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Pourquoi le père Norbert OTERO a-t-il intégré la Chambre de commerce France-Congo basée à Lyon ?

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Depuis la publication d’un article intitulé : « La posture honteuse de certains congolais de Lyon face au clan SASSOU» du 27.01.12 sur notre site DAC PRESSE où le nom de Norbert OTERO (Prêtre de son statut) est cité, plusieurs voix se sont  levées pour marquer leur incompréhension. Nous avons voulu clarifier cette attitude en menant nos propres investigations.

Cela n’est ni une opération de dédouanement de celui qui est toujours Vice-président de la chambre de Commerce France-Congo, mais simplement une manière de remettre les bons grains dans le bon panier.

Nous avons voulu savoir le pourquoi de son implication dans cette action. Qu’un Prêtre s’implique dans des actions sociales ou ayant certaines connotations politiques n’est pas surprenant.

Ainsi, cela n’est ni inhabituel, ni malvenu de voir un homme d’église s’intéresser aux questions du bien-être des hommes et de l’ensemble des questions de notre société.     « Le prêtre se doit être à l’image du Christ.  Dieu venu dans la chair humaine, prendre un cœur qui bat, une voix qui articule, des yeux qui regardent et qui pleurent, des bras qui enserrent, et cela pour communiquer la Foi en l’Amour du Père !» écrivait le PÈRE Michel-Marie Zanotti-Sorkine.

Nous avons eu « les prêtres ouvriers dans les usines des années 70 ». Que dirions de cet   Homme d'Église mais aussi promoteur immobilier, Bernard Devert qui aide les plus fragiles à trouver un toit. Président d'Habitat et Humanisme, il multiplie les projets et les indignations face à la situation du logement ? Le Figaro du 06/04/2013.

Comme ses prédécesseurs le Père N. OTERO essaie tout modestement de suivre les pas de Mgr NKOMBO ou encore  l’exemple inégalé de l’abbé Pierre…

C’est pourquoi nous tenons à porter, certaines informations  que nous avons collectées, à la connaissance de la communauté congolaise. Le père N. OTERO, n’est plus une personne à présenter dans la communauté congolaise de Lyon, animé d’une volonté remarquable d’aider les autres depuis sa tendre enfance. Il en a fait aujourd’hui son second sacerdoce.  C’est en essayant d’œuvrer dans ce sens que plusieurs congolais ont été surpris, étonnés de le voir au sein de l’association France–Congo chambre de commerce internationale de Lyon. Le rapprochement de son association « Cité de la paix » et la chambre de commerce Congo-France ne vise qu’un but amener les hommes du monde à travailler ensemble pour aider les plus défavorisés.

D’autant plus que, cela ne fait que contribuer à son action humanitaire entamée depuis 1996,  par la création de l’Association « Cité de la paix » qui œuvre pour des projets porteurs sur la formation, l’encadrement des jeunes, l’incidence sur le social des congolais en particulier, sur la cherté des produits sur les marchés.

Encouragé depuis de longues années par Mgr NKOMBO, le père N. OTERO a fait sienne ses idées et conseils pour apporter sa modeste contribution au développement des populations. C’est ainsi, depuis 1998, il essaie de rapprocher cette vision avec d’autres catholiques et associations en l’occurrence le Comité National du Comité Catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Il parcourt la France entre son travail d’homme d’église et son action, en  nouant des contacts multiples avec ceux qui peuvent agir pour apporter tant peu soit-il, un peu de bonheur dans la vie des défavorisés africains et particulièrement congolais. C’est dans cette optique que le Père N.OTERO a entrepris de nouer les contacts (par courriers interposés) avec des personnalités diverses.

Ce qui pour beaucoup de congolais apparait comme une situation incongrue ne serait  en réalité que la manifestation d’un désir ardent d’être au service des autres. Faut-il faire l’économie des mots que de ne pas dire le père N. OTERO est connu pour sa discrétion et son «humilité ». "Paix et amour " sont les mots qui nous viennent à l’esprit  pour qualifier cet homme de terrain passé par le séminaire de Lille  de 1994 à 1997 aux réalités sociales diverses.

