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Les Brazzavillois face à une flambée des prix des denrées alimentaires

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Les consommateurs, avec des faibles revenus, ne peuvent plus faire face à la cherté des aliments.

Les prix des denrées alimentaires ont quasiment crevé le plafond à Brazzaville. Les consommateurs, avec des faibles revenus, ne peuvent plus faire face à la cherté des aliments, même produits sur place. Si les pouvoirs publics se disent déterminés dans la lutte contre la flambée de ces prix sur le marché, les consommateurs, eux, jugent cette action plutôt improductive. Faire un marché à Brazzaville, c'est l'affaire des grands moyens. Avec nos 1500 F.Cfa de tous les jours, on n'en sort toujours avec des vertiges, déclare Madeleine Madjinou, une habitante de Brazzaville, revenant du marché Total, l'un des plus grands de la capitale congolaise. Même les petits légumes que nos mamans produisent ici ont galopé de prix, on ne sait plus quoi acheter pour nourrir nos nombreuses familles à la maison, se plaint Jeanne-Rose Ibondji, mère de famille, en pleines courses au marché Ouenzé de Brazzaville. Les prix de denrées alimentaires sont en hausse perpétuelle depuis quelques années. Le faible pouvoir d'achat des consommateurs Brazzavillois (le Salaire moyen interprofessionnel est de 50.000 F.Cfa) se répercute presque chaque jour dans les casseroles des familles nombreuses.

Les agents du ministère de Commerce et des approvisionnements ploient sur les caprices des commerçants pour faire respecter les prix homologués, mais le succès reste une quête perpétuelle, de l'avis de plusieurs consommateurs. Nous n'avons pas assez d'agents pour faire appliquer la loi; même quand la police est réquisitionnée, le succès n'est pas garanti, reconnait Pascal Obongui, directeur général de la Fraude et de la répression au ministère du Commerce. S'il y a un changement dans les magasins, dans les marchés c'est encore difficile avec nos mamans, ajoute-t-il.

Dans les magasins, essentiellement tenus par des commerçants ouest-africains et libanais, certains prix divergent pourtant. Le prix d'une boîte de sardines varie entre 325 F. et 400 F.Cfa d'un commerce à un autre. Au marché Total, les étiquettes affichant les prix des denrées alimentaires sont bien distinctes. Mais souvent, les consommateurs n'y font pas attention. C'est une obligation du ministère de Commerce, mais ça nous fait fuir les clients, déplore Suzanne Loubelo, vendeuse de poissons frais au marché Total. Ces étiquettes ne servent à rien, les Congolais sont habitués à négocier les prix et à marchander les produits. Quand nous affichons, par exemple, 750 F. Cfa pour un petit tas de poissons, les acheteurs nous proposent 600 F ou 500 F.Cfa, surtout en fin d'après-midi, indique Mme Loubelo.

Rencontrés dans les marchés de Brazzaville, plusieurs consommateurs se plaignent de la hausse des prix. Le litre d'huile qu'on achetait à 800 F.Cfa en janvier, coûte aujourd'hui 1150 F.Cfa. Plus loin, le kilo du sucre roux c'était 400 F.Cfa, aujourd'hui si tu n'a pas 500 F.Cfa, tu boiras ton thé fade, ironise un consommateur désabusé. D'autres produits sont également indexés par les consommateurs: le tas de deux poissons frais est passé de 500 F.Cfa à 750F voire 1000F Cfa. Le kilo de viande fraiche est passé de 2500F à 3750 F.Cfa à Brazzaville. Le kilo de riz est passé de 375 F.Cfa à 400 F ou 450 F.Cfa.

La production locale de la viande ne comble encore que 25% des besoins alimentaires dans le pays où 70.000 têtes de bovins et 180.000 des ovins et caprins sont élevés. Les 75% des besoins restants sont couverts par les importations, notamment les produits congelés et carnés qui viennent de partout, précisément de la République démocratique du Congo (RDC) voisine. Avec ses quelque 8.000 œufs frais de production journalière, le nouveau village agricole de Nkouo, à environ 80 km au nord de Brazzaville, n'a pas permis de baisser le prix de l'œuf à 75 F.Cfa. Malgré sa disponibilité sur le marché, l'œuf est toujours vendu entre 100F et 125 F.Cfa. A l'orée des fêtes de fin d'année, les petits éleveurs de la capitale et environs vendent déjà à 4000 F, au lieu de 3500 F.Cfa, un poulet de chair. Inexorablement, fait observer, Joseph Hubert Kokolo, un syndicaliste, ce prix atteindra 5000 F.Cfa.

Selon le ministère de l'Agriculture et de l’Élevage, quelque 2,2 millions têtes de volailles sont élevées dans le pays. Mais, les cuisses de poulet et les ailles de dinde demeurent parmi les vivres congelés les plus vendus dans les marchés de Brazzaville. Avec deux ou trois cuisses à 1000F cfa, on peut faire ce plat cinq fois la semaine, confesse Mme Ibondji.

A un tas de 250 F.Cfa d'oignons, on retire la cinquième bulle, tout comme le tas de légumes a aussi dégrossi. On nous vend quelque cinq tiges de la marenthe, des épinards ou des endives à 100 F.cfa, commente Serge Alain Ngahiya, membre de l'Association des consommateurs du Congo (ACC). Nous avons longtemps dénoncé cette situation, mais l’État est impuissant et handicapé, car nous ne produisons pas assez, regrette-t-il.

Face à la résistance ou aux caprices des commerçants, les agents du ministère du commerce utilisent parfois la manière forte. Nos agents qui veillent sur les prix sont déployés sur la ville. Nous procédons à des saisies des marchandises pour les récidivistes; mais nous éduquons aussi. Cependant, c'est une lutte de tout le temps, reconnaît M. Obongui. D'après le directeur départemental de l'Agriculture de Brazzaville, Rondin Ankoula, le Congo a importé en 2010 quelque 280 tonnes de légumes et fruits de la RDC, alors qu'au cours de cette même période, les maraîchers Brazzavillois ont produit 1.200 tonnes de fruits et légumes.

L'Institut de recherche des politiques agricoles basé en Suisse a affirmé en 2010 que 21% des Congolais meurent de faim. En 2004, la Banque mondiale indiquait que 70% des Congolais vivaient au dessus du seuil de la pauvreté, un taux que le gouvernement a revu à 51% en 2007 lors d'une enquête de ménages.

© Ngouela Ngoussou


Commentaires  

 
0 #1 Vanessa 04-04-2015 11:19
Je pense que la solution à cette flambée des prix est l'agriculture familiale. Si tout le monde plantait des aliments chez lui, les prix baisseraient. De plus, je pense que c'est tout d'ailleurs la solution à la sécurité alimentaire mondiale.
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