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Département de la Lékoumou : Nelly Mouloumou donne le goût de l’hôpital aux Pygmées (1)

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Nelly Mouloumou est la première infirmière et vaccinatrice pygmée du Centre de santé intégré de Mayéyé, dans le département de la Lékoumou, à 350 km à l'ouest de Brazzaville. Présidente d’une association, elle est un exemple pour les membres de sa communauté comme pour les Bantous.

"La première fois que j'ai porté une blouse blanche et travaillé au service de la population sans qu'on tienne compte de l'ethnie de l'un ou de l'autre, je n'en revenais pas", se souvient avec joie Nelly Mouloumou, encore surprise de son accueil par les malades et le personnel soignant. Depuis 2004, Nelly est la première autochtone infirmière et vaccinatrice au Centre de santé intégré (CSI) de Mayéyé, localité située à environ 350 km à l’ouest de Brazzaville dans le département de la Lékoumou.

Encouragée par ses collègues, cette énergique femme de 39 ans, célibataire et mère de trois enfants, tient bon face aux railleries de quelques malades : "Je ne peux pas me faire traiter par un 'Mubongo' (Pygmée, en kituba, Ndlr)". "Certains vous regardent avec dédain, mais je les affronte de face. Même dans ma communauté, certaines personnes ne me voient pas d'un bon œil, car je suis contre les paresseux qui aiment tendre la main et ternissent l'image d'autochtone." Nelly n’a jamais fréquenté une école de santé, mais, formée aux soins infirmiers par le chef du CSI, un Bantou, elle a vite appris les rudiments du métier et est devenue son assistante. "Au début, j'avais des difficultés à comprendre certains termes médicaux, mais les amis et le chef m'ont beaucoup aidée", explique-t-elle, modeste.

Courageuse et déterminée dans son travail, elle fait l’honneur de sa communauté et attire des membres de celle-ci vers le CSI. "Les Pygmées fréquentent de plus en plus notre centre de santé, surtout ceux qui sont dans les villages faisant parti du district de Mayéyé. Ceux des campements reculés en forêt ne viennent se faire consulter que pour des interventions chirurgicales ou s'il y a des complications lors d'un accouchement", observe Antoine Mboungou, chef du CSI.

"Se faire une place par le travail"

Avant, les Pygmées se soignaient souvent avec des plantes médicinales. Avoir un des leurs employés à l’hôpital leur redonne espoir et dignité. "Quand j'étais là-bas, maman Nelly ne cessait de venir me demander comment j'allais et était très attentionné avec mon bébé", se souvient Marie Batetana, qui a accouché en mars dernier d’un petit garçon. Pour Antoine Mboungou, Bantous et Pygmées ont les mêmes droits : "Médecins et infirmiers qui ont prêté serment ne devraient pas regarder les clivages ethniques avant de recevoir ou de traiter la population." Depuis l’arrivée de Nelly au CSI, le comportement de certains personnels de santé a changé. Tous les malades sont désormais traités sans préjugés.

Pour ne pas en rester là, avec des amis de son quartier Indoungou à Mayéyé, Nelly a crée en 2010 l’association Essayons Voir. Cette ONG compte aujourd'hui 50 adhérents. "Nous nous sommes regroupés pour être plus solidaires et faire face à n'importe quelle situation qui pourrait survenir dans la communauté", fait savoir la dynamique fondatrice et présidente. A ce jour, l'association a placé en apprentissage six jeunes filles pygmées dans des ateliers de couture tenus par des Bantous et cultive le manioc sur un champ de plus de deux hectares.

Autant d'actions qui contribuent à faire voler en éclats le complexe d'infériorité qui paralysait jusque là certains. "Un grand pas a été franchi. Il y a de plus en plus de jeunes Pygmées à l'école primaire et au collège. Certains veulent être comme Nelly…", se réjouit l'intéressée, ravie que son exemple et celui de certains cadres puissent servir de tremplin. Elle conclut : "C'est par le travail que l'autochtone peut se faire une place dans la société et être traité d'égal à égal avec le Bantou. Il faut inciter les jeunes à étudier !"

© Marien Nzikou-Massala

(1) Peuples autochtones


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