sociales. Dès lors, en l’absence d’investissements adéquats au profit de l’hygiène et de l’assainissement, ainsi qu’en l’absence de tout effort soutenu portant sur le dépistage et la prévention, les infrastructures de soins, entités censées être des « pôles de référence et d’excellence », se condamnent, inéluctablement et malencontreusement, à devenir: soit des « pôles d’exclusion » (« méga machines à exclure »), soit des « pôles d’incompétence et d’inconséquence » (2), soit des « pôles d’incohérence et d’inconsistance ». Grand est alors le risque, un de plus (il y en a tellement), de faire de l’hôpital cette… « bombe médicale » qui, faute d’être désamorcée par des politiques appropriées de « sécurité environnementale », ne peut qu’induire, à défaut d’y contribuer efficacement, des… « explosions sociales » en chaîne… D’où le message-clé de cet article, dont voici la formulation, je l’espère, sans équivoque ni ambiguïté: Construisons des hôpitaux, mais pas à n’importe quel prix… Ce qui veut aussi dire: Aménageons des hôpitaux, mais pas au mépris des exigences du développement durable et équitable…

Docteur Michel ODIKA

Notes et références

1. Même la gratuité des soins contre le paludisme – initiative censée profiter aux pauvres, donc initiative a priori « généreuse et séduisante » - se révèle être, en l’absence de mesures environnementales adéquates, une alternative, non seulement contre-productive (donc inefficace), mais aussi, paradoxalement, une mesure « financièrement coûteuse » (nombreux « coûts cachés ») et « politiquement incohérentes » (nombreux problèmes de fond laissés en suspens) – cf. Paludisme: gratuité des soins en question (voir Paludisme: gratuité des soins en question).

2. Mise au point qui s’impose, histoire de dissiper tout malentendu ou toute équivoque: par « pôle d’incompétence et d’inconséquence », j’ai tout simplement voulu dire que les hôpitaux tendent à faire ce qui ne relève pas de leur… « champ de compétence ». S’ensuit, inéluctablement, une inconséquence, involontaire, tenant lieu de source nourricière à des insuffisances, qui ne riment pas nécessairement avec… malveillance. Par conséquent, mes propos ne visent en rien le personnel de soins, quel qu’en soit le pays d’exercice. S’agissant de ce personnel, dont je fais moi-même partie, je dirai volontiers qu’il ne constitue pas le « fond du problème »: du moins, pas plus que les hôpitaux dont ce même personnel relève…

J’espère ainsi, par cette mise au point, éviter toute polémique futile et stérile: le Congo, pas plus que n’importe quel autre pays, n’en a pas besoin…


Commentaires  

 
0 #1 Repossession 17-04-2015 04:14
However, a federal district court halted implementation of Proposition 187 in 1994, and California Governor
Gray Davis subsequently pursued mediation in 1999 rather than an appeal, which effectively nullified its provisions.

The 500 Euro note makes it much easier to smuggle cash out of Europe.
California Follows Texas's Lead but with More Money -Oct 1,
1994 -The San Diego border patrol puts Operation Gatekeeper
into play amid much fanfare.

My website ... Repossession Software and Auto
Shop Software: https://www.linkedin.com/profile/view?id=398778535&authType=NAME_SEARCH&authToken=BAPL&locale=en_US&srchid=133700171425355474004&srchindex=1&srchtotal=1&trk=vsrp_people_res_name&trkInfo=VSRPsearchId%3A133700171425355474004%2CVSRPtargetId%3A398778535%2CVSRPcmpt%3Aprimary
Citer
 

Ajouter un Commentaire

Vous vous engagez à ce que vos contributions (1) soient dénuées de :
• propos à caractère tribal, ethnique, raciste, xénophobe, révisionniste ou pédo-pornographique;
• toute instigation, dérivés sécessionnistes ou séparatistes du CONGO-BRAZZAVILLE ;
• propos injurieux, diffamatoires, ou portant atteinte à la vie privée, au droit à l'image, ou aux droits de la personnalité de quiconque;
• propos portant atteinte à la dignité humaine;
• provocation à la violence, au suicide, au terrorisme et à l'utilisation, la fabrication ou la distribution de substances illégales ou illicites;
• provocation, apologie ou incitation à commettre des crimes ou des délits et plus particulièrement des crimes contre l'humanité;
• contenu à des fins de réclame, de propagande, de prosélytisme.
En outre, invectives, attaques personnelles et harcèlement n'ont pas leur place sur le site DAC-PRESSE, dont l'objectif est de permettre un débat libre et de qualité.
Cette liste est non exhaustive et le respect des textes en vigueur, même non spécifiquement mentionnés ici, est requis.


Code de sécurité
Rafraîchir