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Chantier de la route Pointe-Noire/Dolisie : Crise entre les ouvriers de la base-vie de Moukondo et le patronat chinois

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Les travaux de la route nationale n°1 Pointe-Noire/Brazzaville, dans son premier tronçon, Pointe-Noire/Dolisie, longue de 164 km, exécutés par l’entreprise «China state construction engineering corporation Itd», sous la mission de contrôle d’Egis B.c.e.o.m international, sont perturbés, depuis le 1er avril 2011, par une grève des ouvriers de la section n°3 (Les Saras-Dolisie). Regroupés au sein d’un collectif syndical, ces ouvriers réclament le respect de l’accord de février 2011, signé avec le patronat chinois, pour un meilleur traitement. Mais, à la suite d’incidents qui ont émaillé ce mouvement de grève, le préfet du Niari, Jean-Pierre Lekoba, a publié un communiqué demandant à la société chinoise de renvoyer les travailleurs grévistes et de procéder à de nouveaux recrutements. Les grévistes ont promis alors de durcir leur mouvement.

Pour la seconde fois, un mouvement de grève perturbe les travaux du tronçon Pointe-Noire/Dolisie de la route nationale n°1. En effet, sur les deux mille ouvriers de la base-vie de Moukoundo, en charge de la section n°3 (Les Saras-Dolisie), mille cinq cents sont rentrés en grève, depuis le 1er avril dernier. Pourquoi cette brusque remontée de tension sociale?

Selon des informations recueillies à Dolisie, auprès des ouvriers grévistes, mais qui ont requis l’anonymat, ceux-ci reprochent à la direction de l’entreprise chinoise qui les emploie, le non respect de l’accord signé en février 2011, et qui vise un meilleur traitement en leur faveur.

En effet, en février dernier, les travailleurs de la base-vie de Moukondo avaient manifesté pour exprimer leur ras-le-bol devant les «traitements inhumains et dégradants» dont ils sont, selon eux, victimes au travail, de la part des patrons chinois. C’est le préfet du Niari, Jean-Pierre Heyko-Lekoba, qui avait pris les choses en main, pour faire revenir le calme. Il avait réuni les responsables du collectif syndical des travailleurs et les dirigeants de l’entreprise chinoise, pour des négociations qui avaient abouti à la signature d’un accord. Aux termes, de cet accord, la direction de l’entreprise chinoise s’était engagée à octroyer à chaque employé, avant le 1er avril 2011, un contrat de travail et une revalorisation à la hausse de la rémunération salariale. Car, les ouvriers de ce chantier se plaignent d’être sous-payés, alors qu’ils travaillent beaucoup. L’entreprise s’était, également, engagée à ne pas licencier les ouvriers, à cause de leur mouvement de grève.

Malheureusement, à la place des contrats de travail, la direction de l’entreprise chinoise a affiché, le 1er avril 2011, à la base-vie de Moukondo, une grille salariale conçue sans avis du syndicat. Dans cette grille, un ouvrier doit, par exemple, accomplir 173 heures de travail par mois pour gagner un salaire de base de 80.000 francs Cfa; il est renvoyé sans condition, pour une absence de deux jours justifiée ou non. En plus, depuis février, près de trente ouvriers ont été renvoyés, selon eux.

C’est ce qui a mis le feu aux poudres. Voyant la nouvelle grille à la place des contrats de travail qu’ils attendaient, et constatant que la direction de l’entreprise n’en fait qu’à sa tête, sans se soucier de leurs doléances, les ouvriers se sont mis en colère et ont décidé de débrayer, à partir du 2 avril.

Lundi 4 avril, une centaine d’ouvriers s’est rendue à la préfecture, à Dolisie, dans l’espoir de rencontrer le préfet ou une autorité préfectorale, pour solliciter une médiation, comme en février. Mais, les grévistes n’ont pas été reçus. Des policiers du Comus (Commandement des unités spécialisées) les ont dispersés, en tirant des balles réelles en l’air. Malheureusement, dans la débandade, il y aurait eu deux blessés légers, à la main et au pied, parmi eux. Des blessés par balles, disent-ils.

Pris de colère, ils se sont rendus, le lendemain, mardi 5 avril, dans la matinée, à la base-vie de Moukondo, où ils ont saccagé 74 véhicules (parebrises et vitres cassées, tôlerie endommagée) et engins de travaux publics, les ordinateurs et passé à tabac deux responsables chinois de leur entreprise. Ils ont ravi deux véhicules bennes, un porte-charge et une Toyota Hilux 4x4 double-cabine. Ils se sont rendus, ensuite, au tribunal de grande instance de Dolisie, où ils ont stationné les véhicules ravis et où ils ont demandé de rencontrer le procureur de la République. Dans l’après-midi, le préfet a rendu public, par voie des ondes, un communiqué (voir encadré) qui renvoie les travailleurs et autorise des poursuites judiciaires contre les auteurs de la casse à la base-vie de Moukondo.

A la suite de ce communiqué, les grévistes ont décidé de durcir leur mouvement de grève, dans l’objectif de trouver un règlement à la crise qui a éclaté à la base-vie de Moukondo. Mercredi 6 avril, le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, Raymond Mboulou, a atterri à Dolisie, où il s’est rendu pour s’enquérir des situations sociales qui prévalent dans la capitale de l’or vert. Il a présenté les excuses du gouvernement aux deux responsables chinois tabassés par les grévistes et promis d’assurer la sécurité des chantiers qui doivent se poursuivre. Il a demandé aux autorités locales d’organiser des rencontres citoyennes avec les populations, pour expliquer l’importance des chantiers.

Signalons que les présidents du Conseil départemental du Niari et communal de Dolisie ont entretenu, jeudi 7 avril 2011, les conseillers départementaux et municipaux, les cadres et chefs des quartiers pour les interpeller sur cette situation.

Joël NSONI (Sur les notes d’enquête à Dolisie d’Eric MAHOUNGOU-NZINGOU)

Département du Niari (Préfecture)

Communiqué

Suite aux dégâts constatés ce matin 5 avril 2011, à la base-vie de Moukondo, occasionnés par les travailleurs de la société chinoise C.s.g.e.c, qui ont détruit l’outil de travail, avec l’intention criminelle de donner la mort aux Chinois, par des actes de vandalisme et de pillage, stoppant ainsi le chantier de l’autoroute, projet cher au président de la République, Denis Sassou Nguesso, les travailleurs de cette société cessent de travailler à compter de ce jour, dans l’entreprise, laquelle est appelée à procéder à un nouveau recrutement, dès que la situation sera apaisée.

Les forces de l’ordre ont reçu des instructions fermes de retrouver tous les meneurs et casseurs, pour qu’ils rendent compte devant la justice, des actes qu’ils ont posés.

Le Préfet du Département du Niari

Jean-Pierre HEYKO-LEKOBA


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