23/10/2017

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Bagarre rangée entre marins et civils au cimetière privé Bouka

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Le cimetière privé Bouka situé dans la périphérie nord de Brazzaville a connu le mardi 8 novembre dernier une ambiance inhabituelle.

Des marins venus inhumer leur collègue se sont comportés comme des hors-la-loi, en déclenchant une bagarre qui les a opposés à une famille qui était déjà sur les lieux pour des obsèques. A l'origine de ce pugilat public, une altercation entre un marin et un civil autour d'une pelle.

Transportant le cercueil de leur collègue sur les épaules, la procession des marins est orientée par les travailleurs en poste dans ledit cimetière vers le caveau jouxtant celui destiné à recevoir la dépouille du compatriote civil qui venait d'être mise en terre. Les parents, amis et connaissances s'attèlent à combler le caveau. Certains marins chauffés à blanc entonnent des chansons obscènes avant de descendre la dépouille de la dame marine dans le caveau. Une fois en terre, ils se sont rapprochés de la famille qui était déjà sur les lieux pour solliciter une pelle. Sans manifester le moindre signe de dédain, malgré les insanités qu'ils débitent, un parent du civil inhumé lui remet une pelle. Un deuxième marin arrive encore, pour demander une autre pelle. Le jeune homme lui fait comprendre qu'il est en train de travailler. Gonflé à bloc, le marin n'a pas voulu en tendre raison. Il décide de recourir à la force pour ravir la pelle. Le jeune civil a beau le supplier, le marin est resté de marbre. Ainsi, il va bousculer le jeune homme qui ne s'est pas laissé intimider. Le commandant de la marine qui dirige la troupe invite son subalterne au calme. Ce dernier lui désobéit et pour marquer sa détermination, le civil va recevoir son premier coup de poing en pleine figure. La situation va dégénérer. Un combat rangé va donc opposer les marins aux civils sur la sépulture du vieux qui vient de quitter la terre des hommes.

Face à la résistance farouche des civils qui réussissent à envoyer deux marins dans le caveau de leur collègue, ceux-ci, finirent par recourir aux pelles pour contenir la fougue de leurs adversaires. Confus et humiliés, les marins entrèrent dans leurs petits souliers devant une population médusée. L'émotion est à son comble. Personne ne réalise cet acte d'une pire des barbaries que viennent de poser les militaires dans un endroit censé être respecté. Les missions qui leur sont pourtant assignées sont ailleurs. La Constitution du 20 janvier 2002 confère à l’armée entre autres missions de défendre l'intégrité territoriale et de protéger la population ainsi que leurs biens. Ces hommes et femmes marins de leur état ont fait fi de la politesse militaire qui requiert à la fois, la courtoisie et le respect mutuel.

Ces deux paramètres figurent parmi les éléments qui constituent le socle de l'identité militaire. La tenue et autres symboles de la marine ont été galvaudés à souhait par ces militaires qui ont franchi le Rubicon en désobéissant aux ordres de leur supérieur. Certes, il est reconnu à un soldat l'obligation de ne pas obéir, lorsqu'il se sent blessé dans son amour propre ou lorsqu'on lui demande de commettre un délit.

Cette clause de conscience n'est pas applicable dans le cas d'espèce. Ici les marins ont voulu comme de bons fayots profiter de leur position pour asservir la population. Ils n'avaient donc pas le droit de faire abstraction de cet ordre de leur Chef hiérarchique. Ils sont à ranger dans la catégorie des indisciplinés et devraient de ce fait être sanctionnés comme tous les hors-la-loi.

Le cimetière n'est ni une caserne, encore moins un ring. Il est plutôt un lieu sacré qui inspire respect, compassion et méditation profonde. A ce titre, il ne devrait pas être transformé en un dojo où militaires et civils viennent exhiber leur savoir-faire dans le domaine des arts martiaux. Ce faisant, ils ont ainsi perturbé le repos de ces disparus qui n'ont eu pour péché que d'être enterrés le même jour et côte-à-côte.

Au regard de l'attitude belliciste affichée par ces marins le 8 novembre dernier, on peut affirmer sans risque de se tromper que le soldat congolais manque de lucidité et de retenue, méconnait la place qu'il occupe dans la société. Ces marins se sont comportés comme de simples miliciens habillés en tenue de la marine nationale, un corps des FAC qui se veut digne et respectable. Comme le dit un adage populaire: « on reconnait l'arbre par ses fruits ». La valeur d'une armée est reconnue par la tenue de ses soldats. Les jeunes soldats doivent passer par le purgatoire afin de mieux envisager l'avenir avec plus d'optimisme. Ainsi, la hiérarchie militaire devrait intensifier les séminaires de formation en vue de renforcer la bonne tenue, la discipline et les capacités opérationnelles des soldats. Le Congo, en sa qualité de pays souverain, a le droit de se doter d'une armée exemplaire. Celle-ci devrait être constituée de soldats respectueux des civils et des principes qui la régissent. La présence d’un militaire en tenue quel que soit le lieu devrait plutôt rassurer la population et non l’inquiéter. Le spectacle désolant qu'ont offert les marins au cimetière privé Bouka donne à penser que l'armée en général et la marine en particulier ont encore du chemin à parcourir.

© Patrick Yandza


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