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Brazzaville : Le retour des prisonniers politiques

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Sans titres de détention, jamais auditionnés ni inculpés, mais bientôt 2 ans qu’ils croupissent à la Maison d’arrêt ! Depuis 2013 qu’ils sont détenus à la Maison d’Arrêt, deux procès d’envergure ont eu lieu à Brazzaville, ceux du 4 Mars 2012 et du 16 Décembre 2013, sans que leurs affaires n’aient été inscrites au rôle.

En des termes plus explicites, la Cour Criminelle a siégé à maintes reprises sans juger l’incroyable affaire de déstabilisation des Institutions par Hilaire Mountault et Jean Martin Mbemba pour laquelle ont été incarcérés Jean Claude Mbango, Samba Mountou Loukossi, Ismaël Mabary, Souami Eric Régis (mort à la Maison d’Arrêt), Massamba Roland Fortuné, Malela Jean Jacques et Bouassi Belge Armand. Mais aussi, celle sans preuves, de l’achat d’armes de guerre par le Commandant Pinkinza.

Jean Pierre Makosso

Le dossier honteux de la déstabilisation des Institutions par Hilaire Mountault, Médiateur de la République, ressemble aujourd’hui à une patate chaude que les magistrats ne veulent pas toucher au risque de se brûler les doigts. En effet, on peut prêter des velléités présidentielles à tous les congolais, mais pas à Hilaire Mounthault, qui a aujourd’hui plus ou moins 80 ans (donc qui est exclu par la Constitution), qui n’est pas un homme politique actif et n’est pas en contact direct avec les populations. Qui plus est, affaibli par le poids de l’âge, c’est sans compter avec les maladies de vieillesse. Toutefois, à son sujet, la rumeur brazzavilloise distille l’information selon laquelle, depuis plusieurs années, il sollicite un tête-à-tête avec le Président de la République qui n’en a que faire. Un grand froid se serait ainsi invité entre les deux hommes. Et pour cause ?

Dans ce complot monté de toute pièce par les services, les enquêteurs ont eu l’outrecuidance d’impliquer un autre vieillard (75 ans révolus), Maître Jean Martin Mbemba qui, en sa qualité d’ancien Ministre de la Justice et Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, ne peut en aucun cas mouiller dans ce genre d’affaires. Pensez-vous un instant que Jean Martin Mbemba peut troquer sa réputation d’homme de la loi et de défenseur des Droits de l’homme contre celle d’un putschiste ? Le peuple congolais qui n’est pas dupe sait pertinemment que cette affaire est un véritable canular sorti des laboratoires de la DGP et de la DGST. Ce dossier pue abondamment la politicaillerie et l’amateurisme. Le pouvoir, une fois de plus, a agi comme au temps du monopartisme d’Etat. Mais il convient de dire dans cette affaire, que le doigt accusateur que le pouvoir pointe aujourd’hui sur Jean Martin Mbemba était prévisible. En effet, les relations de ce dernier avec Denis Sassou-N’guesso sont au plus bas depuis un certain temps. Selon des informations recoupées, suite aux nombreuses violations des Droits de l’Homme constatées dans l’enquête du 4 mars, Jean Martin Mbemba avait adressé une lettre de protestation à Denis Sassou-N’guesso. Sur ces entrefaites, le locataire du Palais du peuple n’était pas allé par quatre chemins pour tenir à l’endroit du Président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme des propos du genre : « tu me provoques ? ». Cette affaire couplée à celle où Mbemba aurait opposé une fin de non-recevoir à Sassou lorsque ce dernier lui demandait de suspendre le salaire de Massengo Tiassé, et bien d’autres encore, ont contribué à détruire les relations des deux hommes. Ceci étant dit, l’affaire farfelue de déstabilisation des Institutions par Hilaire Mountault et Jean Martin Mbemba amuse plus d’un congolais tant le caractère revanchard du pouvoir y est visible même aux yeux des abrutis.

