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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Sassou-Nguesso l’entêté devant 2016 !

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Comme la plupart des constitutions africaines post-période monopartiste, celle mise en place, au Congo, en 2002, par Sassou-Nguesso, contient la règle dite de deux mandats présidentiels non suivis, immédiatement, d’un troisième. La « constitutionnette (1) » imposée au Congo - en 2002, imposée et non acceptée par le référendum, ne fut pas étendue à tout le pays - affirme, néanmoins, cette règle nouvelle.

C’est, ainsi, qu’après deux septennats commencés, en 2002, le « Kaka ngué » (le fils de l’éternité) Denis Sassou-Nguesso doit quitter le pouvoir, en 2016. Or, à l’approche de cette année, le Kaka ngué ne semble plus disposé à respecter sa propre constitutionnette, sa propre signature, son propre et solennel engagement. Comme un renard, il recherche à revenir en arrière.

Maître Moudileno Massengo qui combat ce renard depuis de nombreuses années, se propose de publier, ici, des articles afin de couper l’herbe sous les pieds de ce roublard indécrottable. Mais, ne tombe dans le piège d’un habile renard que celui qui est, réellement, convaincu qu’il est en face d’un tricheur, d’un trompeur né, sinon il se laissera mener jusqu’à la catastrophe finale.

Le pouvoir aux enfants et neveux de Sassou

Depuis 2014, on entend, au Congo, des cris qui ressemblent à ceux qui retentissent sans fin au bord des mares qui se dessèchent. Des grenouilles s’assemblent par groupes et coassent sans fin. L’écrivain V.L. Beaulieu qui dit avoir longuement observé ce phénomène concernant les ouaouarons-grenouilles qui meuglent au lieu de coasser simplement, affirme qu’elles prient. Aurait-il le même sentiment devant ce qui se passe au Congo, où depuis 2014, chacun interroge l’horizon, lui demandant ce qu’il apportera, en 2016 ? La délivrance, la joie ou encore du sang et des larmes ? Ou encore Sassou-Nguesso, ou enfin, un autre président, différent, bien sûr, de Sassou-Nguesso, non pas seulement par le nom, mais la façon d’aimer et de servir le Congo ?

Oui, depuis 2014, il règne au Congo comme un climat de très haute interrogation sur ce que l’année 2016 peut y apporter. Les voix qui se font entendre dans ce climat, disons-le clairement, sont appelées, par certains, voix de débat, voix d’invitation au dialogue, voix de changement de la constitutonnette ou voix de respect, de maintien de celle-ci en place. Voix qui se gardent d’un bord à l’autre de la mare, de dire pourquoi elles opinent, ainsi, c’est-à-dire, différemment. Un « débat constitutionnel » (sic) difficile à comprendre. Il semble, de part et d’autre, c’est-à-dire, dans un camp comme dans l’autre – flotter comme ces herbes qui flottent sur le Congo et vont s’évanouir, au-delà des cataractes, dans l’océan. Un débat, ce n’est pas un meuglement confus. Pourquoi « le débat constitutionnel lancé par Sassou-Nguesso, en 2014, au bord du fleuve Alima, à l’ombre du manguier, arbre traditionnel de palabres, dans son « terroir biologique » ressemble-t-il à une fête de souris ? De chaque côté des interlocuteurs, on n’entend que des voix qui ressemblent à des couinements de mammifères.

Les dangers d’une telle situation sont nombreux. Le plus grand, c’est celui de générer une série d’escroqueries, de libre cours au génie d’un homme tantôt lion tantôt renard comme Sassou-Nguesso de s’élancer dans toutes sortes d’entreprises de violence ou de subtile ruse. Parmi ces dernières, il y a celle que nous avons portée en titre, à savoir : Renard Sassou-Nguesso peut, en 2016, songer à un de ses nombreux enfants et neveux comme successeur. Voyons pourquoi et comment une telle manœuvre peut avoir lieu, de sa part, en 2016.

En 2016, Sassou-Nguesso peut songer à un de ses nombreux enfants et neveux comme successeur.

Les dérives d’une constitutionnette mise en place en 2002 l’y aideront.

