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Les inconvénients de la circulation routière à Brazzaville

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L’Etat reste le garant du bon ordre, de la sécurité et du fonctionnement régulier de toutes les structures des administrations de la République.

Pour preuve, les guerres récurrentes que notre pays a connues à partir de 1997, ont mis en évidence le fait que sans Etat, notamment dans sa dimension coercitive, l’homme adopte un comportement asocial proche de l’animal. Au Congo, pendant ces périodes troubles où la violence était à son summum, on a appris à «rouler en mbéba» c’est-à-dire en désordre sans passer par un apprentissage règlementé, en foulant au pied le code de la route. Les séquelles de cette bérézina bien que peu perceptibles de nos jours, persistent sous certaines formes. L’Etat doit en conséquence reprendre ses droits, traquer toute forme de déviance dans la circulation routière.

Quand on observe tant soit peu les innombrables problèmes de transport qui se posent à la ville de Brazzaville, on est frappé par l’état de vieillissement des véhicules qui tiennent lieu de bus et de taxis, et qui pratiquent les lignes périphériques et circuits fermés dans la ville au su et au vu des services de police. Nous citerons en exemples?: les lignes qui partent du marché de l’arrondissement 5 Ouenzé à destination des quartiers Petit ‘chose, Maman Mboualé à Talan-gaï?; d’autres qui mènent à Moukondo, Mazala etc.

A Moungali sur la rue Ossélé, près de la Maison des anciens combattants, des bus et des taxis dans un état de vétusté avancé, transportent des passagers en direction des quartiers Mouhoumi et la mairie de Mfilou. A Bacongo et à Makélékélé «des taxis 100-100» pratiquent des circuits fermés allant de l’avenue Guynemer jusqu’à Matour, d’autres partent du marché Total vers Diata, Kinsoundi etc. La liste n’est pas exhaustive. Dans l’opinion, on s’accommode de cette situation faute de mieux, et nombre de Brazzavillois se bousculent pour emprunter ces véhicules en partance pour leurs domiciles ou lieux de travail, à leurs risques et périls. L’important pour eux est d’arriver à destination. L’inconvénient avec ce type de véhicules est qu’ils ne possèdent la moindre pièce qui peut les autoriser à circuler dans le périmètre de la ville, avec tous les risques qu’encourent les usagers?: pas de permis de conduire, pas d’assurance, de patente, de taxe de roulage, de carte grise et de Veritas etc. En cas d’accident, on n’a que nos yeux pour pleurer.

Une culture de conduite des plus minables

Traverser à pied une grande artère de Brazzaville comme les avenues de la Paix ou de l’OUA aux heures de pointe, surtout à un endroit où il n’y a pas de feux tricolores, de passage à piétons ou un policier de faction pour règlementer la circulation, est un exercice à hauts risques. Généralement, les conducteurs et beaucoup de chauffards ont le complexe d’être toujours prioritaires. Et à maintes reprises ils heurtent ou manquent de heurter des personnes âgées ou de jeunes écoliers. Comment est conçu le planning du déploiement des agents de la circulation routière dans la ville?? La question reste posée. Mais le constat du Brazzavillois lambda établit qu’il est fort regrettable que devant les collèges et lycées à forte concentration d’élèves, il n y ait ni agent à quelques exceptions près de police au moment de la sortie de ces grands établissements scolaires, ni passage à piéton à ces endroits. Et quant il existe un passage à piéton, la peinture s’est tellement décrépite que l’on a du mal à reconnaitre ce passage protégé. Aussi serait-il souhaitable à certains endroits de la ville soumis à forte intensité de trafic, d’innover, de faire preuve d’esthétique dans la construction des sites, d’ériger par exemple des voies de passages supérieurs au-dessus des voies carrossables ou des dos d’âne à des endroits de la ville reconnus dangereux etc.

Dans le registre des comportements, il convient de souligner de manière particulière, la manie qu’ont les taximen de vouloir toujours rouler à vive allure, au prétexte qu’ils doivent atteindre le niveau de recette journalière exigé par leurs employeurs. Derrière cet argument, se cache souvent une réalité inavouée. En effet, les recettes des premières heures de la matinée servent à la popote du foyer conjugal du taximan. Une autre partie de cette recette est affectée à l’achat du carburant qui permet de travailler le reste de la journée. Il est évident que stressé par toutes ces contraintes, le taximan a une autre préoccupation dans la tête que le respect du code de la route. Et patatras, l’irréparable est vite arrivé.

Comment dans ces conditions amener les automobilistes en général, les taximens et chauffeurs de bus en particulier, à faire preuve de plus de civisme??

La fourrière entre autres moyens de coercition

La fourrière est le lieu de dépôt des véhicules saisis pour diverses infractions. Les services de police et de gendarmerie peuvent procéder à l’immobilisation d’un véhicule par sabot par exemple et demander sa mise en fourrière. Cette immobilisation et mise en fourrière sont décidées afin de prévenir la sécurité des usagers de la route?: la conduite en état d’ivresse?; le défaut de permis ou d’assurance du conducteur?; le mauvais état du véhicule qui représente un danger pour les usagers de la route?; l’état anormalement bruyant et polluant du véhicule?; le stationnement irrégulier, gênant, abusif, dangereux et le défaut de non présentation aux contrôles techniques.

En pratique, un gros camion d’enlèvement avec toutes les commodités techniques nécessaires, se rend sur les lieux où sont constatées les infractions pour les conduire à la fourrière. En France par exemple, les frais de récupération d’un véhicule enlevé sur la voie publique atteignent au maximum les 72.000 frs CFA?; les frais de dépôt de sabot s’élèvent à 4.900 frs CFA et les frais de garde à la fourrière de l’ordre de 3.000 frs par jour. A cela s’ajoute les frais d’expertise qui coûtent 40.000 frs. Si personne ne réclame le véhicule au bout de 45 jours ou plus, surtout s’il est déclaré hors d’état de circuler par un expert, ledit véhicule est mis à la disposition des services spécialisés pour être détruit. Voilà des mesures coercitives qui peuvent dissuader progressivement les automobilistes, si elles sont mises en application, à se conformer aux exigences du code de la route.

Malheureusement, les choses ne se passent pas de cette manière dans nos grandes villes et constituent de fait, de gros manques à gagner pour les budgets des municipalités. Pourtant, il va bien falloir en arriver à ce stade de civilité, en inversant les tendances dans les comportements déviants, en usant d’une répression rigoureuse mais intelligente pour le plus grand bien de tous.

© Roger Pao


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