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Violences au Congo après l’annulation du bac pour fraudes massives

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Coup de théâtre vendredi 5 juin au Congo-Brazzaville. Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement secondaire a décidé l’annulation du baccalauréat général, alors que les élèves étaient dans leur troisième et dernier jour d’épreuves.

Dans un communiqué, le ministère explique avoir constaté « d'importantes fuites des sujets » sur les réseaux sociaux. Plusieurs élèves contactés par ont confirmé avoir reçu via WhatsApp ou Facebook les sujets de leurs épreuves la veille de l’examen. À chaque fois, le sujet diffusé sur les réseaux s’est avéré être le sujet d’examen donné le lendemain. Des médias locaux ont même maladroitement repris ces images, avant les examens, dans des articles pour dénoncer les fraudes, mais sans en flouter les contenus.


"On ne voulait pas être ’le bac de la triche’"

Cette annulation a provoqué à Brazzaville, la capitale, mais aussi à Pointe-Noire et Dolisie, deux autres grandes villes du pays, de vives réactions des élèves.


Whezis, un élève, témoigne. « J’étais en route pour l’examen, et sur le point de prendre mon bus, lorsqu’une horde d’élèves en colère a foncé vers nous ! Ils criaient "c’est annulé, rentrez chez vous ". Ils ont saccagé une pharmacie derrière nous, et ont cassé les vitres du bus que je devais prendre. Certains en ont même profité pour piller quelques boutiques.

Leur violence est à la hauteur de leur frustration, car annuler tout un examen le dernier jour de l’épreuve, ça donne l’impression de s’être fait avoir. Mais pour être honnête, beaucoup sont aussi soulagés, car c’était impensable d’avoir ce bac dans ces conditions, où il suffisait d’aller sur Facebook la veille pour connaître l’énoncé et le corrigé. On ne voulait pas être le "bac de la triche ».

Aucun bilan n’a été transmis par la police de Brazzaville ou de Pointe-Noire. Des Observateurs affirment cependant avoir vu des élèves être blessés dans des heurts avec la police et avoir été témoins de plusieurs arrestations.

"Des fraudes, il y en a tous les ans au bac… mais jamais de cette ampleur"

Outre les 66 582 candidats à travers le pays, l’annulation touche aussi le milieu des enseignants. Yves Bilouboudi est professeur de mathématiques dans un lycée de Brazzaville.

« Je ne comprends pas pourquoi il a fallu attendre le troisième et dernier jour de l’examen pour avoir une réaction du ministère [jeudi soir, le ministre avait affirmé que les épreuves iraient à leur terme avant de changer d’avis ce matin NDLR]. Nous travaillons pendant neuf mois pour préparer ces élèves, parfois dans des conditions difficiles. C’est ahurissant de voir comment ça se termine cette année, c’est la première fois depuis 1997 [à l’époque, les épreuves du bac avaient été annulées à cause des troubles politiques dans le pays NDLR].

Ce n’est malheureusement pas la première année qu’on entend parler de fraudes. L’année dernière, alors que je surveillais les épreuves dans un lycée de Brazzaville, j’avais même pris en flagrant délit de triche un candidat qui avait déjà l’intitulé du sujet de français mot pour mot, ainsi que son corrigé. Il les avait cachés sous ses feuilles de brouillon, avant même qu’on ne distribue le sujet. J’ai signalé cela, mais on s’est contentés de lui confisquer ces documents, et on l’a laissé composer ! Plusieurs de mes collègues m’ont fait part de scènes identiques dans d’autres lieux d’examens. Il y avait une certaine "tolérance" vis-à-vis de la fraude.

Mais cette année, l’ampleur de la triche a dépassé tout ce qu’on imaginait. Cela discrédite toute une génération d’élèves, et aussi son corps enseignant, car il y a forcément des complicités dans les jurys ou dans le corps professoral pour que ces sujets sortent. J’ose espérer que le cru 2015 sera l’occasion de mettre fin à ces pratiques une bonne fois pour toute ».

"Nous devions évaluer l’ampleur de la triche avant d’annuler l’examen"

Contacté, le porte-parole du ministère de l’Éducation, Alfred Malonga, explique que le ministre a été informé dès lundi des fuites, mais qu’il attendait les conclusions de l’enquête policière pour prendre sa décision. Il explique :

« Les années précédentes, les fraudes lors des examens étaient réelles, mais à notre connaissance il s’agissait de cas isolés. Mais cette année, c’est un niveau bien plus important à cause de la diffusion via les réseaux sociaux. Nous comprenons la frustration des élèves mais ne pouvons tolérer les actes de violence ».

Ce dont peuvent être certains les élèves congolais, c’est qu’ils seront appelés à recomposer prochainement. Mais aucune date n’a pour l’heure été avancée par le ministre.


Cet article a été rédigé par Alexandre Capron (@alexcapron), journaliste à France 24.


 

Commentaires  

 
0 #1 le fils du pays 06-06-2015 15:13
Voila comment Mr Sassou et sa cohort detruisent le pays depuis juillet 1968.Pas etonnant s'il y a triche,Mr Sassou et ses amis sont des champions de la triche.
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