1 – Comme un grand nombre de constitutions et même de constitutionnettes promulguées en Afrique après la fin de la période des partis uniques, celle mise en place au Congo-Brazzaville, en 2002, par l’indécrottable Sassou Nguesso, contient la règle nouvelle dite « règle du nombre limité des mandats présidentiels ». Pas plus de 2 septennats successifs, est-il promulgué à ce titre au Congo, dans la constitutionnette du 20 janvier 2002. Rendez-vous fut donc pris – signé et promulgué par le tyran lui-même – pour son départ ou fin de son règne en 2016. Plus précisé-ment, le 15 août de cette année-là. Et, naturellement, grand espoir fut cimenté dans le cœur de certains qu’il y aura « alternance démocratique » (sic) cette année-là. Inévitablement.

2 – Par plusieurs publications de notre part – dont une à la veille de l’adoption par voie de référendum – un référendum indigne de ce nom (1) – nous n’avons cessé de montrer que le Congo ne marcherait pas dans le cadre d’un régime démocratique mais d’une dictature, le père du nouveau texte « constitutionnel n’ayant su ce que démocratie veut dire ».

Organisation baroque des scrutins, voix monocorde des urnes à toutes les élections, c’est-à-dire, triomphe du camp du Kaka ngué avec des scores voisins du 100%, ont caractérisé la vie politique congolaise depuis cette date de 2002.

3 – Nous n’avons pas fait que dénoncer une implacable dictature. Nous avons, aussi, indiqué un moyen éprouvé de la paralyser de l’étranger dans l’urne. Ce moyen, c’est le boycott des pseudo-élections, c’est-à-dire, l’abstention totale d’y prendre part, de s’approcher des listes et urnes empoisonnées. Malheureusement, tout tyran, tout trompeur trouve, toujours, dans son génie pervers, les moyens de maintenir, pendant un temps, certaines personnes, voire, un grand nombre de personnes, dans la servitude (volontaire ou non).

4 – Mais, comme on le lit à la fin de certains fables, la plupart des « victimes » du rusé renard finissent par jurer que le roublard ne les prendrait plus. C’est ainsi que dans le débat qui erre dans tous les sens (faute de point de départ précis), on entend, néanmoins, des voix qui disent : « Renard ne nous trompera plus en 2016 ; nous ne nous laisserons plus duper, berner, ridiculiser, etc. Signe que les gens ont compris. Et parmi ceux des gens qui semblaient vivre, totalement, en marge des questions ou préoccupations d’ordre constitutionnel : les sages coutumiers, par exemple. Et, pour tant, c’est d’eux qu’est parti, historiquement, parlant, le drôle de débat constitutionnel qui erre dans tous les sens depuis 2014.

5 – Oui, en 2014, le Kaka ngé a eu l’idée bizarre de soumettre à des sages coutumiers de son « terroir biologique », la question de son départ du pouvoir, en 2016. Perplexes, sans doute, parce que ne maîtrisant pas les rouages du pouvoir moderne, ils l’ont envoyé soulever la question à Nguele (c’est-à-dire la grande ville, Brazzaville). Mais, ils ne l’ont pas envoyé au Front brazzavillois sans armure, sans bouclier. Ils lui ont frotté tous les gris-gris qui assurent la victoire. Mais, voilà ! A Nguelé (Brazzaville), les gris-gris et autres grands fétiches traditionnels mboshi n’ont pas plié tout le monde à la volonté de Sassou. Le cri « Non au changement de la constitution » y gagne en intensité, chaque jour, même s’il reste confus quant à l’avenir du pays après Sassou (une question pourtant capitale après la chute du tyran).

6Même le Parti congolais du travail que le Kaka ngé a lancé dans la nouvelle bataille de Brazzaville (après celle du 5 juin 1997 qui lui a permis de vaincre Lissouba 4 mois après et de revenir au pouvoir), même ce parti qui se vante d’être très aguerri, ne sait plus drainer des larges masses au combat. Bureau politique, comité central, militants ne savent plus crier : « Soutien, Soutien, Soutien jusqu’au bout ! » Et pour cause : le camarade président (Sassou-Nguesso) ne tenant langage clair sur ce qu’il veut être après le 15 août 2016 : partant ou candidat.