Sa rencontre avec la chambre de commerce France-Congo ayant à sa tête l’entrepreneur Maurice Nguesso, frère de l’actuel Président congolais Denis Sassou Nguesso jetterait-il le discrédit sur l’action combien louable du Père N.OTERO ?  Je serais tenté  de relativiser ma réponse.  D’une part, les choses sont menées dans cette structure et la réputation des personnes qui y font partie poussent à se poser des questions sur la sincérité de son action. Est-ce une implication désintéressée de sa part ?

D’autre part, au vu de certaines actions qu’il a eu à mener dans d’autres pays africains comme le Mali et des documents que nous avons eu à notre possession, qui nous prouvent que depuis 1998, il n’a eu de cesse de contacter un grand nombre des autorités françaises mais aussi européennes pour des actions à mener au Congo. Nous sommes donc amener à dire que son action est louable. Ce serait une malhonnêteté intellectuelle que de ne pas remettre les choses dans leur contexte et ne pas balayer d’un revers de la main tout ce qu’il a entrepris depuis 1998. Pour cela, après notre enquête, nous avons cherché à rencontrer le Père OTERO pour recueillir son avis sur le pourquoi de son implication dans cette organisation dénommée  « Chambre de Commerce France Congo »

Voici en résumé quelques questions que nous lui  avons posées.

DAC PRESSE:  Père, vous en tant que chrétien pourquoi avoir accepté de faire partie de cette organisation qui est plutôt adaptée aux entrepreneurs?

Pére Norbert OTERO  : S’afficher chrétien n’est peut-être pas indispensable dans ce milieu-là mais comment en vivre et en témoigner, c’est cela le défi qui est le nôtre. L’ouverture à ces réalités devient magnifique, ne serait-ce parce qu’elle conduit vers l’essentiel. L’essentiel ici c’est de se mettre au service de l’homme, c’est-à-dire des autres, au moyen des activités du monde économique. Dans ce domaine, je découvre que les entrepreneurs et les dirigeants chrétiens ont besoin de sens. Je réalise qu’au-delà d’eux, il y a aussi une quête de sens. C’est une des raisons pour laquelle j’ai accepté la vice-présidence dans la chambre de Commerce France-Congo.

Pourquoi la Chambre de Commerce ? Je pense que c’est un moyen qui peut nous permettre de créer des emplois très utiles au large secteur public du Congo. Voilà une manière de vivre la solidarité avec les autres et tous les autres.

D’ailleurs dans son encyclique « Sollicitudoreisocialis » de 1987 sur la question sociale et le développement, le Pape Jean-Paul II a souligné l’importance du principe de solidarité en le qualifiant de « vertu humaine et chrétienne » Le pape insiste sur « l’option préférentielle pour les pauvres » …Intimement lié à ce principe de solidarité, celui de « subsidiarité » qui stipule que ni l’Etat ni aucune autre société ne doivent jamais se substituer à l’initiative et à la responsabilité des personnes et communautés intermédiaires au niveau où elles peuvent agir, ni détruire l’espace nécessaire à leur liberté.

