17/10/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Paul Adam Dibouilou : «L’État ne verse à Dolisie que 1.500 Francs CFA par habitant pour l’assainissement»

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Pas du tout adepte de la langue de bois, Paul Adam Dibouilou élu en 2008, dresse un bilan sans concession de l’assainissement dans sa ville Dolisie mais aussi partout au Congo.

Déçu, il se projette néanmoins, dans l’avenir, avec optimisme.

L’assainissement des villes laisse à désirer, comment cette question épineuse est-elle gérée à Dolisie ?

PAUL ADAM DIBOUILOU(PAD): La question de l’assainissement se pose effectivement avec acuité à Brazzaville, Pointe-Noire, Ouesso, Nkayi, Mossendjo et Dolisie qui regroupent 2/3 de la population du Congo. N’empêche la question concerne toute l’étendue du territoire et doit devenir une priorité pour les autorités. À Dolisie, dès notre arrivé à la tête de la municipalité en 2008, nous avions décrété : « Dolisie, ville propre ! Dolisie, ville sans sachets ! » et nous sommes très heureux parce que ce combat a abouti à un décret présidentiel interdisant l’importation des sachets. D’autre part, nous avons mis en place de petites brigades au niveau des quartiers qui ramassent les ordures et les déposent dans des déchèteries afin que les véhicules, à leur tour, passent les ramasser à des endroits bien identifiés. Il reste que la ville de Dolisie ne dispose des moyens conséquents au regard de son statut qui est hybride. Certains pensent que Dolisie est une petite ville parce qu’elle n’a que deux arrondissements, or c’est une ville plutôt grande qui compte près de 100.000 habitants.

Malheureusement le gouvernement, dans la dotation allouée aux villes, ne tient pas compte de cette réalité. Dolisie a la même dotation que les villes de Mossendjo (moins de 15.000 habitants), Nkayi (environ 50.000 habitants), Ouesso, etc. or, Dolisie, en termes de démographie et de superficie, est la troisième ville du pays, après Brazzaville et Pointe-Noire. L’assainissement ne se limite pas au ramassage des ordures. La question de l’assainissement est globale ! Cela consiste aussi à l’entretien et à la réhabilitation des routes endommagées pour une meilleure accessibilité, à construire des canalisations pour des eaux usées afin qu’elles soient conduites dans les déversoirs naturels. -Quant aux ordures, on a besoin d’incinérateurs. Nous pensons qu’on doit aussi nous donner les moyens de créer non seulement les déchèteries dans les quartiers, mais aussi de les ramasser et de les traiter. Ces produits traités permettraient de produire des engrains pour l’agriculture. L’assainissement exige des moyens financiers et matériels (véhicules, chargeurs, etc.). Mais la dotation du gouvernement à la ville de Dolisie est estimée à 1.500 FCFA par habitant. C’est insignifiant et depuis quelques années nous faisons un plaidoyer auprès du Président de la République et du gouvernement pour qu’on relève la dotation qui est allouée à la ville de Dolisie. Je signale néanmoins que le Chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso a décrété 2012 « l’année de l’assainissement » ce qui a amené le gouvernement a nous doter d’engins des travaux publics (niveleuses, chargeurs, camions bennes, compacteur et quelques camions vidangeurs).

Le mandat du conseil municipal de Dolisie s’achève bientôt, quel bilan tirez-vous?

PAD: C’est une question qui devait avoir une réponse par rapport au temps. Lorsque nous sommes arrivés en 2008, nous avons fait un état des lieux de la ville de Dolisie, le constat existe bel et bien. Cinq ans plus tard, on peut encore en faire un autre. La question de l’assainissement a été inscrite dans notre Plan quinquennal et aussi nous avons opéré un plaidoyer sur la question de l’état des routes. En dehors du réseau routier, d’environ 20.km de bitume, hérité de la municipalisation accélérée, les routes à l’intérieur des quartiers étaient fortement endommagées et difficiles d’accès ; il fallait donc penser à les réparer. Étant donné qu’un plaidoyer a été fait auprès du gouvernement pour l’acquisition d’une batterie d’engins afin de réparer les routes, c’est en 2009 que nous avons réceptionné ces engins. Pendant notre mandat, nous n’avons cessé de lancer des appels afin que la puissance publique soit assise avec la construction des sièges des administrations. Aujourd’hui, effectivement avec notre coup de pouce, on a parachevé le siège du Conseil départemental. Quant aux sièges de la Préfecture et de la Mairie de Dolisie, les travaux étaient arrêtés et nous avons fait un plaidoyer ; au stade actuel, les travaux ont repris et le bâtiment est en voie d’achèvement et d’être équipé. De même, pour le marché central que vous avez admiré, les travaux étaient interrompus depuis et nous les avons repris et achevés ; le marché a été inauguré. Aujourd’hui ces édifices font la beauté et la fierté de Dolisie. Par ailleurs, nous avons réfectionné la gare routière, qui était dans l’herbe, pour en faire un pôle économique important. ---Aujourd’hui, elle est la plaque tournante de Dolisie. Bref, nous avons donné à Dolisie le caractère d’une ville qui bouge avec la route reliant Pointe noire à Dolisie. Au regard de son caractère économique, nous ne cessons de congratuler le président de la République pour avoir vaincu le Mayombe. Ce qui fait de Dolisie une petite banlieue de Pointe-Noire. Nous faisons de Dolisie une ville attractive : aujourd’hui nous avons amorcé des jumelages avec des villes occidentales (françaises) et asiatiques comme Seoul. Le maire de Seoul est venu à Dolisie et pendant son séjour, il était fasciné par les réalisations en cours dans le pays. Sa visite nous a permis de mettre en place une médiathèque à Dolisie. Nous avons développé la Télé Dolisie ainsi que des unités de production.

Votre constat est cinglant!

PAD: J’ai encore des quartiers entiers où il n’y pas d’eau potable, pas d’électricité. Nous avons déjà écrit au ministère de l’administration du territoire et des grands travaux pour qu’il y ait, au niveau de notre ville, une table ronde pour identifier tous les problèmes qui minent le développement de la ville. Tenez, avec les sociétés qui s’implantent au fur et à mesure, nous aurons une explosion démographique, les gens voudront bien avoir de l’eau, accès aux routes,… Les cinq ans qui se sont écoulés ne m’ont pas permis d’achever ce que j’avais comme plan de développement. La décentralisation devrait être effective afin que les collectivités locales gèrent leurs lignes budgétaires parce qu’elles connaissent mieux les réalités du terrain. |

Propos recueillis par Wilfrid Diankabakana (AEM),Dolisie, Congo


 

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