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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Les chinois nous rendent-ils service ?

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Depuis la baisse de l’omniprésence des investissements français au Congo- Brazzaville, la chine populaire, l’autre « conquérante », s’est rapidement glissée dans l’espace économique. La chine répond ainsi à la frilosité de la France.

Au regard des prestations réalisées (hôpital de Makélékélé, Palais des congrès, Ministère des affaires étrangères, le Senat, barrage de Moukoukoulou, barrage d’Imboulou, Route Brazzaville Pointe-Noire, aéroport d’Ollombo, Préfecture de Brazzaville, etc..) par les chinois en République du Congo  laisse supposer que les autorités congolaises auraient fait le bon choix d’accentuer cette coopération.

Depuis le discours de la Baule (1980) mettant l’accent sur une démocratisation de la politique africaine et surtout enclenchant la chute des régimes marxiste-léninistes, la chine a révisé sa politique en Afrique en maintenant une présence en particulier au Congo-Brazzaville. Pour ceux qui connaissent le Congo-Brazzaville, cela n’est nullement surprenant , car depuis les années 1960 , la chine populaire a toujours « coopéré » de façon active avec son allié de toujours dans cette zone d’Afrique centrale la République populaire du Congo aujourd’hui République du Congo : c’est le cas de l’ancienne usine textile de Kinsoundi.
Cette coopération, toujours basée sur des critères de satisfactions des politiques des gouvernements congolais et qui encouragent des choix d’investissement incohérent  au détriment des choix démocratiques et solidaires de développement. Les premiers s’assurant ainsi une visibilité en trompe œil de construction nationale des infrastructures dont le rendement est loin de répondre aux attentes des congolais. Les seconds, augmentent ainsi leur opportunité d’assouvir les ambitions économiques et politiques au Congo-Brazzaville. En investissant 1,4 milliard de dollars (1 milliard d’euros) en Afrique en 2009, contre seulement 220 millions en 2000. Pékin s’intéresse surtout aux pays qui possèdent d’importantes ressources minières et pétrolières, comme l’Angola, le Nigeria, le Gabon, le Congo, Guinée équatoriale, le Soudan, le Niger,  etc. (sources OMC) .En coulisses, la guerre qui se livrent Paris et Pékin sur la renégociation sur certains volets  des contrats de distribution et d’exploitation pétrolière congolaise met Paris en état d’ébullition. Mais serions-nous mieux nantis avec les chinois ?  C’est la problématique, aujourd’hui soulevée par des milliers d’intellectuels congolais.

Le constat fait aujourd’hui, par les milliers de congolais, prouve que la chine est  devenue le principal investisseur étranger au Congo. Son implantation s’intensifie sur  tous les secteurs comme par exemple l’exploitation forestière et le développement galopant des commerces incontrôlés des chinois dans pratiquement toutes les grandes villes du pays. En ayant accentué sa main mise sur les autorités congolaises par des prestations pseudo-salutaires comme l’annulation de la dette et le rééchelonnement de prêts, la chine achète en réalité la conscience de celles-ci. On note aujourd’hui un peu plus de 200 milliards de francs CFA (304 millions d’euros) d’aide gouvernementale qui ont été investis depuis 1972, la Chine apparait comme un des partenaires de développement les plus importants du Congo-Brazzaville talonnant de très près  la France. Pourtant, les intellectuels congolais se posent des questions sur ces Chinois qui débarquent en masse après les Européens en général et  en particulier les français. Surtout lorsqu’on découvre que les bénéficiaires de ses investissements chinois sont les mêmes hommes politiques depuis 38 ans au pouvoir.
On note également que les Chinois travaillant au Congo-Brazzaville n’associent guère la main-d’œuvre locale qualifiée.  A l’exception de quelques tâches de manutention et autres travaux de finition maigrement payés suffisent pour donner l’impression d’une coopération équilibrée. Alors que , ce n’est plus un secret pour personne, tous les experts et les ouvriers viennent de Chine et le transfert de technologie est loin d’être une priorité dans la conception coopérative  des chinois (recours à une main d’œuvre immigrée de Chine, pratique du dumping, opacité des comptes des entreprises chinoises opérant à Brazzaville …). Comme le témoigne cet électricien qualifié qui souhaite rester  anonyme «  Malgré ma qualification, je me borgne à changer les ampoules défaillantes dans le bâtiment administratif du palais des congrès, toute la technicité d’installation est toujours gérée par des chinois qu’on continue à payer très cher ».
De même,  cet ancien mécanicien qualifié ayant exercé aux CFCO aujourd’hui à la retraite Jérôme L. s’insurge « Si c’étaient les chinois qui avaient construit  le CFCO, je n’aurais jamais été qualifié en exerçant mon métier de mécanicien, ils veulent tout faire en ne vous laissant que des broutilles de finition »

