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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le Congo perd 72,5 milliards F CFA par an à cause de l’insalubrité

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L'économie congolaise affiche une perte de 72,5 milliards de francs CFA chaque année (144 millions de dollars américains), soit 1,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en raison des mauvaises conditions de l'assainissement,

selon un communiqué de presse de la Banque Mondiale parvenu le 17 avril à l’ACI, citant un rapport publié par le Programme Eau et Assainissement (PEA) de la Banque.

L'étude sur documents Economic Impacts of Poor Sanitation in Africa - Republic of Congo (Impacts économiques d’un mauvais assainissement en Afrique - La République du Congo) a constaté que la majorité (91,6 %) de ces coûts provient de la mort prématurée de 2 300 Congolais due à des maladies diarrhéiques, dont 1 800 enfants de moins de 5 ans, avec près de 90 % de ces décès directement imputables aux conditions médiocres relatives à l'eau, l'assainissement et l'hygiène.

Les coûts de santé représentent environ 3,1 % du total des coûts économiques, tandis que les temps d'accès et les pertes de productivité représentent près de 4,7 %, souligne le communiqué. Nous étions déjà conscients depuis un certain temps de l'impact de la médiocrité de l'assainissement sur la santé, mais il s'agit là d'une des premières études permettant de quantifier les coûts annuels en résultant, a déclaré Mme Yolande Coombes, Spécialiste principale eau et assainissement du PEA. La République du Congo ne pourra atteindre une croissance durable sans résoudre le problème de ces coûts, a-t-elle précisé.

L'étude a également démontré que 3,3 millions de Congolais utilisent des latrines insalubres ou partagées tandis que 0,3 millions n'ont accès à aucune latrine et défèquent à ciel ouvert et le quintile le plus pauvre a 53 fois plus de chances de pratiquer la défection en plein air que les plus riches.

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CONGO-BRAZZAVILLE : Les toilettes publiques, l'incivisme et le péril fécal

Toutes les  villes du Congo-Brazzaville, manquent des toilettes publiques. A quoi attribue t-on cette situation? Nous  ne pensons pas que cela soit vraiment inscrit dans le programme d’action du gouvernement de notre pays et des gestionnaires actuels de nos collectivités locales.

Les villes de Pointe-Noire, Impfondo, Owando, Dolisie et Brazzaville malgré qu’elles aient bénéficié des investissements de la « municipalisation accélérée » n’ont pas pensé à construire les toilettes publiques. Et pourtant il s’agit d’un moyen très efficace pour lutter contre les maladies liées au péril fécal et à l’incivisme de nombreux Congolais.

Il y a lieu d’indiquer que plus de 3/4 des Congolais vivent dans ces grandes villes de notre pays. Il se trouve que beaucoup de nos compatriotes  passent leur journée entière au centre-ville pour accomplir des démarches administratives diverses ou travailler. En l’absence de toilettes publiques, ils se retrouvent dans l’impossibilité de satisfaire pleinement à leur besoin.  C’est encore pire dans tous les marchés du pays. Dans beaucoup d’administrations, dans les écoles, à l’université Marien Ngouabi et dans les hôpitaux (au CHU de Brazzaville, les malades, le personnel soignant et les médecins se partagent les mêmes  les toilettes exécrables), il n’y a pas de toilettes publiques et si par malheur elles existent, elles sont soit sales ou bouchées ou encore dans un état lamentable (par exemple à Bayardelle ou à l’aéroport de Maya-Maya). (1)

Absence de volonté politique nationale

Beaucoup d’entre nous sont exposés à l’horreur sanitaire du fait d’un environnement chaud, humide (pendant et après les pluies) caractéristique d’un climat équatoriale. Du fait de l’absence d’une politique de salubrité publique on se transmet assez facilement les virus lorsqu’on éternue, tousse, se mouche, transpire… Certains pour assouvir leur envie prennent les risques d’aller dans des toilettes des Ngandas où l’indisponibilité de la chasse d’eau (par manque d’eau) augmente le risque de contamination. Faut ajouter à cela l’horreur de  la poignée de la porte et le fond du bidet qui sont également des moyens très contagieux des maladies dues au péri fécal.

Dans les restaurants dits « Malewa » qui ne sont jamais désinfectés, nos concitoyens mangent dans des assiettes essuyées avec un torchon qui n’a pas été au préalable lavé à 100° et à la javel. Ils mangent des viandes « coupé-coupé » qui sont souvent avariées, décongelées et recongelées ou peut-être pas assez cuites ou pire encore ces « coupé-coupé » non vendus la veille sont mélangés avec ceux du jour … La conséquence de ces manquements aux règles hygiéniques conduisent souvent à attraper les maladies comme  la diarrhée, le cholera, l’ankylostomiase, les amibes, les ascaris, la poliovirus qui sévit actuellement  a déjà occasionné plus de 158 morts  et 356 personnes atteintes selon l’OMS (la plupart des sujets sont des jeunes adultes dont l’âge varie entre 15, 25, 33 et 45ans), le ténia ou la fièvre typhoïde.

Que dire de  la vaisselle plongée dans les récipients d’eau inchangée, de ces espèces de « torchons publics » à coté des seaux d’eau crade qui font office d’essuie mains, de l’absence du gel antibactérien dont les propriétaires des ces lieux de plaisirs rechignent d’installer des torchons propres, tous ces manquements ouvrent la porte aux multiples foyers infectieux qui guettent les congolais.