Pour la petite histoire

Tout commence par une affaire de transport de cercueils par Monsieur Jacques Malela, à l’époque où il était chauffeur à la Primature. Les cercueils appartenaient à Monsieur Mahoungou Tekanima, ancien DAF d’Isidore Mvouba. Pour ladite mission de transport, Monsieur Mahoungou Tekanima aurait vendu du rêve à Jacques Malela. Les promesses n’ayant pas été tenues, les choses tourneront au vinaigre. Ainsi, Jacques Malela alla solliciter main forte auprès d’un ami, à qui il devait à son tour de l’argent, le nommé Massamba Fortuné, Derick de son petit nom d’ex-combattant. Le deal fut donc conclu comme ceci : « tu m’aides à récupérer mon argent chez le DAF, je te paye ta dette et y ajoute quelques intérêts ». Les deux hommes se mirent alors à l’œuvre pour entrer d’autorité en possession de l’argent que Mahoungou Tekanima devait à Jacques Malela. La tentative de recouvrement de ladite dette, par Messieurs Jacques Malela et Massamba Fortuné dit Derrick, en plein jour, au domicile de Monsieur Mahoungou Tekanima, sera présentée, par ce dernier, aux services de Police, comme un braquage à main armée. Ce qui donnera lieu à l’interpellation de Massamba Fortuné et de Jacques Malela par le Colonel Samba Benoît, commissaire central de Police du premier arrondissement, Makélékélé.

Des armes qui devaient soi-disant servir au plan de la déstabilisation des Institutions

Pour obtenir des deux infortunés, les armes ayant aidé au présumé braquage, la police fera usage de la torture. Et sous le coup de cette pratique prohibée par l’Humanité toute entière, les noms de Maître Samba Mountou Loukossi (Huissier de Justice de son état) et de Souami Eric (Gendarme mort en détention dans le cadre de cette affaire), apparaîtront dans le dossier. Il ressortira donc des aveux extorqués par la violence et la torture, que les armes ayant servi au supposé braquage avaient été fournies, soit par Maître Samba Mountou Loukossi, soit par Souami Eric. Le premier, membre de l’UP, parti politique de Jean Martin Mbemba et candidat malheureux à Mindouli aux Législatives de 2012. Le deuxième, chef de la compagnie des gardes du corps et du domicile de Jean Martin Mbemba. Que les dites armes fournies par ces gens, et d’autres, devraient au finish servir à la déstabilisation des Institutions dans le fameux complot contre la République ourdi par Hilaire Mountault et Jean Martin Mbemba pour lesquels, le Colonel Jean Claude Mbango recruterait des ex-combattants.

Samba Mountou Loukossi

Après une enquête sur le numéro de téléphone de Massamba Fortuné alias Derick, la police se rendra compte que l’huissier de Justice, Maître Samba Mountou Loukossi, membre de l’Union pour le Progrès (U.P) de Maître Jean Martin Mbemba, était l’un des correspondants favoris de Derick. Au lieu de croire à une relation simplement professionnelle entre les deux hommes, la Police établira un lien entre Jacques Malela, Massamba Fortuné et Samba Mountou Loukossi d’une part, et entre ces trois derniers avec Maître Jean Martin Mbemba d’autre part. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, au Congo-Brazzaville, une haute autorité peut être incriminée après un parcours du tracé téléphonique d’une tierce personne, avec laquelle il n’a pas de lien, mais qui entretient des relations avec un militant de son parti politique. Génial ! Au demeurant, quelle autorité dans ce pays peut avoir le contrôle et la maîtrise des relations qu’entretiennent ses militants à la cité ?

C’est donc dans ces conditions que Maître Samba Mountou Loukossi a été arrêté le 31 Mars 2013 à son domicile à Makélékélé. Amené d’abord à 17h au Commissariat du Pont du Djoué où il sera torturé. Déplacé le lendemain à 2h du matin en direction du Commissariat de Makélékélé où il connaîtra à nouveau la torture. Le 1er Avril 2013, il sera encore déplacé au Commissariat de Diata où il subira une autre torture des mains d’un certain Mouanga et du chauffeur du Colonel Samba Benoît. Après le PSP de Diata, il sera transféré au Commissariat de Ouenzé et de là, à la DGST, à la merci d’autres tortionnaires.