Ce sont des situations qui sont répertoriées dans l’ensemble des travaux réalisés par les Chinois au Congo-Brazzaville.
Que dire des milliers d’enfants utilisés actuellement  pour la construction de la route Brazzaville –Pointe-Noire ? Seront-ils demain des futurs ouvriers qualifiés  pour réhabiliter cette route en cas de fissure, usure d’usage ou autres dégâts causés par les conditions naturelles ? Ce choix montre bien, en réalité, les limites de la politique chinoise de coopération.

Aussi, les relations dans le marché de Poto-poto ne cessent de se dégrader entre les commerçants congolais et chinois. Pour cause, les chinois occupent de plus en plus l’espace en vendant des produits souvent contrefaits et à très bas prix. Pire, les banques congolaises s’étonnent de ne pas voir ces mêmes chinois ouvrir des comptes qui seraient alimentés par les bénéfices de leurs ventes. Ou va l’argent ? Les autorités congolaises ne s’émeuvent mêmes pas de cette situation déstabilisante pour l’économie congolaise.
De plus en plus les voix se lèvent pour dénoncer ces pratiques chinoises qui sont loin d’être des modèles d’un partenariat économique solidaire. Le gouvernement congolais  se satisfait de résoudre tant bien que mal les multiples problèmes de développement auxquels est confronté le pays. Mais en réalité, les dangers de cette omniprésence chinoise incontrôlée et surtout  aux aspirations plus pernicieuses et insidieuses ne cacherait t-il pas  une nouvelle forme « moderne » de colonisation ?

Pourtant, la peur de la présence chinoise au Congo devenue une réalité très partagée dans le monde intellectuel congolais aujourd’hui est d’autant plus amplifiée qu’elle est aussi et surtout portée par ceux qui jusqu’à une date récente, tenait encore le leadership de l’exploitation de la quasi-totalité des ressources congolaises. Aujourd’hui le contexte évolue, la françafrique est en voie de perdre sa prédominance au Congo et les volets financiers, monétaires privilégiés par la chine au détriment de toute considération politique gagnent du terrain sur un pays qui a tant besoin d’argent pour se développer. Le bilan chaotique des 50 ans de l’indépendance et  l’échec de la politique française au Congo tâchée d’intrigue, de manipulation, de soutien aux dictatures, d’exploitation ont plus contribué au retard du décollage économique du pays.
Toutefois les pratiques chinoises observées sur le terrain ne peuvent être encouragées.  Celles-ci exacerbent  également les conflits locaux, confortent les régimes autocratiques, favorisent la corruption et finalement ne participent que faiblement au développement durable et social du Congo. La déforestation massive des espaces forestiers nationaux à laquelle se livrent les sociétés chinoises émeut de plus en plus les opinions congolaises

Pour ce faire, « Les entreprises immobilières quasiment léguées, sans aucune législation  encadrant leur pratique, aux mains des asiatiques en général et chinoises en particulier, empêchent ainsi le marché de l’emploi des congolais de s’émouvoir.  Nous souhaitions qu’une redistribution des postes de travail soit instaurée  dans les  grands travaux nationaux. De même l’exigence d’un contrat de transfert de technologie et des compétences pour chaque chantier animé par les chinois. ». L'EMPLOI: LE DEFI DE LA NOUVELLE GENERATION.