7 – Si Sassou adopte une attitude qui va jusqu’à bloquer son parti, jusqu’à le diviser au niveau de ses rouages, qui fonctionnaient jusqu’ici unis comme les doigts de la main, c’est qu’il a des projets, des options qu’il veut tenir secrets. Et parmi ceux-ci, celui que nous avons mis en titre ci-dessus.

Un scenario apparemment facile

1Un enfant ou neveu de Sassou Nguesso candidat à la place de son père en 2016 ? Un scenario apparemment facile. Facile parce que, déjà, utilisé par des tyrans dans de nombreux pays à travers le monde. Devant ce qui s’est produit, déjà, au Burkina Faso ou risque de se produire au Burundi, devant ce qui risque de se produire au Congo-Brazzaville, les grands pays comme les Etats-Unis, la France, veulent voir, absolument, la démocratie se consolider, en Afrique. L’indécrottable Kaka ngé baissera la tête. Il se sentira forcé et contraint de respecter sa constitutionnette.

2 – La façon de la respecter que nous évoquons, ici, ne lui posera pas beaucoup de problèmes sur le plan pratique. Des enfants et neveux, il en a. Et, certains ne cachent pas leur ambition, pire, leur profonde certitude que le Congo appartient aux Sassou Nguesso, de père en fils et filles. Témoin, cet Arnaud Wamba Sassou Nguesso (voir fac-similé) qui s’est, déjà, taillé un sceau de la République portant son nom et son titre de magesté : « Fils du chef de l’Etat ». Incroyable, mais c’est vrai. C’est sur le sceau qu’il place sur ses courriers. Le général Emmanuel Ngouélondélé n’avait pas eu tort de dire dès 2003 (Lettre au président Sassou-Nguesso) « qu’il n’y a plus d’Etat... que celui-ci est devenu une épicerie familiale »... mais revenons au scenario qui peut se produire en 2016.

3 – Les applaudisseurs à cette (éventuelle) décision du Kaka ngé ne manqueront pas, le Congo étant devenu un pays affamé où les vendeurs de leur dignité couvrent l’espace comme des sauterelles. Oui, il suffit que Sassou parle, jette des pièces pour que des nuées se forment pour faire entendre leur stridulation bien connue : « Kaka ngé, Kaka ngé ». Ça sera à qui d’innover et d’hurler : « Fils, fille ou neveu du président soutien ! Fils, fille ou neveu du président donc naturellement président ».

4 – Conséquences. La décision du président fera taire l’actuel « débat constitutionnel » au sein de son parti. On n’entendra plus celui-ci striduler : « Changement de la constitution ». Il repliera humblement et servilement ses pieds devant la grande et géniale décision du chef. Aucun membre du parti ne sera plus capable de faire entendre « un mot différent ». Un fils ou neveu du chef candidat c’est le chef lui-même qui est candidat. Soutien, Soutien donc ! Et comme il sera nécessairement élu, c’est le chef qui restera toujours chef, grand maître du jeu. Et inutile de penser qu’un fils ou neveu Sassou-Nguesso « élu » président au terme d’une « élection » organisée par son père, oncle, pourra se montrer félon. Quelle rêverie ! Son rôle sera, sous le contrôle de son père ou oncle, de sauvegarder et consolider la dynastie.

5 – Quelle tête, devant ce coup de maître (éventuel), du Kaka ngé, feront ceux qui, depuis 2014, ne cessent de crier : « Touche pas à la constitution » ? Le renard Sassou leur aura pris leur slogan, leur combat. Il aura, entièrement, respecté la constitutionnette de 2002. Comme les membres du parti du chef, ils seront obligés de taire leur slogan de guerre « Touche pas à la constitution ». Ils seront obligés de se rendre compte – mais un peu tard – qu’ils ne tenaient pas le renard comme il fallait. Non, il ne faut pas tenir un renard par une touffe de poils. Mais par tous les membres. C’est un combat complet qu’il faut livrer à Sassou. Un combat complet, c’est-à-dire, qui ne lui laisse aucune porte, aucune possibilité de sortie. Nous reviendrons sur ce point un peu plus haut.

