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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

Existerait-il une mafia des routes ?

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Les nouvelles routes construites ces derniers temps dans Brazzaville étonnent non pas par leur prétendue beauté, mais en raison de la brièveté très prononcée de leur vie. A peine construites certaines de ces routes présentent un état de dégradation accéléré tel qu’il nécessite déjà des interventions rapides. La récurrence de ces dégradations sur presque toutes les routes nouvellement construites conduit à s’interroger sur la fiabilité des entreprises adjudicataires et plus encore celle des missions de contrôles.

Cependant le fait que ce sont les mêmes entreprises à qui l’on continue de faire confiance en leur attribuant des marchés nouveaux en dépit des précédents fait douter cette pratique de nature à alimenter toutes les spéculations possibles. Et apparemment c’est ce qui se produit.

Il suffit de sillonner la capitale pour s’apercevoir que la plupart des routes nouvellement construites ou réhabilitées sont parsemées de nids de poules et ceci au bout seulement d’un an, souvent moins après les travaux. C’est notamment le cas du boulevard Denis Sassou N’Guesso à hauteur du siège du quotidien Les Dépêches de Brazzaville. Les trous qui y ont fait leur apparition donnent l’impression d’une voie longtemps abandonnée. Pourtant ce tronçon s’étendant jusqu’à la station Total vers Mpila venait de subir son énième traitement. Hélas?! Moins d’un an après, les conducteurs de véhicules qui empruntent cette voie sont tenus de slalomer pour éviter de tomber dans des trous béants et d’abîmer la boîte de vitesse, les amortisseurs ou les transmissions de leur voiture. Il en est de même concernant le point d’intersection entre les avenues des trois martyrs et Marien Ngouabi non loin du rond-point de la paix à Moungali ou encore l’avenue Maya-Maya entre la rue Mbochi et celle des trois martyrs au Plateau des 15 ans. Les dernières pluies ont réduit à néant les travaux effectués auparavant. Une profonde et large mare s’est une fois de plus formée à cet endroit mordant gravement sur la deuxième voie au point d’obliger les usagers à serrer beaucoup plus à gauche de celle-ci. Là également, il faudra refaire le même travail d’autant qu’on ne peut laisser en l’état cette voie.

On peut mentionner d’autres exemples symptomatiques de cette pratique qui caractérise les constructions des routes à Brazzaville et on n’en finirait pas.

Des garde-fous inopérants

Le moins qu’on puisse dire est que cette pratique suscite de plus en plus d’indignation dans l’opinion qui ne s’explique pas cette situation d’autant qu’apparemment des garde-fous ont été mises en place afin d’avoir des routes viables. Au nombre d’entre à la nature de l’offre telle qu’acceptée mais aussi aux normes en matière de construction des routes. A la lumière de la réalité sur le terrain, toutes ces précautions semblent inopérantes et pour tout dire inefficaces. L’Etat continue de dégager des ressources importantes pour les mêmes dépenses souvent quatre, voire cinq fois de suite mais toujours en vain. Cependant pas pour le trésor public qui est obligé de se saigner en raison de ces routes qu’il faut toujours refaire chaque année. Car aux ressources destinées à boucher les nids de poules, il faut ajouter celles ayant servi à la construction de la route elle-même.

Un gaspillage qui ne dit pas son nom

Quand on songe que dans notre pays, ainsi que le laissent croire certains spécialistes de la question, un kilomètre de bitumage de la route coûte à l’Etat des sommes pharamineuses, on ne peut que demeurer effaré devant le spectacle qu’offrent les routes de la capitale. Mais plus encore on est indigné pour ce qui paraît comme un laxisme de la part des structures dont la mission est de veiller à la qualité des travaux. La mise en œuvre scrupuleuse de la feuille de route qui leur est soumise à la conclusion du marché aurait pu épargner bien des désagréments tant aux usagers qu’aux finances publiques. Le hic est que ces ressources qui continuent d’être déversées pour les mêmes dépenses constituent un facteur de retard pour le pays dans sa marche vers la réalisation de ses ambitions. Il n’est un secret pour personne que le président de la République, Denis Sassou N’Guesso affiche l’ambition légitime de conduire le Congo à intégrer le cercle fermé des pays émergents à l’horizon 2025.

Dans cette optique le chemin d’avenir constitue une véritable rampe de lancement de cette ambition. Mais pour qu’il en soit effectivement ainsi, il lui faut des ressources importantes pour sa traduction dans les faits. Dès lors on ne peut comprendre que des entreprises attributaires des marchés publics plutôt que d’accompagner cette ambition en soient au contraire un frein.

La route Kombo-Moukondo très appréciée

Il serait injuste de mettre toutes les entreprises dans le même sac. Au nombre de ces entreprises, il en existe qui font un travail de qualité, très apprécié par la population en général et par les usagers de la route en particulier. On cite, entre autres, la route Kombo-Moukondo. Cependant cette dernière catégorie d’entreprises obtient rarement les marchés dans la capitale. Il doit sans doute exister des raisons objectives pour justifier cette situation.

Le commun des mortels attribue la performance de ces entreprises au fait qu’elles tiennent à leur image en exécutant aux mieux les travaux de construction des routes qui leur sont confiés. Ces entreprises sont soucieuses des problèmes auxquels un jeune État comme le nôtre est confronté.

En revanche celles dont les travaux ont toujours exigé des réhabilitations éternelles souffrent d’une mauvaise image dans l’opinion. Certains citoyens n’hésitent pas à dresser un parallèle avec la situation qui s’est déroulée dans un pays voisin où des entreprises ont été accusées d’exécuter délibérément à la hâte des travaux de sorte qu’elles soient rappelées aux apparitions des premières failles sur la route construite. Il s’agit d’une manœuvre qui consiste à gagner plu-sieurs fois l’argent sur un même chantier. Mais si tel est le cas peut on soutenir que les entreprises sont les seules à bénéficier de ce système.

Quoi qu’il en soit, l’Etat doit mettre un terme à ce qui apparaît comme un désordre dans le secteur des constructions des routes dans Brazzaville. En effet sa persistance peut jeter un discrédit sur les institutions du pays. Au contraire en assainissant le secteur, il gagnera en donnant un signal fort à l’opinion.

© Laurent Lépossi / Le Patriote


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