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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

LE VRAI VISAGE DE JEAN-FRANÇOIS NDENGUET: UN HOMME D'AFFAIRES NOMME JEAN-FRANÇOIS NDENGUET (première partie)

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Nous sommes en 2004, en pleine restructuration du crédit pour l'agriculture, le commerce et l'industrie du Congo (Caic), initiée sur recommandation des institutions de Bretton Woods. Fort de ses galons de directeur général de la police (DGP), Jean-François Denguet s'invite au bureau du directeur général du Caic (devenu LCB). L'homme simule une fausse opération d'enquête sur un crédit accordé à Claudine Munari, ancienne directrice de cabinet de Pascal Lissouba.

Comment un directeur de la police peut-il descendre sur le terrain pour exiger de la banque des informations sur un dossier bancable, selon le jargon du milieu? Le visage courroucé, le DGP en profite, et use du trafic d'influence pour exiger à la direction générale de l'ex Caic, une banque en liquidation, un crédit sans nantissement de l'ordre de 300 millions de francs CFA. "Sinon, confie une source proche du dossier à l'époque des faits, "je vous prouverai que c'est moi qui fais et défais les rois dans ce pays. Vous en avez accordé à Claudine Munari, et pourquoi pas à moi?" Sans coup férir, la direction de la banque mord à l'hameçon de celui qui use de l'intimidation et du trafic d'influence pour arnaquer les chefs d'entreprises au Congo.

Les 300 millions en poche, le DGP s'en sert pour faire bâtir un impressionnant immeuble sur l'avenue de la Paix, arrondissement 3, Poto-Poto (Brazzaville). Ses amis libanais et ouest africains sont également invités à mettre la main à la poche pour aider " leur" ami DGP à construire le fameux immeuble, qu'il a baptisé Omega. On comprend donc aisément pourquoi libanais et ouest africains ont été épargnés de la fameuse opération," Mbata ya Bakolo", initiée par DENGUET pour, semble-t-il, reconduire à la frontière les étrangers en séjour irrégulier au Congo. Laquelle opération n'a manifestement visé que les ressortissants de la RDCongo. Aujourd'hui le général DENGUET savoure les dividendes de sa funeste opération auprès de l'ex-Caic. En effet, l'immeuble Omega abrite les agences de deux importantes banques: Ecobank et UBA. Pour la petite histoire, à l'arrivée de ces deux banques au Congo, DENGUET s'est servi de sa position dominante pour leur imposer sa volonté. Et d'ailleurs que son fils, Lylian DENGUET, qui bat le record d'embauche dans le secteur bancaire au Congo, a pu voler d'une banque à l'autre. Chassé de LCB pour "pratiques peu orthodoxes", ce fils à papa a été récupéré illico presto, sur instructions de son père par UBA. Où, là aussi, il a récidivé. Licencié pour "fautes lourdes", il émarge aujourd'hui sur la liste du personnel de la Société Générale. La puissance de papa DENGUET est passée par là pour sauver le fils aux abois!

Toujours dans son affairisme outré, le DGP bredouille une fausse demande de sponsoring, qu'il présente à la direction de l'ex Caic. Cette fois-ci, c'est le nom du mythique club du football congolais, les diables noirs, dont il était président, qui est mis en exergue pour extorquer une centaine de millions de fcfa à la banque. L'astuce utilisée permet au général de s'en faire pleines les poches. Lui qui s'est imposé aux supporters et responsables de cette équipe comme dirigeant ne rend compte à personne. Il fait croire à ses proies faciles que c'est " le président Sassou qui m'a demandé de gérer l'équipe des Bakongo pour mieux les contrôler. Et il me faut de l'argent! Dans la foulée, il maquille également une autre opération d'extorsion de fonds auprès de la compagnie X-Oil, une compagnie pétrolière, sans que l'équipe pour laquelle il représente, enregistre la moindre trace dans ses livres comptables. Des pratiques devenues monnaie courante dans les milieux d'affaires au Congo, et dont se plaignent, à mi-voix, certains chefs d'entreprises au Congo. Personne n'ose braver la loi de l'omerta par peur de représailles. Rien d'étonnant que Brazzaville soit dans les profondeurs du classement de "Doing Business" de la Banque Mondiale!

C'est ainsi que notre chef se paie sur le dos de la bête, comme il aime à nous le dire en privé ", argumente, sous couvert d'anonymat, un colonel qui s'est plusieurs fois confié à nous sur les pratiques maffieuses de JFD.