6 Sassou non candidat en personne en 2016, restera toujours puissant. D’abord, jusqu’à cette date, puis, après. Au pouvoir jusqu’en 2016, il organisera la présidentielle tant attendue. Et c’est lui seul qui l’organisera en toute indépendance, comme par le passé (2002 et 2009). Personne ne lui ravira cette puissance, sauf, changement fondamental de la part de l’opposition de l’attitude qu’elle a toujours adoptée à cet égard depuis 2002. Sassou organisera donc l’élection présidentielle 2016 comme il a toujours fait : des urnes au verdict déjà connu.

7 – Derrière son fils ou neveu « démocratiquement sorti vainqueur des urnes », il gérera l’après 2016 comme par le passé, soit dans le cadre de la constitutionnette de 2002, soit dans celui d’une nouvelle. Oui, il pourra alors réaliser tranquillement son envie de changer de règle du nombre limité de mandats. Et pourquoi pas, il peut rêver de revenir au pouvoir à la faveur de cette réforme.

8 – Renard qu’il est, il peut même forcer son fils ou neveu à démissionner, à lui remettre le pouvoir, quelque temps après. Il a sacrifié Marien Ngouabi, Massambat-Débat, le saint cardinal Emile Biayenda, le capitaine Kikadidi et tant d’autres fils du Congo. Sa folie du pouvoir peut bien le conduire à sacrifier un de ses enfants ou neveux. Agamennon, chef suprême de l’expédition grecque contre la ville de Troie, qui tenait à être grand vainqueur de cette ville, n’est-il pas allé jusqu’à sacrifier sa fille Iphigénie sur l’autel de cette ambition ?

Scenario facile mais pas sur toute sa longueur. Il peut aussi réserver des tragédies.

1 – Dans le contexte où nous l’évoquons, Sassou peut se trouver devant un PCT (son parti) qui décide de ne pas s’incliner « comme un seul homme » (sic) devant sa décision. Il peut rencontrer de la résistance de la part de quelques-uns, sinon, d’un grand nombre de militants qui profiteraient de l’occasion pour relever enfin la tête au cri « Trop c’est trop », pour se libérer enfin du statut de militants passifs (passifs notamment au niveau de l’Assemblée dite nationale et du Sénat où ils ne sont investis d’aucun pouvoir, d’aucune mission).

2 – Ils peuvent même aller jusqu’à traiter leur chef de personnage qui dévie, de lui lancer une sommation jadis en son honneur, au sein du PCT, à savoir : « Si tu avances, nous te suivons ; si tu t’arrêtes, nous te pointons ; si tu recules, nous t’abattons ».

3 – Le scenario peut pousser une partie du peuple à comprendre vers où Sassou veut enfoncer le pays : vers une monarchie, vers l’état d’un bien personnel ou familial.

Bref, il peut ouvrir les yeux à un grand nombre de Congolais qui ne discernent pas bien jusqu’ici, où pourra les amener la funeste constitutionnette de 2002, quelle poison elle porte dans chacun de ses articles. Nous l’avons appelée texte Ebola. Celui qui l’a mis en place, vient de partager ce jugement, malheureusement, sans le dire, solennellement. C’est un juge qui cache son verdict.

Ce que nous venons de dire peut être considéré par certains comme une simple vue de l’esprit, comme de l’imagination de notre part.

Ce que nous venons d’écrire peut être pris par certains « comme une intention de nuire à quelqu’un qui respectera, parfaitement, la loi en 2016. Et, donc, s’en ira, sans le moindre atermoiement. Ne lui prêtez pas d’autres décisions ou intentions » (auteur dont nous dirons le nom plus tard) !

1Si l’année 2016 nous révèle un Sassou-Nguesso qui tient, enfin, ses promesses, respecte ce qu’il a signé, honore ses serments et engagements, nous dirons naturellement « Bravo » devant (l’heureuse) surprise. Mais connaissant l’homme, nous nous méfierons. Non, nous ne réciterons pas : « Voilà un Sassou nouveau, guéri de tous les défauts qu’il nous a montrés à la tête du pays depuis 1979 ! »

2 – Comment pourrions-nous le penser ayant sous les yeux les ruines qu’il n’a fait qu’accumuler au-dessus du pays ? Le sang qu’il n’a cessé de verser au niveau des familles et des régions et de quartiers de villes ?