La chine en tirant profit de la technologie occidentale a su mettre en place une stratégie de développement (technologique, économique...) inspirée justement de la politique de transfert de technologie qui la place aujourd’hui au rang de puissance mondiale. Comme on le dit chez nous, « Au lieu de toujours donner du poisson à quelqu’un, il vaut mieux lui apprendre à pêcher ».

Promouvoir une coopération concertée des états africains avec la Chine qui favorisera une collaboration maîtrisée. « Sinon, chacun ira à la soupe à son tour et le résultat sera bien minable. Ce rôle est dévolu à l’union africaine qui doit pour cela opérer une prise de conscience sans précédent ». (1)

Le Congo ne doit pas céder à la phobie du chinois mais plutôt tenter d’harmoniser une coopération à travers laquelle notre pays négociera comment tirer une meilleure partie de l’extraordinaire croissance chinoise. Cette coopération doit s’articuler autour du transfert des technologies, du respect  de la non concurrence déloyale, du paiement des taxes douanières,  de la construction des infrastructures améliorant les conditions de vie des congolais, comme par exemple le renouvellement des voies d’assainissement dans les deux grandes villes du pays. Etc. Cette coopération doit servir les intérêts des congolais et non une certaine mafia érigée en bande de pilleur. C’est cela qu’il faille dénoncer avec force et sans ménagement. Autrement,  toutes ces pratiques qui  ont des conséquences désastreuses pour les économies locales ne peuvent que favoriser l’image d’une chine « conquérante » qui vient pour piller. Le gouvernement du Congo devra veiller à ce que tout contrat signé avec la Chine puisse impérativement comporter la clause de transfert de technologie et d’assistance technique ou technologique. Cette clause fera à court, moyen et long terme que la coopération sino-congolaise soit gagnant-gagnant.

(1)     http://www.africamaat.com/Qui-a-peur-de-la-Chine?artsuite=1

Commentaires  

 
0 #5 Judith 06-12-2010 11:32
Je propose que les africains aillent maintenant en Chine, puisque les chinois sont meilleurs tous registres confondus, puisqu'ils gagnent tous les marchés, puisqu'ils achètent des terres, puisqu'ils prêtent de l'argent aux pays africains. Puisque pour eux, l'avenir est en Chine,les perspectives sont à la Chine,il est temps d'y aller s'installer.
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0 #4 RAPH 06-12-2010 11:32
«Coloniser signifie être en relation avec de nouveaux pays, profiter de leurs ressources au maximum tout en structurant ces pays avec son intérêt national propre; mais cela veut dire aussi apporter à ces peuples primitifs une culture intellectuelle, sociale, scientifique, moral commerciale ou artistique et industrielle dont ils sont dépourvus et qui est l’apanage du pays colonisateur». C'est ce que fait nouvellement la Chine en Afrique.
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0 #3 RAPH 06-12-2010 11:30
Je crois certain que cela ne permettra pas à l’Afrique d’en bénéficier. La Chine n’est qu’un pilleur potentiellement plus puissant et destructeur encore que les puissances européennes ? Les conséquences de la présence Chinoise en Afrique en terme de dynamique micro et macro-économique feront encore marginaliser l’Afrique.
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0 #2 RAPH 06-12-2010 11:29
La Chine émerge comme une superpuissance en Afrique quoiqu'elle est perçue du fait de son régime dictatorial, comme une forme d’impérialisme « rouge ». Néanmoins, elle est en mesure de peser et d’influencer l’économie, les marchés financiers, mais aussi l’éducation ou la technologie au niveau mondial. Afin de supporter une partie de sa croissance interne, la Chine se redéploie en Afrique.
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0 #1 Eric 30-11-2010 11:06
Effectivement , ces chinois commencent a poser de réels soucis au Congo. Il faut harmoniser tout çà . Au marché Moungali, le maire a chassé les commerçants ambulant , mais laisse les chinois continuer a vendre leur marchandises a bas prix. De plus en plus , ils sont partout et ne respectent rien. On a l'impression que le congolais n'est plus chez lui devant le chinois. C'est pas normal.
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