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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

300 milliards pour sortir la Cuvette-Ouest de l’enclavement : Une aubaine ou une nouvelle porte pour la corruption

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L’annonce d’un important investissement pour le déploiement  économique et le désenclavement de la région Cuvette-Ouest par  M. Sassou Nguesso est une nouvelle qui ne peut que satisfaire les Congolais qui aspirent justement à un développement intégral du pays.

nous avons toujours demandé qu’une politique d’investissement  des projets concertés et minutieusement étudiés soit au cœur de l’action gouvernementale. Les 300 milliards destinés à faire sortir cette région,  de 26600km2 de superficie pour une population avoisinant les 80.000 habitants, de  sa léthargie économique et de promouvoir son décollage régional et national doivent être utilisés réellement.

Au delà de ce qui peut  paraître  comme une bonne nouvelle, essayons d’examiner si les choix opérés par ce gouvernement sont crédibles et vont effectivement dans le sens du développement des dix régions comme la majorité des congolais l’espère et le revendique haut et fort. Notre combat est le développement du Congo par des mesures significatives et d’encourager une politique d’investissement là où il faut et surtout pour ce qu’il faut : le bien de tous les congolais. 300 milliard d’investissement prévus  pour le développement de la région est une aubaine à condition que ces fonds soient utilisés à bon escient.

 

Le côté railleur du congolais semble parfois lui faire perdre le  sens des valeurs et surtout du recul pour appréhender les choses dans leur juste valeur. Cet étudiant congolais qui s’insurge contre le faible taux de revalorisation des salaires est un bon exemple pour décrire notre attitude à juger parfois les choses trop hâtivement. «  Depuis le 1er janvier, ils ont augmentés les salaires de plus de 80.000 fonctionnaires, mais le congolais aime râler et est  surpolitisé, chacun a son programme et rêve de diriger le Congo… » lui rétorque son collègue ne partageant pas son avis. C’est l’un des  débats actuels des congolais qui aspirent à construire sereinement l’avenir du pays. Nos débats contradictoires doivent avoir un sens positif dans le but de proposer des démarches et des solutions pour servir la nation.

C’est justement dans ce but que nous ferons ici des remarques que nous estimons nécessaires pour que ce projet judicieux pour le  développement de la région de la Cuvette-Ouest ne soit pas juste un énième effet d’annonce pour endormir les populations. Aussi, commençons par présenter succinctement les problèmes majeurs de cette région.

La région de la Cuvette-Ouest, sans esprit régionaliste ni tentation égoïste quelconque est une des régions  laissée à l’abandon depuis plusieurs décennies. Ce projet qui à notre sens tombe à pic ne peut-être réalisé en une année de municipalisation. Déjà que nous critiquons  cette politique de municipalisation dans son fondement ne peut prétendre  résoudre les problèmes que posent les régions. Dans le cas express de la Cuvette-Ouest, il faut miser au minimum sept ans pour arriver à résoudre les 1/3 des problèmes qui sont à notre sens les plus importants. On ne le dira jamais assez que l’isolement de cette région est  accentué par le manque crucial  d’infrastructures de base (administration moderne, routes, hôpitaux, eau potable, électricité, tourisme, industrie, commerce, exploitation forestière et des minerais).

Pour cette région qui compte actuellement  six districts Ewo, Okoyo, Etoumbi, Kellé, Mbama et Mbomo,  il est impensable qu’il ne puisse y avoir moins de 2% de route bitumé reliant ces districts. La circulation des personnes et des biens dans cette région relève du parcours de combattant. D’autant plus, elle est irriguée par plusieurs cours d’eau rendant ainsi en temps de pluies les déplacements intérieurs très difficiles. Plusieurs études de faisabilité menées depuis 1968 ont démontré la nécessité de désenclaver cette région  notamment  la construction de la route reliant  la Cuvette–Ouest à la région côtière de Pointe-Noire dans le Kouilou.

Quarante  ans  après le départ du Président  Massamba Débat  ce projet  toujours d’actualité n’a jamais vu un signe concret de réalisation. Pourquoi? Pourtant,  tous les gouvernements successifs ont été sensibilisés de l’importance de ce projet. Nous avons répertorié plusieurs projets de constructions d’infrastructures routières dont les priorités ne laissent aucun doute pour atteindre l’objectif d’amener cette région à s’engager vers un développement équilibré  par rapport aux autres régions. A ce jour seul l’axe Okoyo, Ewo, Mbama, Etoumbi, Mbomo, en plus des routes Makoua, Etoumbi, Kellé, Boundji, Ewo, Oboya, Okoyo (frontière du Gabon)  sont en cours de réalisation. Ce qui montre qu’on est encore loin du discours triomphaliste du moment. Ce qui ne correspond qu’à moins de 7% du territoire  désenclavé.

Lors de la dernière contamination de la Cuvette-Ouest, par la  fièvre hémorragique aiguë ayant  fait plus de 51 victimes, fièvre dont le virus Ebola en était  la cause, M. Lain Simpson, responsable des relations de presse et de la communication au Programme de lutte contre les maladies transmissibles, à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), déclarait « Nous attendons encore la confirmation des tests de laboratoire, mais il semble presque certain qu’il s’agit de cas de (fièvre) Ebola. Vu l’inexistence des installations adéquates sur place,  nous allons de l’avant comme si cela était confirmé, en réunissant une équipe composée d’experts de la gestion des cas et des épidémies, pour qu’ils se rendent au Congo dès que ce sera réalisable pour plus de précisions. Mais le manque d’infrastructure hospitalière pose un réel problème… »

Cette alerte pourtant très parlant n’a pas suscitée la réaction des autorités gouvernementales en vue de prendre des dispositions nécessaires pour la construction d’un hôpital digne de ce nom dans cette région. Ce manque d’enthousiasme exprime bien le manque de volonté  politique du pouvoir en place de mener des reformes qui conviennent  et qu’attendent les populations. Toujours est-il que cette population reste exposée à une nouvelle épidémie d’une grande ampleur tant que les mesures préconisées par l’OMS ne sont jusqu’aujourd’hui que très peu suivies.

