23/03/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Le nord du Congo-Brazzaville enfin connecté ?

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Le département accuse de lourds déficits en eau potable, en électricité, en transports… mais il s'équipe et dispose enfin de quelques grands axes bitumés. Photos.

En matière d’infrastructures de base, la Sangha part de loin. Les choses sont cependant en train de changer, à commencer par les transports. Le bitumage du tronçon de 190 km de la route nationale 2 (RN2) depuis la rivière Mambili, dans le sud du département, jusqu’à Ouesso, dans le nord, a permis de désenclaver le département en le reliant au reste du pays, en particulier à Brazzaville. Quand le tronçon de la RN1 entre Brazzaville et Dolisie sera achevé, il sera enfin possible de rouler depuis Ouesso jusqu’au port de Pointe-Noire, situé 1 300 km plus au sud, sur l’Atlantique.

Deux autres projets vont contribuer au désenclavement de la Sangha et à la connexion du Congo avec ses voisins du Nord. L’un porte sur le bitumage de la route est-ouest (RN14) entre Ketta, Sembé, Souanké et Ntam, ville à la frontière avec le Cameroun. Le tronçon Ketta-Sembé est déjà réalisé, et les 140 km entre Sembé et Ntam devraient être achevés d’ici à la fin de 2016. Deuxième projet : la construction d’une nouvelle route qui reliera Ouesso aux villes de Makao et d’Enyelle (dans le département voisin de la Likouala), jusqu’à la frontière avec la Centrafrique.


« La mise aux normes de l’aéroport de Ouessso va permettre d’accueillir des Airbus A340-300 »

Toujours côté transports, la mise aux normes internationales de la piste de l’aéroport de Ouesso va permettre d’accueillir des Airbus A340-300. Enfin, le port fluvial de la ville a été doté d’un nouveau linéaire de quai de 120 m. Toutefois, il n’y aura pas d’augmentation du trafic, à moins d’engager d’importantes opérations de dragage sur la Sangha et, en aval, sur le fleuve Congo – ce qui n’est pas prévu.

La fourniture d’électricité reste un réel problème. À Ouesso, elle est assurée par la Société nationale d’électricité (SNE), qui dispose d’une centrale thermique de 3 MW. « Le courant est stable, mais il n’est disponible que de 17 heures à 23 heures », explique Roland Gadoua-Ikama, le directeur de la SNE-Ouesso. À Pokola, la Compagnie industrielle des bois (CIB, lire p. 86) s’est équipée début 2015 d’une centrale de cogénération alimentée par les déchets ligneux des scieries. Elle est dotée d’une puissance de 4,1 MW, dont plus de la moitié sert à l’activité industrielle et le reste à alimenter la commune : l’électricité est gratuite pour les familles des salariés de l’entreprise et les autres doivent payer le raccordement au réseau et la consommation d’électricité (dont les prix sont subventionnés).

Améliorations


Ailleurs, seuls les groupes électrogènes et les installations solaires procurent de l’électricité à un petit nombre d’habitants. À partir de 2017, la situation devrait s’améliorer avec la mise en service de la centrale hydroélectrique de Liouesso (19,5 MW), qui alimentera Ouesso et Mokéko. Dans le cadre du programme de municipalisation accélérée, l’État a prévu d’équiper les autres villes de groupes électrogènes.

Pour augmenter l’offre en eau potable, une usine de traitement et un château d’eau supplémentaires sont en construction à Ouesso, et le projet « Eau pour tous », lancé par l’État en 2013, équipe progressivement les villages de stations de forage et de traitement fonctionnant à l’énergie solaire. Des actions à renforcer.


Du côté de la téléphonie mobile, la 3G est disponible dans une partie du département et, pour l’internet, la fibre optique est arrivée à Ouesso (le réseau est en cours d’installation). Dans le cadre du Central African Backbone, qui prévoit le maillage en très haut débit des États de la Cemac, « la ville est appelée à devenir une plate-forme numérique entre le Congo, le Cameroun, le Gabon, la Centrafrique et le Tchad », souligne Ben Bodzock Touazock, directeur de l’antenne départementale de l’Agence de régulation des postes et communications électroniques. Encore faudra-til que, au-delà des smartphones, l’usage des ordinateurs se généralise dans le département, au moins parmi les jeunes.

Muriel Devey

Source JA


 

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