Le Colonel Jean Claude Mbango

Ancien Directeur Départemental de la Police au Pool, le Colonel Jean Claude Mbango a été écroué à la Maison d’Arrêt de Brazzaville dans le cadre de cette même affaire. Comme à son habitude, il fallait coûte que coûte que le pouvoir trouve à Maître Jean Martin Mbemba et Hilaire Mountault, un Officier supérieur auxquels ils seraient liés et qui gérerait l’aile militaire du présumé coup d’Etat. En cela, la DGP et la DGST n’avaient pas trouvé mieux que Jean Claude Mbango qui, depuis toujours, a de bonnes relations avec Jean Martin Mbemba et des antécédents avec Jean François Ndengue. Selon certaines indiscrétions, au sortir de la guerre de 1997, à l’époque où Pierre Oba était ministre de l’intérieur, Jean Claude Mbango aurait boxé Jean François Ndengue, à Pointe-Noire, à l’ex hôtel Mbou Mvou Mvou. Un acte que le patron de la Police n’a vraiment jamais pardonné. Ainsi, après avoir été mis KO par quelques uppercuts venant de Mbango, visage renfrogné, Ndengue aurait lâché : « tant que ce pouvoir sera le nôtre, qu’il appartiendra aux mbochis, et tant que tu resteras un pauvre batéké, je te le ferais payer tout le long de notre règne ». L’arrestation de Jean Claude Mbango ne s’inscrit-t-elle pas dans le cadre d’un règlement de compte que dans l’affaire traficotée de déstabilisation des Institutions par Hilaire Mountault et Jean Martin Mbemba ? S’interroge-t-on à Brazzaville. Par conséquent, il sera arrêté le 13 Juin 2013 à son domicile, placé à la DGST pendant quelques mois, transféré, avec les détenus précités, à la Maison d’Arrêt Central de Brazzaville. Il sera déporté à Ouesso, puis reconduit à la Maison d’Arrêt de Brazzaville pour des raisons de santé.

Jusqu’à ce jour, le Colonel Jean Claude Mbango n’a jamais été auditionné ni inculpé par le Doyen de Juge d’Instruction. Et pour cause, une fois à la Maison d’Arrêt, en sa qualité d’Officier de police judiciaire, il avait aussitôt déposé plainte auprès du même Doyen des Juges pour signaler l’irrégularité de la procédure, les graves et flagrantes violation de la loi et des Droits de l’Homme dans ce dossier, notamment, le recours à la torture pour extorquer des aveux qui l’incriminaient. Cette plainte est restée sans suite. Tandis que, le Doyen des Juges d’Instruction, lui, voulait et veut toujours instruire le dossier sur la base d’une enquête de police biaisée, menée au mépris des textes et règlements en vigueur et susceptible d’occasionner la condamnation de Jean Claude Mbango. D’autant que la Justice congolaise à la solde du pouvoir, prend pour de l’évangile les versions des faits venant de la DGP et de la DGST.

Ismaël Mabary

Cet Adjudant, travaillant à la Brigade de Recherche de la Région de la Gendarmerie, se tourne aujourd’hui les pouces à la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Son tort, c’est d’avoir accepté, de sa hiérarchie, la mission de rechercher un autre gendarme commis à la garde de Me Jean Martin Mbemba, le Maréchal de Logis chef, Souami Eric. Lequel avait été interpellé, le 06 Avril 2013, dans le cadre de l’affaire Mbemba et Mounthault et, était considéré comme porté disparu, par sa famille et la Gendarmerie. Sur ces entrefaites, Ismaël Mabary se rendit dans les commissariats de toute la ville de Brazzaville et à la DGST,

où on ne lui avait rien dit alors que Souami Eric y était bel et bien incarcéré. A partir de cet instant, les agents de la DGST avaient commencé à le fliquer. Ayant été mis au parfum des liens amicaux et relation professionnelle que l’Adjudant Ismaël Mabary entretenaient avec le défunt Souami Eric, paix à son âme, ces derniers crurent qu’il pouvait savoir des choses sur l’affaire Hilaire Mounthault et Jean Martin Mbemba. Quelques jours après, précisément le 18 Avril 2013, la DGST demandera au Commandant de la Gendarmerie, la comparution, dans ses locaux, au titre d’un témoignage, d’Ismaël Mabary. Le Commandant de la Gendarmerie prendra tout de même la précaution de faire accompagner Ismaël Mabary d’un supérieur au grade de Capitaine. Arrivé dans les locaux de la DGST, ce dernier se verra refuser l’accès dans la salle d’audition et contraint de quitter les lieux. C’est ainsi qu’à sa surprise et son grand déplaisir, Ismaël Mabary fut introduit dans le dossier Mbemba et Mounthault. D’autres étiquettes lui furent également attribuées, comme celle de beau-frère du Colonel Marcel Ntsourou ou encore de gendarme en faction à la Maison d’Arrêt, préparant, avec d’autres collègues gendarmes, un coup de force pour la libération du Colonel Marcel Ntsourou, à l’époque où ce dernier y était incarcéré suite à l’affaire du 4 Mars. A l’observation, toutes ces accusations gratuites n’étaient destinées qu’à alourdir le dossier de l’Adjudant Ismaël Mabary. D’autant que, selon des sources dignes de foi, l’intéressé n’a aucun lien de parenté, ni de près ni de loin avec le Colonel Ntsourou. Du reste, il n’a jamais de sa vie travaillé à la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Après son arrestation, s’ensuivront chaque jour pour lui, de 22h à 5h 30mn, des tortures à la DGST et vers le Pk 45, où il était nuitamment acheminé tout en étant cagoulé et menotté et où il rentrait toujours imbibé de sang. Au moment des séances de tortures, les tortionnaires de la DGST avaient coutume de lui confier ceci : « ici à la DGST, si on veut vous tuez, on vous tue. Le ciel ne tombera pas. Ici, même la justice ne peut rien ». C’est pendant ses auditions qu’il apprit à ses dépens l’existence de 400 PMK saisis qui devraient aider au renversement des Institutions. Des armes qui n’ont jamais été versées, comme scellés, au dossier Mbemba et Mountault.

