17/08/2017

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***** Le Congo dans le rouge : Le pays s’est ré-endetté à hauteur de 2.700 milliards FCFA en 2015 . *******

La corruption, ce mal qui semble immuable au Congo

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"J'envisage pour lutter contre ce qui est immoral une opposition mentale et par conséquent morale "   (GANDHI)

Tant de Congolais aspirent effectivement à un avenir meilleur, un avenir où leur quotidien ne serait plus un parcours de combattant semé d’obstacles presque  infranchissables pour beaucoup. Sauf à détenir les clés de la survie au Congo-Brazzaville. Car le pays est devenu une vraie jungle où les plus forts « bouffent » les plus faibles sans état d’âme.

L’important, c’est d’être au dessus de la mêlée quelque soit le moyen utilisé. Le chemin de l’avenir, slogan cher à l’actuel président  se vérifie sur le terrain par la prolifération des actes de corruption. Je n’ai pas pour habitude de proclamer ici des faits injustifiés ou des contre vérités. Je viens de passer trois semaines à Brazzaville (pour des raisons strictement personnelles), j’ai eu à observer des comportements inacceptables pour un pays qui se dit avoir opté pour le développement et le bien être des congolais et pour slogan « chemin de l’avenir ».

Le dernier rapport du Comité monétaire et financier national chiffre la dette publique du Congo à près de 2800 milliards de F CFA. Ce chiffre serait beaucoup plus élevé que ça selon certaines sources du FMI et de la Banque Mondiale.

Le mal important qui ne cesse de crucifié le pays demeure la corruption et le détournement des fonds publics sous les fallacieuses opérations de coopération ou d’aide au développement. Un projet décidé seul par le gouvernement et sa bande de ministres et députés tous mouillés dans les opérations de corruption fomentent un accord complètement scandaleux. L’acquisition par des fermiers sud-africains  des terres agricoles deux fois la taille de la Suisse, 500.000 fois la taille de Monaco et ce pour une trentaine d’année renouvelable. Ce qu’on ne dit pas au Congolais c’est le prix de cette humiliation. J’appelle cela une humiliation, car cela renforce l’idée que les congolais sont incapables de développer leur agriculture et d’en faire une structure moderne et génératrice d’emploi ?  A-t-on contacté les ingénieurs agronomes et les experts congolais dont les projets pourrissent dans les tiroirs ? Faute  d’une politique nationale saine et aseptisée de toute velléité égoïste. A-t-on organisé une consultation nationale, sorte de «  grenelle de l’agriculture » pour en conclure que le salut de l’agriculture congolaise dépendrait forcément de l’aide extérieure, des Sud-Africains, Israéliens, Brésiliens ou encore chinois ?  Ou doit-on encore une fois de plus en conclure que seuls les intérêts énormes que rapporte ce projet qui ont réellement motivé ce choix ? Le chemin de l’avenir serait donc d’assimiler les congolais à des simples ‘ boys’ des fermiers Sud-Africains !!!

Nul ne conteste ici les compétences en la matière des frères Sud-Africains, nous avons certainement besoin de leur savoir faire. Mais que cela se fasse dans un cadre d’équité, d’échange de compétence, de transferts de technologie…C’est en cela que le slogan ‘chemin d’avenir’ aura un sens.

A tous les niveaux de la structure étatique la corruption est érigée en pratique acceptable et je dirais même « conventionnelle ». Elle n’est condamnée que du bout des lèvres mais jamais sanctionnée comme elle devrait l’être dans un pays régis par le droit et la justice. Notre pays  est de nouveau cité parmi le plus corrompu d’Afrique, qu’à cela ne tienne la nuit du 19 au 20 Octobre dernier seize millions de f. CFA furent dérobés dans les locaux de la caisse  d’équité du Projet de développement rural (PRODER) à ONGOGNI (District des Plateaux). Pourtant d’après les témoignages, ces locaux étant surveillés c’est avec stupéfaction  que les populations des plateaux ont été informées de la disparition de cette somme destinée à aider les paysans à financer des projets agricoles. Pourtant le nouveau patron des finances du Congo se targue a annoncer avec sourire aux lèvres que le Congo affiche le meilleur taux de croissance d’Afrique Centrale. Comment s’en réjouir lorsque nous traînons près de 2800 milliard de F. CFA de dette ?