De même, on remarque l’inexistence à ce jour des travaux de construction des infrastructures éducatives dans cette région. Un peu plus de 8000 enfants sont souvent rassemblés sur des détritus qui leur servent de tables banc pour pouvoir apprendre  à lire et à écrire. Les bâtiments scolaires  manquent de toits ou sont  en mauvais états. Il n’existe pas de logements pour les enseignants affectés dans certains districts  et qui sont obligés de résider à Ewo et parcourir des kms pour enseigner à Kellé ou Etoumbi.

Les promesses du Gouvernement

Ce 14 février dernier lors du coup d’envoi des travaux pour la municipalisation 2011 de la Cuvette-Ouest, il a été décidé d’allouer 70 milliards pour la réalisation de certaines infrastructures en particulier:

> Construction du stade Ewo,
> Bitumage du réseau routier d’Ewo,
> Construction de la gare routière,
> Construction d’un commissariat de police (Hôtel de police)
> Construction de l’hôtel du plan,
> Construction de l’aéroport d’Ewo et installation des équipements de traitement de bagages et des passagers,
> Construction du tribunal de grande instance et une maison d’arrêt.

Loin de nous,  l’idée de remettre en cause les projets cités ci-dessus qui sont autant importants les uns que les autres. Seulement force est de constater que beaucoup des attentes des populations de cette région sont loin d’être satisfaites. On ne peut pas se satisfaire comme le dit cette compatriote  «On sort d’un chaos, on est parti de l’état naturel à l’état moderne. Les projets cités sont une réalité parce que notre département est en train de se métamorphoser grâce à la construction d’infrastructures modernes. Ces routes et édifices procurent l’espoir et la croyance en la municipalisation » Assiamato Léas Léonard, habitant d’Ewo. C’est très réducteur comme appréciation lorsqu’il s’agit d’un projet de 300 milliards devant moderniser toute la région et non quelques parcelles de territoires choisies pour embellissement. Serions-nous une nouvelle fois devant une vaste opération de détournement de fonds à travers cette annonce? Ou encore la Cuvette Ouest  serait-elle, après le Kouilou, la Likouala, le Niari, la Cuvette (Nord) et Brazzaville, la sixième région à subir les effets de la municipalisation avec son corollaire des travaux inachevés ?

Les inquiétudes des populations

Au regard de ce qui précède, les populations de la région de la Cuvette-Ouest sont inquiètes. Comment peut-on dire qu’on veut nous « moderniser la région » sans nous donner les moyens de se faire soigner dignement et façon optimale? Combien d’emplois ces infrastructures dont on nous vante  ici vont-ils créer ?  Nos enfants continueront à s’asseoir par terre pour étudier mais le préfet et le commissaire de police auront leur hôtel  tout neuf. Tous ces gens qui viennent de Brazzaville et qui construisent des maisons modernes ici n’y seront plus après le 15 Août 2011. Ewo retrouvera son rythme habituel avec son cortège de malheurs et de paupérisation. Comme le disait si bien  Maurice Ngonika : Congo Brazzaville, la Cuvette-Ouest n'existe pas.  « la Région de la Cuvette-Ouest est devenue un enjeu politique voire une sorte de marchandise et les prétendants au poste de ministre, député ou sénateur sont devenus des marchands. Mais, comme ils ne sont pas en réalité des marchands et encore moins d'habiles marchands, ils deviennent eux-mêmes des marchandises qui se soldent sur le marché aux puces de la politique congolaise. Pire, pour se donner plus de chance de réussir, ils tentent de se neutraliser. Conséquence, la Cuvette-Ouest dont on pense qu’elle est incontournable, n’est en réalité qu’une Région fantôme qui n’a aucun avenir en raison de l’absence de leader et de projet politiques et surtout des ressentiments qui se font plus visibles. Il faut donc tout recommencer, avec d’autres femmes et d’autres hommes plus responsables, plus déterminés autour d’un leader charismatique pour porter et faire aboutir, pour le bien de tous, ce projet auquel nous tenons tant » (1).
Une autre appréhension est celle de voir le gouvernement entretenir une confusion, en mettant en place au moment du lancement des travaux, une commission locale qui sera chargée de préparer et coordonner les activités relatives à la célébration de la fête de l'indépendance, et d'identifier les projets liés au développement du département. Cette commission aura pour mission de piloter et de veiller au plan local à la bonne exécution des projets liés à la vaste opération menée en la matière dans la Cuvette-Ouest. Véritable entorse, les soumissionnaires des marchés sont choisis à Brazzaville et non au niveau local, et pire, comment peut-on chercher à identifier des projets dès lors que le budget est déjà entériné ?                                    
Nous osons espérer que la Cuvette-Ouest ne puisse se transformer en un cimetière des éléphants blancs.

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(1) Maurice Ngonika: Congo Brazzaville, la Cuvette-Ouest n'existe pas. Essai / Etude politique. Genre : Essai / Critique / Chronique 236 page(s)

Commentaires  

 
0 #1 DONGA 22-02-2011 20:49
Vous faites là une démonstration intéressante de la naïveté des hommes de cuvette ouest. Ils ont longtemps cru , que aider SASSOU les sauverai de leur misère. Ils n'ont jusqu'à ce jours construit le lit de ce dernier. même avant autant de milliards, SASSOU va les rouler comme d'habitude. En toit cas je félicite votre réalisme d'esprit qui est très proche de la réalité.
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