A la caisse congolaise d'Amortissement (CAA), où sont logés les passifs des banques liquidées, " aucun de début de remboursement de cette colossale dette contractée n'est encore visible", confirme une source proche du dossier. Quelqu'un aurait-il le toupet d'apostropher le DGP pour lui adresser une sommation de remboursement? Ce serait s'exposer à un braquage commandité par le puissant chef de la police congolaise. Le mode opératoire de Jean-François DENGUET est simple: il vous envoie des loubards nuitamment, qui vous violentent, violent et pillent vos bien. À la première heure, il est sur le lieu du crime, le cou perclus d'humilité, pour vous réconforter. Et quelques jours après, il appréhende facilement les braqueurs, qu'il présente à la presse. Des reportages payants sont même confiés à certains confrères qui lui cirent les chaussures. Et les jours suivants, il se présente à vous comme le sauveur contre lequel il ne faut plus être en bisbilles. Une fois son scénario au point, le général DENGUET aime à se pavaner dans les rues de Brazzaiville, toutes sirènes hurlantes, comme s'il s'attendait à être propulsé au-devant de la scène en qualité de président de la République. Ne confie-t-il pas, en privé, à ses proches que "Sassou est jaloux de ma popularité?"

"C'est un bon flic formé dans les ex pays de l'Est pour ce genre de montage", commente, sous couvert d'anonymat, un officier supérieur proche du DGP.

Aux dires de ses proches, DENGUET a mis la police sous coupe réglée. Des banques et autres administrations privées rentables sont gardées par des éléments de la police, qui perçoivent une "dîme "de 1000 fcfa par jour, tandis que le général DENGUET empoche, à lui tout seul, 5 millions par mois (et par banque), au titre de la rémunération mensuelle de frais de gardiennage. Au lieu d'être au service du public, DENGUET a privatisé les services de "sa" police. Comme si cela ne suffisait pas, le DGP a créé Dorsa, sa propre société de gardiennage pour concurrencer les sociétés existantes sur le marché de gardiennage au Congo. Dorsa, avec son emblème maçonnique qui crève les yeux, est imposée à toutes les entreprises installées au Congo; surtout si celles-ci ne veulent pas subir le courroux redoutable de JFD, à travers des braquages qu'il commandite lui-même, et dont les auteurs sont souvent appréhendés de manière spectaculaire, à l'image des films policiers à la Derrick! Les stations services de vente de carburant l'ont récemment appris à leurs dépens en déclinant l'offre de service de sécurité du DGP. Bon nombre d'entre elles, ont été braquées en l'espace de deux semaines, avant que l'acteur principal du film vienne jouer son beau rôle de "général d'opéra", ainsi que le qualifie bien le colonel Marcel Ntsourou.

À Brazzaville comme à Pointe-Noire, les gérants des stations d'essence ont été contraints d'utiliser des " miliciens de DENGUET". C'est le nom qui colle à la peau des membres du GRB. Une unité qui regroupe des malabars au service de DENGUET, et dont certains n'émargent nulle part dans le budget de la police congolaise. Ce sont eux qui sont chargés de basses besognes : braquages, bastonnade des opposants et journalistes, attaques sous des pseudos noms des personnes hostiles au pouvoir dans les réseaux sociaux...

Le caractère mercantile de DENGUET serait, dit-on, à la base de ses micmacs avec des sujets libanais. Surtout ceux qui veulent bénéficier de sa protection pour exercer en toute impunité leurs affaires au Congo. On parle même de trafic de stupéfiants dont le DGP serait un grand consommateur. Vrai ou faux?

Toujours est-il que dans la sale affaire de trafic de passeports congolais destinés à des sujets libanais, reconnus comme des fondamentalistes du Hezbollah, le nom du directeur général de la police congolaise a été plusieurs fois cité. Et il a fallu que les services de renseignements israéliens, notamment le Mossad, tirent la sonnette d'alarme pour que DENGUET, comme toujours, trouve un bouc émissaire. En bon manipulateur, le DGP a fait porter le chapeau au colonel Macaire..., alors directeur de l'Emigration.

Il fourre son nez affairiste jusque dans le secteur des BTP. Où le DGP joue au sous-traitant des sociétés auxquelles l'état congolais a confié de grands chantiers. Tant pis pour les dégâts ! Travaux mal exécutés par des ouvriers non qualifiés et veules, à qui DENGUET verse un salaire de misère. Un patron d'une entreprise de BTP ayant confié la sous-traitance d'une partie de ses ouvrages à la société de DENGUET, se plaignait récemment de subir tout seul les critiques des autorités de la Délégation générale aux Grands Travaux, sur la mauvaise qualité des ouvrages qu'il a livrés à l'Etat congolais. "Le général DENGUET, explique-t-il, sous couvert d'anonymat, m'avait pourtant rassuré que je ne devais rien craindre, car il est puissant!".

Last but no least, ses propres collaborateurs ne sont pas en reste. Ces derniers sont souvent contraints de mener des "opérations de levée de fonds" au profit de leur boss. Ont-ils des coudées franches pour rejeter pareilles sollicitations, au risque d'être virés sans autre forme de procès? Un ancien directeur départemental de la police en a fait les frais, en refusant d'envoyer la quote part mensuelle du boss de la police. "Le DGP nous exige mensuellement un million de fcfa, au moins. Et nous sommes donc obligés de créer des infractions pour arnaquer les populations."

Par Elie Smith


 

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