La corruption se développe également dans la vie quotidienne des «  petits congolais » qui se battent corps et âmes pour ne pas sombrer dans la misère la plus humiliante qui soit. Etre taximan à Brazza relève d’une prouesse exceptionnelle digne de « l’homme invisible » pour échapper à l’organisation maffieuse instaurée par les policiers censés assurés la circulation. Ces derniers rackettent les pauvres citoyens moyennant 3000  à  5000  F.CFA par jour en guise de laisser passer journalier. Plusieurs plaintes ont été déposées mais jusque là il n’y a aucune suite remarquable. Comment peut-on parler de chemin d’avenir lorsque l’Etat laisse de tels actes perdurer et s’accroître de jours en jours condamnant chaque jour un peu plus ces pauvres citoyens à demeurer dans la précarité ? De même, comment peut-on admettre sans aucune mesure de représailles que le prix d’une course soit fixé à 1000 F. CFA, alors qu’officiellement elle devrait être à  700 F CFA ?

La corruption est devenue un acte banal, ordinaire, voir même la norme dans les structures étatique du pays. C'est une véritable gangrène pour l’économie. Nul besoin de rappeler ici que pour balayer les escaliers on commence de haut vers le bas, il faut attaquer d'abord nos palais de justice qui  refusent d’appliquer les sanctions voir  contraindre ceux qui ont été cités dans beaucoup de rapports compromettants comme les plus corrompus, de payer ce qu’ils ont pris injustement a la société.

La corruption est un mal qui met le Congo  à genoux, car elle permet le détournement des fonds propres prévus pour la mise en place des projets de développements au profit de tierces personnes. La corruption telle qu’elle se développe au Congo nuit gravement à la prise de décision. Elle affaiblit nos institutions financières, réduit le niveau des ressources publiques et détériore l’efficacité et l’équité de la dépense publique. Elle entraîne un maximum de conséquences négatives sur le fonctionnement des administrations financières et le budget de l’État (réduction des ressources publiques, augmentation des dépenses publiques et accroissement de la dette publique).

La pratique de compromission de 20 ou 30 % n’émeut aucune autorité dans le gouvernement.

Aller voir à La CCA (Caisse Congolaise d’Amortissement), au Trésor Public, à la CREF, les Douanes,  dans tous les Ministères comment les citoyens véreux obtiennent les marchés publics.

Comment ne pas se révolter au regard de toutes pratiques rustres ?

Dans le pays, grands nombres  de Fonctionnaires et d’Officiers Généraux et Supérieurs sont devenus commerçants, au vu et au su de tous les congolais. Contrairement au Code de déontologie de la Fonction Publique qui interdit à tout fonctionnaire l’exercice du commerce. Pis encore, les commerces qui appartiennent à ces fonctionnaires ou leurs épouses ne versent aucun impôt ou taxe au Trésor Public. C’est le cas des taxis et bus ; j’en passe…

Au Congo-Brazzaville, pratiquer la politique du ventre est devenue la règle générale pour tous.

Connaissez-vous les propriétaires de tous ces hôtels et autres commerces qui jaillissent comme des champignons dans nos villes et villages ? Aller voir comment s’effectue le dédouanement des marchandises dans les bureaux des Douanes. Cardiaques s’abstenir…

Les règlements de la fonction publique et le code militaire ont-ils encore un sens dans ce pays ?

Les fonctionnaires Civils et Militaires en cause ont-ils le sens de l’orthodoxie de leur fonction ?

Existe-t-il une autorité pouvant réprimander de tels méfaits ?

Incompatibilités :

La qualité de commerçant est incompatible avec l’exercice de certaines professions. Ces incompatibilités sont généralement justifiées par l’idée que l’exercice de ces professions doit être totalement indépendant et que cette indépendance se trouverait menacée par l’exercice d’une activité commerciale.

Le non-respect de ces incompatibilités expose la personne à des sanctions professionnelles (révocation, destitution, radiation…).

Le Propriétaire et PDG de la DRTV n’est-il pas un Officier Général de notre armée ?

*Incompatibilité avec la qualité de fonctionnaire : Un fonctionnaire Civil ou Militaire ne peut exercer à titre professionnel une activité commerciale.

La jurisprudence a précisé les conséquences de cette incompatibilité. Toutefois, cette incompatibilité ne peut être invoquée par le fonctionnaire pour se soustraire à ses obligations (Com, 30 janvier 1996, Bull. Civ. IV n° 30).

Ces conséquences sont de nature à compromettre l’effort de développement orienté vers la lutte contre la pauvreté.  En ce sens elle est un crime, et doit absolument  être stoppée. Cela devrait être le devoir de tout dirigeant digne de ce nom.

 

 

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