3 – Voilà pourquoi nous disons depuis des décennies que ceux qui ont donné le surnom de Kaka ngé à Sassou-Nguesso ont sacré un démon, au sens primitif du terme, c’est-à-dire, de force ou êtres qui « troublent, assombrissent, affaiblissent la conscience (des gens) et la font reculer vers le centre de la nuit » (Jean Chevalier et Alain Gheerbrant, in Dictionnaire des symboles).

4 – Non, même si Sassou-Nguesso n’est pas candidat en 2016, on ne doit pas cesser de le combattre. A la belle conférence nationale souveraine de 1991, on avait donné mission au pouvoir qui naîtrait des urnes (en 1992) de veiller à ce que Sassou-Nguesso rende compte à la nation des crimes qu’il avait commis notamment, depuis le 18 mars 1977. Les urnes ont désigné Lissouba à la tête du pays. Mais celui-ci a laissé Sassou libre, libre de vivre dans la cité comme s’il ne l’avait pas ensanglantée dans le passé. Une erreur volontaire ou non qui lui a été fatale le 15 octobre 1997.

5 Laissé libre d’aller et venir comme un honnête citoyen, Sassou a troublé à son aise le mandat de Lissouba, démocratiquement, élu président, en 1992. Et cela à peine un mois après l’accession de son successeur. Pendant 5 ans, Lissouba n’a pas su comment exercer son mandat, comment nettoyer le Congo que Sassou avait sali, ensanglanté de 1977 à 1990. Il n’a pas pu le savoir ou le sachant, il n’a pas pu l’entreprendre, le réussir, harcelé qu’il était par le démon chassé des lieux en 1992.

En 1997, terme du mandat de Lissouba, le démon, « armé de 7 autres démons plus forts que lui » a eu raison de Lissouba et des lieux d’où il avait été chassé en 1992. Et depuis, « le second Etat » du Congo est pire que le premier.

Voilà pourquoi...

Voilà pourquoi, dans toutes nos publications paraissant dans cet excellent bimensuel, notamment, celle intitulée « Oter Sassou-Nguesso et sa constitution Ebola », nous ne cessons d’exhorter nos compatriotes à ne pas diviser, fractionner le combat contre Sassou, à ne pas saisir le renard par quelques touffes de poils, mais, par tout, son corps. Le combat contre Sassou doit être global. Il ne faut pas le mener seulement à travers sa constitutionnette de 2002 qui ne représente qu’un coin de sa tanière à multiples coins ou loges. Le combat contre Sassou doit être mené en considérant l’état dans lequel il a plongé le pays.

1 – L’état de pays effondré s’étale à tous les niveaux. Il résulte, nous ne cessons de répéter, de la constitutionnette de 2002, qui organise ou consacre :

- La toute puissance, ô combien stérile, de l’exécutif, c’est-à-dire, de Sassou ;

- La réduction des opposants au rang d’adversaires à mépriser sur la base de considérations subjectives telles leurs origines tribales, régionales ou à traiter comme des individus corruptibles à souhait (donc sans valeur) ;

- L’arrêt de l’émergence d’une vraie nation congolaise. Une vraie nation qui existe réellement et non seulement affirmée du bout des lèvres, au cours des discours ;

- La montée officielle d’une tribu, d’un clan au rang d’une force dominante. Cette tribu, ce clan, ce sont des mboshi qui se considèrent comme les conquérants du Congo depuis le 15 octobre 1997, qui versent « le sang des autres » mais par maison, quartier par quartier, sans le moindre état d’âme. Ce sont ces mboshi particuliers qui veulent faire croire d’abord à toute leur tribu puis au reste des Congolais qu’ils sont au pouvoir pour 1.000 ans, comme le faisait entendre Hitler aux nazis et aux vaincus.

- Oui, il y a un véritable problème mboshi au Congo. Des exaltés de cette tribu qui déshonore des hommes comme Jacques Opangault, Antoine Letembet Ambily et tant d’autres issus hier de cette tribu et qui risquent de compromettre le regard que portera demain le reste de Congolais sur les mboshi. Ils n’ont pas conscience du tort qu’ils font à « leur termitière » pour parler en leur secret langage.