D’autres refusant de consommer quoi que ce soit dans les Ngandas et les restaurants Malewa brillent par des attitudes inciviques qui se traduisent par l’utilisation des murs pour uriner ou encore des espaces herbeux pour déféquer.   Trouvons-nous normal de contraindre nos mères, sœurs et femmes à ce rituel malsain et  humiliant ?  Serait-il un signe  de respect à la femme ? Face à ces comportements inciviques qui démontrent le manque de maturité, une question s'impose. Que faire en cas de besoins naturels pressants ?

Il faut remarquer, avec grande stupéfaction, que depuis l'indépendance du Congo, il y a 50 ans, les autorités nationales, régionales et municipales préfèrent s'investir dans des projets jugés plus rentables en rétrocession de commissions. Par exemple  les réfections des routes et des trottoirs, signalisation des routes...

De même l'assainissement et la collecte des ordures ménagères ne constituent pas des priorités, auxquels il faut ajouter les transports publics. Raison pour laquelle le gouvernement de Sassou-Nguesso peine à les organiser.

Le gouvernement ne s'occupe pas de l’implantation des toilettes publiques qui apparaissent comme des petits détails qui demeurent du ressort des communes et de leur tutelle. Néanmoins, la question  mérite d’être soulevée dans le cadre de l'implantation d'un mobilier urbain viable, moderne et adapté de  nos villes incluant bien évidemment les toilettes publiques. Malheureusement, les conflits de compétences et les sensibilités régnantes font blocage à ces initiatives.

Quoique tout le monde a tout à gagner, le citoyen en premier et notamment les vendeurs des marchés qui ne seront plus obligés de pénétrer dans les Ngandas souvent insalubres pour se soulager. La ville devra faire bonne œuvre de s'intéresser aux moindres besoins de ses citoyens en préservant en même temps ses espaces publics et ses lieux culturels et touristiques. Ainsi, le touriste qui pourra déambuler tranquillement en ville sans se préoccuper de rentrer d'urgence à l'hôtel pour se soulager, l'image de nos villes ternie par ce genre de comportements écorne plus l'image du pays et notre capitale qui jadis était la ville verte et attrayante.

Nous incitons le gouvernement et les élus locaux à implanter les toilettes publiques sur des lieux faisant partie du patrimoine urbain  et étatique de nos villes en mettant à contribution les sociétés publiques et privées dans un élan de solidarité nationale et urbaine.

Marginalisation de l’absence des toilettes publiques

Le gouvernement, les autorités préfectorales et communales considèrent qu’il s’agit d’un sujet qui n’est pas de leur ressort par aveuglement politique  ou pire par esprit de m’en-foutisme (désintéressement, laisser-aller). Ils préfèrent donc le marginaliser.

Nous déplorons par ailleurs le comportement  incivique des Congolais  qui utilisent les murs et cours des écoles, les murs des églises, les terrains vagues, des coins de rue, des constructions non achevées ou abandonnées, des ruelles sombres, les parcelles non désherbées, des bas-côtés des routes, comme toilettes publiques, démontre le manque de maturité de nos concitoyens.

Le sujet, compte tenu de son coté, qui semblerait honteux pour certains Congolais, n’est pas soulevé par les électeurs. Ils ne s’aperçoivent de son acuité que lorsqu’ils sont coincés quelque part ne sachant où se soulager.

Nous devons admettre que Les principaux responsables de cette négligence sont bien évidemment le gouvernement actuel et  les élus locaux qui détiennent les pouvoirs de police administrative et qui ne font aucun effort pour atténuer les citoyens de nos villes par l'implantation des toilettes publiques un peu partout dans les villes sous leur autorité comme c'est le cas dans les grandes cités urbaines partout dans le monde. Ils rechignent à actionner les dispositions réglementaires et environnementales pour sanctionner les contrevenants. Alors comment faire pour redresser la situation ? Porter le débat sur la place publique afin de sensibiliser les Congolais à l'un de leurs droits les plus élémentaires en mettant à contribution les associations et les comités de quartier entre autres.

L’association DAC exhorte le gouvernement et les maires à intégrer la dimension toilettes publiques dans leur programme d'investissement. Des toilettes publiques proches, propres et à prix symbolique (par exemple, le prix de l’utilisation pourrait osciller entre 25 et 50 F CFA).

Ce programme peut concerner aussi bien la réhabilitation des anciens lieux d'aisance considérés comme faisant partie du patrimoine urbain de nos villes au même titre que les bâtiments administratifs du centre-ville et des quartiers. Le gouvernement et les maires doivent sensibiliser les Congolais à cet effet. Une autre solution consiste à importer du mobilier urbain d'aisance de l'extérieur. Et pourquoi ne pas donner la gestion des toilettes publiques à des sociétés privées.

La construction des toilettes publiques contribuerait à l’hygiène sanitaire et permettrait l’éradication des maladies hydriques et bien d’autres. Les toilettes publiques feront partie du mobilier urbain et contribueraient à la propreté et à l’embellissement de nos villes. La gestion et l’entretien de ces toilettes publiques pourraient être assurés par les collectivités locales ou mises en concession.

Chris ABELA, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

Dac Presse, 20 novembre 2010

(1) - Lutte contre l'insalubrité, sauvons Brazzaville

Commentaires  

 
0 #1 PM 22-04-2012 21:11
voila des vrais questions qui touchent les Congolais. c'est sur ses questions que je retrouve le DAC comme association politique. L'arrestation de TSOUROU qui met a jours la soumission de la justice au pouvoir de Sassou suite a la restation de Me Malonga est un divertissement. Le DAC aujourd'hui a une force de propostion qui surprend car elle ne s'arrete pas sur des polemiques. Le congo souffre c'est une certitude.
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