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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le ras-le-bol d’une jeunesse congolaise désabusée

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Les incidents de pillage et de vandalisme, quel que soit le résultat affiché à l’issue des matchs de nos jeunes Diables Rouges à la CAN 2015 à Malabo (Guinée Equatoriale) est une véritable interpellation de toute la classe politique et de tous les acteurs politiques par la jeunesse congolaise.

Brazzaville, Pointe-Noire et les autres grandes villes du Congo ont vécu une nuit agitée samedi, suite à la défaite et l’élimination de l’équipe nationale de football, les Diables Rouges, par les Léopards de la RD Congo au quart de final de la 30e Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football.

Dans plusieurs quartiers des grandes villes du Congo, des foules immenses composées essentiellement de jeunes gens ont déferlé sur les grandes artères pour manifester leur mécontentement. A Brazzaville, en dépit d’un impressionnant dispositif policier déployé dans toute la ville, des actes de pillages ont été signalés dans plusieurs quartiers de la partie nord comme de la partie sud.

Sur plusieurs artères principales et dans certains quartiers, des jeunes ont pillé des magasins, brulé des pneus et dressé des barricades pour empêcher la circulation automobile. L’on a noté des commerces éventrés, des troubles à l’ordre public, ainsi que d’autres actes répréhensibles. A titre d’illustration, dans le sixième arrondissement (Talangaï), des biens ont été saccagés et un lampadaire brisé sur l’avenue Marien Ngouabi vers le CEG de la Liberté. A Bacongo, deuxième arrondissement, des actes de vandalisme ont également été orchestrés, notamment avec la destruction des vitres du super marché Asia appartenant aux commerçants chinois. Ces actes de vandalisme ont aussi été enregistrés à Makélékélé (1er arrondissement) où le super marché Asia du marché «Commission» a fait l’objet d’un pillage.

La police a dû faire usage de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Dimanche en matinée des sources non officielles ont fait état de morts et de plusieurs dizaines de jeunes arrêtés par la police.

Depuis plusieurs décennies au Congo-Brazzaville, la jeunesse est préoccupée par sa situation et l'héritage que les gouvernants et les politiques vont lui léguer. La jeunesse congolaise constate avec un grand désarroi et tristesse qu’il y a trop de fausses promesses et d'engagements non respectés. On peut parler de l'emploi pour lequel Denis Sassou Nguesso et son gouvernement moribond avaient prévu de recruter plus de 40.000 jeunes par an, de la situation catastrophique de l'école, de la situation évanescente de la santé, du manque d'eau, d'électricité, difficultés des transports, du coût de la vie, l’enrichissement illicite, les vols, les détournements des deniers publics, la corruption, la concussion, le népotisme, la gestion clanique et autres. Il faut ajouter à cette liste sombre, l’absence des lieux de loisirs et des aires de jeux : Salles de cinéma, stades ou gymnases modernes pour la pratique du sport dans les quartiers, etc….(1)

Il faut reconnaître qu'il y'a un véritable malaise et ceci malgré l’embellie financière extrêmement bonne que le pays a connu au cours de ces dernières années.

Les acteurs politiques doivent réaliser maintenant que ce n'est pas en remettant quelques miettes 2.000, 5.000 frs ou autres à quelques jeunes pour assister et faire le nombre pendant les manifestations politiques que l'on résout les problèmes de la jeunesse.(2)

La jeunesse congolaise désabusée et confrontée à des difficultés liées à sa quête d’épanouissement profite d’exprimer son mécontentement lorsque la moindre occasion se présente dans le pays. Les slogans d’injures, de révoltes et des pillages sont l’expression des flétrissures, la mort d’innocents et d’humiliations qui sont des tragédies que cette jeunesse subie de la part des acteurs politiques insouciants et égoïstes.

Les acteurs politiques doivent bien analyser ces problèmes et chercher les solutions idoines à apporter.

La jeunesse congolaise est devenue une génération d'enfants maudits dès le 1er jour de leur naissance, aux ambitions se limitant à la survie: « Système scolaire absent ou en rabais, absence d’un système de santé, chômage, pauvreté, vol, banditisme, prostitution, violence, viol … »

Les actes décriés à l’issue des rencontres de football des diables rouges, certes déplorables et sans élégance, conduisent cette jeunesse congolaise désabusée à manifester sa haine envers les politiques qui font de la bêtise humaine leur fonds de commerce.

Ces évènements tristes doivent interpeller et sonner l’alarme du gouvernement de Denis Sassou Nguesso, soulever les consciences face à la tragédie et au devenir de la jeunesse congolaise. Rien ne sert d’occulter les vrais problèmes. Epargnons-nous cette voie de haine et de non-retour, car en définitive, nous serions tous perdants.