De même, on n’a jamais présenté à Ismaël Mabary, ni à la DGST ni à la Maison d’Arrêt, ses collègues gendarmes avec lesquels ils organisaient soi-disant l’évasion du Colonel Ntsourou. Au moment où nous mettons sous presse, l’Adjudant de Gendarmerie, Ismaël Mabary, se trouve en état de santé précaire et sans assistance à la Maison d’Arrêt de Brazzaville. En attente depuis 2 ans d’être jugé et libéré par la Justice de son pays.

Une procédure judiciaire pour le moins surprenante

Le comble en l’affaire, dans cette procédure judiciaire de déstabilisation des Institutions, est que les deux personnes présentées comme les principaux auteurs, Maître Jean Martin Mbemba et Hilaire Mountault, sont libres de tout mouvement et continuent à exercer leurs fonctions d’Etat. Le premier a même pu se rendre en France où il est en train de se soigner et sera de retour d’ici peu à Brazzaville voir de ses propres yeux jusqu’où le pouvoir ira avec cette affaire qui a déjà fait un mort. Vous conviendrez avec nous que si cette affaire était réellement fondée, comme les services l’ont fait croire à ses débuts, Hilaire Mounthault et Jean Martin Mbemba auraient été depuis longtemps mis sous clés à la Maison d’Arrêt et le matalana Jean François Ndengue, qui affectionne les feux de la rampe, aurait saisi la balle au bond pour présenter, et les armes retrouvées, et les comploteurs à la Presse. Selon toute vraisemblance, l’homme visé dans ce dossier, était le Colonel Jean Claude Mbango. Voilà qui est fait à présent. Il subit aujourd’hui le même sort que le Colonel Marcel Ntsourou du fait des mêmes personnes. D’autant qu’on note dans ce dossier : l’absence totale de mandats de dépôts pour les accusés, de titres de détention, l’absence de réquisition de saisine du Juge d’instruction émanant du Procureur de la République, l’absence de toute notification d’inculpation aux personnes détenues, l’absence des scellés des armes qui auraient servi au braquage du domicile de Mahoungou Tekanima et ensuite serviraient au complot contre les Institutions, et ce, au-delà des tortures des détenus et perquisitions illégales tous azimuts. Aucune liste des personnes recrutées à cette fin n’a été fournie. Les chefs d’accusation pour lesquels ils seraient retenus sont : vol à main armée, détention illégale d’armes (des armes fantômatiques), atteinte à la sureté intérieure de l’Etat (qui n’a jamais été prouvée), complicité et association de malfaiteurs (alors que pour certains ils ne se sont jamais connus avant cette affaire). Super ! Tout ceci prouve que ces personnes sont détenues arbitrairement à la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Sans plus aucun doute, ce sont des prisonniers politiques. Or, la Conférence Nationale avait aboli l’existence au Congo-Brazzaville, de prisonniers politiques. Maintenant, si ce n’est le cas, au nom de quelle Justice les magistrats maintiennent-ils en détention ces gens, au point de faire fi des délais légaux de détention préventive, qui ne peuvent excéder six (6) mois ? Nous avons appris, dans les allées du Palais de Justice, que c’est à présent que les magistrats veulent régulariser les tritres de détentions de tous ces gens. A ce propos, quelles conséquences tireront-ils du temps, soit près de 2 ans, que ces pauvres gens ont déjà passé à la Maison d’Arrêt ? Ce genre de complot venant de la police politique, on peut comprendre, mais pas quand même de la Justice qui est le dernier rempart des citoyens et qui se doit d’être exemplaire !

