18/08/2017

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Gilbert Djombo Bomodjo :«Les problèmes de la Likouala viennent de Brazzaville»

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Le bilan mitigé de la municipalisation accélérée, l’échec de la mise en place de la fédération du Parti congolais du travail (PCT) et les interminables querelles entre originaires de la Likouala,

autant de questions qui ont été abordées par Gilbert Djombo Bomodjo dans l’interview exclusive qu’il a accordée au journal Le Patriote.

Le préfet de la Likouala dénonce la marginalisation de la base et des autorités déconcentrées dans la prise des décisions. Selon lui, la direction politique du Pct est responsable de la crise actuelle dans la Likouala. En tout état de cause, il a dit sa part de vérité sur les problèmes de son département. Le préfet Djombo Bomodjo salue par ailleurs les décisions de la concertation politique d’Ewo et se dit prêt à tout mettre pour leur application sans faille.

Avez-vous été ému par votre mise à l’écart de la tête de la Codel Likouala par la concertation?

Gilbert Djombo Bomodjo : Je suis subordonné aux actes de la République. En tant que commis de l’Etat, le préfet n’a ni le droit de se syndiquer, ni celui de revendiquer. Il a l’obligation d’appliquer toutes les décisions prises et entérinées par l’Etat. C’est une nouvelle expérience qui portera ses fruits.

Ne regrettez-vous rien?

G.D.B. : Je ne regrette rien. Ce n’est pas moi l’initiateur de l’acte qui faisait du préfet le président de la Codel. Le préfet se soumet. Il ne peut s’opposer aux décisions de la Nation.

Vous impliquez-vous dans l’application des décisions de la concertation d’Ewo?

G.D.B. : Les sous-préfets, les maires et les secrétaires généraux ont été édifiés dès notre retour des travaux. Il n’y a pas d’état d’âme dans la matérialisation de ces décisions.

Pourquoi les querelles refont-elles surface entre vous, fils de la Likouala?

G.D.B. : Les problèmes de la Likouala viennent de Brazzaville. Les cadres originaires de la Likouala, résident à Brazzaville, incapables de se faire élire là-bas, reviennent ici pour agiter leur tribu, leur clan ou leur famille.

A qui la faute?

G.D.B. : La faute incombe à la direction politique du PCT qui décide depuis ses bureaux à Brazzaville, sans consulter la base.

Croyez-vous que l’échec de la mise en place de la fédération PCT-Likouala a été fomenté à Brazzaville?

G.D.B. : Si j’étais consulté, j’aurais déconseillé à la direction politique d’envoyer des cadres autres que des originaires de la Likouala. Car ceux qu’on envoie connaissent mieux Brazzaville que le département. Les valeurs existent partout. Un originaire du Niari ou du Kouilou peut être envoyé ici. La direction politique est à l’origine de ce qui se passe dans la Likouala. Comme ici les gens réagissent violemment, voilà les résultats.

Que doit-on faire pour mettre en place la fédération PCT-Likouala?

G.D.B.: Il faut associer la structure locale à la prise des décisions. L’incident dont vous faites allusion s’est produit pendant que je prenais part aux travaux de la conférence des préfets à Dolisie. La déléga-tion aurait exclu les chefs de villages et les sous-préfets des instances. D’où les incompréhensions lors de la mise en place des bureaux. Comment le préfet est membre de la fédération alors qu’on y exclut le sous-préfet et le maire?? On évoque une note du ministre de l’intérieur qu’on n’a jamais présentée. En plus, pendant que ceux qui vivent au village souhaitent un consensus, les délégués optent pour le vote libre. Ce qui a été fait. Mais curieusement pour la mise en œuvre de la fédération, la délégation de Brazzaville refuse le vote au profit du consensus qu’elle avait refusé dans les localités.

A l’approche des élections, faut-il craindre de vivre ce qui s’est passé lors des législatives de 2007 ?

G.D.B. : C’est Brazzaville qui crée ces problèmes dans la Likouala.

Quelle est votre degré de responsabilité dans ce retour à la case départ?

G.D.B. : Je ne suis responsable de rien. Je n’ai jamais été consulté comme l’a fait votre journal Le Patriote. Je suis surpris par ce qui s’est passé. Si on met de côté ma qualité de co-fondateur du PCT pour ne pas me consulter, on pouvait quand même s’approcher du préfet que je suis pour s’imprégner de la situation sur le terrain. Je regrette cette façon de faire de la direction politique qui attend que les choses se gâtent pour recourir à monsieur le préfet.

Que doit-on faire pour que le PCT-Likouala ait des candidats de consensus ?

G.D.B. : Il faut d’abord interroger la base et éviter le diktat subjectif du sommet. Ce qui ne pourra se faire que si la procédure adoptée au congrès est appliquée. Consulter la base et présenter les résultats au sommet. Si on respecte les textes, on ne devrait pas avoir des problèmes. Il faut éviter le subjectivisme. Garant de la sécurité et la paix, je prendrai toutes les mesures pour que la Likouala connaisse une élection apaisée.

Que dites-vous à ceux qui croient que la municipalisation accélérée de la Likouala a échoué parce que les travaux ont été confiés aux originaires de la Likouala?

G.D.B. : L’échec d’Impfondo c’est toujours Brazzaville. Les coûts des ouvrages ont été arrêtés à Brazzaville. Vous avez des bâtiments qui coûtent moins chers à Impfondo qu’à Brazzaville. Vous constatez que des mesures ont été prises par le gouvernement et tous les chantiers ont repris. Il n’y a aucun originaire bénéficiaire d’un projet à Enyellé, Dongou, Bétou, Liranga, mais les travaux ont été arrêtés. Ceux qui avaient conçu les plans ne connaissaient pas le terrain. Aujourd’hui l’histoire me donne raison. Beaucoup me disent qu’il fallait des études préalables.

Pourquoi votre garde est-elle composée de Rwandais pour imposer ce que vous voulez?

G.D.B. : Je suis un des rares cadres qui a une garde hétéroclite, composée de Congolais de tous les départements. Aucun cousin, neveu ou oncle. J’ai écrit au commandant de zone pour m’affecter des gardes sans les choisir.

Pourquoi l’opinion qui vous traite de dictateur résiste-t-elle à l’épreuve du temps?

G.D.B. : Un préfet n’est pas un élu, mais un agent de répression. Il ne peut être aimé par ceux qui marchent sur la loi. Ils me traitent à tort de dictateur. Où est la dictature quand je mets en place un comité de gestion à l’hôpital après avoir constaté qu’il y a des asticots sur une table d’accouchement? Lorsque le gouverne-ment débloque 101 millions de francs, remet à un opérateur expatrié pour construire un pont depuis 2008 et qu’il n’a rien fait à ce jour ; quand je le fais arrêter on m’appelle dictateur ; je suis fier de l’être. Où est la dictature lorsqu’un agent des impôts détourne 15 millions de francs appartenant à l’Etat et que je fais arrêter ? Si appliquer la loi c’est être dictateur, une fois de plus je suis fier de l’être.

Rencontrez-vous assez de difficultés dans vos fonctions?

G.D.B. : Je suis responsable du plus grand et du plus enclavé des départements du Congo. Mais nous avons tous les mêmes montants de crédit alors qu’il y a des départements où un seul fût de carburant suffit pour faire la ronde des districts. Chez moi, il en faut 24. Ici un litre d’essence coûte 1500 francs CFA, chez les autres un litre coûte 495 francs. Il faut que les budgets tiennent compte des réalités de chaque département.

© Ernest Otsouanga


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