Blaise Makosso, étudiant à l’université Marien Ngouabi, devant un groupe d’étudiants à Bayardelle, a dit ce matin que : « L'heure n'est pas à la plaisanterie, mes frères et sœurs ! Personnellement, cela ne me fait pas rire, ça me révolte. Ceux qui sont morts et d’autres blessés, sont peut-être un frère, un fils, un neveu, ou un ami et par la connerie de Sassou et son gouvernement à vouloir satisfaire leur ventre et à regarder que leur nombril, ils sont en train de détruire l’avenir de la jeunesse en oubliant que c’est un cercle vicieux au goût amer et sans fin. Le gouvernement actuel fait preuve d’égoïsme alors que la vérité, vous le savez, c'est qu'on aurait pu l'arrêter. Il n'y a pas de formule magique pour changer le Congo-Brazzaville. Il suffit de redistribuer convenablement la richesse nationale et élaborer une bonne politique de développement. Prenons nos responsabilités et arrêtons de faire les autruches. Une société responsable, c'est une société où chacun a droit à la richesse nationale, au bien-être économique et social, etc. Les possibilités sont infinies quand on raisonne pour le bien de tous et quand on pose des vrais choix. On ne naît pas pauvre mais on peut le devenir par des mauvais choix politiques et économiques. Le sport se veut fair-play, partage, plaisir et par essence le football se veut social et populaire. Mais dommage qu’on soit obligé d’exprimer le mécontentement de la jeunesse à travers le sport… »

La jeunesse congolaise n’a pas de perspectives d’avenir. Elle n’a pas l’opportunité de pouvoir mettre en pratique les connaissances reçues. La situation des jeunes est de ce fait pénible. Les jeunes n’acceptent plus de ne pas avoir un gouvernement qui les aide et leur offre des possibilités pour un avenir auquel ils ont droit. Ils veulent que ça change. Et le désespoir des jeunes les pousse à chercher d’autres moyens de survie, non sans risques. La conséquence, c’est que les jeunes se livrent à des alternatives qui sont risquées, notamment l’immigration, la prostitution pour les filles, le vol…

Le gouvernement moribond de Denis Sassou Nguesso se voit actuellement obliger de changer sa perception sur la jeunesse congolaise, avoir un regard assez attentif envers elle en faisant référence aux événements qui viennent d’avoir lieu à l’issue des matchs des diables rouges. Ces actes de vandalisme sont l’expression du mal être de la jeunesse congolaise. Dans les villes et compagnes, le constat est palpable : les gouvernements successifs de Sassou, depuis octobre 1997, ont largement contribué à la croissance des inégalités sociales. D’où la moindre étincelle politique ou sociale peut tout faire exploser.

La jeunesse Congolaise sait que sa situation n’est pas normale. Son niveau d’aspiration est en train de changer. C’est donc un fossé entre générations qui nourrit la colère des jeunes Congolais. (3)

Ce malaise des jeunes est alimenté par différents facteurs. Jeunesse, pauvreté, chômage et mal gouvernance, ça donne un cocktail explosif. Et le risque de déclencher une réaction en chaîne est réel et nul n'est à l’abri. Car quand le Ras-Le-Bol général retentira, c'est tous les Congolais, et chacun dans son coin, qui rendra sa propre justice. Et malheureusement, elle sera plus tranchante que celle de la République. Elle sera impitoyable et silencieuse.

La classe politique dans son ensemble doit agir rapidement si elle veut apaiser les jeunes et répondre à leurs attentes. Les jeunes, eux, ne baissent pas les bras pour autant. Petit à petit, il y a cette confiance, il y a ceux qui s’organisent, ceux qui cherchent à s’engager dans des mouvements estudiantins, ceux qui s’engagent dans des partis politiques, pour prendre le relais.

Chris Abela

(1) - la poursuite de la faillite programmée d'un gouvernement

(2) - Le peuple victime de la politique du «Tosa ô liya » et de «Moro ô bosso»

(3) - Une jeunesse congolaise livrée à l’escroquerie politique

Commentaires  

 
0 #7 Mvounti B. 03-02-2015 19:47
Aujourd'hui, on sait en tout cas que les forces de l'ordre peuvent rapidement être débordées par un mouvement d'ampleur.