Le Commandant Mpikinza

Bien que proche collaborateur de Marcel Ntsourou, le Commandant Pikinza n’a pas été cité dans l’affaire du 16 Décembre 2013. Parce que, déjà arrêté par les services avant ces événements et déporté à la Maison d’Arrêt de Ouesso, avant d’être ramené à la Maison d’Arrêt de Brazzaville, le 14 Avril 2014, pour soi-disant achat d’armes de guerre pour le compte de l’ancien Colonel Marcel Ntsourou. Le malheur dont-est victime le Commandant Mpikinza aujourd’hui, commence lorsqu’il est cité à tort dans l’affaire du 4 Mars 2012. Au même titre que le Colonel Sahousse et d’autres Officiers, il sera innocenté dans cette affaire par la Cour Criminelle le 10 Septembre 2013. Un mois après, le 14 Octobre 2013 à 14h, il sera enlevé à hauteur de la rue Moundzombo, à Moungali, à coup de rafale de PMAK, par le GRB, conduit par Monsieur Sabin et autres. Son chauffeur, Kikeni Prudent, y compris un passant, étaient touchés par balles. Le Commandant Mpikinza sera menotté, cagoulé, torturé, jeté dans une BJ comme une vulgaire personne puis conduit à la DGST où le Chef de cette opération, le DGP, Jean François Ndengue, l’attendait dans la cour. Il sera déshabillé sous les ordres du Général Ndengue et tel qu’il était, menotté les mains derrière, cagoulé, sera conduit à son domicile familial et exposé nu devant ses enfants et sa femme. A sa grande surprise, le 15 Octobre 2013, à la DGST, au cours d’une audition nocturne menée par l’officier à qui l’enquête avait été confiée, le Colonel Atipo Etou, on lui présentera Monsieur Ngampio Okili, un petit que le Commandant Mpikinza utilisait pour ses missions de femmes, comme celui qui lui avait vendu des armes ! Et comme sait le faire le pouvoir, c’est-à-dire, emprisonner dans un luxe toute personne qui l’aide dans son complot, Ngampio Okili sera chouchouté dans le VIP de la DGST pendant que le Commandant, lui, sera placé dans une cellule de fortune, sans latrines ni douches. Le 24 Octobre, ils seront tous deux présentés devant le procureur de la République, en face duquel, Ngampio Okili avouera qu’il avait été approché par Sabin et Schoupé, deux collaborateurs de Ndengue, pour qu’il cite son grand, le Commandant Pikinza, dans une affaire de trafic d’armes avec à la clé quelques promesses. On lui aurait même remis des armes pour piéger le Commandant Mpikinza. Malgré ces aveux du jeune Ngampio Okili, le Procureur de la République avait ordonné qu’il soit placé à la Maison d’Arrêt.

Incroyable mais vrai

Le 31 Décembre 2014, monsieur Okili Ngampio, civil et vendeur présumé d’armes de guerre, qui aurait pu être incarcéré en sa qualité de complice et fournisseur du Commandant Mpikinza, sera libéré nuitamment de la Maison d’Arrêt de Brazzaville. Sans doute parce que la véritable personne visée par tous ces coups bas, le Colonel Marcel Ntsourou, venait d’être arrêté le 16 Décembre 2013, après un affrontement sanglant. Le Commandant Mpikinza quant à lui, est resté en prison jusqu’à ce jour avec un dossier, du point de vue juridique, totalement vide. Aucune preuve de l’achat d’armes, aucune arme de guerre saisie, aucun numéro d’arme vendu, aucun document signé lors de ladite vente, aucun témoin ayant assisté à la vente, ne sont présentés dans cette affaire. La perquisition, le jour même de son arrestation, à son domicile familial, s’était révélée infructueuse quant à la détention illégale d’armes de guerre qui lui était reprochée. Le procès n’a jamais eu lieu et visiblement n’aura jamais lieu, alors qu’il s’agissait d’une procédure de flagrance, procédure selon laquelle, les accusés sont immédiatement jugés au cours de la prochaine audience. Cette affaire n’a jamais été instruite par un juge d’instruction et depuis près de 2 ans que le Commandant Mpikinza a été admis à la Maison d’Arrêt, il n’y a pas de titre de détention pour lui et il n’a jamais été appelé au Parquet. En violation de l’article 108 du Code de Procédure Pénale qui stipule : « Toute personne arrêtée en vertu d’un mandat d’amener, qui a été maintenue pendant plus de 72 heures dans la Maison d’Arrêt sans avoir été entendue est considérée comme arbitrairement détenue ».

Guy Milex Mbondzi


 

 

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