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Département du Kouilou : Les terres, « une richesse inépuisable » à valoriser

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Dans le département du Kouilou au nord de Pointe-Noire, la plupart des propriétaires vendent leurs terres pour avoir rapidement de l'argent. Trajectoire inverse pour Alain Makosso, qui, avec son cadet, a préféré valoriser les terrains cultivables de son père où il plante des arbres fruitiers, des palmiers à huile, du manioc. De quoi lui rapporter à long terme.

Cimes de parasoliers et d'autres arbres tropicaux… Vu d'en haut, le panorama sur une profonde vallée et cette vaste forêt dense de Mbana, hameau du département du Kouilou, au nord de Pointe-Noire est superbe. La belle forêt cache une autre richesse : goyaviers, pamplemoussiers, bananiers, maniocs, palmiers à huile… Ici, l'abondance alimentaire pourrait un jour être une réalité. C'est en tout cas le rêve du propriétaire des lieux, Alain Makosso, la trentaine.

En 1997, à cause de la guerre, il quitte Brazzaville et l'université Marien Ngouabi où il était en licence en littérature et civilisations africaines. "Je suis venu à Tchissanga, mon village natal, pour réfléchir sur mon avenir. J'ai appris le maraîchage avant d'être recruté dans ce secteur. Je me suis ensuite retiré à Mbana (environ 5 km de Tchissanga, Ndlr) pour exploiter les espaces cultivables dont dispose ma famille plutôt que de les vendre."

Au Kouilou, la plupart de ceux qui sont devenus propriétaires terriens après la Conférence nationale de 1991, ont vendu ou vendent leurs terres. "Cet argent crée plus de problèmes qu'il n'en résout. Des familles se disloquent ou se retrouvent sans terres cultivables, observe Alain. Il poursuit, les jeunes qui rêvent de métiers dits luxueux (fonctions administratives, Ndlr) sont dans une misère grandissante. Enseignant à la retraite, mon père a estimé que je pouvais faire de notre terre une richesse inépuisable en la cultivant." En 2003, le père cède ainsi à son fils 50 hectares de ses terres.

"Aide-toi, le ciel t'aidera !"

Aujourd'hui, Alain Makosso travaille toute la journée dans ses champs. Il y est rejoint en début d'après-midi par son cadet Dieudonné Djembo. "Je soigne d'abord les chimpanzés à l'Institut Jane Goodall, puis je viens défricher ou sarcler", confirme ce dernier. Au quotidien, toutefois, les difficultés sont là. "On avance hectare par hectare. Il nous manque aujourd'hui, par exemple, de l'argent pour acheter des boutures de manioc", cite Alain. Des difficultés qui sont loin d'entamer sa détermination et sa patience : "Je sais que je ne gagne pas encore grand-chose, mais, ces derniers temps, j'entretiens ma famille avec les revenus des premières récoltes. Pour l'heure, seuls les palmiers à huile et les avocatiers ont commencé à produire, mais, c'est sûr, dans deux ou trois ans ça ira !"

Le cultivateur motivé entend consacrer une bonne partie de ses premiers revenus à augmenter sa production de manioc. Et, à terme, son plus grand souhait est de créer une coopérative pour conseiller aux jeunes de cultiver… l'esprit d’entreprise. "Attendre l'État, c'est bien. Mais, aide-toi, le ciel t'aidera ! Il est grand temps que les jeunes du Kouilou le comprennent !"

© Syfia - John Ndinga-Ngoma et Sylvie Viviane Messo


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