Malgré les émissaires envoyés par Sassou pour l'en dissuader et la campagne de dénigrement orchestrée dans les journaux du pouvoir, Parfait Kolelas a confirmé que le MCCDI se tenait du côté des partisans du Non au changement de la Constitution et, sacrilège, présenterait un candidat à la présidentielle de 2016...
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0 #6 Mvounti B. 03-02-2015 19:46
Il y a peu, le PCT s'auto persuadait de ce que " Brazza n'est pas Ouaga ", que le Congo n'était pas le Burkina Faso. Justement, il est à craindre que ce qu'on a vu le 31 janvier (et qui ressemble fort à une répétition générale, à une mise en bouche de ce qui risque de se passer si le PCT continue de se boucher les oreilles et de refuser de voir la réalité en face) ne devienne pire que le scénario Burkinabe. Dans ce pays, à notre connaissance, le peuple n'était auparavant jamais sorti dans la rue pour piller ou manifester suite à un match de foot.
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0 #5 Guy Mboko 03-02-2015 19:42
On peut comprendre que le PCT fasse mine de fermer les yeux sur les véritables raisons de ces troubles, à savoir le désoeuvrement de la jeunesse et la misère populaire. Il est vrai que quand la permanence de Claudia Sassou-Nguesso, députée et fille de qui vous savez est incendiée, quand les troubles et pillages touchent aussi bien Bacongo, Makéléké, Mikalou, Petit-chose, Mama-Mboualé, Ngamakosso, Kombo-Massengo, Talangaï et Djiri à Brazzaville, Tié-Tié, à Pointe-Noire, Impfondo, Ouesso et même Oyo où, comble de malheur, on déplorerait un blessé grave par balles, il y a de quoi être déboussolé.
Et comme d'habitude le PCT cherche ailleurs les responsabilités , en intimidant l'opposition histoire sans doute d'annoncer d'éventuelles arrestations arbitraires des " empêcheurs de tourner en rond " comme Dzon, Parfait Kolelas, Okombi Salissa... dont chacun sait qu'ils sont dans le viseur de Ndengué, Okemba et autres sbires du pouvoir.
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0 #4 Parfait Bongoua 03-02-2015 13:06
Méfiez-vous, car « Le Congo est plus que le Burkina ». Ne cherchez pas à provoquer le Peuple, car la révolution Congolaise serait « plus puissante » que la révolution Burkinabé.
Afin de tranquilliser les esprits, de consolider la paix intérieure, de ressaisir la scène politique, Denis SASSOU NGUESSO doit faire « une seule chose » : annoncer officiellement qu’il va strictement respecter la LOI, car nul n’est censé ignorer la LOI, nul ne doit trafiquer la LOI et nul n’est au-dessus de la LOI. La LOI doit s’appliquer à tout le monde, car les inégalités entretenues vis-à-vis de la LOI créent des situations d’instabilité comme celles que nous avons connues Samedi.
Si SASSOU et ses disciples extrémistes persistent dans leur égarement, qu’ils sachent que les chars et les engins ne serviront à rien, devant des Millions de Citoyens mobilisés dans les rues pour défendre une cause « Juste » et « Patriotique » : l’évolution sociale, générationnelle et politique du Congo.
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0 #3 Parfait Bongoua 03-02-2015 13:05
Après la victoire du Congo sur le Burkina Faso, certains « fous » du PCT ont affiché dans Brazzaville des banderoles présentant un message subjectif et idiot : « Le Congo n’est pas le Burkina, vous avez vu la preuve ».
Les Citoyens qui ont lu ce message se sont sentis injuriés et ils voulaient envoyer une réponse claire aux « insensés » qui ont sorti ces banderoles provocantes, le Samedi 31 Janvier 2015 a été ainsi une réponse puissante.
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0 #2 Itoua Alain 03-02-2015 13:00
Lorsque 1% de la population nationale essentiellement proche de SASSOU concentre 90% des richesses nationales et affiche leurs gros 4x4 luxueux dans le Pays, lorsque le chômage endémique des jeunes dure depuis plus de 30 ans, lorsque les problèmes sociaux de fond de la population n'ont jamais été résolus, le bien-être et le pouvoir d'achat du peuple profond se détériorent depuis plus de 30 ans. Lorsqu’au lieu de construire prioritairement un Hôpital ultra moderne à Brazzaville d’abord, pour sauver des vies, on préfère le faire dans son propre village, cela crée des profondes frustrations et une inégalité extrême.

Une inégalité sociale extrême qui est expressément et machiavéliqueme nt entretenue par le pouvoir, et qui crée des configurations sociales explosives. "
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0 #1 Itoua Alain 03-02-2015 12:59
J'ai lu: "La fin du match Congo - RDC a été le théâtre de plusieurs actes violents et d’incivisme à Brazzaville (Nkombo, Mikalou, Talangaï, Moungali, Bacongo, Makélékélé), à Pointe-Noire (Tié-Tié, Fond Tié-Tié, Ngoyo, Mpaka), à l’intérieur du pays, perpétrés par des milliers de Jeunes Citoyens Congolais.

Ces actes violents et d’incivisme ne sont pas juste la manifestation de la colère de la défaite, non, ceux qui le pensent ont faussé l’analyse. Mais ces actes d’incivisme sont la manifestation d’une crise plus profonde et d’un désenchantement plus aigu au sein de la société Congolaise.

Les Jeunes de Talangai ont brûlé l'une des maisons de Claudia SASSOU, cela a dépassé le cadre d'un match, cet acte qui touche l'un des symboles de la famille SASSOU, est très politique.
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