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Paludisme et moustiquaires imprégnées : combat et débat à recadrer

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Ne nous trompons pas de combat ni de débat: ainsi se décline, sans équivoque ni ambiguïté, le message à transmettre et à soumettre. Cette mise en garde ne s'applique pas seulement à la lutte contre le paludisme considérée dans sa globalité:

Elle concerne aussi certains aspects spécifiques qui, à l'exemple des moustiquaires imprégnées, tendent actuellement à déplacer, lorsqu'ils ne les déforment pas, les nombreux problèmes de fond encore en suspens. Le tout sous l'impulsion d'une campagne médiatico-publicitaire dont le principal mérite est de brouiller les cartes...

COMBAT A COMBATTRE... A rappeler, quitte à le marteler: Ne nous trompons pas de combat, et pour ainsi dire, combattons le bon combat...

SOYONS RÉALISTES: Ce n'est pas avec des moustiquaires imprégnées que nous allons contrôler, et encore moins éradiquer, le paludisme. Ainsi que je m'en suis déjà expliqué à plusieurs reprises, le combat à mener se situe au niveau des réformes de gouvernance et de cadre institutionnel (1,2,3), noyau dur autour duquel gravitent, non seulement les soins, mais également l'hygiène, l'assainissement et la prévention, autrement dit des enjeux de sécurité et responsabilité environnementales (4). Ceci dit et rappelé, aucun pays au monde n'a jamais pu éradiquer le paludisme autrement que par une politique d'assainissement digne de ce nom. Pourtant...

COMBAT A DÉBATTRE... De nos jours, le combat, livré à grand renfort de... moustiquaires imprégnées, soulève de nombreuses interrogations. Par exemple, ce combat pose la question, cruciale, de la souveraineté sanitaire des pays confrontés au paludisme (5). Et il ne peut en être autrement, à partir du moment où, "gracieusement distribuées" par la "soi-disant généreuse aide au développement", les moustiquaires imprégnées contribuent à maintenir les pays récipiendaires de ladite aide dans une situation qui s'apparente à de la dépendance. Dès lors, les moustiquaires imprégnées s'intègrent dans une "politique d'aide", appelons-la ainsi faute de mieux, qui n'a d'autres finalités, hégémoniques, que de protéger, en les consolidant, les débouchés économiques et les intérêts financiers des pays industrialisés (6).

EXEMPLE CONCRET A L'APPUI: Les moustiquaires en question sont "imprégnées". Ce qui signifie exactement ceci: Ces "moustiquaires imprégnées" offrent des débouchés économiques à des industries chimiques opérant actuellement dans des marchés qui, en plus d'être "saturés", font face à des réglementations environnementales et écologiques des plus restrictives (Europe de l'Ouest, États-Unis, Canada...). Soit dit en passant: Les pays confrontés au paludisme ne disposent même pas de l'expertise nécessaire lui permettant de savoir si certaines substances chimiques sont cancérigènes ou, ceci expliquant cela, interdites dans les pays industrialisés de l'hémisphère nord. A ce jour, par exemple, rien, alors rien, ne prouve que des industriels véreux ne profitent pas de l'opportunité pour écouler des produits dangereux, sous prétexte de lutte contre le paludisme...

DEUXIÈME EXEMPLE: même les pays dits émergents, notamment ceux d'Asie du Sud-Est, profitent, au détriment de l'Afrique, de la manne financière à tirer des moustiquaires, que ces moustiquaires soient imprégnées ou pas. Comment? En vendant aux pays africains des moustiquaires, en fibres synthétiques, fabriquées en... Asie. A rappeler: Ces moustiquaires sont à base de fibres synthétiques. Ce qui en fait des dérivés de ce précieux... pétrole, dont les recettes financières pourraient, par exemple, contribuer à produire sur place - donc à développer une économie locale - lesdites fibres synthétiques. Œuvrant de la sorte à lutter contre le paludisme. Précisons-le: dans un contexte économique favorable...

DÉBAT A DÉBATTRE... Les "moustiquaires imprégnées" ne sont pas en soi une "mauvaise chose". N'empêche qu'il ne s'agit pas non plus d'en surestimer l'importance. Aussi faut-il surtout y voir, non pas une "fin en soi", mais plutôt une "solution d'attente", à exploiter en même temps que la mise en chantier des nécessaires réformes de gouvernance et de cadre institutionnel (1,2,3). Ce qui n'est malheureusement pas encore le cas, du moins dans la plupart des pays concernés par l'épineuse question du paludisme. D'où ce message qui, loin de clôturer quoi que ce soit, convie, tout simplement, à combattre le bon combat, ainsi qu'à débattre le vrai débat. Faute de quoi...

Docteur Michel ODIKA

1. Malaria Response: Call for New Institutional Landscapes (Michel ODIKA, Harvard School of Public Health, 2011).
2. Observatoire du Paludisme: réformes institutionnelles à l'ordre du jour (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
3. Malaria Observatories: MDGs-based Perspectives for Africa (Michel ODIKA, World Bank, Washington, 2011).
4. Paludisme: enjeu d'assainissement et d'aménagement du territoire (Michel ODIKA, Nouvel Observateur, Paris, 2011).
5. Paludisme: fortersse de l'aide au sous-développement (Michel ODIKA, Tribune de Genève, 2011).
6. La même remarque est valable pour les médicaments, c'est-à-dire les antipaludéens, les pays les plus fortement impaludés ne disposant pas d'industries pharmaceutiques développées.


Commentaires  

 
0 #2 kenveno Moutin 03-03-2012 11:15
Nos résultats montrent que la charge de mortalité du paludisme est plus grande que ce qui était précédemment estimé, notamment chez les adultes, résument les auteurs. Il ya eu une diminution rapide de cette mortalité en Afrique en raison de l'intensification des activités de contrôle prises en charge par les bailleurs de fonds internationaux. Le soutien des donateurs, cependant, doit être augmenté si l'élimination du paludisme et d'éradication et des objectifs plus larges de la santé et le développement soient atteints.
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0 #1 Didier Mapuata 03-03-2012 11:13
Imaginez que la vitesse sur votre compteur affiche 60 km/h et qu’au même moment le radar vous flashe à 120 km/h dans les rues de la ville? Comment peut-on espérer piloter une politique de santé publique avec un système d’information sanitaire aussi médiocre?
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