2Nous venons de faire allusion aux nazis. Mais qui peut même sans avoir lu le très beau livre de Friedrich Reck-Mallecsewen intitulé « La haine et la honte », penser que sous un régime de passion, même très collective – il n’y a pas d’esprits qui résistent, qui font exception ? Qui peut penser que tous les mboshi veulent voir le Congo porter l’image de désastre que lui donne Sassou depuis des décennies ? Qui peut croire qu’il n’y a pas de mbosi patriotes comme l’ont été Jacques Opangault, Antoine Lethembet Ambily, etc ? (3).

3 – En voulant « mboshiser » le pouvoir au Congo – et peut-être le pays tout entier – Sassou-Nguesso ne peut que se trouver devant une situation que l’auteur de « La haine et la honte » appelle « gueule de bois historique ». Autrement dit, son régime finira par tourbillonner, lourdement, « dans sa propre imposture, dans (son) ivresse clanique mboshi, puis, s’effondrera, sans oublier que la mbosisation emmènera tous les autres Congolais qu’on veut marginaliser, discriminer, inférioriser, à prendre conscience de ce plan hideux et, donc, à former un Front commun afin de sortir le pays de cette marche vers la haine et la honte. C’est un Front sur lequel nous reviendrons. En attendant, voici la conclusion à tout ce que nous venons de dire. »

Beaucoup de choses se disent au Congo depuis 2014 concernant ce que l’année 2016 peut y apporter. De nombreuses lettres ne cessent d’être adressées au tyran ou au président, chef de l’Etat, chef du gouvernement, chef du parti majoritaire, afin que le sang et les larmes ne coulent plus dans le pays, afin que « ce qu’il y a apporté ou bâti » (sic) ne disparaisse pas, ni s’écroule.

Mais comme nous l’avons dit ci-dessus, on ne sait quel vent provoque cette vague de courriers et dans quels tiroirs précis le récipiendaire les classe : courrier à garder ou courrier à jeter. Ceci parce que « le débat » qui se déroule sur tous les bords du pays ressemble au spectacle de la déroute des ouaouarons quand les mares commencent à se dessécher.

Il nous faut un vrai débat sur l’homme qui gouverne le Congo depuis 2002 et qui l’a gouverné, auparavant, de 1979 à 1992 puis de 1997 à 2002. Le tout dans le cadre de multiples constitutionnettes et lois fondamentales aussi flexibles et provisoires les unes et les autres.

Il nous faut, sur le Congo, détruit, ramené par cet homme dans le chaos, un débat semblable à celui de 1991 : une conférence de toutes les intelligences délibérant sous l’égide d’aucun maître ni Kaka ngé.

Maître Aloyse Moudileno Massengo, ancien premier ministre et ancien ministre de la Justice du Congo

Source Afrique Education, Numéro 416 du 1er au 15 juin 2015

Prochaine publication : Sassou-Nguesso peut troubler l’ordre public. Ce qui lui permettrait de bloquer toute marche paisible vers 2016 et l’application de sa constitutionnette.

(1) Sassou et son régime ne veulent plus entendre parler de ce texte. Par tous les moyens, ils conspirent contre lui. « D’après les partisans du pouvoir, la constitution en vigueur depuis 2002 a fait son temps et a montré ses limites. En principe, elle a trop de verrous », vient de dire RFI. Nous, nous disons que c’est un figuier stérile, elle doit être foudroyée.

(2) Le référendum de 2002 ne fut pas étendu à l’ensemble du pays. La région du Pool fut habilement écartée : le pouvoir y provoqua une fausse rébellion. Ntoumi fut chargé de la déclencher et de la conduire.

(3) Malheureusement, ils donnent l’impression de ne pas savoir comment sortir de la termitière.


Commentaires  

 
0 #2 Espionner SMS 29-08-2016 00:07
J'ai parcouru cet article et je désirerai en savoir plus sur
ce domaine. Peut-être vous pourriez écrire de nouveaux articles à ce sujet
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0 #1 congo 03-06-2015 22:21
L'article est bon mais trop trop long - apprenez à condenser votre pensée svp. Les internautes n'ont plus assez de temps pour lire pendant 1heure sur 1 article. Écrivez: 10 à 20 lignes suffisent et plein d'images (photos) dans vos prochains articles. Les infos en vitesse grand V sont les plus appréciés - car maintenant, nous naviguons sur plusieurs sites internet.
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