Au-delà de l’engagement social, l’Eglise est chargée de faire surgir une perspective anthropologique où l’homme, être raisonnable, « image de Dieu », est le premier servi quelle que soit sa place dans la hiérarchie sociale, sa situation économique, sa nation d’appartenance. Au regard de notre Pays, je dirais son clan, sa tribu, son ethnie, sa région, que sais-je ? Plus encore, l’affirmation théologique de la dignité humaine est bien à celle de « l’être social », l’homme étant une personne en relation : Personne et société sont des réalités indissociables. Par voie de conséquence, l’homme-personne est sujet et le centre de la société, laquelle, avec ses structures d’organisation et de fonctionnement, a pour but la création et la continuelle adaptation de conditions économiques et culturelles permettant au plus grand nombre possible le développement de ses capacités et la satisfaction de ses exigences légitimes. C’est au regard de tout cela que nous comptons construire un centre de réflexions et d’actions susceptible d’accueillir et de chercher à répondre un tant soit peu aux difficultés qui sont les nôtres. En attendant, nous œuvrons pour que ceux et celles qui désirent poser leur pierre à l’édification du Congo connaissent ce pays au moyen de la Chambre de Commerce.  Après un temps de réflexion portant sur les mécanismes économiques en lien avec l’emploi des jeunes de notre Pays, il m’a semblé opportun, une structure de subsidiarité pour conduire les hypothèses de travail à leur effectivité. Comment concilier ma vie de foi avec les engagements d’ordre économique, social …. ? C’est peut-être une démarche originale pour certains de mes compatriotes mais je crois que c’est d’abord et avant tout une démarche d’Eglise, d’équipes, de groupes que l’on appelle par ici « mouvements d’Eglise »

D.P  :  Pourquoi vouloir créer une telle organisation et quel est son objectif

N. OTERO:  Au regard des lenteurs administratives dans l’exécution des projets d’ordre économique entre états, il nous a semblé cohérent d’avoir un outil plus réactif proche des décideurs économiques d’ici et des pays africains en particulier le Congo-Brazzaville.

D.P. : Quel rôle jouez-vous au sein de cette organisation et  dans quelle mesure votre association « Cité de la Paix »  y contribue-t-elle ?

N. OTERO : Est-ce que cela est une génération spontanée ? Membre fondateur de la « Cité de la Paix », laquelle association a pour objectif : concilier les valeurs évangéliques avec les facteurs de la vie qui concourent  au vivre ensemble dans l’harmonie. C’est autant dire que « La Cité de la Paix » est un organe de réflexions et d’actions éthiques en s’appuyant sur l’enseignement social de l’Eglise. Elle voudra contribuer au débat public sur les thèmes de société. Pour être concret, je peux proposer deux thèmes pour montrer la vision et la méthode de travail de notre association :

-   Les défis de formation, quelle personne ? pour quelle société ? C’est ici, après réflexion et diverses démarches que nous avons pu inscrire les jeunes congolais dans le domaine de la sylviculture entre autres.

-   Travail et emploi, problèmes de société et de l’homme. Voilà comment le souci de contribuer à créer des emplois dans notre Congo se manifeste à nous. Aussi, la chambre de Commerce s’offre à moi comme un moyen de passer vraiment à l’action.

D.P: Pourquoi avoir choisi Monsieur Maurice NGUESSO comme  Président de la chambre de commerce France-Congo ?

N. OTERO : Pour arriver au but fixé par la Chambre de Commerce France-Congo, il nous fallait une personnalité qui connaisse le monde économique et entreprenarial. La figure du Président de la Chambre de Commerce, Maurice NGUESSO, était pressentie et elle répondait à cette charge. C’est ainsi que les choses se sont déroulées.

D.P.: Depuis la création de cette organisation quelles sont les actions qui ont déjà été menées ?

N. OTERO : Comme jeune structure, les contacts ont été pris entre autre avec les maisons familiales rurales de Lamure-sur-azergues, pour la formation des jeunes congolais dans la filière bois, le reboisement du bois jusqu’à la transformation et l’entretien de l’environnement (la garantie et la préservation des éco-systèmes). Il est question de créer trois pôles de formation au Congo : Un pôle au Nord, un autre au centre et enfin un dernier au sud. Un projet encore en étude avec l’institut gastronomique Paul  BOCUSE pour permettre aux jeunes étudiants d’aller au Congo pour rencontrer les familles congolaises pour s’imprégner de la culture culinaire du pays. C’est l’occasion pour eux d’ouvrir notre cuisine aux dimensions du tourisme international.

Libre aux lecteurs du DAC PRESSE et aux Congolais d’apprécier la pertinence de ces propos.

Propos recueillis le  27 Juin 2013 par DAC PRESSE.